‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 135 sur 191 · CANTON DE S AINT-SAUVEUR-LEN DELIN · texte numérisé non relu

CANTON DE S AINT-SAUVEUR-LEN DELIN

i . SaiDt-Sauveur-Lendelin. — 2. Camprond. — 3. Hauteville-le-Gaichard. — 4. La Rondehaye. — 5. Le Lorey.— 6. Mesnilbus. — 7. Montcuit. — 8. Monthuchon. — 9. Munevine-lc-Bingard. - 10. Saint-Aubin-du-Pcrroû. — 11. Saint-Michel-de-la-Pierre. — 12. Yaudrimesiiil.

1. Saint-Sauveur-Lendelin. L'église est sous le vocable de saint Laurent. La cure était partagée en quatre portions, dont les trois premières à la présen- T. II i^

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talion du roi; la quatrième, à la présentation de l'abbaye de Lessay. L'abbaye tenait cette quatrième portion de la libéralité de Guillaume d'Avranches, dit une charte souscrite de la main du duc-roi Henri II en 1 186. — La charte de Philippe-le-Long confirmative des propriétés de l'Eglise de Coutances à la date de 1319, rend compte du surnom de la paroisse « terram uniu^ aratri in villa S. Salvatoris, queffdicilur fuisse Adelinm. » Mais quelle est cette Adelineî peut-être la femme du duc Richard III , qui reçut en dot le comté de Coutances.

L'église de Saint-Sauveur-Lendelin est une de celles que l'abbaye de Lessay céda à l'évêque Hugues de Morville en échange du titre de chanoine-honoraire, qu elle postulait en faveur de ses abbés. Mais il dut intervenir d'autres arrangements dans la suite; car l'abbaye jouissait encore en dernier lieu du droit de présentation à cette portion. — Les trois portions du domaine du roi furent réunies en 1777. Elles payaient ensemble une décime de cent vingtneuf livres. La portion de Lessay payait' trente-sept livres. Les quatre curés, et en dernier lieu les deux curés, défrayaient seuls la visite de l'archidiacre, et donnaient des rétributiens égales pour la débite, la circata , etc.

L'église de Saint-Sauveur-Lendelin a été restaurée et transformée pendant les années 1863, 1864 et 1865.

2. Camproisd. L'église Saint -Pierre- de -Camprond était de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente-quatre livres , dix-huit deniers pour le Saint-Chrême , six sous pour la chape à l'évêque , trois sous pour la circata. — Le vrai nom, l'ancien nom est Canron; peut-être du mot danois scaur, une hauteur. (Voy. l'art. Bekal, pour la chapelle).

3. Hauteville-le-Guichard, maintenant la-Guichard. L'église Notre-Dameda-HautevilIe demeura de patronage seigneurial. Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres, dix sous pour la chape à l'évêque, trois sous pour la circata, dix-huit deniers pour le Saint-Chrême.

Là fut le berceau des célèbres conquérants de la Fouille et de la Calabre, fondateurs du royaume de Naples. Le surnom de la paroisse lui vient de Robert, l'un d'eux, ainsi appelé soit de l'obliquité de son regard, soit de la finesse de son esprit. Tancrède, leur père, était, dit-on, un pauvre gentilhomme ! Pas si pauvre, car ses fils n'auraient pu courir le monde et faire la guerre en si bel et si nombreux équipage. — Leur château était à motte. Il était situé à deux cents mètres environ au nord de l'église ; une douve large et profonde l'environnait; le presbytère actuel, avec cours et jardins, en occupe en partie l'emplacement. La douve a été comblée à une date inconnue au moyen des terres de la motte et des débris du château. Des fouilles opérées en 1854 par M. l'abbé Lecaplain, chanoine, et alors curé de la paroisse, tant en vue du prolongement du chœur de l'église, que pour trouver des eaux potables et établir un puits à l'usage du presbytère, ont mis à nu sur plusieurs points le fond de celte douve, à cinq mètres de profondeur, avec ses vases et tous les débris des ustensiles de ménage que les gens du lieu jettent dans une pièce d'eau. Le château s'appelait Cave, et c'est encore le nom du domaine qui en dépendait. Cave est l'appellation d'une petite ville du royaume de Naples, à une lieue de Salerne. — Masseville, en parlant de ce castel, indique dans son voisinage une antique chapelle appelée du nom de Notre-Dame-des-Bois.

4. La Rotïdehate. La paroisse Notre-Damc-de-la-Rondehaye était partagée

en deux portions curiales, Tune et l'autre à la nomination du roi. Elles payaient chacune trente-huit livres de décimes ; mais elles furent réunies au commencement du xyiii® siècle; elles Tétaient en 4721 , et n'ont plus été séparées. Alors Técole était tenue par un prêtre nommé maître Jean de la Londe ; il payait, à ce titre, une décime de dix livres; ses confrères de la même paroisse, au nombre de cinq, ne payaient que cinq livres chacun. — Les deux curés étaient sujets à la visite de l'archidiacre une fois Tan ; ils payaient par ensemble vingt-quatre deniers pour la chape à Tévêque, dix-neuf mançois pour la circata, vingt deniers pour le Saint-Chrême, six sous pour la débite.

5. Le Lorey. L'église Saint-Marlin-du-Lorey était de patronage laïque. Le curé payait une décime de quatre-vingt-dix livrer, et la fabrique huit livres. La paroisse tire son nom d'une famille de Lore, qui en avait la seigneurie et dont plusieurs membres sont souscrits aux chartes des xii® et xiii® siècles. Cette famille projeta des branches en diverses provinces. Ambroise de Lore fut un des plus braves capitaines de Charles YII; après avoir fait essuyer maints échecs aux Anglais, il entra à Orléans avec Jeanne d'Arc, pendant que Dunois faisait une sortie du côté opposé. Le convoi qu'il introduisit, les six mille hommes qu'il amenait, l'héroïne et l'aide de Dieu changèrent la iface des choses. Le revenu du curé était évalué à cent dix livres en 1350, somme considérable pour le temps ; mais il avait toutes les dîmes et tous les revenus de la cure, moins douze livres appartenant à la chapelle de Belval, un presbytère et six vergées d'aumônes.

6. Mesnilbus. (ilesnilum Buye.) L'église Notre-Dame-du-Mesnilbus était de présentation laïque. Le curé payait une décime de quatre-vingt-une livres. Il y eut une chapelle au manoir, à la nomination du seigneur, le chapelain était rétribué d'une rente de quinze livres; le curé en avait les offrandes estimées à un quartier de froment en 1350. — Rétablie en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.

7. MoNTCUiT. L'église Saint -Martin- de -Montcuit était de présentation laïque. Le curé payait une décime de treize livres, et la moitié des droits de visite de l'archidiacre. — II y eut une chapelle dans la cour du manoir ; elle est réduite à usage de bûcher. — Etabli en succursale le 28 août 1808. — ' L'église, sauf le clocher, a été reconstruite, achevée et bénite en 1846.

8. MoNTHUCHON. L'égUse Saint-Martin-de-Monthuchon était à la nomination directe de l'évêque : Hugues de Morville en avait reçu le patronage en 1212 de la part de Richard de Creuilly. — II j^ eut auprès de l'église un ermitage auquel sa chapelle, dédiée à saint Lubm, a survécu longtemps; mais elle n'existait plus elle-même à la fin du xvm® siècle, et la fondation de Termitage était postérieure à 1330. Il en existe une au château. — On trouve le nom de* cette paroisse écrit au moyen âge Mons - Hugonis et Mons-Huxon ; c'est celui-ci qui paraît être le bon. — Le curé payait une décime de vingt-quatre livres en 1721, quatre sous tournois pour la chape à l'évêque, trois sous deux deniers pour la circata, vingt deniers pour le Saint-Chrême, sept sous quatre deniers pour la débite.

9. MuNEviLLE-Ls-BmGARD. La paroisse tire son surnom d'une éminence nommée le Bingard, d'où la vue s'étend sur de grands espaces vers le nord-

ouest. L'église est sous le vocable de saint Pierre. Le curé payait une décinae de cent soixante-dix livres. La cure était de présentation royale, par suite des confiscations de saint Louis. Ce monarque acheva l'œuvre commencée par Philippe-Auguste, quoique avec plus de générosité; car il permit aux familles expatriées de disposer de leurs domaines, ne se réservant que les droits honorifiques ; mais il leur fallut définitivement opter.

Le vaillant et généreux martyr de la Révolution, Pierre-Adrien Toulorçe, guillotiné à Coutances le 13 octobre 1793, était né en cette paroisse le 4 mai 1756. Il a été érigé un monument à sa mémoire, en 1868, dans une des chapelles de l'église. Tardif mais juste hommage à celui qui aima mieux mourir que mentir.

10. Saint- Aubin-du-Perron. Cette paroisse a reçu son surnom de la famille Davy du Perron, dont fut le grand cardinal, et la date en est fort récente. Aux XVI* et XVII* siècles, c'était Saint-Aubin-de-la-Pierre ; auparavant, Saint-Aubind'Aubigny et Saint- Aubin-près-Aubigny : en 1176, l'évêque Richard de Bohon confirma à l'abbaye de Blanche -Lande la propriété de l'église de a Saint-Aubin-près-Aubigny. » Elle avait été donnée à un demi-siècle de là par Guillaume d'Aubigny. Le curé payait une décime de trente-quatre livres, onze sous pour la débite, quatre sous pour la chape à l'évêque, trois sous pour la circata^ dix-huit deniers pour le Saint-Chréme. — La paroisse eut les chapelles Notre-Dame-de-l'Auney, sur le fief de ce nom; Sainte-Avoie, sur le fief de Yirville, et Saint-Jean, sur le fief de la Heuzardière, fondée en 1330 par Siméon de la Heuzardière, qui la dota de douze livres de rentes. Elle fut desservie par des titulaires jusqu'en 1790. Elle existe.

11. Saint-Michel-de-la-Pierre. La cure était de nomination royale. Le curé payait une décime de cinquante livres, trois sous pour la chape à l'évêque, autant pour la circata et dix-huit deniers pour le Saint-Chrême.

12. Vaudrimesnil. L'église Saint-Manvieu-de-Vaudrimesnil fut donnée à l'abbaye de Saint-Taurin, d'Evreux, en même temps que celles de Minières et de Périers , par le duc Richard I, « fils de Guillaume, duc des Normands (fils de RoUon), fondateur. » La donation fut confirmée en 1195 par le duc-roi Richard-Cœur-de-Lion. L'évêque Hugues de Morvilledut la dégager des mains de l'abbaye ; car il la donna au chapitre en 1236, et depuis cette époque le chapitre en a joui jusqu'à la fin. Le curé payait une décime de quatorze livres, trois sous pour la circata, deux sous pour la chape à l'évêque. — Etabli en succursale le 28 août 1808.

ARRONDISSEMENT DE MORTAtN

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