‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 140 sur 191 · CANTON DE SOURDEVAL-LA-BARRE · texte numérisé non relu

CANTON DE SOURDEVAL-LA-BARRE

I . Souderai. — 9. BeaufleeL — 8. Broaains. — 4. Gathemo. — 5. Le Frène-Poret. — 6. Përieneo^Beauâeel. — 7. Saint-Martin-de-Chauliea. — 8. Sidat-Sauvenr-de-ChauIieu. — 9. Vengeons.

1. SouRDEVAL. Sous le vocable de saint Martin. Richard de Sourdeval donna à la coUégiale de Mortain , le jour de la consécration de Téglise, en 1082, « la moitié de la paroisse franche de toute redevance, Téglise du lieu, la dlme de toute la paroisse, la moitié du moulin et le quart de la forêt. » Moins d'un siècle après, la même église de Sourdeval fut donnée

à Tabbaye de Savigny par Raoul de Sourdeval. Au siècle suivant, Richard de Sourdeyal céda à Guillaume, évêque d'Ayranches, sou droit sur l'église du lieu, et celui-ci le transféra à l'abbaye de Savigny. Au même siècle, en 4491 , réglise de Sourdeval fut donnée à Tabbaye de Savigny par Roland Avenel. Toutefois, ce dernier acte est plutôt une renonciation à des prétentions qu'une véritable donation; il est passé en la cour du comte de Mortain. En 4245, Richard, le bouteiller (jnncema) obtint de l'évêque Guillaume d'Osteilley la levée d'une sentence d'excommunication qu'il avait encourue pour avoir troublé l'abbaye dans son droit, en s'attribuant à lui-même des droits sur l'église et sur les dîmes. Il donna un acte de renonciation. En 4223, Guillaume Le Moyne, seigneur de Sourdeval, fut contraint de reconnaître aux assises de Mortain que les droits appartenaient à Savigny et non à lui.

L'église de Sourdeval avait fait partie de la prébende matriculaire de la collégiale de Mortain. Si la collégiale défendit ses droits au milieu de ces conflits, nous n'en trouvons pas la mention ; mais il parait que le premier donateur avait donné ce qui n'était pas à lui ; car l'église de Sourdeval resta à Savigny. L'abbé disait dans un aveu rendu en 4 699 : « Nous présentons à la cure de Sourdeval, et le sieur curé dudit lieu est notre homme à cause de sa dile cure, et de son presbytaire dont il nous doit douze chandelles de cire de reconnaissance, et nous avons part aux grosses dixmes de ladite paroisse. »

Sourdeval avait trois chapelles en 4752 : 4^ la chapelle du Chftteau, à la présentation du seigneur et riche de deux cents livres de revenus; 2^ la chapelle de la Barre, de présentation laïque, avec quarante-cinq livres de revenus ; 3^ la chapelle de la Ginolière, de présentation laïque pareillement, avec deux cents livres de revenus. La chapelle de la Barre existe et serait livrée au culte, si elle ne tombait en ruines. L'église a été reconstruite de 4848 à 4868 par les soins de Jacques-Julien Yiel, curé-doyen de la paroisse. — Un hospice a été fondé en 4866 par les soins et démarches de la sœur Saint-Antoine (née Bonne-Victoire Tolmer), de la congrégation du Sacré-Cœur.

L'aOixe de cette paroisse vient certainement d'une des barres qui défendaient les approches du chAteau de Mortain. Sourdeval veut dire le Yûl-de-Ia-Sourde (Sorda).

2. Beauficel. (Sanctus Petrus de belio fuisco^ aliàs fuiscelh, rdles de l'échiquier). Fuiscus et fuiscellus paraissent être des altérations de fuscus^ ombrage. C'est le nom d'une contrée, puisqu'il y a Périers-en-Beauficel. On lit sur l'état de 4 752 : « BeauBcel , chapelle de la Bicetière fondée par M. Thomas de la Broise, curé de Venlgeons, présentée par le sieur fondateur ou héritiers. Revenu cent cinquante Uvres. »

3. Brouains. Sous le vocable de Notre-Dame. La cure était de présentation laïque. On lit à l'état de 4752 : « Brouains, chapelle de Montfort. Le seigneur de Brouains, présentateur. Revenu quatorze livres. » — Etabli en succursale le 28 août 4808.

4. Gathemo. Sous le vocable de Notre-Dame. L'église de Gathemo appartenait à l'Abbaye-Blanche de Mortain dès le xu* siècle. — Les chapelles, le chœur et le sanctuaire actuels datent des années 4872, 4873 et 4874.

5. Le Fréne-Poret. Sous le vocable de Saint- Jean-Baptiste. Richard de

Sourdeval donna à la collégiale de Mortain, le jour de la consécration de Fégllse en 1082, la moitié du bourg du Frêne (villa Fraxini) avec Téglise et la dîme de toute la paroisse, la moitié d*un moulin et la quatrième partie de la forêt de Lande-Pourrie. L'église actuelle a été construite à la place d'une ancienne chapelle, qui était celle du château.

6. P^riers-kn-Beauficel. Sous le vocable de saint Martin. Il y eut à Périers la chapelle de Dolaine , de présentation laïque , dotée de quarante-cinq livres de revenus, et une chapelle Sainte-Geneviève, fondée en 1630, également de présentation laïque, dotée de soixante livres de revenus et à laquelle il devait se dire deux messes par mois. — Une justice seigneuriale se conserva en cette paroisse jusqu'en 1789; on l'appelait le Billot de Périers, probablement parce que les justiciables étaient condamnables jusqu'au billot, c'està-dire à la décapitation.

7. SAmT-MARTm-DE-CHAULiEU. L'églisc Saint-Martin-de-Chaulieu, celles de Milly et du village de Lessartbois furent données avant 1112 à l'abbaye Saint-Martin de Troarn par Guillaume de Calvincourt (de Calvini Curie), du consentement de ses deux fils, pour sa dot, lorsqu'il y prit l'habit religieux. C'est Saint-Sauveur-de-ChauIieu qui est désigné ici par le nom de « village de Lessartbois. »

8. Saint-Sauveur-de-Chaulieu (de Calido Loco, sans doute par antiphrase : trois cent soixante-sept mètres d'altitude). (Voy. l'art, précédent.) Il y eut une chapelle au logis, à la présentation du seigneur et jouissant de quatrevingts livres de revenus. — Supprimé en 1803 et réuni à Saint-Martin, Saint- Sauveur-de-Chaulieu a été rétabli par ordonnance du 18 avril 1838.

9. Vengeons. L'église Saint -Germaifa- de -Vengeons avait été donnée à l'abbaye de Savigny par Robert de Vengeons, fils de Martin, époux de Mathilde Paverel. L'abbaye la céda en 1226 à l'évêque Guillaume d'Osteilley et à l'Eglise d'Avrançhes, du consentement de Geoffroi de Vengeons, mais qui se réserva les dîmes ; car, par un acte postérieur, un second Robert de Vengeons quitta aux religieux de Savigny tout son droit aux dîmes de la paroisse. — Un <uré du lieu , nommé Jean Girout, avait fondé à la cure un bénéfice de deux cents livres de rentes en faveur du plus ancien prêtre de la paroisse , s'il n'y en avait pas de sa famille à lui-même , plus trente livres pour les pauvres.

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