CANTON DE CANISY
1. Ganisy. — i. Daogy. — 3. Gourfalear. — 4. La Ifancellière. — 5. Mesnil-Hennan. — 6. Pont'Brocârd. — 7. Quiboa. — 8. Saint-Ebremond-de-BonfoBsë. — 9. Saint-Martin-de- Bonfotsé. — 10. Saint-Romphaire. ^ tl. Sainl-SaiDson-de-BoDfossé. — IS. SaiDt»Sattveiirde-BoQfossë. — 13. Soulles.
1. Camsy. T^ndran, évêque de Nantes, après la destruction de sa ville épiscopale, en 874, par une expédition normande, demanda à Charles-Ie- Chauve un asile où il fût en sûreté contre la fureur de ces démons, en attendant des temps meilleurs. Charles lui offrit pour séjour le domaine royal de Canisy au pays de Coutances ; Canabiacum in pago Constantino. Toutes les circonstances prouvent que Canabiacum est une mauvaise lecture et qu'il faut lire Canisiacum. Charles-le-Chauve devait croire que Laridran serait là en sûreté sous la garde de ses compatriotes, ayant donné le pays de Coutances à Salomon, duc de Bretagne, en 866. Il en fut autrement. Salomon mourut en 874. Deux chefs bretons , Paskwitén et Wurvant se disputèreat sa succession. Vaincu par Wurvant, Paskwitén tomba avec furie sur l'Avranchin et le Cotentin, qui obéissaient à son vainqueur, les ravagea, les pilla et se les appropria. Paskwitén et Wurvant moururent en 887. AUain-ar-Bras, ou Allain-le-Grand , frère de Paskwitén , lui succéda et conquit le reste de la Bretagne. Ayant su que Canisiacum était une propriété inféodée aux bienheureux apûtres saint Pierre et saint Paul, il le leur rendit et voulut que toutes choses fussent remises en même état que devant, « en réparation
de l'injustice commise et pour la rémission de son péché et Tindulgence et le pardon du délit de Paskwiten, son frère. » (Charte d'Allain-Ie-Grand.) La charte est datée de 889 ; son effet ne devait pas être long : en 890, Saint-Lo tomba sous les coups de RoUon, et les Bretons repassèrent le Coisnon.
Ganisy est relaté au nombre des propriétés de l'Eglise de Coutances, tant dans la bulle d'Eugène III de Tan 1145 que dans la charte de Philippele-Long de 1319. La buKe dit Caugiacum; mais le véritable nom, Canisiacum^ a enfin été écrit comme il faut dans la charte royale. La cure est restée jusqu'à la fin à la nomination directe de l'évéque. Le curé payait une décime de vingt livres. L'église est toujours sous le vocable de saint Pierre. L'école était de fondation ecclésiastique et payait une décime de quatre livres dix sous.
2. Dangy. L'église est sous le vocable de saint Martin. Elle fut donnée en 1221 à l'évéque Hugues de Morville par Robert de Dangy, prêtre, du consentement de ses deux neveux^ Guillaume et Robert de Dangy ; l'évéque l'attacha aussitôt à l'hôtel-Dieu de Coutances. Hais la donation ne dut être que partielle ; car depuis lors la nomination à la cure fut alternative entre l'hôtel-Dieu et le seigneur. — La paroisse eut une chapelle Saint-Martin» fondée en 1 209 par un sieur du Bois , qui y tenait un fief. Le Livre-Blanc n'en fait pas mention. — Le curé payait une décime de vingt-sept livres, douze deniers à l'évéque et huit à l'archidiacre pour le Saint-Chrême, quatre sous pour la chape à l'évéque.
3. GouRFALEUR. L'égliso est sous le vocable de Motre-Dame. Gourfaleur avec toutes ses dépendances (cum omnibus sibi aUributis), est rangé parmi les propriétés de l'Eglise de Coutances dans la charte de Philippe-le-Long de 4319 ; mais peut-être n'est-il question que de propriétés territoriales ; car la cure était d'assez bon revenu et à la présentation du seigneur. — Le curé payait une décime de soixante-dix livres ; la fabrique, neuf livres. La dîme avait été aumônée à perpétuité au curé par saint Louis en 1260. Saint Louis la tenait probablement lui-même de confiscation après la réduction de la Normandie.
4. La Mancellière. Sous le vocable de saint Pierre et des Trois-Marie. « La Mancellière avec l'église et tout ce qui lui appartient et la ferme du Caillou » est classée parmi les propriétés de l'Eglise de Coutances sur la charte de Philippe-le-Long de 1319. Le chapitre avait trois prébendes en cette paroisse, et les trois chanoines prébendes présentaient ensemble à la cure. Le curé payait une décime de vingt livres.
5. Le Mesno^-Herhan. L'église est sous le vocable de saint Pierre. La présentation à la cure appartenait à l'abbaye de Fontenay, au diocèse de Bayeux. Le curé payait une décime de vingt livres. — Annexée à 'Saint-Martinde-Bonfossé en 1803, la paroisse du Mesnil-Herman a été rétablie comme succursale par ordonnance du 20 janvier 1820.
6. Ls Port-Brocard. L'église est sous le vocable de sainte Marguerite. Cette paroisse, d'une étendue de vingt-six vergées, moins)de six hectares, était un membre de la commanderie de Yilledieu. Le curé, à la présentation du commandeur, avait la jouissance d'un clos de huit vergées. Il payait une décime de vingt-deux sous. ^ La paroisse du Pont-Brocard, annexée à Dangy
388 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE GOOTANGES ET AVRAIfCHES.
en 1803, a été agrandie de plusieurs territoires et villages circonvoisins, trop éloignés de leurs centres religieux , et érigée en succursale par décret du 16 août 1854.
7. QuiBOu. L'église est sous le vocable de saint Rémi. « Quibou avec réglise et les moulins » est compté parmi les propriétés de l'Eglise de Coutances dans la charte de Philippe-le-Long de 1319; le chapitre y possédait trois prébendes; les trois chanoines prébendes étaient curés primitifs y chacun pour leur part, et nommaient chacun un vicaire-^uré, auquel ils faisaient une pension congrue. Ceux-ci étaient égaux et payaient une décime égale de six livres. Leur portion était de trois cents livres chacun. Ils payaient dix livres, quand les répartiteurs ajoutaient à cette décime curiale la décime d'ordre sacerdotal, qui était de quatre livres. A la fin, ils obtinrent six cents livres.
8. SAmT-EBREMOND-DE-BoNFOSS^. Ou Ut du Livre-Noif : L'évêque Geoffroi de Montbray « en s'imposant de grandes économies, racheta de ses propres deniers la forêt de Saint-Ebremond , dont il fit un parc somptueux, rempli de cerfs et de sangliers , de taureaux et de vaches , et de chevaux. » — « Saint- Ebremond, la paroisse entière, avec la terre de la Vacherie, plaine et forêt, et un moulin, ^ est compté au nombre des propriétés de l'Eglise de Coutances dans la charte de Philippe-le-Long de 1319. La bulle d'Eugène III de 1145 dit seulement : « Saint-Ebremond et ses dépendances. »
Il faut cependant que l'église et la seigneurie soient demeurées en dehors de la propriété acquise; car l'église appartenait à l'abbaye de Saint-Lo, du don de Guillaume de Tôle, autorisé par l'évêque de Coutances Richard (de Brix) et confirmé plus tard par le duc-roi Henri II. — Le curé payait une décime de soixante livres. — Le château de la Motte, appartenant aux évêques, était en Saint-Ebremond, sur la limite de Saint-Sauveur.
9. Saint-Martin-de-Bonfossé. L'église Saint-Martin-de-Bonfossé fut aumônée en 1190 à l'abbaye d'Aunay par Richard du Hommet, connétable de Normandie, fondateur, en même temps que celles de Marigny et de Rémilly. Le curé payait une décime de quarante-deux livres. Le patronage était laïque au XIV** siècle ; il appartenait en dernier lieu à l'évêque.
10. Saint - RoMPHAiRE. L'église Saint-Romphaire fut donnée en 1197 au prieuré Notre-Dame-de-Trégoz par Robert de Trégoz, fondateur. Ce prieuré était créé pour trois religieux, à la charge et au bénéfice de l'abbaye de Hambye; quand il vint à s'éteindre, l'abbaye hérita du droit de présenter à la cure. Cependant, l'église n'avait pas été donnée en entier; caria présentation était alternative entre l'abbaye et le seigneur du lieu. — Le curé payait une décime de quarante-sept livres.
1 1 . Saint-Samson-de-Bonfossé. La cure était à la présentation du chanoine prébende du lieu. Le curé payait une décime de treize livres.
12. Saint-Sauveur-de-Bonfoss^. La cure était à la nomination de l'abbaye d'Aunay ; l'église est sous le vocable de la Sainte-Trinité et de Notre-Dame. — Annexée à Saint-Martin-de-Bonfossé depuis 1 803 , la paroisse Saint-Sauveur a été rendue à elle-même et érigée en succursale par décret du 22 mai 1857. Le curé payait une décime de vingt-cinq livres ; mais qui fut abaissée plus tard à neuf livres, rien pour la chape à l'évêque, rien pour le Saint-Chrême.
13. SouLLBS. L'église est sous le vocable de saint Martin. SouUes fut une des propriétés données à TEglise de Coutances par le duc Richard I^, en vue du rétablissement du culte chrétien dans la ville épiscopale, au moment où lès Normands du Cotentin commencèrent à se convertir. L'évéque Robert, qui dissipa d'une manière si fâcheuse ces premières largesses faites à son Eglise, dut toucher à celle-ci , puisqu'il se trouva dans la suite des copropriétaires ; toutefois, il en resta une notable portion. La charte de Philippe-Ie-Long, de 1319, confirme à l'Eglise de Coutances la propriété de Soulles avec l'église , le moulin et une forêt qui n'est pas petite (silva non modica). La buUe d'Eugène III n'en fait pas mention, à moins qu'il ne faille lire Sollam où le copiste a lu Tellam^ ce qui est vraisemblable ; Sollam ctim pertinentiis.
Le patronage de Soulles avait été cédé en 1213 à l'évéque Hugues de HorviUe, par Philippe- Auguste, en contre-échange du fief de Soulles. Philippe- Auguste avait donc trouvé là une propriété seigneuriale à exproprier. D'autre part, Roger des Moitiers donna à Saint-Etienne de Caen, le jour de la fondation, Soulles et la moitié de la forêt de Montabot. — La cure était à la nomination directe de l'évéque. Le curé payait une décime de vingt-sept livres.