CANTON DE CARENTAN
1. Garentan. — 2. Attven. — 8. Auxais. — i. Brévanda. — 5. Gatz. — 6. Les Veys. — 7. Méautis. — 8. Raids. — 9. Saint-ADdré-de-Bohon. ^10. Saint-G6me-du-Mont. — 11. Sainteny. — IS. Saint-Georges-de-Bobon. — 13. Saint-Hilaire-PetityiUe. —14. Saint- Pellerin.
1 . Carsntaï) (Carentonum). Le toion saxon qui se trouve dans le nom de cette ville, indique son origine; il veut dire un village fortifié. La cure de Garentan se divisait en deux portions d'un égal revenu, à en juger par les décimes qui étaient égales ; les deux curés payaient soixante livres par moitié. Us étaient à la nomination du roi. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Elle a été élevée en 1 466 par Guillaume de Cérisay, seigneur de Yesly, bailli du Cotentin, et Jacqueline de Rantot, sa femme, et de leurs deniers. Ils y sont inhumés. C'est une des plus belles du diocèse. — Les Trinitaires de la Perrine, au Dézert, avaient à Carentan une chapelle Sainte* Anne, dite de Beaumont, du nom du village, assez bien dotée, et qui payait une décime de douze livres. Elle avait été fondée en 1491 par Jean Yauquelin, sieur de Beaumont. Elle est démolie. Il y eut en plus une chapelle Saint-Germain, dans la ville même, très -près de l'église; plus encore, la chapelle du chAteau, dédiée à saint Michel, et qui était de patronage royal. — Carentan eut une léproserie, sous le vocable de sainte Madeleine, située auprès du Pont-d'Ouve, et dont la chapelle a subsisté longtemps après. Le duc-roi Jean-sans-Terre lui concéda le 7 février 1200 une foire d'un jour, qui devait se tenir à la fin de la pAque, proche de la Maladerie. — L'hospice fut fondé en 1362 par Robert Yibert et Thomasse, sa femme, bourgeois de Carentan, et mis sous la direction des religieux de la Perrine. Ceux-ci s'en désistèrent en 1752, et il devint ainsi municipal. — Nous avons parlé du couvent d'Augustines fondé en 1635 par Marthe du Faoc , veuve de Jacques d' Auxais , seigneur de Notre- Dame -d'AUonne, de Saint-PierredJArthéglise et de Sortes ville.
390 HISTOIRE DtJ Diocèse DE COUTANCES ET AYRANGHBS.
2. AuvERS. Très-belle église du xii* siècle, sous le vocable de saint Etienne. La cure était à la présentation de Tabbaye de Saint-Sauveur-le- Vicomte. Le curé payait une décime de soixante livres. En 1282 , Raoul d'Harcourt, sei* gneur d'Auvers, en contesta le patronage à l'abbaye; mais il finit par le reconnaître et en donner acte.
3. AuxAis. Du germanique Àko^ en bas : terre basse et humide; de là les noms d'Aucey, de Daussais, à Bréville, etc. L'église est sous le vocable de saint Martin. La cure était de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquante livres.
4. Brévands. Aux xn* et xin* siècles, on prononçait et on écrivait Bevrant, ce qui écarte l'étymologie vulgaire de brève vadum. Brévands avait deux portions curiales, toutes deux de présentation laïque, mais par deux patrons différents. Les deux portions payaient ensemble une décime de soixante livres. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Cette paroisse fut le berceau de l'évéque saint Frémond.
5. Catz. L'église Saint-Grégoire (le grand) de Gatz fut donnée à l'abbâye de Montebourg, au moment de la fondation, par Etienne de Magneville et Gilles de Catz. Le curé payait une décime de vingt-deux livres. Cette paroisse est demeurée annexée à Saint-Pellerin depuis 1 803 jusqu'au 34 avril 1 847 , qu'elle a été érigée en succursale. — Kath^ hauteur, en langue saxonne.
6. Les Yeys (nom très-récent) se composent de deux paroisses : Beuzeville et Auville. L'église Saint- Martin-de-Beuzeville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. Il y avait au manoir seigneurial une chapelle qui était unie à la cure et, par conséquent , à la desserte du curé. Et, dans la paroisse, une autre chapelle, dite de Saint-Jeandu-Bois, qui payait douze livres.
L'église Saint-Guingalais-d'Auville était aussi de présentation laïque. Le curé payait une décime de dix-huit livres. Auville fut annexé à Beuzeville en 1 803. Les deux paroisses, dans le but de rendre leur union plus durable, ont pris le nom de commune des Yeys, mais Auville a fait restaurer et rouvrir son antique église, à titre de chapelle, en 1874.
7. MiUuTis. L'église Saint-Hilaire-de-Méautis (MeUé) fut donnée à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen, le jour delà fondation, par Robert de Méautis ; l'évéque Geoffroi de Montbray consacra la donation, en donnant lui-même ses droits sur Téglise. Elle avait la propriété des terres de Ramaltmesnil , Rusteromesnil, Malepalu, Varinmesnil et Ratorium. — Robert de Méautis, petitfils du précédent, ajouta à la donation de son aïeul la chapelle de Donville dans la même paroisse.
Donville était une section de paroisse. Les habitants qui ressortissaient à la chapelle, pour l'assistance aux offices, devaient être inhumés dans le cimetière de la paroisse, et l'église paroissiale avait la moitié du casuel de l'inhumation. Au XVIII* siècle, il n'est plus fait mention de la chapelle de Donville sur les registres de la décime. En 1346, une bulle de Clément YI unit la cure de Méautis à la mense de l'abbé de Saint-Etienne, sous réserve d'une pension congrue au vicaire perpétuel. Ce vicaire-curé payait une décime de trente livres.
8. Raids. En saxon, un ruisseau; de même en Scandinave. L'église Saint- Georges-de-Raids était à l'abbaye de la Luzerne; elle avait été donnée vers 1480, probablement par Thomas de Périers et Giève, sa femme, qui donnèrent également l'église de Tribehou. Elle est rangée au nombre des propriétés de l'abbaye dans une bulle confirmative d'Innocent III, de l'an 1200 environ. — La cure était desservie par un religieux; elle payait une décime de vingt-huit livres , six sous pour la chape à Tévêque , dix-huit deniers pour le Saint-Chrême, trois sous pour la circata.
9. Saint- Andrjj1-de-Bohon. En 1060, Onfroi de Bohon fonda, en la paroisse Saint-Georges, un prieuré pour neuf religieux à la charge et au bénéfice de l'abbaye de Marmoutiers, et lui donna les deux églises Saint- André et Saint-Georges avec leurs biens et revenus, à condition de desserte, en plus la chapelle Saint-Jacques-de-l'Ermitage et la forêt. Ënjuger de Bohon , fils d'Onfroi, et Richard de Saint-Vigor, son parent, achevèrent de doter ce prieuré en 1092. Il y avait encore cinq religieux et un prieur en 1469. Le prieur avait le quatrièitie rang au synode. A la fin, les deux paroisses étaient desservies par des prêtres séculiers à la présentation du prieur. Le curé de Saint-André payait une décime de vingt-sept livres. Le prieur, trois cent vingt livres.
iO. Saint-Côme-du-Mont. L'église Saint-Côme-et-Saint-Damien-de-Saînt- Côme-du-Mont était à la présentation du prieur du lieu. Le prieuré, de Tordre de Cluny, avait été fondé vers 1 1 50, pour quatre moines et un doyen. Il devait Taumône un jour chaque semaine aux pauvres du lieu et toujours aux passants. La très-remarquable église, en partie romane, de Saint-Cdme était tout à la fois paroissiale et monacale , comme on en peut juger par son double chœur. On y voit une danse macabre en bas relief, rareté peut-être unique en Normandie. On appelle macabre une danse dans laquelle les squelettes des morts se mêlent aux vivants. La morale est celle-ci : Mondains, souvenez -vous de la mort. Louis Herbert et Richard l'Anglais, évêques d'Avranches, ont été prieurs commendataires de Saint-Côme. — La paroisse eut quatre chapelles : du Lieu-Saint- Jean-aux-Rohans, de Saint-François, de Saint-Martin et de Saint-Charles. — Le prieur avait le dix-huitième rang au synode. II payait une décime de quatre-vingts livres. Le curé, cinquante livres.
1 1 . Sainteny (SarUiniacum et Santineium). Il y eut , avant l'invasion normande, un monastère relevant de l'abbaye d'Aindre ou peut-être de celui d'Orglandes, et que l'on croit avoir été fondé par saint Ermeland. Il^t rétabli dès le XI* siècle, avec le titre de prieuré, sous la dépendance de Saint- Nicolas d'Angers. L'église paroissiale, dédiée à saint Pierre, était à la présentation du prieur ; l'évêque Richard de Bohon en confirma la possession à l'abbaye de Saint-Nicolas en 1 178. Il y avait à la même date une chapelle de Brie, dont Gautier de Coutances , évêque de Lincoln , puis archevêque de Rouen, avait été chapelain. La chapelle Saint-Vincent-de-Bléhou est mentionnée au Livre-Noir. — La cure de Sainteny supportait une décime de soixante livres. Le prieuré, cent soixante. La chapelle de Bléhou, trente livres. Le prieur de Sainteny avait le quarante-quatrième rang au synode. — Erigé en succursale le 28 août 1 808.
12. SAmi-GEORGE^DE-BoHON. (Voy. art. Saint-Àndré-de-Bohon.) Le curé
payait une décime de tingt-quatre livres. Le chœur de l'église paroissiale est |
392 HISTOIBE DU DIOCÈSE* DE COUTAIfCES ET AVRAIfCHES.
réglise du prieuré. La chapelle Saint-Jacques était située dans la paroisse Saint-Georges.
13. Saint-Hilaire-Petitville. L'église Saint-Hilaire-de-Petitville (Parvm villa) fut donnée pour une moitié en 1 168 à l'abbaye de Longues, au diocèse de Bayeux, par Hugues Wac (de Gacé?) le fondateur, et pour l'autre moitié par le duc-roi Henri II. L'église est en partie de l'époque, ou même antérieure. Le curé payait une décime de quarante livres. — Erigé en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.
14. Saint-Pellerin. L'église Saint-Pellerin-d'AngervIlle , ainsi on disait encore au siècle dernier, demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de soixante-treize livres. L'église est sous le vocable de Notre- Dame et saint Pellerin. — Erigé en succursale le 28 août 1808.