‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 144 sur 191 · CANTON DE MARIGNY · texte numérisé non relu

CANTON DE MARIGNY

1. llarigny. — 2. Garantilly. — 8. Hëbëcreron. — 4. La Ghapelle-eii-Jager. — 5. Metnil^ Amey. — 6. Mesnil-Eury. — 7. Mesoil-Vigot. — 8. Montreail. — 9. Remilly. — 10. SaiDt- Giiles. — 11. Saint-Lottet-sur-Lozon.

1. Marigny. L'église Saint -Pierre- de -Marigny fut donnée à l'abbaye d'Aunay, en 1190, par Richard du Hommet, connétable de Normandie, fondateur. Le chœur de l'église est de cette époque ou plus ancien. Il y eut une léproserie, dont la chapelle, dédiée à saint Léçer, existe encore, mais convertie à des usages profanes. Elle payait une décime de cinq livres. Louis XIY l'avait réunie à l'ordre de Saint- Lazare. Plus une chapelle Saint-Benott, qui fut détruite pour le passage de la grande route de Coutances à Saint-Lo. Une croix marque la place. — Le curé de Marigny payait une décime de trentequatre livres, sans autres redevances. — Richard du Hommet était devenu seigneur de Marigny par son mariage avec Agnès de Say, petite-fille et héritière de Jourdain de Say, fondateur de l'abbaye d'Aunay ; s'il prend le titre de fondateur, c'est au droit de sa femme. La motte du chftteau de Say existe au midi du bourg.

2. Garantilly. L'église Notre-Dame-de-Carantilly demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de quatre-vingt-huit livres, douze sous pour la chape à l'évéque, vingt deniers pour le Saint-Chrême. Il y eut dans la paroisse une chapelle Saint-Clair, dont les revenus étaient transférés à l'église paroissiale dès le xvii* siècle. — Elle était de fondation postérieure à Tan 1 350. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

3. EiBÉCREVGH, L'église Saint-Martin-d'Hébécrevon demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de soixante-douze livres. L'école était de fondation ecclésiastique et payait cinq livres, la fabrique, huit livres. Les plus anciens documents disent terra Beberti ChevronU^ c'est peut-être la véritable étymologie. — Il y eut en cette paroisse une léproserie. — Il y a une fontaine minérale, dont les eaux, alors d'une grande vertu curative» attiraient, au xvi* siècle, la gent protestante du pays d'alentour. C'était un rendez-vous, Guillaume d'Estoubeville, médecin à Saint* Lo, écrivit un Dk-

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eovrs ueritablt xor les uertvs et proprie'Us médicales de ses eaux, qu'il dédia à Charles de Matignon, comte de Torigny. Antérieurement, Jacques de Ca* haignes, professeur royal, avait publié deux epuscules sur le même sujet.

4. La Chapelle-en-Ju6er. Si Enjuger (Ingelgerus) de Bohon (voy. l'art. Bohon) qui donna sa chapelle au prieuré fondé par son père, revenait au inonde, il serait peu flatté de la manière ridicule dont on travestit son nom* La belle église paroissiale qui a remplacé cette antique chapelle, aux frais des moines, est sous le vocable de saint Pierre. Le vicaire perpétuel, curé à portion congrue, qui succéda aux moines, payait une décime de vingt-huit livres. En donnant sa chapelle^ Enjuger de Bohon ne donnait qu'une moitié de la paroisse ou du droit curial ; Tévêque Jean d'Essey, héritier peut-être de Richard de Saint-Yigor, donna l'autre moitié au chapitre en 1251. Cependant, c'est le prieuré d'abord qui a desservi toute la paroisse, qui, ensuite, a présenté à la cure, et enfin Marmoutiers, quand il n'y eut plus de moines à Bohon.

La paroisse eut une chapelle Saint- Jean- du-Mesnildot, assez bien dotée, dans laquelle la m€sse se disait les dimanches et fêtes. Elle est maintenant ré* duite à des usages profanes. Elle avait été fondée avec titre vicarial par Robert Paynel: elle avait des .revenus en propre, et le chapelain devait résider. Le prieur de Bohon lui payait une rente de trente-neuf sous. Le culte traditionnel de saint Cénerin est en grand honneur à la Chapelle-en-Juger. Suivant ces traditions, incertaines, il y aurait résidé temporairement.

5. Le Mesnil-Ahet. L'église Notre-Dame-du-Mesnil-Amey demeura de patronage laïque. Le curé payait une décime de trente-cinq livres.

6. Le MESNa-EuRY. L'église Saînt-Pierre-du-Mesnil-Eury (Sfesnilum Orri) était un prieuré-cure de l'abbaye de Saint-Lo , desservi par un religieux. Le prieur du Hesnil-Eury avait le dix-neuvième rang au synode. Il payait une décime de trente-deux livres. *- Erigé en succursale le 28 août 4808.

7. Le Mesnil-Vigot. L'église Saînt-6ermain-du-Mesnil-Vigot demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt-huit livrés. La paroisse eut une chapelle Saint-Clair.

8. MoNTREUiL. L'église Notre-Dame-de-Montreuil (Mosterot) demeura de présentation laïque. — Le curé payait une décime de cinquante livres. — Le nom semble dérivé de monasteriolwn^ un petit monastère ; mais s'il y eut des moines en ce lieu, ce fut avant l'invasion normande; du moins, nous n'en avons pas trouvé mention depuis.

9. Remilly. L'église Saint- Martin- de -Remilly fut donnée en 4400 à l'abbaye d'Aunay par Agnès de Say, femme de Richard du Hommet, connétable de Normandie, et Guillaume, son fils. Le vicaire perpétuel, curé à pen* sion congrue, payait une décime de vingt-cinq livres. Le château de Remilly avait une chapelle dédiée à saint Clair, dont le seigneur de Marigny et de Remilly était patron présentateur.

40. SAiNT-GauBS. L'évêque Geoffroi de Montbray acquit de ses frères et de ses sœurs plusieurs propriétés et quelques églises , entre autres celle de Saint-Gilles : « Il la délivra de l'occupation des moines, » dit le Lwre-Noir. Cette église existe: elle est antérieure à la cathédrale, quoi qu'en pensent les

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antiquaires de l'école anglaise. Saint-Gilles est marqué comme propriété de l'Eglise de Coutances dans la bulle d'Eugène III de 4 145, et dans la charte de Philippe-le-Long de 4 31 9. La paroisse avait deux portions curiales, du même revenu, à la nomination de Tévôque l'une et l'autre. Les curés payaient pour décimes chacun cinquante livres. En voyant saitU Geoffroi, comme l'appellent quelques-unes de nos annales, chasser des moines, il faut se souvenir de ce que fit Algare à l'égard des chanoines de Saint-Lo, les évêques Herbert et Robert, à l'égard des chanoines de Coutances, le pieux duc Guillaume-Longu&- Epée, à l'égard des chanoines du Mont-Saint-Michel. C'est qu'une partie du clergé issu des Normands convertis laissait beaucoup à désirer. — Les deux curés payaient par ensemble la visite de l'archidiacre.

(Pour le style et l'identité de cette église , voir à l'article de la Cathédrale de Coutances.)

41. Saint-Louet-sur-Lozon. L'église fut donnée (pour une partie) par Mauger de Mauconvenant au prieuré de Saint-Frémond, lors de sa restauration par les du Hommet, vers 1250. Saint-Louet avait deux portions curiales : la première était de présentation laïque et payait une décime de vingt-quatre livres. La seconde, à la présentation du prieuré, payait douze livres. Les deux patrons défrayaient par ensemble l'archidiacre en tournée de visite.

La paroisse de Saint-EbreQiond-sur-Lozon est annexée à Saint-Louet. La cure était de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquantecinq livres, réduite plus tard à douze livres. Il y eut une chapelle dite de l'ascension.

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