‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 145 sur 191 · CANTON DE PERCY · texte numérisé non relu

CANTON DE PERCY

1. Percy.— i. Beslon. — 8. La Colombe. ~ 4. La Haye-BeUefond. — 5. Le Chefreue. ~ 6. Le Guislain. — T. Margueray. — 8. Ilaupertuis. — 9. Montabot. — 10. Montbray. — 11. Uorigny. — 18. ViUebaudoD.

1. Percy. La paroisse avait trois portions curiales : la première et la seconde étaient sous le vocable de saint Jean-Baptiste, la troisième, sous celui de saint Martin. La première était À la présentation de l'abbaye de Fontenay, cette portion avait été formée des terrains, droits, revenus et dîmes donnés à l'abbaye par Raoul Tesson en la fondant, l'an 1070 environ. Le prince de Moaaco présentait à la seconde, à cause de sa baronnie de la Boche-Tesson. Ce n'était pas deux fois la même chose, car le fondateur de Fontenay n'avait donné aucune portion de l'église ; il n'en est pas plus fait mention dans la charte récognitive, postérieure de deux siècles ; c'étaient donc les moines qui s'étaient créés des droits, pour la conservation de leurs revenus. La troisième était à la présentation du seigneur du lieu. La première portion payait une décime de soixante-dix livres, la seconde, quinze livres, la troisième, vingt livres. — Percy a eu quatre chapelles : 4® Notre-Dame-des-Roches-de-Sienne, détruite en 4810. 2® Saint-Hubert-de-la-Vérablière , conservée et entretenue. 3^ Sainte-Appoline-du-Mesnil-Céron ; en bon état de conservation. Celle-ci payait une décime de trente livres; les autres ne sont pas taxées. 4^ Saint- Sébastien-des-Brétounières ; elle tombe en ruines. — Il y eut une léproserie. Une croix a marqué longtemps la place où elle fut ; la croix elle-même n'est

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plus. — La première portion avait un vicaire ; les deux autres, un vicaire par ensemble. En 1721 , le clergé de la paroisse se composait de douze prêtres et deux diacres.

2. Beslon. L'an 1371 environ, Lucine de Yilliers, veuve de Guillaume d'Argouges, donna au prieuré de La Bloutière les églises Notre-Dame-de- Beslon et Saint - Fragaire. Mais il y eut des arrangements postérieurs,; car, en dernier lieu la présentation à la cure de Beslon appartenait à l'abbaye de Saint-Sever, et celle de Saint-Fragaire était alternative entre la même abbaye et le roi. — Il y a à Beslon une chapelle dédiée à la Sainte-Trinité, qui formait section de paroisse, sous le nom de la Petite-Colombe, fondée vers 1100, par Lœtitia, fille de Néel de Saint-Sauveur, qui s'était retiré au Mont-Saint-Michel, mais qui n'était pas dotée, car elle ne figure pas au tableau de la décime; elle figure comme chapelle-cure en 1665.

Saint-Fragaire fut annexé à Beslon en 1803. Les deux paroisses se sont trouvées si bien de leur union , qu'elles ont pris le nom commun de Saint-Fragaire-de-Beslon, afin de la rendre indissoluble (1826). — Le curé de Beslon payait une décime de trente-cinq livres, et celui de Saint-Fragaire, une décime de vingt livres. — En 1721, le clergé de Beslon se composait de huit prêtres et un diacre. Il y avait une chapelle Sainte-Madeleine, annexée à la cure.

3. La Colombe. Il y avait en la paroisse Sainte-Marie-de-Ia-Colombe un ermitage du même nom, Sainte-Marie-de-la-Colombe; il fut donné, en 1188 à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Yicomte, par Raoul Tesson, fils de Jourdan Tesson, à condition d'y entretenir deux religieux pour le desservir. L'abbaye Térigea en prieuré. Quatorze années plus tard, Guillaume Corbet aumôna à ce prieuré l'église de Margueray et une terre pour l'entretien des religieux. C'est le prieuré connu dans la suite sous le nom de la Couperie.

Quant à l'église paroissiale, le duc Richard II, qui régna de 996 à 1026, la donna à l'abbaye du Mont-Saint-Michel par la même charte qui constituait la baronnie de Saint-Pair. « Colombam... sitam in eodempago ( Constansiensi) ctan eccUsia et molendino. »

Ce n'est pas tout, Néel de Saint-Sauveur-le-Yicomte donna l'église de la Colombe à l'abbaye du Mont-Saint -Michel pour sa dot, lorsqu'il y prit l'habit religieux en 1054. Or, c'était l'abbaye de Saint-Sauveur qui présentait à la cure en dernier lieu. Il est plus facile d'expliquer ceci par un arrangement entre les deux abbayes, que de dire comment les mornes acceptaient ce qu'ils avaient déjà, ou comment le vicomte du Cotentin trouvait quelque chose à donner dans la même église après le duc de Normandie; à moins qu'il ne l'eût lui-même dotée. Le prieur de la Couperie avait le quarantetroisième rang au synode. Le prieuré payait cent livres pour décimes ; la chapelle de l'ermitage, qui fut conservée, trente livres; la cure, soixantedeux livres. — Le Livre - Blanc marque deux autres chapelles dans la paroisse : une au manoir de la Rocque et une au bourg du même nom ; les oblations et le casuel de celle-ci étaient au curé.

4. La Haye-Bellefond [Haya Hiigonis). L'église Saint-Nicolas-de-la-Haye- Bellefond demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de seize livres. — 11 y avait une chapelle nommée Notre-Dame^sur-SouUes, réunie à l'école; l'une et l'autre payaient ensemble trois livres huit sous. —

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La paroisse tient son surnom de la famille Gigault de Bellefond » qui en acquit la seigneurie vers la fin du x?ii* sièle ; auparavant^ elle s'appelait la Haye-Hue. — Erigée en succursale le 28 août 4808.

B. Le Chefresne (^Cava-Fraxinui). L*ëglis6 Saint - Pierre - du - Chefresne demeura de présentation laïque. En dernier lieu, c'était le duc de Yalentinois qui était présentateur, à cause de sa baronnie de la Rochè-Tesson. — Le curé payait une décime de trente-six livres. — Au xvi* siècle, Le Chefresne se laissa envahir par le protestantisme et n'en est pas guéri : il y a un temple.

6. Le Guislain. L'église Saint-Pierre-du-Guislain demeura de patronage laïque. Le curé payait une décime de trente livres. — Il y eut une chapeUe Saint-Marcoulf et Saint-Ortaire, mais elle était ruinée dès avant la Révolution.

7. Margueray. L'église Notre-Dame-de-Margueray fut donnée à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte , en faveur du prieuré de la Colombe, en 1 202, par Guillaume Corbet, chevalier; l'approbation de l'évêque Vivien confirma la donation. — Le curé payait une décime de vingt--cinq livres. — Il y eut une chapelle dite de l'Ermitage. Elle n'existe plus. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

8. Maupertuis. L'église Saint-Pierre-de-Maupertuis demeura de présentation laïque. Lé curé payait une décime de soixante livres. — Il y eut en cette paroisse une léproserie, dont l'existence n'est révélée que par des actes particuliers de l'an 1397.

9. HoNTABOT. L'église Notre-Dame-de-Montabot était à la présentation de l'abbaye de Fontenay. La donation est postérieure à l'an 4247, car jusque-là les chartes n'en parlent pas. Le curé payait une décime de cent livres. — Il y eut au « manoir presbytéral une chapelle annexée à l'église. »

40. MoNTBRAT. Le nom de cette paroisse, qui fut le berceau d'un de nos plus grands évêques, n'a rien de commun avec de la boue, quoi qu*on en dise, ni même avec une montagne. Les plus anciennes écritures portent Mowbraium et Molbraium, qui se prononce de la même manière. La lettre t est une addition du siècle dernier. — L'église , dédiée à saint Martin , demeura de présentation seigneuriale. Le seigneur avait les deux tiers de la dîme et le curé l'autre tiers avec les novales et quatre acres, soit seize vergées d'aumônes. La cure était taxée à quarante livres; le curé, à deux sous pour la chape & l'évêque et vingt-un deniers pour le Saint-Chrême. Le chœur de l'église est de 4723 ; la nef, de 4837. — Le Livre-Blanc indique deux chapelles annexées à la cure. Une d'elles, dédiée à saint Pierre, était celle duchftteau; elle payait une décime de quinze livres. Elle existe. L'autre n'est pas taxée. — L'école était de fondation ecclésiastique, tenue par un prêtre, qui payait une taxe de quinze livres; l'école payait trois livres.

4 4 . MoRiGNY. L'église Notre-Dame-de-Morigny demeura de présentation seigneuriale. Le curé payait une décime de trente livres.

42. YiLLEBAUDON. L'égUso Sainte-Anne-de-Villebaudon était de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente livres. — La paroisse eut un% chapelle Saint-André, que le curé devait « tenir en état, et qui lui valait cinq sous et deux poules de revenu annuel. »

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