CANTON DE SAINT-JEAN-DE-D AYE
1. Saint-Jean-de-Daye. — t. Amigny. — 8. Cavigny. — i. Esglandes. — 5. Craignes. — 6. Le Dézert, — T. Mesml-Angot. — 8. Mesnil-DoraDd. — 9. Mesnil-VëDeroii. ^ lo. llonfmartin-eD- Craignes. — 11. Pont- Hébert. — la. Saint-AuMn-de-Losque. — 18. Saînt- Fromond. — li. Saint-Plerre-d'Arthénay. — 15. Tribehou.
1 . SAmx-JEAN-DE-DAYE. L'égHse Natre-Dame-de-Daë fut donnée à charge de desserte, en 1251 , au prieuré de Saint-Fromond par les frères Robert, Pierre et Enguerand du Hommet, fils de Richard, lorsqu'ils restaurèrent sous ce titre modeste l'ancienne abbaye de Saint-Fromond. — Une nouvelle église a dû remplacer celle qui existait alors, puisque le vocable est maintenant saint Jean -Baptiste. Régulièrement, les églises ne doivent pas changer de titulaire tant qu'elles existent. — Le curé payait une décime de treize livres. Le prieur de Saint-Fromond présentait à la cure et percevait les dtmes.
2. Amigny. L'église Notre-Dame-d'Amigny était à la nomination directe de l'évêque. Le curé payait une décime de dix-huit livres. — Erigé en succursale le 28 août 1808.
3. Cavigny. L'église Motre-Dame-de-Cavigny fut donnée , à charge de desserte, l'an 1200 environ, avec celles de Saint-Fromond, du Dézert, d'Esglandes et de Notre-Dame-de-Daë, au prieuré de Saint-Fromond, par Robert, Pierre et Enguerand du Hommet, fils de Richard, lorsqu'ils rétablirent le monastère de Saint-Fromond. — L'église est antérieure à cette date. Le curé payait une décime de quarante-neuf livres. La cure était à la présentation du prieur de Saint-Fromond, seigneur du lieu.
4. EsGLANDSS. Jadis Aiguelande (Aquilanda)^ le pays de l'eau; c'est la véritable étymologie. Il faut se souvenir que les bassins des rivières qui afiluent aux Veys ont été jadis beaucoup plus noyés qu'ils ne le sont aujourd'hui. Tous leurs bas-fonds sont des tourbes d'une formation relativement récente.
L'église Notre-Dame-d'Esglandes avait été donnée avec celles du Dézert, de Cavigny et de Saint-Jean-de-Daye (voy. ces art.), au prieuré de Saint-
Fromond. — Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. La cure était à la présentation première du prieur de Saint-Fromond et par concession au propriélaire du ûef de Thère. — Esglandes était une des propriétés données en dot à la princesse Adèle, par le duc Richard III : Pagum qui dmtur Egglande. II y eut deux portions curiales au xiii'^ siècle, dont la deuxième à la nomination du seigneur de Thère.
5. Graignes. On trouve Téglise Saint-Michel-de-Graignes au nombre des propriétés de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Caen, dès la fin du xi* siècle. Graignes était une des seigneuries appartenant à la branche des Meurdrac établie en Angleterre après la conquête, et de là provint sans doute la donation. L'église est de cette époque.
GreeUf dans la langue anglaise, veut dire verdure, herbages; en saxon, grœn. Le Groenland était le pays des herbages et de la verdure avant l'invasion des glaces polaires au x* siècle. Nous pensons que telle est Tétymologie de Graignes; d'autant plus que le pays n'est séparé du rivage saxon QiUiu saœonicum) que par la rivière de Vire.
Le curé payait une décime de trente-six livres. Il y eut dans la paroisse une chapelle Saint-Pierre, qui était en ruines dès 1350. L'école était fondée, et le curé la faisait tenir par son vicaire ; mais les paroissiens lui en contestaient le droit.
6. Le DézERT. L'église Saint-Martin-du-Dézert était de présentation laïque. Le curé payait une décime de quarante livres.
Nous pensons que là fut le berceau de saint Ortaire et le monastère où s'accomplit son enfance, sous les yeux de ses parents. La chapelle Saint- Ortaire, si fréquentée par les populations et qui existe de temps immémorial, nous semble avoir été relevée dès après la conversion des Normands, en souvenir de cet antique monastère. Ses biens ne devaient retrouver que plus tard leur sainte destination, en 1226, 1251 et 1258. La chapelle actuelle, pauvrette et chétive , dite aussi chapelle de la Mare, du nom de la ferme sur laquelle elle existe, ne remonte pas au delà du xvu* siècle. En 1226, Guillaume du Hommet, connétable de Normandie, commença la restauration de l'établissement religieux. En 1251, Eustachie de Montenay, sa veuve, le dota, en même temps que leurs fils, Robert, Pierre et Enguerand relevaient celui de Saint-Fromond. Des religieux de la Merci y furent appelés. En 1258, Perrine du Hommet, sœur de Guillaume, augmenta la dot, en imposant aux religieux l'obligation de sonner la cloche pendant leurs repas, afin d'inviter les pèlerins et les voyageurs à venir les partager, et jouir de l'hospitalité du couvent. De celle-ci, le prieuré reçut le nom de la Perrine. Le prieur payait une décime de cent soixante-quinze livres. La chapelle Saint-Ortaire, cinq livres, et le chapelain, cinq livres. — La paroisse eut une léproserie, sous le vocable de sainte Marguerite, fondée par Lucine de Yilliers (première) femme de Guillaume du Hommet.
7. MBSNa-AwGOT. L'église Saint- Martin - du -Mesnil-Angot fut donnée en 1251 au prieuré de Saint-Fromond, par Robert du Hommet, fils de Guillaume, connétable de Normandie. — Le curé payait une décime de quinze livres.
8. MssmL-DuRAND. L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul-du-Mesnil-Durand
était de présentation laïque. Le curé payait une décime de quarante-deux livres. La chapelle du Pont-Hébert, à Mesnil-Dorand, payait sept livres, la chapelle des Pézerils, vingt livres. Le diocèse de Bayeux réclame aussi une chapelle du Pont-Hébert, mais à distance de la rivière.
9. Mesn^-ViEneron. L'église Saint-Pierre-du-Mesnil-Véneron était à la présentation du seigneur. [Memilum Genelon. Lib. Nig.) Le curé payait une décime de vingt-deux livres. — La paroisse a été annexée à Saint-Jean-de- Daye jusqu'au 28 juillet 1860.
10. Montmartin-en-Graignes. L*église Saint-Martin-de-Montmartin-ea- Graignes et la paroisse ont eu des fortunes diverses selon les temps. Il y a eu deux portions curiales; elles étaient réunies au xvni* siècle; mais le curé payait la décime séparément ; en tout soixante-dix livres, dont cinquante pour la grande. — En 1338, le seigneur, nommé Raoul de Hamard, rendit à révêque la dlme et le patronage, dont il reconnut s'être illégitimement emparé. Après Tévêque, le chapitre nomma à la cure, puis le seigneur. Pendant l'occupation anglaise, le roi d'Angleterre nomma directement, ou plutôt présenta aux deux cures (par confiscation contre le seigneur). En dernier lieu, c'était encore le seigneur. Le dernier Curé, l'abbé Le Monnier, dont nous avons parlé, occupait la cure en vertu de ses grades. — La paroisse avait une chapelle Saint- Nicolas, dite aussi du château de la Rivière , payant une décime de quinze livres. — Nous chercherions à Montmartin les restes de la station romaine de Grannonum in Kttore Saxonieo; si elle fut sur le bord de la rivière plutôt que sur le rivage de l'Océan, vers Temboucbure de la Seulles, où Stapleton l'a placée.
11. PorfT-HÉBBRT. Paroisse nouvelle, formée du village de ce nom et de la paroisse de Rabais, qui était annexée depuis 1803 à Cavigny, et érigée en succursale par ordonnance du 3 août 1 825. L'église est sous le vocable de saint Aubin.
L* église Notre-Dame-de-Rahais (jadis Rarhais) avait été donnée en 1162 à l'abbaye de Saint-Lo par Pierre d'Aronderille. Le curé payait une décime de vingt-cinq livres. — La paroisse eut une chapelle appelée de la Pavée, qui était un débris de la fortune des Templiers. Elle était très-bien dotée, avait un . cimetière , une fabrique , le chapelain était indépendant du curé de la paroisse, sauf que celui-ci avait ses droits sur les sépultures.
12. Saikt-Aubin-de-Losque. L'église était demeurée de patronage laïque. Le curé payait une décime de quarante-trois livres.
La paroisse Saint-Martin-des-Champs est annexée à Saint-Aubin depuis le Concordat. Saint-Martin était un prieuré-cure de l'abbaye de la Luzerne ; le curé était un religieux ; il payait une décime de vingt-huit livres. L'église avait été donnée à la Luzemosous le nom de Saint- Martin-de-Tribehou (de Tribohou) par Thomas de Périers et Giève, sa femme, en 1183. -* On trouve aussi la paroisse sous le nom de Saint-Martîn-l'Egaré.
13. Saint-Fromonb. En 1251, les seigneurs du Hommet, Robert, Pierre et Enguerand , fils de Guillaume, connétable de Normandie, rétablirent sous le titre de prieuré l'ancienne abbaye de Saint-Fromond, à la charge et au bénéfice de l'abbaye de Cérisy, et y ajoutèrent les églises du Dézert, de Cavigny, d'Es-
glandes et de Notre-Dame-de-Daje. Celle de Saint-Fromond ayait été donnée à la même abbaye par un premier Robert du Hommet dès le temps de l'évêque Geoffroi de Montbray (1080). — Le couvent tombait en ruines en 4441 ; le prieur Thomas Dubourg obtint la permission de Tévéque Gilles de Duremort, de faire une quête par tout le diocèse pour le relever. Il porta avec lui une relique de saint Fromond , qui attira les populations à sa rencontre ; et trouva ainsi une somme considérable. Son successeur, Laurent Le Clerc, dernier abbé régulier de Cérisy, mort en 1497 , fit rebâtir l'église. Elle sert maintenant de paroissiale ; il ne reste rien du couvent. Les religieux cessèrent de desservir la paroisse en 1 600 ; dès lors, elle le fut par un vicaire perpétuel à la nomination du prieur ; ce vicaire- curé payait une décime de vingt livres. Le prieur payait cent cinquante livres. Il avait le premier rang au synode. Il reste des ruines d'une église dite Saint-Jacques-de-la-Vallée^ qui fut peut-être l'ancienne paroissiale. L'école était de fondation ecclésiastique; le prêtre qui la tenait, desservait en même temps la chapelle du prieuré et payait vingt livres.
14. Saint-Pierre-d'Arthenay. La nomination à la cure était alternative entre le prieur de Saint-Fromond ei l'évêque.
Le curé payait une décime de trente livres.
Le Hommet est annexé à Saint-Pierre-d*Arthenay depuis 1803. Les deux paroisses, pour mieux cimenter leur union, ont pris le nom de Hommet-- (f^rihenay. L'église du Hommet était dédiée à la Sainte-Trinité ; la cure était de présentation laïque ; le curé payait une décime de dix livres. — L'église ou le chAteau du Hommet (Holmetellum) ont dû être construits dans une petite lie ; c'est ce que le mot signifie. Il y avait au chAteau une chapelle dans laquelle le chapelain devait dire la messe tous les jours, quand le châtelain résidait dans le lieu ; il recevait alors la nourriture au chAteau ainsi que son clerc ; son revenu était de quinze livres tant en argent qu'en nature.
15. Tribehou [Tribo-Hou), l'habitation de Trib : du mot saxon Aouz, une demeure. L'église Sainte-Marie-de-Tribehou fut donnée à l'abbaye de Hambye, en 1309, par Raoul de Tribehou. Le curé payait une décime de quarantecinq livres. L'église actuelle a été commencée en 1836, et consacrée en 1840 par M^ Louis-Jean Robiou.
CANTON DE TBS8Y.
I. Tessy. — 2. Beaucoudray. — 8. Beuvrigny. — 4. Ghevry. — 5. Domjean. — ^. Fervadies. — 7. Fourneaux. — 8. Gouvets. — 9. MesDil-OfMC. — 10. Meanil-^aoult. — 11. Moyon. — li Saint-Louet-Bur-Yire. — 18. Saint-Vigor-des-Mouts. — U. Troisgots.
1 . Tbssy. L'église Saint-Pierre-de-Tessy et l'église de Moyon furent données avec leurs propriétés et revenus par Guillaume de Moyon , l'un des compagnons du Conquérant, au prieuré de Brewton, diocèse de Batwels, qu'il fonda en actions de grâces. Guillaume de Magneville y ajouta celle de PierreviUe en 1 222. Peu après, Richard , prieur de Brewton, les céda au chapitre de Coutaoces, à charge de desserte et à condition que lui et ses successeurs jouiraient d'un canonicat avec titre, droits et honneurs, moins le droit de vote à l'élection de Tévéque. Hugues de Morville confirma la convention en 1236.
Le prieuré ayant échangé ses dernières propriétés sur le continent avec l'abbaye de Troarn, diocèse de Bayeux, en 1258, Guillaume, abbé de Troarn, se présenta comme successeur de plein droit du prieur de Brewton. Le chapitre résista, nonobstant 1* avis favorable de Tévéque Jean d'Essey; mais inutilement : le légat Raoul, évoque d'Albano, jugea la question dans le même sens que Tévêque, en 1263. En dernier lieu, la cure de Tessy était à la nomination directe de l'évêque. Le curé payait une décime de trente-six livres. L'église actuelle a été construite de 1857 à 1866 par les soins de M. Bon- Michel Mabire, curé et maintenant chanoine de la cathédrale. La paroisse eut une léproserie, dont la chapelle Saint-Michel parait être un reste; cette chapelle est convertie à usage de grange. Les biens et rentes de la léproserie de Tessy furent réunis à Thâpital de Torigny par arrêt du conseil royal du 24 février 1696.
2. Beaucoudray. L'église Saint-Laurent-de-Beaucoudray demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente-six livres. La paroisse eut les chapelles de Beaucoudray, de Sainte-Madeleine et du Mesnil-Raoult. Celle de Beaucoudray payait une décime de vingt-cinq livres. La chapelle Sainte-Madeleine appartint probablement à une léproserie.
3. Beuvrîgny. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. Le Lwre-Pelu porte ce qui suit: « Taxe, dix livres. Revenu, quarante livres. Patron présentateur, le seigneur du lieu. »
La Chapelle-Heuzebrocq est annexée à Beuvrigny. Le Lvore-Pelu porte : « Non taxée. Vaut dix livres. Patron présentateur, le seigneur du lieu, »
L'église de Beuvrigny est sous le vocable de saint Martin. Celle de la Chapelle-Heuzebrocq était dédiée à Notre-Dame. Il y eut à l'angle du cimetière de Beuvrigny une chapelle Sainte-Aune, dont il ne reste plus de traces, mais encore des souvenirs. — Erigé en succursale le 28 août 1808.
4. Chevry. L'église Saint-Pierre-de-Chevry était à la présentation alternative des abbayes d'Aunay et de Fontenay. Le curé payait une décime de trentesix livres. La paroisse a été annexée à celle de Beaucoudray jusqu'en 1826, alors elle fut érigée en succursale par ordonnance du 26 novembre.
5. DoMJEAN. L'église Saint-Jean-de-Dom-Jisan {Domni Joannis) fut donnée à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, en 966, par la duchesse Gonorre avec celle de Bretteville , quand le duc Richard I* y mit des religieux de Saint-Benoit en place des chanoines de Saint-Aubert. — Domjean était du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. L'abbé du Mont-Saint-Michel était toujours patron présentateur; la cure était si pauvre, qu'elle ne payait pas de taxe; son revenu était estiméà cinquante livres. (Lib, Pelut.) Il y a à Domjean une chapelle Saint-Maur, qui n'est pas mentionnée au Livre Pelu.
6. Fervaches. L'église Saint-Pierre-de-Fervaches demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt-quatre livres.
7. Fourneaux. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, huit livres. Vaut quarante livres. Patron présentateur, le seigneur du lieu. y> (Liber Pelutus.) L'église est sous le vocable de saint Jean-Baptiste. Annexée à Beuvrigny en 1803, la paroisse de Fourneaux a été rétablie par ordonnance du 3 juillet 1843.
8. GouvKTS. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. La cure était partagée en deux portions, de nomination laïque, mais au droit de deux familles différentes. La première portion payait une décime de soixante-douze livres ; la seconde, de soixante. Mais il y eut plus tard une forte réduction. Les deux curés payaient par ensemble un droit unique pour les visites archidiaconales.
9. Mbsnil-Opac (Maisnilum Ospac), L'affixe Ospac est le nom du propriétaire d'origine. Le duc-roi Henri II confirma à l'abbaye de Saint-Lo la propriété de l'église Notre-Dame-du-Mesnil-Opac. Le curé payait une décime de soixante livres. La paroisse a été illustrée par l'historiographe Toustain de Billy, promu à la cure en vertu de ses grades , auquel les annales du diocèse sont si redevables.
10. Mesnil-Raoult. L'église Notre-Dame-du-Mesnil-Raoult demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. La îfkrte de l'ancien diocèse de Bayeux y mentionne une maladrerie. — Erigé en succursale le 28 août 1808.
1 1 . MoYON. L'église Saint-Germain-de-Moyon et les dîmes, ainsi que l'église de Tessy, furent données par Guillaume de Moyen, l'un des compagnons du duc Guillaume à la bataille d'Hastings, au prieuré de Brewton, diocèse de Batwels, de Tordre de Saint-Augustin. En 1235 environ, Richard, prieur de Brewton, céda ces églises et celle de Pierreville au chapitre de Coutances contre un titre canonial. Puis en 1258 un nouveau prieur s'arrangea avec l'abbaye de Troarn, au diocèse de Bayeux, à laquelle il céda ce titre et le reste des propriétés du prieuré en Normandie. (Voy. les art. Tessy ^ Pierrevilley Surtainmlk,) Dans Tinlervalle, une léproserie avait été fondée à Moyon par Alain d'Avoujour, qui l'avait donnée en 1256 au prieuré de Brewton. Elle passa ainsi à la charge et à l'obédience de Troarn. Elle était sous l'invocation de saint Germain. — Le curé de Moyon payait une décime de quarante livres; de même, la fabrique. Il y eut au manoir de Moyon une chapelle, dont le curé de la paroisse recueillait le casuel et les oblations.
12. Saint-Louet-sur-Vire. Eglise romane, à l'exception du porche et des deux chapelles. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, huit livres. Vaut cinquante livres. A la présentation du chapitre de Bayeux. » [Lib, PeliU.) Il y eut une chapelle dite de la Rogerie au village du même nom. Il n'en reste rien.
13 Sadtt-Vigor-des-Monts. L'église Saint- Vigor-des-Monts était à la présentation alternative de l'abbaye de Belle-Etoile et du seigneur du lieu. Le curé payait une décime de soixante-dix livres. Il existe dans la paroisse une chapelle Saint-Mathurin, qui ne figure pas au registre des décimes. Le Livre- Blanc y marque en plus « une certaine chapelle Saint-Samson, dans laquelle le curé est obligé de dire la messe trois fois l'an, et qui possède neuf acres (trente-six vergées) de terre, d'un produit de quarante sous tournois, située dans le fief d*Epaigne, appartenant à noble homme le seigneur Guillaume de Broc. » — Celte paroisse est la patrie de Guillaume Burel, évêque d'Avranches, né au village de la Burlière.
L'ancienne paroisse Sainle-Marie-des- Monts est réunie à Saint -Vigor. Les paroissiens ont laissé tomber leur église. Ils en ont vendu les ruines T. II. 6i
406 HISTOIRE DU DIOCÈSE DB COCTANGES ET AVRAIfCHES.
avec le cimetière, en 4831, pour cent soixante francs. L'acquéreur en a fait un cabaret, et la charrue rejnue les ossements des aïeux.
14. Troisgots. Pourquoi pas quatre? Cette paroisse s'appelle Trégoz. Le mot trect^ commun à plusieurs langues du nord, veut dire un passage : c'est le mot latin irajectus. Le lieu appartint à une branche de la famille ducale, dont plusieurs membres portèrent le nom de Goz. Le dernier, Richard Goz, fut père de Hugues Le Loup, vicomte d'Avrancbes, fondateur de la cathédrale de cette ville, qui devint comte de Chester après la conquête. Mais déjà ce grand fief, qui s'étendait aux paroisses de Fervaches et de Saint-Romphaire, avait été exproprié par Guillaume-Ie-Bâtard après la bataille du Val-ès-Dunes (10 août 1047), et donné à Hellouin de Conteville. C'est alors qu'apparaît le nom de Trégoz, et il demeure sans altération jusqu'à la fin du xvm* siècle.
Robert de Trégoz fonda, en 1 1 97, dans cette paroisse un prieuré pour trois religieux, auxquels il donna les églises de Notre-Dame-de-Trégoz et de Saint* Romphaire, à charge de desserte. La fondation fut approuvée par l'évêquA Guillaume de Tournebu.
La cure était à la présentation du seigneur; car, k la fin, le prieuré n'était plus occupé depuis longtemps. Le curé payait une décime de cent livres et le droit entier de la visite archidiaconale. — La chapelle du prieuré, dédiée à Motre-Dame, fut vendue le 8 mars 1791 avec les propriétés qui en dépendaient, au prix de deux mille huit cents livres, à Jean BeauQls, de Troisgots, et servit depuis à usage d'écurie. Les héritiers de Jean Beaufils la rendirent en 1846 aux Sœurs de la Miséricorde, qui fondèrent auprès un petit établissement, sous la direction de l'abbé Delamare. L'architecte de l'église abbatiale de Saint-Sauveur-le- Vicomte , Jean Halley, la transforma en la jolie petite église qui existe maintenant et qui est devenue un but de très-non^breux pèlerinages. M^ Daniel y fonda en 1861 une nouvelle société de missionnaires diocésains, connus sous le nom de Yiristes.