‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 148 sur 191 · CANTON DE TORIGNY · texte numérisé non relu

CANTON DE TORIGNY

I. Saînt-Laurent^e-Torigny. —12. Notre-Damc-de-Torigny. — 8. BiëvUle. — 4. BrectoaviUa^ — 6. Condë-sur-Vire. — 6. GiéviUe. — 7. Guilb«mlle. — 8. Lamberville. — 9. La Chapall»du-Feat. — 10. Le Perron. — il. Montrabot. — li. Placy-Montaigu. — 18. Prëcorbia. — 14. Rouievflle. — 15. Saint-Arnaud. — 16. SaîntJean-dea-Baisanta. —17. Saint-Symphorien. —18. Vidouville.

1 . Saint-Laurent-de-Tobigny paraît avoir été d'abord la paroisse la œoios importante du lieu, quoique la principale à présent. Elle n'est pas taxée au Litre-Pelu du diocèse de Bayeux, rédigé en 1356, mais bien Notre-Dame et Saint-Amand. L'église, peu ancienne, était une chapelle de la dépendance du château , et le chœur une seconde chapelle appuyée à celle-ci comme monument funéraire, élevée en 1601 par Françoise de Daillondu Lude, veu» de Jacques II de Matignon. Elle était remplie en effet de beaux tombeaui de marbre, qui furent brisés en 1792.

Ce qui ne veut pas dire, toutefois, que la paroisse est de récente ciéation :

PAROISSSS. 407

le duc Robert-Ie-Magnifique donna, en 1 033, l'église Saint-Laureat-de-Torigny à l'abbaye de Cérisy ^^\

Torignj eut plusieurs établissements religieux, et d'abord une léproserie, dont la date de fondation est inconnue, mais qui avait été fondée à frais communs; le Livre-Pelu dit : « Non taxée. La chapelle de la léproserie de TorigDV ; revenu peu élevé. A la présentation des nobles, des bourgeois et des autres paroissiens des églises Saint- Laurent, Saint- Amand et de la Bienheureuse Marie. » Ensuite, un hospice fondé en 1221 par Gaucher de Cbfttillon, comte de Saint-Paul, auquel Philippe-Auguste avait donné la baronnie de Torigny après l'expulsion des Anglais. Il faisait face au portail de l'église Notre-Dame. Cet établissement était ruiné, lorsque Jean de Matignon le releva, ou plutôt le fonda à nouveau en 1675. Les revenus du prêche du Cbefresne lui furent réunis en 1683; ceux de la léproserie, en 1696. Troisièmement, une abbaye de Cisterciens, fondée en 1307 par Robert Le Fèvre, archidiacre d'Avranches, sous le vocable de saint Pierre, et la dépendance de l'abbaye d'Aunay. Philippe-Ie-Bel confirma la fondation par lettres patentes datées de Milan en 1308, et y ajouta le patronage et les dtmes de la paroisse Notre-Dame, sur le territoire de laquelle la maison était établie. Ce monastère eut vingt-trois abbés, dont les six derniers, à commencer en 1618 par Léônor de Matignon, plus tard évêque de Coutances, furent commendataires. Le somptueux hôtel de la Yarignière est construit sur son emplacement. Quatrièmement, un prieuré de Cisterciennes, fondé en 1631 par Guillaume Le Mière, curé de Notre-Dame. Les premières religieuses avaient habité pendant deux ou trois ans un lieu nommé l'Ermitage de la Madeleine, situé dans la paroisse Saint-Amand. Les bâtiments subsistent, l'église n'est qu'en partie détruite, le tout est employé à des usages séculiers. La maison eut douze prieures, dont la dernière fut Flore-Victoire Salbert de Baujage, installée en 1778.

Torigny eut encore deux maisons d'éducation suffisamment dotées, dans lesquelles l'instruction se donnait gratuitement aux pauvres : une école de garçons, fondée en 1395, et une école de filles, fondée en 1691 . Il y eut aussi une chapelle nommée Saint-Nicolas-de-la-Boulaye.

2. Notre -Dame -DE- Torigny, dite vulgairement du Grand- Vivier, est ainsi recensée au Livre-Pelu du diocèse de Bayeux : « Taxe, vingt livres. L'église de la Bienheureuse-Marie-de-Torigny ; revenu, cent livres. Patron présentateur, l'abbé de Torigny. »

Annexée à Saint- Laurent en 1803, la paroisse Notre-Dame a été rétablie à titre de succursale par décret du 8 octobre 1865. L'église était un des rares monuments de roman à plein-cintre du x* siècle, élevé probablement par Hamon-aux-Dents ; on l'a reconstruite, en majeure partie, pour la faire plus i>eUe, de 1868 à 1874.

3. Bi^viLLE. Sous le vocable de saint Pierre. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, nelif livres. L'église de Biéville [Bréville); re- Tenu quatre-vingts livres. » (Lib. PeliU.) — 11 y eut à Biéville une chapelle Saint-Gilles, dite aussi chapelle de la Malherbière, qui était publique et le but de nombreux pèlerinages. Elle est en ruines. Le Litre- Pelu dit « Taxe,

(1) Yoy. Deschamps, Notice HUt. sur Torigny.

quinze livres. La chapelle non curiale de la Malerbière; revenu, trente livres. À la présentation du seigneur du dit lieu. »

4. Brkctouville. La paroisse Saint-Pierre-de-Brectouville était du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny : « Non taxée. L'église de Brectouville (Br^ tetoville) vaut cinquante livres. A la présentation de Tabbaye de Saint-Sever. » (Lib. Pelut.) Brectouville fut annexé à Giéville à la suite du Concordat; il a été rétabli à titre de succursale par ordonnance du 20 janvier 1820.

5. CoKDé-suR-YiHE. Vocable, saint Martin. La paroisse était répartie en trois portions curiales. Le Livre-Pelu du diocèse de Bayeux en parle de la sorte. «Taxe, quarante livres. La grande portion de Condé - sur - Vire ; vaut deux cents livres. Présentateur, Tabbé ; lequel perçoit les gros fruits. » C'est l'abbé de Torigny. Cette portion fut donnée à l'abbaye de Torigny en <328.

« Taxe, vint-cinq livres. La seconde portion de la même (paroisse); valeur^ soixante livres. Présentateur, le duc de Normandie. »

« Taxe, quinze livres. La troisième portion de la même (paroisse); valeur, cinquante livres. Présentateur, le seigneur du Pont. »

Condé eut une léproserie, dont les revenus étaient dès lors affectés à celle de Torigny, car le Livre-Pelu les enserre dans une accolade accostée de cette unique notice : « Les chapelles, à la présentation des nobles, des bourgeois et des autres paroissiens de Saint-Laurent, de Saint-Amand et de Notre-* Dame. » Les revenus de l'une et de l'autre furent réunis à l'hospice de Torigny par ordonnance du 24 février 1696. A la fin ^u xviu^ siècle, le curé de la grande portion avait une pension congrue de sept cent cinquante livres; les deux autres portions étaient dlmeresses.

L'abbaye de Torigny fut fondée d'abord à titre de prieuré, vers 1134, par Robert de Saint-JElemi, sur la paroisse de Condé ; mais l'établissement ne fut pas durable. Il ne reste plus de traces de sa chapelle, dédiée à saint Nicolas. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

6. GiéviLLE. Vocable, saint Martin. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, quarante livres. L'église de Giéville; valeur, cent vingt livres. Patron présentateur, le seigneur Guillaume Bacon. ^ {Lib. Pelut.) En dernier lieu, le seigneur de Torigny. Au xui* siècle la cure était à la présentation de l'abbé de Cérisy.

7. GuiLBERvaLE. Vocablc, saint Mathurin. Paroisse du diocèse de Bayeux^ doyenné de Torigny. « Taxe, vingt-deux livres dix sous. L'église de Guilberville (où il y a une chapelle du manoir de la Moignerie) vaut cent vingt livres. Patron, Tabbé de Montmorel. Elle est appropriée ; » ce qui veut dire que Montmorel en avait fait un prieuré, lequel était desservi par un de ses religieux. — Il est de tradition dans le lieu qu'il y eut une léproserie près du village de la Moinerie. Ce serait l'explication de cette ligne si obscure du Livre-Pelu : « u6î est una capella mdis de la Moignerie. » Cette chapelle est marquée sur la carte de l'ancien diocèse de Bayeux.

8. Lakbervillb. Vocable, saint Jean- Baptiste. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, vingt livres. L'église de Lamberville; valeur, cent livres. Patron présentateur, Lambert de Lamberville, écuyer, seigneur du dit lieu. » (Lib. Pelut.) — Lamberville, annexée à Biéville en 1 803» a été érigé en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.

9. La Chapelle-du-Fest. Sous le vocable de Notre-Dame. « Non taxée. L'église de La Chapelle-du-Fest (de Festo); valeur, trente livres. Patron, l'abbé de Saint-Lo. » {Lib. PeliU.) — La paroisse, annexée à Précorbin en 1803, a été érigée en succursale par décret du 5 février 1859. Elle faisait partie du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny.

10. Le Perron. Vocable, Notre-Dame. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, dix livres. L'église de Perron; valeur, cinquante livres. Patron, le seigneur de Torigny. » {Lib, Peint.)

11. MoNTRABOT. Vocablo, saint Martin. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. Erigé en succursale le 28 août 1808. « Taxe, dix livres. L'église de Montrabot {de Monte Ramboust); valeur, vingt-cinq livres. Patron, l'abbé de Longues. » (Lib. Pelut.)

12. Placy-Montaigu. Paroisses réunies. Placy demeura annexé au Perron depuis 1803 jusqu'en 1834; alors il en fut détaché et eut pour annexe Saint- Symphorien. Saint- Symphorien étant devenu succursale en 1840, Montaigu, autre annexe du Perron, fut réuni à Placy, pour former une paroisse sous le nom de Placy-Montaigu.

Ces diverses paroisses étaient du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. Placy est sous le vocable de saint Nicolas. Montaigu, sous celui de saint Martin. « Taxe, douze livres. L'église de Placy (de Planceio) ; valeur, quarante livres. Patron présentateur, le seigneur de Torigny. » (Lib. Pelut.)

« Non taxée. L'église de Montaigu; valeur, vingt livres. Présentateur, le seigneur du dit lieu, y^ (Lib. Pelut.)

13. Précorbin. Vocable, saint Aubin. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. C'était un prieuré-cure de l'abbaye de Saint-Lo. « Taxe, vingt livres. L'église de Précorbin; valeur, cent livres. Patron, l'abbé de Saint-Lo. Elle est desservie par un religieux. » (JLib. Pelut.)

Ml. RouxsvjLLE. Vocable, saint Martin. Deux portions curiales. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny. « Taxe, dix livres. La première portion de Rouxeville; valeur, quarante livres. A la nomination alternative de l'évêque de Bayeux et de l'abbé de Cérisy. »

« Taxe, dix livres. La seconde portion de la même église; valeur, cinquante livres. A la présentation du seigneur de Maloinde. » {Lib. Pelui).

15. Saint-Amand. Cette paroisse paraît être la première de Torigny par ordre de date. L'église est en roman du x* siècle. Les premiers sires de Torigny étaient parents de Rollon ; l'église est probablement l'ouvrage de l'un d'eux. A la bataille du Val-ès-Dunes, en 1047, les guerriers du duc Guillaume criaient : Dex aie ; ceux de Hamon-le-Dentu, sire de Torigny, son adversaire, criaient : Saint-Amand.

Saint-Amand, de chef-lieu et premier emplacement de Torigny, était devenu une annexe de Saint-Laurent. L'église était réduite au rang de chapelle vicariale; en 1789, elle était desservie par deux vicaires. « Taxe, trente-cinq livres. L'église Saint-Amand-de-Torigny ; valeur, six-vingts livres. A la présentation de l'abbé de Cérisy. » [Lib. Pelut.)

1 6. Saii«t-Jean-dss-Baisants. Nom abominable, qui n'est pas le nom originel.

410 HISTOIRB DU DIOGÈSB DE COUTANGES ET AVRANGHE8.

Le Livre 'Pelu du diocèse de Bayeux dit Saint -Jean- de -Baisans. Sous cette forme, Taffixe provient d'un nom d'homme. Une prieure du nom de Françoise de Baise , gouverna la Blanche de 1590 à 1604. L'église Saint-Jean-Baptiste-de-Baisans fut donnée à l'abbaye de Saint-Lo par Thomas de Saint-Jean, avec l'assentiment de Henri, évoque de Bayeux, qui siégea de 1163 à 1205. Le curé avait une pension congrue, l'autelage et de menues dîmes ; mais en dernier lieu seulement, car l'abbaye y maintint un prieur, tant qu'elle eut un nombre suflSsant de religieux. — « Taxe, treize livres dix sous. L'église Saint-Jean-de-Baisans; valeur, cinquante livres. Patron, l'abbé de Saint-Lo. Elle est desservie par un religieux. » (Lib. Pelut,) Il y a une chapelle Saint-Pierre-au-Caillou, qui est d'ancienne fondation.

17. Saint-Symphorien. Paroisse du diocèse de Bayeux, doyenné de Torigny.

— « Taxe, neuf livres. L'église Saint-Symphorien ; valeur, quarante livres, k la présentation du seigneur de Torigny. )► (Lib. Pelut.) Saint-Symphorien était annexé à Placy, lorsqu'il fut érigé en succursale par ordonnance du 26 mars 1840.

18. VroouviLLE. Vocable, saint Malo. — « Non taxée. L'église de Vidouville vaut trente livres. A la présentation de l'abbé de Longues. » (Lib. PeliU.)

— Il y a une chapelle Notre-Dame-du-Pont-Youf, qui fut donnée à l'abbaye de Longues avec deux cents vergées de terre (plus de quarante hectares) à condition d'y entretenir un chapelain. Devenue propriété particulière , cette chapelle a encore été ouverte au culte pendant longtemps ; maintenant elle est convertie à usage de grange et de laiterie.

Page 1