‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 150 sur 191 · CANTON DE BARNEVILLE · texte numérisé non relu

CANTON DE BARNEVILLE

I. Baraeville. — 2. Baubîgny. — 3. Garteret. — 4. Fierville. — 5. Gouey. ~6, La Haye-d'Ectot. —7. Le Mesoil. — 8. Le Valdécie. — 9. Notre-Dame-d'AUonne. — 10. Notre-Dame-de-Portbail.

— 11. Saint-George8-de-la-RiTière.— 18. Saint-Jean-de-la-RiTière.— 13. Saint-Lo-d'Ourville.

— 14. Saint - Maurice. - 15. Saint-Pierre-d'Allonne. — 16. Saint-Pierre-d'Arthéglise. — 17. SénoviUe. •— 18. Sortosville-en-Beaumont.

1 . Bârneville. Bameti'Fxlla et Bernetvilla; c'est Tétymologie la plus probable. L'église, principalement la nef, est un spécimen curieux de Tarchitecture romane à plein cintre. On croit qu'elle fut construite par Roger de Barneville, l'un des plus braves compagnons du duc Robert-Courte- Heuse dans son expédition en Terre-Sainte, en 1097, Elle appartenait à Tabbaye de Grestain, fondée en 1040 par Robert de Conteville et Ariette, sa femme, père et mère de Robert, comte de Mortain. Or le domaine de Barneville faisait partie du comté de Mortain. C'est donc ce même Roger qui dut la donner à Grestain , à la demande ou à la considération de son suzerain. Cependant on lit dans Ist^ Gaule-Chrétienne, colonne 875, tome XI, queTévêque Richard de Bohon donna acte de propriété de l'église de Barneville à l'abbaye de Montebourg à la demande de l'abbé G en 1156. Ce serait Wallerius, qui se

prononçait et s'écrivait parfois Gualterius; mais il y a probablement erreur, car l'abbaye de Grestain , au diocèse de Lisieux, a été jusqu'à la fin en possession de deux gerbes de la dime et du patronage. Le curé avait la tierce gerbe, l'autelage et l'aumône. Il y eut au manoir une chapelle à la présentation du seigneur. Le curé payait une décime de vingt-quatre livres. L'église est sous le vocable de saint Germain. — Barneville est probablement le lieu d'origine du trouvère Ghilebert de Berneville, qui vivait en 1260 et qui a laissé im recueil manuscrit de chansons pleines d'élégance et de délicatesse.

2. Baubîgny. L'église Saint-Martin-de-Baubigny demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt livres.

La paroisse Saint-Paul-des-Sablons est annexée, ou plutôt réunie définitivement à celle de Baubigny; car elle a laissé démolir son église. La cure de Saint-Paul était à la présentation de l'abbaye de Cherbourg. Le curé payait une décime de seize livres. — Baubigny a été érigé en succursale le 28 août 1808.

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3. Garteret. L*église Saint-Germain-de-Carteret fut donnée en 4125 à Tabbaye du Mont-Saint-Michel avec la dîme et la terre de Taumône du roi qui était située à Saint-Ouen de Jersey (Eceksiam B, Germani de Kariraio cum décima et terra de elemosina régis que est S. Odoeni in Gerseio), par Renaud de Garteret. Le curé avait la tierce gerbe de la dirne et Tautelage. Il payait une décime de vingt-quatre livres. L'étymologie nous semble venir de la vigie romaine, ou peut-être du temps de Charlemagne, qui se voit au sommet de la falaise, casteretum, diminutif de castrum.

4. FiERviLLE. L'église Saint-Pierre-de-Fierville fut toujours à la présentation du seigneur du lieu. Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. L'école était de fondation ecclésiastique et payait trente sous.

5. GouEY. L'église Saint- Martin- de- Gouey était à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveur- le -Vicomte. L'abbaye était grosse décima trice , elle faisait une pension congrue au curé; celui-ci avait en plus quelques revenus en nature, des. aumônes et l'autelage. Il payait une décime de trente-six livres. Il y eut une chapelle Saint-Martin dans le cimetière, et aa presbytère une chapelle Saint-Mard (JHedardus), Il y eut aussi un prêche» qui fut démoli en 1685 par ordre du roi.

Le village actuel a succédé à la ville gallo-romaine qui accompagnait Yemporium de Portbail; son emplacement recèle une multitude de tégules et d'imbrices.

6. La Haye-d'Ectot. L'église Notre-Dame-de-la-Haye-d'Ectot , dont le plus ancien nom est la Haye-de-Barneville, fut donnée, à charge de desserte, par Jourdain de Bameville, fils de Roger , le compagnon du duc Robert en 1097 (voy. l'art. Bameville), au prieuré de la Taille, qu'il fonda en celte paroisse sous la dépendance de l'abbaye du Vœu. Le prieur-curé payait une décime de quarante livres. Il avait le trente-sixième rang au synode. Le chapitre de Coutances et l'hôtel-Dieu de Barfleur possédaient à la Hayed'Ectot des droits antérieurs à la fondation du prieuré ; car il y eut contestation pour le patronage devant l'évêque Vivien, et ce prélat le déclara commun aux deux parties. Il ne pouvait être question alors que du patronage honoraire , puisque la cure était donnée. Le chapitre avait en outre des droits plus utiles ; car il se fit céder par l'abbaye, après contestation également, la moitié des gerbes de la dlme. Ce revenu jfaisait partie de la commune capitulaire. — Quoique le prieuré desservît l'église paroissiale , il eut cependant sa chapelle. Il y en eut une pareillement au manoir seigneurial. — Erigée en succursale le 12 janvier 1820.

7. Le Mesnh.. L'église Saint-Martin-du-Mesnil est relatée au nombre des propriétés de l'abbaye de Lessay sur la bulle du pape Innocent III de l'an 1186. Une charte confirmative de l'évêque Algare en fait mention dès 1134. Elle avait été donnée par Robert de la Haye (du Puits). Le curé avait l'autelage, les menues dîmes et partageait les grosses par moitié avec l'abbaye. Il payait une décime de trente-deux livres. — Erigé en succursale le 12 janvier 1820.

8. Le Vald^cie. (Devrait toujours s'écrire comme autrefois Val-de-Scye.) L'acte d'union des abbayes du Vœu et de Saint-Hélier, de l'an 1205, montre

que l'église d*Arlhéglise et la (^pelle du VaUde-Scye appartenaient alors au prieure de la Taille. Toutefois, les droits du prieuré étaient contestés par l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et la contestation fut portée jusqu'à Rome. Le pape nomma des arbitres; l'affaire fut jugée cette année même; la chapelle du Fal-de-Scye fut adjugée à Saint-Sauveur. Le Livre-Noir ne dit plus chapelle, mais église. Le patronage contesté ne conférait que le droit de présenter à la cure ; car le curé était seul décimateur. Il payait une décime de vingt-sept livres. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

9. Notre-Dame-d'AlLonne. Notre-Dame et Saînt-Pierre-d'AIlonne s'appellent d'un nom commun les Moitiers-d'Allonne. Moitiers, c'est-à-dire monastère. Les deux églises sont dans le môme cimetière. Ce dut être un monastère de saint Ortaire; il plaçait ainsi dans le même couvent deux églises, dédiées l'une à la Reine du ciel , l'autre au Chef de TEglise universelle. — Les deux églises Notre-Dame et Saint- Pierre -des -Moitiers-d'Allonne furent données à l'abbaye de Blanche-Lande par Robert de Sortosville et Roger des Moitiers; la donation fut confirmée par l'évêque Guillaume de Tournebu en 1190. Mais l'abbaye perdit un de ces patronages, celui de saint Pierre, et ne jouit jamais de l'autre sans contestation. Le Livre-Noir et le Livre-Blatic attribuent au seigneur du lieu le droit de présentation. Un pouillé de 1757 le dit alternatif entre l'abbaye et le seigneur. L'abbaye contraignit, par jugement du bailli de Valognes en 1543, le seigneur, Michel du Mesnil, sieur de Tocqueville^ à ôter ses armes de l'église et à replacer celles de l'abbaye. Plus tard, Gautier de Sainte-Marie plaida contre les religieux et gagna sa cause, puis reconnut son erreur au bout de quelques années et rendit spontanément les droits que les juges lui avaient attribués. — Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres. Il y eut une chapelle au manoir du Breuil, à la présentation du seigneur et dotée.

10. Notre-Dame-de-Portbail. Nous avons parlé de l'arrivée des reliques de saint Georges à Portbail au viu* siècle, ad portum Ballii, II y avait au même lieu un monastère qui fut détruit par les Normands; Wace en attribue la destruction à Hasting. Il en fut de ce monastère comme de celui de Saint-Lo : les moines survivants, d'autres peut-être, y revinrent après la tourmente. Le duc Richard III le donna en 1026 à la princesse Adèle, son épouse, parmi les propriétés et seigneuries dont il constitua sa dot : Ahbatiam nec non qum appellatur Porthail, qwB sita est super aquam Jorfluctum cum portu. — Mais l'abbaye ne tarda pas à se retrouver sans moines; car le pouillé du Livre-Noir, rédigé en 1279, dit : « Eglise Sainte -Marie -de -Portbail, patron, l'abbé de Lessay. La paroisse a un manoir abbatial et une église paroissiale. Il y avait autrefois des moines, qui faisaient l'office aux jours fériés dans ladite église, et donnaient l'hospitalité à la place du curé. Pendant la semaine, ils célébraient dans une certaine chapelle, éloignée de l'église paroissiale, mais située dans la paroisse Maintenant il n'y a plus de moines

L'église paroissiale fut donnée à l'abbaye de Lessay en 1056 par le fondateur, Richard, dit Turstin-le-Haudu, mais non intégralement et sans charges, car Anquetil de Claids, Robert, son fils, et Alix, sa fille, complétèrent la donation un demi-siècle plus tard, en donnant les dîmes, les aumônes et en supprimant toutes les redevances. Le curé eut une pension congrue, par-

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fois une part des dîmes et l'aatelage. Il payait une décime de trente-six livres. L*abbaye fonda à une époque postérieure un prieuré; en 1279, il n'y avait pas de moines , et on n'y donnait pas f hospitalité ^ ajoute le Livre-Noir. Le prieuré fut formé des biens de l'ancienne abbaye^ que celle de Lessay tint en fief à gage-plége. Le prieur payait une décime de cinquante-six livres. Il avait le douzième rang au synode. Il y eut dans le cimetière une chapelle Saint- Michel, et à un des bouts de la paroisse, une chapelle Saint- Siméon-Stylite, celle-là même où les anciens moines allaient dire la messe pendant la semaine. Elle était en grande révérence parmi les populations et le but de nombreux pèlerinages.

La paroisse Notre-Dame-de-Portbail fut annexée i celle Gouey en 1803. Elle a été rétablie à titre de succursale par ordonnance du 14 janvier 1827.

11. Saint-Georges-dk- LA -Rivière. L'église Saint-Georges-de-Tummeville, tel est l'ancien nom, fut donnée pour une partie à l'abbaye de Lessay parle fondateur, Eude-au-Chapeau, 1056. Mais cette partie n'était pas considérable ; car, outre le patronage, l'abbaye n'avait que deux gerbes de la dtme du fief de Longuefame, une rente de sept sous servie par le curé et huit livres à recevoir sur le surplus des dîmes. Le curé payait une décime de vingt-huit livres. — Saint- Georges, annexé à Saint-Jean-de-la-Rivière en 1803, a recouvré son existence paroissiale par ordonnance du 15 février 1843.

1 2. Saint-Jeaiï-de-la-Rivière. Le patronage de l'église Saint-Jean-Baptistede-Torgeville (Torgistilla) , tel est l'ancien nom, et la nomination à la cure appartenaient à Tévèque de Coutances; Algare en fit don à l'abbaye de Lessay en 1134, à la demande de Richard de la Haye (du Puits), sénéchal de Normandie, et de ses deux fils, Richard et Raoul. Cette donation ne s'étendait pas à toute la paroisse ; car l'abbaye de Saint-Père de Chartres en avait un tiers plus un fief, qui lui avaient été donnés par Àréfaste, oncle de Richard II, monté sur le trône ducal de Normandie en 996, Saint-Père (Peints) était représenté là par le prieuré du Ham, qui était de son obédience. Le curé de Saint-Jean payait une décime de trente-six livres. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

13. Saint-Lo-d'Ourville. L'église Saint-Lo-d'Ourville fut donnée en partie à l'abbaye de Lessay par le fondateur Richard , dit Turstin-le-Haudu. Une seconde portion fut donnée quelques années après, du consentement de Guillaume-le-Conquérant, par Hugues d'Orval, fils de Renaud. Ce n'était pas tout. Le surplus fut donné avec le manoir' d'Avarreville , par Robert de la Haye (du Puits), sénéchal du duc-roi Henri P', et Mimel, son épouse.

L'abbaye fonda un prieuré à Avarreville, mais le supprima plus tard; il n'en est plus question au xvu' siècle. Le registre des taxes de 1721 impose à cent sous, pour les trois premiers cinquièmes de l'année, le prêtre, nommé Nicolas Rouget, qui dessert le prieuré d* Avarreville , sans marquer aucune taxe pour le prieuré ni pour la chapelle du prieuré , ce qui prouve que l'abbaye avait repris tous les revenus. Elle prenait également toutes les dîmes ; le curé avait une pension congrue^ et l'autelage ; plus deux acres (un hectare et demi) de terrain, qui appartenaient à la cure et non à l'abbaye. Il payait une décime de quarante-cinq livres.

14. Saint-Maurice. L'église Saint-Maurice (delEpinay) appartenait à

l'abbaye de Montebourg, qui prélevait les deux tiers des dîmes. Le curé avait le surplus et une aumône de sept vergées (près d'un hectare et demi). Il payait une décime de trente-trois livres.

La paroisse a été illustrée par les vertus du bienheureux Thomas Hélye, qui en fut curé un an ou deux. En souvenir, les habitants avaient contracté l'usage de se rendre tous les trois ans, le mardi de la Pentecôte, en procession à son tombeau. On vit des processions de deux mille pèlerins, dont un grand nombre marchaient les pieds nus. La distance est de près de trois myriamètres. Le départ était fixé à minuit; le reste du jour et la nuit suivante se passaient en pieux exercices. Au retour, le mercredi, le prêtre qui présidait au pèlerinage, licenciait la procession à l'église de Pierreville. Cet usage s'est maintenu jusqu'en i 790.

15. SAiinr-FiERRE-D'ÂLLONNE. L'église était de présentation laïque, nonobstant la donation qui en avait été faite à l'abbaye de Blanche-Lande par Robert de Sortosville et Roger des Moitiers. (Voy. l'art. Notre-Dame-d' Allonne.) Toutefois, si l'abbaye avait perdu le droit de présenter à la cure, elle avait conservé les deux tiers de la dlme. Le curé avait le surplus, l'autelage et quelques revenus attachés à la cure; il payait une décime de trente-neuf livres. — Il y eut dans la paroisse une chapelle dite Notre-Dame-de-Vauvert (de valle vindi), qui ressortissait à l'abbaye de Blanche-Lande et n'est .pas taxée, quoiqu'elle eût quinze livres de revenus, et une chapelle Saint-Nicolas, qui payait douze livres. — Saint-Pierre-d'AUonne demeura annexé à Notre- Dame jusqu'au i 2 mai 1825.

1 6. SAJNT-PiERRE-D'ARTHiGLiSE. (Argetecksia,) L'église fut donnée à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte en 1153 par Geoffroi d'Anneville; mais cette donation se réduisait, ce semble, au droit de présenter à la cure, car l'abbaye n'avait nulle part aux dîmes; le curé était seul décimateur. Il payait une décime de vingt-six livres.

17. Sénoville. L'église Saint-Lo-de-Sénoville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de quarante-six livres.

1 8. SoRTOSvn.LE-EN-BEAUMONT. L'égllso cst SOUS le vocable de saint Georges. La paroisse comprenait deux portions curiales, de présentation laïque Tune et l'autre; mais par deux patrons différents. Les curés payaient par moitié une décime de quarante-six livres, — Erigé en succursale le 28 août 1808.

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