CANTON DE BRICQUEBEC
1. Brioquebec. — «. Breuville. — 3. Le Grand-Hameau. — i. L'Etang-Bertrand. — 5. Le Vretot.— 6. Le8 Perques.— 1. Magneville. — 8. Morville.— 9. Négreville. — 10. Queltetot. — 11. Rauville-la-Bigol. — 12. Saint-Marlin-le-Hébcrt. — 13. Sottevast.
Bricquebec. L'église Notre-Dame-de-Bricquebec est de style roman à plein cintre. La nef est principalement remarquable. La cure a toujours été à la présentation du seigneur du lieu. Le curé est taxé à une décime de cent cinq livres pour Tannée 1721. Le prieuré de Beaumont-en-Auge avait les deux tiers des dîmes; le curé, l'autre tiers et la moitié des novales. On appelait
novales les terrains mis en culture depuis la première disposition qui avait été faite de la dlme. — La dtme était un impôt seigneurial par sa création. Il ne devenait ecclésiastique qu'autant que le seigneur en faisait don à l'église. Beaucoup de seigneurs gardèrent les dîmes jusqu'après le xv* siècle.
Le premier sire de Bricquebec était neveu de RoIIon; il se nommait Anslech, vulgairement Lancelot. Il fut un des tuteurs du jeune duc Richard I*', après l'assassinat de Guillaume-Longue-Epée, en 944. Il eut pour fils Turstin; celui-ci fut père de Guillaume, qui prit le surnom de Bertrand, et de Hugues-àla-Barbe. De Hugues-à-la-Barbe descendirent les comtes de Monlfort-sur- Rille. Le surnom de Bertrand devint héréditaire dans la branche de Bricquebec. L'un des premiers Bertrand fonda en son château de Bricquebec une collégiale de cinq chapelains, astreints à vivre sous une même règle, à célébrer roffice canonial et portant l'aumusse. Le même peut-être fonda à son manoir de r Etang-Bertrand une seconde chapelienie de deux chapelains. Le dernier des Bertrand, Robert Bertrand VII, maréchal de France, fut tué à la bataille de Créci, en 1346. Il avait épousé Marie de Sully. Sa fille, Jeanne Bertrand, avait épousé Guillaume Paynel, baron de Hambye, qui hérita de Bricquebec et des vastes domaines qui en dépendaient. Alors les deux tiers des dîmes de la paroisse, apanage de la collégiale du bourg de Bricquebec, furent donnés au prieuré de Beaumont-en-Auge, et les cinq chanoines remplacés par deux chapelains, fort peu rétribués. Au dernier siècle, ils tenaient les petites écoles, et n'étaient pas même mis à la taxe pour cette fonction. Les chapelains de la chapelle Sainte-Croix-des-Bois de l' Etang-Bertrand avaient vingt-deux quartiers de froment à percevoir sur les moulins de l'Elang-Bertrand et le droit de pêche dans les viviers. Ils furent supprimés ; la chapelle, remplacée par celle de Sainte-Anne, qui devint paroissiale et eut un chapelain à la présentation du curé.
Bricquebec eut en plus les chapelles Saint-Biaise, Saint-SiiuBon , Saint- François, Saint-Sever, Sainte-Catherine et de la Houlale. La cha[)elle Sainte- Anne avait appartenu momentanément à un petit couvent de Camaldules, et précédemment à un ermitage. La chapelle de la collégiale était, nous le croyons, dédiée à saint Martin. Il en existe des ruines parmi lus ruines du château. La chapelle Saint-Sever était celle d'un ermitage dépendant de l'abbaye de Saint-Sever, qui fut supprimé en 1725 sur les plaintes du curé. La chapelle Saint-Biaise était située au nord du bourg; elle avait des rentes en blé dans la paroisse de Surtainville. La chapelle Saint-Siniéon était auprès» du bourg del'Etang-Bertrand. La chapelle Saint-François était à l'extrémité de* la paroisse, près de Saint-Marlin-le-Hébert. Elle avait été fondée vers 1660 par un gentilhomme nommé Plessart. Le chapelain était à la présentation du propriétaire de la ferme de Marlinville. Bricquebec eut une commanderie de Templiers, dont il est fait mention dans des actes de l'an 1270. ^
Il a maintenant une maison de Cisterciens, fondée en 1821 par Bon-Jacques Onfroy, curé de Digosville, et élevée au rang d'abbaye sous le nom de Notre- Dame-de-Grâce en 1836. L'église a été consacrée le 13 octobre 1836. Le Père Onfroy a été le premier prieur et ensuite le premier abbé, sous le nom de dora Augustin. Il est décédé en 1857.
2. Breuville. L'église Saint-Pierre-de-Breuville demeura de patronage laïque. Le curé était décimateur ; il payait une décime de quarante livres. L'église est de style roman i plein cintre.
3. Le Grand-Hameau. Paroisse de nouvelle création, érigée aux dépens de Bricquebec, par décret du 4 juin 1853, sous le vocable de saint Martin.
4. L' Etang-Bertrand. Paroisse de nouvelle création, érigée aux dépens de Bricquebec, par ordonnance du 3 juin 1845, sous le vocable de saint Siméon- Stylite. (Voy. Tart. Bricquebec.)
3. Le Vretot. AuvrVot, la demeure d*Auvry (c'est la vraie étymologie). L'église Nolre-Dame-du- Vretot était à la présentation du prieuré de Beaumont-en-Auge, sous la dépendance de Tabbaye de Saint-Ouen de Rouen. Le prieuré avait les deux tiers des dîmes, le curé, Tautre tiers et Tautelage ; il payait une décime de soixante-six livres. L'antique église a été détruite; l'église actuelle a été construite en 1867.
6. Les Perques. L'église Saint-Paul-des-Perques demeura de patronage laïque. Le curé était décimateur, mais il payait au prieur de Beaumont-en- Auge une redevance de quatre livres. Il y eut au manoir une chapelle avec caveau funéraire.
7. Magneville. L'église Notre- Dame-de-Magneville était demeurée de patronage laïque. Le prieuré de Beaumont-en-Auge avait les deux tiers des dîmes de la paroisse, le curé, l'autre tiers et Tautelage. 11 payait une décime de soixante-dix-huit livres. Il y avait au manoir une chapelle, à la desserte du curé, qui lui valait quatre quartiers de froment; plus, dans la paroisse, une seconde, sous le vocable de saint Pair. Elles ne sont portées ni l'une ni l'autre à la taxe. L'église est d'architecture romane à plein cintre. On y voit une curieuse cuve baptismale, de forme quadrangulaire, sur la tranche de laquelle sont inscrits ces deux vers :
Totas purgatur qui sacro fonte lavatur Fons lavât exterius spiritus interius*
Sur les listes de la conquête, le nom est Mandeville et c'est le meilleur, puisque c'est le plus ancien.
8. Morville. L'église de Morville est sous le vocable de saint Pair. La paroisse était divisée en deux portions curiales , dont la première, à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveur-le- Vicomte ; la seconde appartenait à rhôtel-Dieu de Coutances, à qui elle avait été donnée par Tévéque Hugues de Morville, en 1219, et qui la faisait desservir par un de ses prêtres. Les deux curés payaient par ensemble une décime de soixante-douze livres. L'égalité entre les portions avait été établie à la fm du xvii® siècle ; auparavant, la première avait la prépondérance.
Cette paroisse a été le berceau d'un de nos plus grands évêques; dans sa jeunesse, il s'appelait Hugues de Néret, du nom d'un fief sis au même lieu ; mais il devint seigneur de Morville à la mort de son père , qui s'appelait Nicolas de Morville.
La première portion curiale avait pour patron saint Pair; la seconde, saint Antoine. Il y avait h Morville une chapelle Saint-Pair imposée à une décime de seize livres.
9. Négreville. L'église Saint -Pierre- de -Négreville (Esnegervilla) fut donnée h Tabbaye de Longues, au diocèse de Bayeux, par les fondateurs, Hugues Wac (de Gacé) et Baudouin, son fils, en 1 168. Le curé n'a?ait qu'une pension congrue et l'autelage. Il payait une décime de cinquante-cinq livres. (Taxe de 1721.)
10. QuETTETOT. {KeUot, l'habitation de Ket.) L'église Notre-Dame-de-Quettetot demeura de présentation laïque. Le curé avait la dime et tout le revenu. Il payait une décime de quarante-huit livres. L'école était de fondation ecclésiastique et payait trois livres. Il y avait une chapelle de patronage laïque, à la desserte du curé, qui n'est pas taxée.
41. Rauville-la-Bigot. (/?e(/iti//a.) Cette paroisse tire son surnom de la riche et puissante famille Bigot , qui eut en Normandie les seigneuries de Maltot, des Loges, de Canon, etc., et dont les descendants en Angleterre furent comtes de Norfolk. Le vieux Hue Bigot combattit vaillamment à Hastings parmi les compagnons du Conquérant. Le duc Guillaume avait donné l'église Notre-Dame-de-Rauville (Radul fi villa) et un fief en franc-alleu dans la même paroisse à l'abbaye de Cérisy. L'abbé Antoine d'Apchon vendit ce patronage, en 1577, à Ricbard-le-Berceur, pour acquitter des charges mises sur l'abbaye ; depuis lors le patronage demeura laïque. Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres. — Nous pensons que le nom de Raduifitilla, le plus ancien, est le bon.
12. Sajnt-Martin-le-H^bert. Antérieurement Saint-Martin-le-Plessard , du nom d'une famille nobiliaire qui eut temporairement la seigneurie de la paroisse. En 1666, Antoine et Guillaume Plessard apparaissent sur les actes publics. Des lettres royaux de 1648 portent érection du fief de Pontrilly, appartenant à messire Guillaume Plessard, escuyer, sieur et patron de Saint- Martin. Sur les registres de 1721 et postérieurement, c'est Saint-Martin-le- Hébert. La cure était de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt livres. — Erigé en succursale le 28 août 1808.
43. Sottevast. L'église Saint-Ermeland-de-Sottevast fut donnée à l'abbaye de Lessay par Raoul de Sottevast, ainsi qu'il résulte d'un acte confirmatif, daté de Cherbourg en 1126, portant la souscription du duc-roi Henri P'. Robert Bertrand, seigneur de Bricquebec, donna à la même abbaye, à la même époque environ, les terres de l'aumône, alors douze vergées, et cette donation se trouve pareillement confirmée dans la charte de 1126. Cependant l'abbaye, tout en conservant les revenus qui avaient été réglés à deux gerbes de la dlme, la troisième et les novales étant réservées au curé, perdit le droit de nomination à la cure.
Il suffisait, pour perdre un droit concédé de patronage total ou partiel^ que le concessionnaire, mis en demeure défaire de grosses réparations jugées néces* saires, différât de s'y soumettre. Le donateur les faisait, et rentrait dans son droit.
Quoi qu'il en soit, les seigneurs du lieu présentèrent à la cure pendant les deux derniers siècles ; mais non sans contestation. L'église est du commencement du xi'' siècle. Le curé payait une décime de quarante livres. La paroisse eut une chapelle dédiée à sainte Suzanne, qu'on dit être le reste d'un ancien monastère ; mais une telle opinion n'est pas appuyée ; si toutefois ce n'est pas
le souvenir d'un établissement monastique antérieur aux Normands ; le patronage de saint Ermeland pourrait en être un indice.