‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 152 sur 191 · CANTON DE MONTEBOURG · texte numérisé non relu

CANTON DE MONTEBOURG

f . Montebourg. ^ 2. Azeville. — 3. Ecausseville. — i. Emondeville. — 5. Eroudeville. — 6. Flollemanville. — 7. Fonlcnay. — 8. Fresville. — 9. Hémévez. — 10. Joganville. — 11. Le Ham. — 19. Lestre. — 13. Notr(>-Dame-dc-BoD-Secours. — U. Ozeville. — 15. Quinéville. — 16. Saint- Cyr.— 17. Saînt-Floxel. — 18. Sainl-Germain-de^Toarnebut. — !9. Saint-Marcouf. 'iO. Sainte •Marie-d'Audouville. — il. Sortosvilie. — 22. Urville. — 28. Vaudreville.

1. Montebourg. La paroisse de Montebourg fut donnée à l'abbaye du lieu par Guillaume-le-Conquérant , lorsqu'il en ébaucha la fondation en 1075. Les paroissiens eurent pour église une chapelle de l'église abbatiale jusqu'en 1319, que Pierre Ozenne, dix-huitième abbé, fit construire à leur usage l'église actuelle, qui fut dédiée sous le vocable de saint Jacques-le-Mineur, le iv des nones de septembre, par l'évêque Guillaume de Thieuville. La paroisse fut divisée en deux portions curiales jusqu'au xviii® siècle ; les deux curés étaient à pension congrue et se partageaient l'autelage. Après la réunion, le curé paya une décime de vingt-huit livres sans augmentation. Sa pension n'ayant pas été augmentée.

De l'abbaye, il reste le palais abbatial, racheté pour le compte du diocèse pendant l'administration de M^ Robiou, et occupé par les Frères de la Miséricorde. L'église, totalement détruite, était une des belles de la province. Sa construction était mélangée de plein cintre et d'ogive. Elle avait deux cents pieds de longueur, trente-cinq pieds de largeur à la croisée, cent vingt-cinq pieds de longueur de nef, un clocher de cent six pieds de hauteur entre chœur et nef. — Elle avait une chapelle dédiée à saint Thomas de Cantorbéry ; c'est celle qui servait de paroissiale.

2. Azeville. L'église Saint -Nicolas- d' Azeville demeura de présentation laïque. Le seigneur du lieu présenta à la cure jusqu'en 1650 environ; mais alors le domaine éleva des prétentions, et, à la suite du litige, elle devint do nomination royale. Le curé avait toutes les dîmes. Il payait une décime de cinquante-cinq livres. Annexée à Saint-Marcouf en 1802, Azeville a retrouvé son existence paroissiale en 1849^ par décision du 4 août.

3. Ecausseville. L'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte avait sur l'église Saint-Martin-d'Ecausseville des droits qui lui furent contestés d'abord puis reconnus par Roger, vicomte du Cotentin , en présence de l'évêque Algare. Dès lors et depuis le droit de nomination fut exercé alternativement par l'abbaye et le chapitre de Lisieux. La dîme et les revenus de l'église se partageaient par portions égales entre le chapitre, l'abbaye et le curé. Au wnf siècle, le chapitre s'intitulait baron d'Ecausseville et présentait seul à la cure. Le curé payait une décime de trente livres. La paroisse avait une chapelle Saint-Clair. La chapelle et le chapelain payaient ensemble cinq livres. — Annexée à Eroudeville en 1803, la paroisse d'Ecausseville a recouvré une existence indépendante en 1846, par ordonnance du 1^' novembre. L'église est de style roman à plein cintre et remarquable.

424 UISTOIRB DU DIOCÈSE DB COUTANGES ET AVRANCUES.

4. Ehondeville. L'église Notre-Dame-d'EmondeviUe fui donnée pour une partie à Tabbaye de Montebourg par Aliéner, veuve de Robert de la Haye (du Puits), femme en secondes noces de Richard du Hommet. Quelques années après, Richard et Herbert de Morville donnèrent le surplus. L'évêque Richard de Bohon confirma ces donations en 4157. Le curé percevait une portion des dîmes et Tautelage ; il payait une décime de quarante livres.

5. Eroudeville. (Ileroutmlla.) L'église Notre-Dame-d'Eroudeville demeura de présentation laïque. Le curé avait les dîmes; il payait une décime de cinquante-trois livres (1721). La paroisse eut une léproserie du vocable de sainte Madeleine, à laquelle le vicaire de Saint-Floxel devait se rendre deux fois la semaine et y célébrer la messe, et une chapelle Saint-Clair, située à la limite des paroisses de Saint-Floxel, Ecausseville et Montebourg. (Si ce n'est la même que nous avons signalée à Ecausseville, suivant le registre des décimes de 1721 .) — Erigé en succursale le 28 août 1808.

6. Flottemanville (au bocage). L'église est sous le vocable de saint Clément et de saint Claude. La cure demeura de patronage laïque. Le curé payait une décime de quatre-vingts livres.

7. Fontenay. Guillaume de Montfiquet donna à Dieu et à saint Vigor (représentés par l'abbaye de Cérisy), l'église Saint-Marcoulf et l'église Notre- Dame - de - Fontenay, en présence et du consentement du roi Guillaume (le Conquérant) et de l'évêque Geoffroi (de Montbray), les deux îles Saint- Marcoulf, plus l'aile droite et une tranche du poisson sans écailles (crassi piscis) qui serait pris sur les rivages adjacents, une tranche du poisson à écailles, une charmée de terre à Fontenay et deux salines.

Il s'éleva des contestations entre l'abbaye et les seigneurs du lieu, Robert Le Lureur et Nicolas de Juganville, relativement à la cure de Fontenay, aux années 1254 et 1265, mais elles furent jugées en faveur de l'abbaye par les grands baillis Philippe de Chenevières et Renaud de Radepont. Cependant, la présentation revint aux seigneurs, soit par jugement en sens contraire, soit par arrangement ; en 1 757 et depuis , les registres de l'évéché désignent le seigneur de Fontenay à titre de présentateur. Le curé avait une partie des grosses dîmes et les menues. Il payait une décime de quatre-vingt-dix livres.

La paroisse eut deux chapelles Saint-Jacques, portées au registre des taxes, une à l'église et l'autre au manoir. La chapelle Notre-Dame-de-Bon- Secours, récemment érigée en paroisse, était contiguë. L'école était de fondation ecclésiastique et payait une décime de cinq livres , de moitié avec le prêtre qui la tenait. —'Erigé en succursale le 28 août 1808.

Nota. La paroisse de Fontenay, donnée à Tabbaye de Saint-Sauveur-le- Vicomte, est Fontenay-sui^le-Vey, diocèse de Bayeux.

8. Fresvh-le. L'église Saint-Martin-de-Fresville était à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte ; l'abbaye fît reconnaître son droit de patronage devant l'évêque Algare. Toutefois, elle n'avait que le tiers des dîmes; le second tiers appartenait au chapitre de Lisieux; le curé avait la troisième gerbe et l'autelage. Il payait une décime de soixante-quinze livres, — La nef de l'église est de style roman à plein cintre.

9. Héhévez. Cette paroisse se trouve diversement désignée suivant le

PAROISSCH. 425

temps et les actes divers : En 1206, c'estSaint-Lo-d'insleville ; au pouillé du Lifyrt'Noir, c'est AnslevUle-de-Hémévez ; maintenant, c'est Notre- Dame-de- Hémévez. L'église fut donnée à Tabbaye de Montebourg par Guillaume, comte de Susses, pour le salut de Henri, fils de l'impératrice : (le duc-roi Henri II). L'abbaye avait les deux premières gerbes de la d!me; le curé, la troisième et l'autelage. Il payait une décime de trente^inq livres. — Il y eut une chapelle dite de Loiselçt.

•10. JoGANviLLE. L'égliso Saint-Vigor-de-JogauviUe avait deux curés, l'un et l'autre de présentation laïque, mais par deux seigneurs différents; la cure de la petite portion, dite portion d'Âuberville, était sous le patronage du propriétaire du fief de ce nom. Les deux curés étaient seuls décimateurs; ils payaient ensemble une décime de trente livres. Annexée à Emondeville en 4803, la paroisse a été rétablie par décret du 20 décembre 1863.

11. Le Ham. En 980. Aréfasle, frère de la duchesse Gonorre, était seigneur du Ham ; il fit des donations diverses au monastère de Saint-Père (Saint- Pierre)-en-Vallée , près de Chartres, entre autres la sixième partie des issxœs de ses propriétés du Ham, au Cotentin, et trois militaires avec les bénéfices qu'ils y détenaier.t. — On appelait issues (exiùtis) d'une propriété, tout ce qui n'était pas consommé sur le lieu par le propriétaire et ses gens, poisson, venaison, fruits^ blé, bois, légumes, etc. Ces trois militaires devenaient les hommes de l'abbaye. Ce devaient être, suivant les mœurs du temps, de vieux compagnons d'armes auxquels le frère de la duchesse de Normandie avait donné là, viagèrement, un domicile et un champ pour leur retraite.

On peut, en toute sûreté, considérer Aréfaste comme le fondateur de l'église du Ham : elle est de l'époque, ogives et tout. Sa sœur aidait princièrement à construire la belle nef ogivale de la cathédrale de Coutances. Un siècle et demi plus tard, le bouteiller du duc de Normandie, Guillaume du Hommet, était seigneur du Ham, et relevait, aux encouragements de l'évêque Algare , l'ancien monastère fondé par l'évêque saint Frémond , brûlé par le terrible Hasting, et le donnait, à titre de prieuré, à la même abbaye de Saint-Père-en- Vallée. Suivant le pouillé du Liiore-Noir et le Livre-Blanc^ la cure du Ham appartenait à Saint-Père-de-Chartres ; Guillaume du Hommet en fit une dépendance du prieuré, et la donna en même temps. L'acte est daté de Saint-Sauveur-le-Vicomte et souscrit des noms de Raoul de la Haye, Olivier d'Aubigny, Enguerrand d'Essey, etc.

Cependant, le prieuré et la cure ne restèrent pas attachés perpétuellement à l'abbaye de Saint-Père; car le prieuré fut sécularisé en 1591 et uni à la mense de Pierre de Serres, abbé commendataire de Montebourg. Celui-ci est omis à la liste de la Gallia-Chrtsiiana, Alors et depuis c'était Montebourg qui présentait à la cure. Mais non encore jtisqu'à la fin, car un pouillé de 1757 dit l'abbaye de Saint-Sauveur-le- Vicomte. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Le prieuré était sous le vocable de saint Pierre., Le curé payait une décime de trente-trois livres ; le prieur, une décime de quarante-sept livres (en 1721). — Le prieur du Ham avait le quarante-cinquième rang au synode.

Il y eut dans la paroisse deux chapelles, dont une au château. La seconde, dédiée à saint Christophe, était peut-être celle du prieuré. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

426 HISTOIIIE DU DIOCÈSE DE COUTJINCES ET AVRANCHBS.

42. Lestre. Dès le xii* siècle et depuis on trouve les paroisses de Leslre et d'Englesqueville parfois unies parfois séparées, comme il en a été d'Annoville et de Tourneville ; mais avec des résultats en sens contraire : Annoville et Tourneviile se sont séparées définitivement, Englesqueville et Lestre étaient réunies définitivement dès avant le xv* siècle. La paroisse de Lestre au Cotentin est nommée dans la chronique de Fontenelle, sous la rubrique de l'an 738 : « Un père de famille du nom de Raginfred donna à l'abbé Gui une portion d'une ville qui s'appelle Lestre, au Cotentin » (Laxtra in pago Constanlino). Guillaume de Lestre (Wilklrnus de Lestra) est souscrit à la charte de fondation de l'abbaye de Lessay (1056). Au dotalilium de la princesse Adèle, Englesqueville est appelée Engleberii villa ; au Livre-Noir et au Livre-Blanc^ c'est Anglicavilla.

Robert, comte de Mortain, donna la dime d'Englesqueville à l'abbaye de Grestain en échange de celle de Baupte, qui était devenu du domaine de Lessay; au siècle suivant, Olivier Samson donna l'église d* Englesqueville au prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge. Eude (Eudo) de Lestre, bouteiller du comte de Mortain, partant pour la croisade, en 1190, donna à l'abbaye de Blanche-Lande l'église de Lestre , à charge de la faire desservir par deux religieux, et à condition de prières, pour appeler les grAces de Dieu sur son voyage (voy. l'art. Doville).

Au xvi* siècle, les deux paroisses réunies portaient le nom d'Englesqueville- Lestre, parfois Englesqueville tout court ; maintenant, c'est Lestre tout aussi court. Ainsi vont les choses humaines. L'église de Lestre est sous le vocable de saint Martin. Le curé payait une décime de quatre-vingt-huit livres.

Les deux paroisses Saint-Jean-de-Tourville et Notre-Dame-de-Hautmoitiers n'en font plus qu'une avec Lestre depuis le Concordat de 1801 . Tourville était de présentation laïque et de même Hautmoitiers. Le curé de Tourville payait une décime de seize livres, celui de Hautmoitiers, vingt livres.

L'abbaye de la Luzerne avait à Tourville un prieuré, dans lequel elle entretenait encore un religieux en 1675. Le prieur avait le trentième rang au synode. Le prieuré était supprimé en 1721. Sa chapelle était sous le vocable de saint Germain.

Le nom de Hautmoitiers, traduit dans les chartes par altum monasteriiun^ indique un établissement religieux. Un auteur ^'^ y met un prieur-curé en 1665. Cependant, les actes de 1675 ne donnent pas un pareil titre au curé de Hautmoitiers. Cette paroisse se trouve quelquefois sous le nom de Hégautier, notamment à l'acte de partage du comté de Mortain, après la mort du comte Philippe de Boulogne, en 1235.

L'abbaye de Blanche-Lande envoyait encore en 1675 un religieux desservir la cure d'Englesqueville; ce prieur-curé était appelé le vingt-neuvième au synode. Il y a à Lestre une chapelle Saint-Michel, qui paraît être du x* ou du xi^ siècle , dans laquelle le curé d'Englesqueville-Lestre devait officier deux fois la semaine. C'est probablement l'ancienne église de Lestre avant sa réunion à Englesqueville. Elle est classée parmi les monuments historiques.

13. Notr£-Dame'De-Bon-Secours. Paroisse de nouvelle création. Il existait

(1) M. Renault, ffote$ Hi$toriquêi iur Ui paroisse de rarrondimmeni de Valognes, canton de Mbntebourg.

à la limite des paroisses de Fontenay et de Saint-Marcouif une antique chapelle dite Nolre-Dame-des-Gougins qui était en grande dévotion parmi les marins. Elle fut érigée en paroissiale par décision du 22 septembre 1851, à la demande des populations d'alentour, aux dépens des deux paroisses, mais principalement de Saint-Marcoulf. Cependant, comme le mot trivial des Gougins sonnait mal aux oreilles des habitants , ils demandèrent une nouvelle érection sous le nom de Notre-Dame-de-Bon-Secours, ce qui leur fut accordé par décret du 15 mai 1862. Une église neuve a remplacé la vieille et vénérable chapelle, qui payait, de moitié avec le chapelain, une décime dé dix livres.

14. OzEviLLE. L'église est sous le vocable de saint Martin. Richard, dit Turstin-le-Haudu, en donnant à l'abbaye de Lessay tout ce qui lui appartenait à Ozeville (in Ozulphivilla) ne donnait rien de l'église; car l'abbaye n'y a jamais exercé de droits. Elle possédait seulement un trait de dîmes dans la paroisse. L'évêque Vivien donnait en 1205 des provisions à un curé présenté par l'abbaye du Vœu, en réservant le droit de l'abbaye d'y mettre un de ses moines à la prochaine vacance, si elle le juge à propos ^*\ Depuis lors, l'abbaye du Vœu ne reparaît plus, la cure est indiquée comme étant de présentation laïque au pouillé du Lwre-Koir^ et toujours dans la suite. Le curé payait une décime de quarante-cinq livres. Il y eut une chapelle Saint-Nazaire, dont il ne reste que des ruines.

Le P. Joseph Dufort, eudiste, auteur à^s RésoluJlions de plusieurs cas de conscience sur la coutume de Normandie^ naquit à Ozeville en 1685.

15. QuiNÉviLLE. L'église Notre-Dame-de-Quinéville demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquante livres. De Gerville a cru à l'existence d'une léproserie en cette paroisse, mais rien ne l'indique. La fameuse cheminée , isolée au milieu d'un champ , à laquelle on a donné le nom de monument de Quinéville, ne méritait pas tant d'attention : c'est une cheminée pareille à beaucoup d'autres, notamment du pays de Mortain, où une cheminée de pleine maçonnerie dessert un édifice en colombage et lui survit.

II y a eu dans la paroisse une chapelle dédiée à saint Laurent.

16. Saint-Cyr. L'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte fut donnée à l'abbaye de Montebourg par GuilIaume-le-Conquérant au moment de la fondation. Le curé payait une décime de quarante livres. Il avait la moitié des dîmes et l'autelage. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

17. Saint-Floxel. L'église Saint-Floxel fut donnée à l'abbaye de Montebourg par Richard de Vernon et Luce, sa mère, le jour de la consécration de l'église abbatiale. Mais cette donation n'embrassait pas la totalité du bénéfice-cure ; car, au temps de la rédaction du Livre-Noir, le droit de patronage était en litige entre les abbayes de Montebourg et de Saint-Georges-de- Bocherville. La litige durait même depuis longtemps; la Gaule chrétienne parle d'une convention intervenue en 1 1 53 entre les abbés des deux monastères. Pendant tout ce temps, le curé ou vicaire perpétuel n'avait que l'autelage, ce qui ne lui donnait pas de quoi vivre. {Lib. ISig.) Enfin, il finit par

(1) Toustain de Bîlly.

avoir les menues dtmes, mais resta toujours pauvre; il payait une décime de vingt-cinq livres. — La présentation à la cure demeura alternative.

La paroisse eut une chapelle Sainte-Madeleine, ayant appartenu à une léproserie et unie à la cure.

L'église est du x^ siècle , au plus tard du xi*. Ses alentours recèlent un grand nombre de sépultures remontant à l'époque antérieure aux Normands. La présence des reliques du saint martyr explique cette dévotion. — Erigé ea succursale le 28 août 1808.

48. Saint-Germain-de-Tournebut. L'affixe est le nom de la noble famille qui a donné à l'Eglise de Coutances un de ses meilleurs évéques. L'église appartenait à l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, qui avait les deux tiers des dîmes de la paroisse. Le curé payait une décime de soixante livres.

Le Livre-Blanc marque dans la paroisse une chapelk, dont le chapelain avait une petite part dans la dîme des novales.

19. Saint-Marcouf. L'église Saint-Marcoulf fut donnée à l'abbaye de Cérisy par Guillaume de MontGquet, en présence de l'évèque Geoiïroi de Montbray et de Guiilaume-le-Conquérant, et de leur consentement. (Voy. l'art. FonUtiay,) Mais il paraît que Guillaume de Montfiquet n'était pas seul propriétaire de la seigneurie de Saint-Marcoulf; car le même Guillaume-le-Conquérant donna quelques années plus tard (lOoO), à l'abbaye de Saint -Vandrille, les cinq paroisses de Saint -Marcoulf, Saint- Martin et Saint -Germain-de-Varreville, Sainte- Honorine- d'Audouville et Sainle-Marie-de-Poupeville ainsi que le territoire de l'ancienne abbaye de Saint-Marcoulf, à la demande de Robert, fils d'Onfroi de Vieilles. La charte dit : Eccksia S. Marculfi ex inicgro; cependant il faut bien que Vex infegro se rapporte aux quatre églises qui suivent; car les deux donations sortirent leur eftet ; les abbayes jouirent par ensemble de la seigneurie et présentèrent alternativement à la cure.

L'abbaye de Cérisy fonda un prieuré dans l'île de Saint-Marcoulf, qui était de la donation de Guillaume de Montfiquet. Il n'y résidait plus qu'un moine en 1250; lequel fut rappelé à la demande de l'archevêque Eude Rigaud. — L'église a des parties et principalement une crypte qui remontent probablement aux temps antérieurs à l'invasion.

Lorsque les Capucins furent chassés de Jersey au xvi® siècle, ils se retirèrent, avec la permission de l'abbé de Cérisy, à l'île de Saint-Marcoulf, où ils devaient résider un siècle. — Il y a auprès du cimetière une fontaine dédiée au saint patron du lieu, qui est en grande dévotion parmi les scrofuleux.

Les abbayes de Saint- Vandrille et de Cérisy se partagèrent les dîmes jusqu'à la fin ; au xvu* siècle, l'abbaye de Cérisy était seule en possession de présenter à la cure; un pouillé de 1*757 indique comme présentateur le marquis de Fontenay. Alors le prieuré des îles était supprimé de longue date. Le registre des taxes de 1721 n'indique plus comme imposable que la chapelle des Diines^ c'est-à-dire Notre-Dame -des-Gougins. — Le curé payait une décime de cinquante livres.

20. Saucte-Marie-d'âudouville. Lors du rétablissement du culte à la suite du Concordat de 1801, les deux paroisses de Vaudreville et Saint-Martind'Audouville furent annexées à Sainte- Marie -d'Audouville. Depuis lors, Vaudreville a obtenu son érection en succursale et l'église Sainte-Marie, qui

menaçait ruine , a été démolie ; de sorte que le titre de la paroisse est Sainte-Marie, tandis que le titre de son église est Saint-Martin. — La cure de Sainte-Marie-d'Audouville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de vingt-trois livres; il était seul décimateur. — La cure de Saint- Martin était aussi de patronage laïque; le curé payait une décime de vingt-neuf livres, et était seul décimateur. — Erigée en succursale le 28 août 4808.

24. SoRTOSvn.LE. L'église Sainte-Marie-de-Sortosville avait été donnée à l'abbaye de Montebourg par Pierre de Carriel ; la propriété en fut confirmée à l'abbaye par l'évêque Richard de Bohon en 4 457. Mais cette donation n'était que partielle, car la nomination à la cure fut alternative entre les abbayes de Montebourg et de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Le curé leur faisait à chacune une rente en froment et recueillait la dîme. Il payait une décime de quarante livres. — L'église est d'architecture romane à plein cintre.

Annexée à Saint-Cyr en 4803, la paroisse de Sortosville a été érigée en succursale par décret du 43 avril 4864.

22. Urville. La cure de Saint-Julien-d'Urville demeura de présentation laïque. Le seigneur avait la première gerbe de la dtme, le curé, les deux autres. Il payait une décime de trente-cinq livres. — L'église est d'architecture romane à plein cintre.

23. Yaudrsville. Vocable, saint Bazile. La cure était à la présentation de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte ; elle lui fut contestée plusieurs fois et à des époques diverses par les seigneurs du lieu ; mais toujours en vain. En 4665, le patronage était entre les mains du roi; par déchéance vraisemblablement et pour cette fois. Le curé dimait et payait une décime de vingt -cinq livres. — Annexée depuis 4803 à Sainte- Marie -d'Audouville, la paroisse de Yaudreville fut érigée en succursale par ordonnance du 41 mars 4844.

CANTON DE QUETTEHOU.

1. Qaettehou. ^ 3. Saint-Vaast. — 3. Anneville-en-Saire. •— 4. AumeviUe. — 5. Barfleur. — 6. GrasviUe. — 7* GrenneviUe. — 8. La Pemene. -- 9. Le Vicel. — 10. MontfamUe. — 11. Morsalines. — li. Octeville-la-Yenelle. — 13. RéviUe. — 14. Sainte-Geneviève. — 15. TearthéviUe-Bocage. — 16. Yalcanville. » 17. Videcosvyie.

4 . QuETTKHOU. (L'habitation de Ket, du danois Huils^ demeure; en saxon, Houxe.) L'église Saint-Vigor-de-Quettehou fut donnée en 4244 à F Eglise de Fécamp (l'abbaye) par Hugues de Morville avec les deux tiers des grosses dîmes, la troisième partie au chapitre de Coutances, les oblations et les menues dîmes étant réservées pour le vicaire qui la desservirait ; plus tard, il y joignit les novales.

Il est vrai que Guillaume-le-Conquérant et la reine Mathilde avaient donné à l'uJbbaye de la Sainte-Trinité de Caen « le bourg de Quettehou et ses dépendances, un moulin et la terre d'une charrue; » mais l'église n'est pas comprise dans ces donations, ni explicitement , ni implicitement , puisque Hugues de Morville put la donner et que chacun des donataires jouit de ses droits jusqu'à T. 11. 54

430 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE GOtTANCES ET AVRAlfCHES.

la fin. L'abbaye de Saint-Etienne conserva la baronnie et tous les droite qu'elle comporte ; l'abbaye de Fécamp présenta à la cure et recueillit les dîmes.

Le chapitre acquit la baronnie au xnf siècle , il y eut des contestations et des arrangements, des procès faits même aux gens du roi ; mais ceci affirme les droits distincts de chacun.

Le Livre-BUmc y marque une léproserie avec oratoire, auquel on ne disait pas habituellement la messe ; le curé était chargé d'administrer les choses saintes aux malades, et de leur donner la sépulture ; il héritait de leur mobilier.

Quettehou eut deux chapelles : Saint-Marc et Notre-Dame-de-GrAce. Celleci existe. On dit qu'elle représente une paroisse submergée, nommée Isamberville ; mais le Livre-Blanc n'en parle déjà que comme d'une chapelle : Capella B. M. de Isambervilla.

Le curé payait une décime de trente-cinq livres. — Les biens de la léproserie furent réunis à Thôtel-Dieu de Yalognes par arrêté du 6 juillet 1696.

2. SAmT-YAAST. Cette paroisse était considérée, à l'origine, comme une extension de Quettehou ; aussi l'abbaye de Fécamp présentait à la cure, et l'abbaye de la Sainte-Trinité y jouissait des droits seigneuriaux, comme à Quettehou. Dans les écrits du moyen Age , cette paroisse porte plus communément le nom de la Hougue, Hoga et Ogas; de la dune qui s'avance dans la mer, à l'extrémité de laquelle il a été bAti un fort. — Le curé payait une décime de dix-huit livres.

Il y eut trois chapelles : une au manoir de Durécu , une en Ttle de Tatihoa pour le fort et le lazaret, et une au fort de la Hougue pour la garnison. Elles existent, mais réduites à des usages profanes.

La cure fut érigée en seconde classe au mois de février 1826. Une é^se neuve, dont la première pierre fut posée le 24 septembre 1852, a été bénite le 30 juillet 1861.

Saint-Vaast eut une martyre en 1792, dans la personne d'une pieuse fille, nommée Marie Coudraye, qui passait pour receler les prêtres réfractaires et leur procurer les moyens d'accomplir le saint ministère ; elle fut traînée au pied de l'arbre de la liberté, et y fut tellement accablée de coups de crosses et de plats de sabre, qu'elle expira au bout de quelques heures.

A Saint-Vaast est annexée la paroisse Saint-Hartin-de-Rldeauville. La cure était de présentation laïque; le curé payait une décime de trente-huit livres.

3. ânneville-en-Sairb. On trouve le nom de cette paroisse écrit Asnevillaf Ànsnevillaj Anslevilla Sames; sur les listes de la conquête c* est ÂundeviUaf et ce nom doit être le vrai, puisque c'est le plus ancien.

L'an 1106, Guillaume d'Anneville, du consentement de Hadewise, sa femme, céda à Tabbaye de Lessay l'église Saint- Léger-d'Anneville et une maison contiguë au cimetière, dans laquelle demeurait un serviteur du nom d'Ànquetil, qui devenait le serviteur de l'église, avec décharge de toute autre redevance, moyennant dix marcs d'argent, destinés au rachat de Geoffroi, leur fils, qui était prisonnier des infidèles en Terre-Sainte ^*K

L'acte fut reconnu et confirmé en 1118 par Guillaume d'Anneville , fils du

(1) Voy. M. Renault, Notes kiâtariquei tut le» paroisses, canton de Quettehou.

PAROISSES. 43i

précédent, au prix de cent sous de Rouen et un palefroi ; puis en 4 139 par Geoffroi d*Anneyille lui-même, qui ajouta à la cession faite par ses parents le don d'une chapelle, voisine de la rivière de Saire.

La monnaie de Rouen était au même titre que celle de Paris. La monnaie de Tours valait une moitié en sus. De là le proverbe qu'un Tourangeau vaut un Normand et demi. Les monnaies du Mans et de Tours étaient au même titre.

La chapelle dont il est ici question est celle de Saint-Gilles, toujours existante, du moins quant au vocable, et ouverte au culte. — Il y en eut une seconde, du titre de Tous -* les - Saints , affectée à une léproserie, assez bien dotée pour pouvoir entretenir un chapelain, sans aucune dépendance de l'église paroissiale. Celle-ci relevait da fief d'AnneviUe, lequel fut acquis en 1 498 de Jeanne de France, veuve de l'amiral de Bourbon, par Tévêque Geffroi Herbert, qui l'unit en grande partie à la commune capitulaire, à charge de l'entretien de six enfants de chœur et d'un maître de musique, à charge pareillement de célébrer annuellement sir obits , de servir au roi une rente de sept livres six deniers, et une de quarante-huit livres à l'abbaye de Honteboupg. — Le curé d'Anneville payait une décime de quarante-cinq livres.

Le chftteau actuel fut bAti vers 1 61 0 par Henri d'Anneville, avec une chapelle placée dans le pavillon, du côté droit du jardin , et qui fut bénite en 1648.

4. AuMEViLLE. L'église Saint-Pierre-d'AumevîHe fut donnée à l'abbaye de Lessay par les fondateurs Richard dit Turstin-le-Haudu et Eude-au-Chapeau. Le curé avait les dîmes, moyennant une redevance de cinquante sous envers l'abbaye. Il payait une décime de quarante livres. — Supprimée à la suite du Concordat, la paroisse d'Aumeville a été rétablie par ordonnance du 26 novembre 1826.

5. Barfleur. On trouve dans les anciennes écritures le nom de cette paroisse sous les variantes de Barbe fleur, Barbeflie, Barbe fléet. Barbe flot, Barbefluve^ Barflou. — L'évêque Geoffroi de Montbray acquit de ses frères les églises de Saint-Gilles, Cherbourg, Théville, Equeurdreville et Barfleur, et les attacha à son Eglise.

L'église Saint-Nicolas-de-Barfleur est du nombre de celles dont le pape Eugène III cenfirma la propriété à l'Eglise de Coutances par* sa bulle de 1 145, i la demande de l'évêque Algare. Jusque-là, il n'est question, sans doute, que de la desserte et des revenus; car le duc-roi Henri II donna le patronage à l'abbaye du Vœu en 1 181 , et Jean-sans-Terre confirma la donation en 1200. Cette complication devait être défavorable aux intérêts du chapitre. Ses droits furent confirmés par des titres nouveaux de donation des églises de Barfleur et de Gatteville, consentis par les évoques Richard de Bohon et Vivien, les derniers à la date de 1192. — Un second compétiteur avait SQrgi^ comme on le voit par un second acte du même Vivien, déclarant que le patronage des églises de Barfleur, Gatteville, Esquetot et le Rosel serait commun entre le chapitre de Coutances et l'hôtel-Dieu de Barfleur,* suivant des arrangements convenus. Barfleur avait pris le rang d'une ville , son port était le meilleur, le plus fréquenté , quasi le seul fréquenté de la côte de la Manche. La ville était environnée de murailles.

L'évêque Vivien mourut en 1208 ; l'hôtel-Dieu de Barfleur existait déjà ; on vient de le voir.

Lors de la rédaction du pouillé du Livre-Noir, Tabbaye du Vœu avait la moitié des dîmes et faisait desservir la cure par un de ses chanoines ; Thôtel- Dieu avait l'autre moitié desmémes dîmes, et servaitune rente de vingt-troislivres tournois au chapitre de Coutances. — Dès 1250, Tabbaye du Vœu faisait desservir la cure ; car en cette même année l'archevêque Eude Rigaud n'y ayant trouvé qu'un religieux, ce qui était contraire aux règles , ordonna de lui adjoindre un compagnon ou de rappeler. L'abbaye du Vœu jouit ainsi du patronage et de la cure jusqu'au xviii* siècle environ. Mais bientôt elle n'aurait plus assez de religieux pour peupler sa propre solitude. Un pouillé de 1757 range la cure parmi celles qui sont de patronage laïque. Le curé payait alors une décime de trente-cinq livres ; il n'est plus question de l'hôtel-Dieu. La ville ne s'est que très-faiblement relevée du grand et total désastre que le roi d'Angleterre Henri III lui infligea en 1346; l'hôtel-Dieu ne s'est pas relevé.

Des quelques notions de l'histoire de l'évêque saint Romçhaire qu'il est possible de recueillir, on doit conclure que le pieux ermite avait fondé un monastère à Barfleur. Il paraît que ce monastère reparut de lui-même après la conversion des Normands. Masseville l'appelle le couvent des Sachets. Mais il était retombé dans le néant, lorsque Philippe-le-Bel aborda à Barfleur en 1286, après une violente tempête, pendant laquelle il avait fait vœu de fonder une maison religieuse au lieu où il atterrirait sain et sauf. Par les conseils de Gilles Colonne, son confesseur, archevêque de Bourges , de l'ordre de Saint- Augustin, il fonda un prieuré d'Augustins en place du vieux monastère. Cette maison eut beaucoup de peine à se relever du désastre de 1346. Elle est portée au registre de 1721 pour une décime de quatre-vingt-trois livres. Le prieur avait le quarante-sixième rang au synode.

Il y eut à Barfleur une commanderie de Malte, qui était membre de la commanderie de Villedieu.

6. Crasville. L'église Sainte -Colombe- de -Crasville avait été donnée à l'abbaye de Montebourgpar Roger des Moitiers et Henri de la Haule. L'évêque Richard de Bohon confirma la donation en 1157. Cette donation n'était guère profitable toutefois à l'abbaye ; car l'archidiacre du Cotentin était seigneur et patron du lieu et présentait à la cure. Il jouissait des deux tiers des dîmes; le curé avait l'autre tiers, l'autelagc, les menues dîmes et les novales. Il payait une décime de trente-six livres (1721).

7. Grjennkville. La paroisse Notre-Dame-de-GrennevîUe est annexée à Crasville, mais l'érection de son église en chapelle vicariale est l'augure d'un rétablissement prochain. La cure était de présentation laïque ; le curé était seul décimateur ; il payait une décime de vingt-quatre livres (1721).

Outre la motte considérable du château féodal qui appartint aux Meurdrac et ensuite aux Pierrepont, Grenneville est riche en antiquités dont la date est encore à déterminer, telles que son célèbre puits aux fées, les sarcophages qui se trouvent autour de l'église, et un camp qui passe pour être romain.

8. La Pernelle. Ce nom est l'abrégé de celui de Péronnelle , qui est lui-même une altération de celui de Pétronille, la sainte patronne de l'église. La cure était de présentation laïque. Le seigneur, présentateur, prélevait deux gerbes de la dlme, le curé avait la troisième et l'autelage. Il payait une décime de trente-sept livres.

PÀROiss&s. 433

Il y eut à la Femelle un prieuré nommé le prieuré du Vœu, dont il n'est plus question au xvm® siècle, et une chapelle dite vulgairement de TOiselet et sur les registres chapelle d'Ourville ; parce qu'elle était attachée au fief de ce nom, dépendant de la seigneurie d^Anneville-en-Saire, achetée de Jeanne de France par l'évèque Geffroi Herbert et donnée par lui au chapitre. Cette chapelle s'appuj'àit à la muraille du chœur et ouvrait par dehors et par dans l'église, pour l'usage du propriétaire. Elle payait une décime de trentecinq livres.

9. Le ViCEL (Wisel). Cette antique manière d'écrire le nom de la paroisse indique pour racine, non le vicus (village) des Latins, mais le wisen (voir) des Saxons. — L'église Saînte-Marie-du-Vicel fut donnée à l'abbaye de Lessay par Guillaume d'Anneville, vers 1106, et la donation fut confirmée par révéque Algare en 1134. Toutefois, cette largesse ne s'étendait pas à la totalité de l'église; car Richard Foliot donna, en 1223, à l'hôtel-Dieu de Barfleur ses droits sur l'église du Vîcel. Le curé recueillait toute la dîme et payait vingt-quatre sous de rentes à l'abbaye , pour lui tenir lieu de ses droits.

Mais elle avait dans la paroisse une propriété probablement meilleure, savoir, une chapelle Saint-Jean-Baptiste, du don d'un second Guillaume d'Anneville, en 1139, bien dotée et dont elle recueillait les gros fruits. Elle réchangea plus tard avec l'abbaye de Hambye. Le curé du Vicel en avait les menues dîmes, Tautelagg et les (îblations, pour la desservir. — Il payait une décime de quarante-quatre livres, y compris la taxe relative à la chapelle. — Cette chapelle paraît être un reste de l'antique abbaye incendiée par Hasting, que Wace appelle Visuire.

10. MoNTFARViLLK {MorfartUlcl). L'église Notre-Dame-de-Montfarville fut donnée à l'abbaye de Montebourg par Samson Foliot, seigneur de Montfarville. L*évêque Richard de Bohon confirma la donation en 1159. L'abbaye recueillait les deux tiers des dîmes et des revenus de l'église de toute nature, le curé avait le dernier tiers. Il payait une décime de soixante-seize livres.

Il y eut à Montfarville une léproserie, très-peu dotée, à la desserte du curé, mais qui n'y devait la messe qu'une fois l'an, le jour de la fête sainte Madeleine. Il recevait dix deniers pour honoraires de cette messe et autant pour chaque inhumation qu'il y faisait. Il héritait en outre du lépreux décédé, et il était interdit aux malades de faire de testament.

Le texte du Livre-Blanc ^*- est mal compris ici et en cas pareils : Débet

missam cekbrare rector ethabere f)icariam ; percipit videlicet decem dena-

rios ne veut pas dire qu'il doit entretenir un vicaire, mais qu'il reçoit

dix deniers pour sa vicairie, c'est-à-dire ses fonctions dans l'établissement. Il était vicaire perpétuel de l'abbaye.

Quand il est dit qu'un curé ou un chapelain héritaient des lépreux décédés, il ne s'agit pas d'immeubles, ils n'en avaient plus, leur succession ayant été

(1) « In dicta parochia alia est capeUa leprosonim et ibi non sunt redditus, et ibi débet missam celebrare rector dicte ecclesie in die béate Marie Magdalene et babere vicariam :

Sèrcipit videlicet decem denarios et similiter cum aliquis leprosus defunctus est dictus rector ebet babere bona dicti defuncti nec dictus leprosus potest nec débet facere testamentum infra metas parochie. »

n ne peut rien donner par testament (de ce qu'il possède) dans les limites de la paroisse.

434 HISTOIRE DU DIOCfeSE DE COUTANCES ET AVRANCHES.

ouverte par leur entrée dans la léproserie ; mais des quelques nippes qu'ils laissaient, et encore les vâtements devaient être brûlés. Ils laissaient leur clochette, leur bidon de bois, leur bois de Ut, leur babut, leur cuiller, les outils de leur métier, une table, une chaise, une buire, un couteau, une

bêche pour cultiver leur petit jardin Il n'y avait ordinairement personne

pour les servir dans la léproserie ; on ne s'approchait d'eux qu'à la longueur d'un bâton.

Les biens de la léproserie de Montfarville furent réunis à l'hôtel-Dieu de Yalognes par arrêté du 6 juillet 4696. — La paroisse eut en outre une chapelle Saint-Denis, dont le chapelain était de nomination royale, et au château une chapelle particulière, bâtie par Guillaume Folio! , sous l'autori* sation de l'évêque Guillaume de Tournebu, mais à des conditions sévères, pour qu'elle ne détournât point les paroissiens de l'église paroissiale et qu'elle n'en pût tenir lieu. (Voy. l'art. Saini-PaJtrice-dt-Claid$.)

Erigée en succursale le 28 août 4808.

\ 1 . MoasAUNES. L'église est sous le vocable de Notre-Dame. Le patronage a été en perpétuelle contestation : en 1155 environ, entre l'abbaye de Montebourg et le prieuré de Saint-Côme-du-Mont ; l'évêque Richard de Bohon, commis par le pape Adrien lY pour vider le différend, jugea en faveur du prieuré. Le prieuré jouit du bénéfice du jugement jusqu'au xvn* siècle; en 1665, le Utige existait entre le prieuré et le seigneur du lieu; alors le droit de présentation était dévolu aux mains du roi, les contendants n'ayant pu justifier de leurs droits en temps utile. La justification n'était pas faite encore en 1757, car le pouillé de cette année laisse la place en blanc.

L'abbé de Montebourg avait à Morsalines un jnanoir avec chapelle à la desserte du curé; et le curé n'avait que cela, son presbytère et l'autelage. Il payait une décime de vingt^cinq livres. L'abbaye avait toutes les dîmes et payait au prieuré de Saint-Côme une redevance de dix sous, d'une part, et vingt sous, d'autre part. Le prieur de Réville avait la sixième gerbe du quart de la dîme, et l'abbaye de la Sainte-Trinité de Caen, le gravage depuis l'eau du Perrier, à MorsaUnes, jusqu'à l'eau de Serre. Le gravage était la propriété des objets rejetés sur la grève par la mer.

12. Octevillb-la-Venelle. Encore un trait de l'ignorance administrative. Il fallait continuer d'écrire l'Avenel. Une branche de la noble famille Avenel, du Mortainais, posséda la seigneurie d'Octeville. Thomas Avenel, seigneur d'Octeville, confirma en 1 240 des donations faites à l'abbaye de Blanche-Lande par Odon, le bouteiller, Raoul, son fils, et Robert, son petit-fils, seigneurs de Lestre, dont il était le suzerain. Guillaume Avenel, l'homme de confiance du roi Jean-sans-Terre, donna l'église Saint-Marlin-d'Octeville à l'abbaye de Blanche-Lande ; la donation fut ratifiée par l'évêque Hugues de MorviUe.

Mais il se présenta quelques difficultés d'arrangement ; car l'abbaye rétrocéda la donation à l'évoque; Hugues de Morville concéda aux religieux les deux tiers des grosses dîmes avec l'emplacement d'une grange et d'une maison, réservant l'autre tiers , les aumônes et l'autelage pour le vicaire perpétuel.

Le vicaire-curé d'Octeville payait une décime de cinquante-deux livres {1 721 ). — L'abbaye continua de présenter à la cure.

43. RiviiXB. L'église Saint-Martin-de-Réville fut donnée à Tabbaye de

Troarn par Roger de Montgommery, vicomte d'Eimes, fondateur (4050). La donation fat confirmée en 1068 par GuilIaume-le-Conquérant. La nef est de répoque et digne d'attention. — La bulle d'Urbain III à la date de 1 186, confirmative des propriétés de Tabbaye de Lessay, met au nombre Téglise de Réville, mais c'est une faute; Lessay n'y a jamais rien possédé ni en aucun b'eu de ce nom.

Il y eut à Réville une templerie, fondée en 1 125 par le duc-roi Henri P'. A l'abolition de l'ordre, en 1312, ses propriétés furent réunies à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, et devinrent un membre de la commanderie de Yilledieu. — Il y eut aussi un prieuré de Cisterciens , fondé en 1 207 par Juhel III, seigneur de Mayenne, à la charge et au bénéfice de l'abbaye de Fontaine-Daniel , au diocèse du Mans, de laquelle il était pareillement fondateur. La chapelle était sous le vocable de saint filaise.

Le prieur avait le vingt-septième rang au synode ; il payait une décime de soixante-quinze livres. Le curé payait soixante-neuf livres (1721). L'école était taxée à trois livres.

A. Sainte- Geneviève. L'église Sainte-Geneviève appartenait partielleit à l'abbaye du Vœu dès le temps de l'évêque Guillaume de Toumebu,

ment

qui siégea de 1 1 82 à 1 203, comme on le voit par des provisions et des contestations dans lesquelles il intervint. Elles se prolongèrent, car Févêque Hugues de Morville intervint à son tour et porta un règlement suivant lequel l'abbaye aurait deux gerbes de la dîme et le curé la troisième avec l'autelage. Sa part se trouva être la meilleure, à cause principalement de rentes en nature, qui furent inégalement partagées.

L'abbaye réclamait la totalité ; elle l'obtint en 1330, Philippe VI lui donna l'église et celles de Sideville, du Theil et des Pieux en partie, pour la dédommager des pertes qu'elle avait faites dans la guerre entre l'Angleterre et la France. De ce moment, le curé devint un vicaire perpétuel, à qui l'abbaye ne laissa que la sixième gerbe de la dlme, la moitié de l'autelage et des autres revenus. Il payait une décime de quarante-cinq livres (1721).

15. Teurth^ville -Bocage. L'église Sainte -Trinité- de -Teurthéville {Torketi'Villa) était de présentation laïque, alternative entre les deux seigneurs du lieu. L'abbaye de Blanche-lande avait deux gerbes de la dîme; le curé, la troisième, Fautelage, les menues dîmes et le quart des novales; les trois autres quarts appartenaient par moitié à l'abbaye de Cérisy et au chapitre de Coutances.

La paroisse eut le prieuré de Barnevât, fondé en H 20 par Richard de Lestre et donné à l'abbaye de Montebourg. Il appartenait à l'abbaye de Lessay en dernier lieu. Le prieur avait le vingt-sixième rang au synode. — Le curé payait une décime de quatre-vingt-huit livres; le prieuré, quarante-neuf livres (1721).

La paroisse Sainte -Croix -au -Bocage, appelée jadis Sainte-Croix-de- Montaigu, tant parce qu'elle faisait partie du fief de ce nom, que pour la distinguer de Sainte-Croix-à-la-Hague, est réunie à Teurthéville. Le curé était à la nomination directe de l'évêque ; il payait une décime de vingt-six livres.

Sainte-Croix eut le prieuré Notre-Dame-de-la-Salle, fondé en 1214 et uni à la léproserie du lieu par Philippine de la Roche-Mabile , fille de Jean, comte d'Alençon , épouse en premières noces de Guillaume de Roumare ,

436 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE COUTANGBS ET AyRAlfCHBS.

seigneur de Montaigu, et en secondes noces de Robert Mallet , seigneur de Grasville, au bénéfice et à la charge de l'abbaye ou collégiale de Grasville, au diocèse de Rouen, qui était de chanoines augustins.

L*évèque Hugues de Morville confirma la donation de la chapelle de la léproserie au prieuré Nolre-Darae-de-la-Salle. — Le prieur avait le trenteneuvième rang au synode ; il payait une décime de quarante-huit livres.

16. Yaixanville. L'église est sous le vocable de Notre-Dame, quoiqu'on dise de temps immémorial Saint-Firmin-de-Valcanville. — Le duc-roi Henri 1* donna en H 25 à l'ordre du Temple le fief de Valcanville, dont les chevaliers firent un préceptorat. Lors de l'abolition de l'ordre, en 1312, cette templerie et celle de Tourville réunies furent données par Philippe-le-Bel à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard ordre de Malte, qui en fit une commanderie ; laquelle eut pour membres les maisons de Canteloup, Saux-Etourp, à Théville, et Vesly, avec les fiefs de Esquédeville , Bouhours, Àncteville, Sainle-Marie-du-Mont, Hémévez et Fierville. (Yoy. l'art. Vesly.)

Le commandeur de Valcanville jouissait de traits de dîmes, de cens, de rentes et de diverses redevances dans la paroisse, dont il était seigneur spirituel et temporel, en même temps que coUateur de la cure. Il avait le droit de moyenne et basse justice dans toute l'étendue de sa commanderie, et la faisait exercer par un sénéchal, un prévôt et un greOier, qui tenaient les plaids sous la grande porte du château.

La commanderie hérita probablement d'une partie des biens du monastère du Licornet, dont on ne trouve que de très-anciennes mentions. Le vicaire perpétuel, curé de Valcanville, m le commandeur ne payaient point de décimes.

17. ViDECOSviLLE. L'égiisc Saint-Martin-de-VidecosviUc changea, défaits! non de droit, de patronage pour ainsi dire de siècle en siècle : le lAvre-Noir dit le seigneur du lieu, le Liiore-Blanc dit l'abbé de Montebourg, l'état de 1665 dit le seigneur du lieu ; le pouillé de 1757 dit l'abbé de Montebourg. Mais toujours le curé était seul décimateur. — En 1650, il payait une décime de soixante livres ; en 1665, vingt livres; en 1721 , vingt-cinq livres.

Videcosville, annexée à Octeville-Ia- Venelle , fut érigée en succursale par ordonnance du 29 novembre 1826.

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