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CANTON DE SAINTE-MÈRE-ÉGLISB

i. Saînte-Mère-Eglise. — t. Amfreville. — 3. Angoville-aa-Plain. » 4. AadoovUle-la- Hubert. — 5. Beuzeville-au-PlaiD.— e.BeuzeviUe-la-Bastille.— 7. Blosville.— 8. Boattevilie. » 0. BrucheviUe. — 10. Carquebut. — 11. Chef- du -Pont. — li. Eooquenéaavilla. — 13. FoucarviHe. — 14. GourbesvUle. — 15. HiesviUe. — 16. Hoaesville. — 17. Uesville. — 18. Neuvnie-au-Plain. — 19. PicauviUe. — 20. Ravenoville. — 24. Sebeville. — 22. Saint- Germain -de-Varreville. — 23. Saint-Martin-de-Varreville. — 24. Sainte-Marîe-du-Mont. — •5. Turqueville. — 26. Vierville.

4. SAmTE-MiRB-EcLisE. La paroisse Notre- Dame-de-Sainte*Hère-Eglisô était du diocèse de Bayeux, doyenné de Trévières. « lxx Ib. Eclîa S.* M.* Eclla ce. Ib. Dnus de S.» M.» EcIïa. » (Lib. Pelui.)

Cette paroisse a donné naissance à deux hommes éminents à des titres opposés et que nous n'entendons pas comparer : Guillaume de Sainte-Mère- Eglise, doyen d'Avranches, protonotaire de Richard-Cœur-de-Lion, nommé à Tévôché d'Avranches en 1236, prélat vertueux, savant et éloquent; et Henri Basnage de Fraquenay, fils du ministre Benjamin Basnage, Tun des avocats les plus réputés du parlement de Rouen, auteur d'un Commentaire sur la coutume de Normandie et d'un Traité des hypothèques. Il vit lejour en 1615.

Sainte-Mère-Eglise eut un grand nombre de protestants et un prêche, qui fut supprimé en 1656. La traduction la plus commune du nom de Sainte- Mère-Eglise est celle du Livre-PelUt Sanctm-Mari^-Ecclesia.

2. Ahfreville. L'église Saint- Martin -d'Amf reville était de présentation laïque, mais depuis un temps relativement récent; car le Livre-Noir et le Livre-Blanc mettent la cure à la nomination directe de l'évoque.

La paroisse eut deux chapelles, dont une au château; la seconde était publique et se nommait Gaint-Jean-de-la-Lande. Elle payait une décime de douze livres. Le curé payait quatre-vingt-six livres (1 721 .)

Amfreville a pour annexe la petite paroisse de Cauquigny, dont l'église, ouverte au culte^ est dédiée à saint Ferréol. La cure était de présentation laïque; le curé payait une décime de vingt-neuf livres.

3. Angoville-au-Plain. L'église Saint-Côme-et-Saint-Damien-d'Angovilleau-Plain fut donnée en 1188 à l'abbaye de Blanche-Lande par Marguerite du Neufbourg, veuve de Simon de Yarleville; mais non intégralement, car l'abbaye avait deux nominations et le seigneur, ensuite le roi, la troisième.

Le curé percevait la tierce gerbe et tous les autres revenus. Il payait une décime de quarante-cinq livres. En 1721, seulement vingt-deux. — Erigé en succursale le 28 août 1 808.

4. AuDOuviLLE-LA-HuBERT. L'égliso Sainte-Honorine-d'AudouviUe {AlduU fivilla) fut donnée avec celles de Saint-Marcouf, Saint-Germain et Saint-Martinde-Yarreville ainsi que Sainte-Marie-de-Poupeville , en 1051, par Guillaumele-Conquérant à l'abbaye de Saint- Wandrille (Fontenelle, diocèse de Rouen), pour contribuer à sa restauration. Il semble qu'une telle donation aurait dû être totale; cependant il n'en est rien; car le seigneur du lieu fut constamment présentateur à la cure et jouit du tiers des dîmes. L'abbaye avait le second tiers et le curé le dernier et les novales ; elle eut momentanément les deux tiers, mais le seigneur est toujours indiqué à titre de présentateur. Le curé payait une décime de cinquante livres en 1665. En 1721 , trente livres.

Annexée à Saint-Martin-de-Varreville, la paroisse d'Audouville fut érigée en succursale par décret du 25 juillet 1858. — Le Livre-Blanc marque en cette paroisse une chapelle Sainte-Marie, de fondation récente.

5. Beuzeville- AU- Plain. L'église Gaint-Brice-de-Beuzeville-au-Plain demeura de présentation laïque. Le curé payait une décime de cinquante

^ livres en 1635 ; douze livres en 1721 . Il était seul décimateur.

Beaucoup de terrains cultivés furent à ceXi-e époque transformés en herbages par toute la contrée; dès lors ils ne payèrent plus de dîmes. Cette diminution de revenus est la cause probable de la diminution des taxes.

La paroisse demeura annexée à Saint-Germain- de-Varreville jusqu'au 11 août 1869.

6. Beuzeville-la-Bastille. L'affixe de cette paroisse lui vient de la tour penchée qu'on voit au bord de TOuve. Avant sa construction, au xiv" siècle, c'était Beuzeville-la-Chaussée, à cause d'une chaussée sur laquelle on passait la rivière à gué. Au xn* siècle, c'était Beuzeville-en-Bauptois.

L'église Sainte -Trinité- de -Beuzeville- en -Bauptois (Bozonis-Villa) fut donnée à l'abbaye de Blanche-Lande par les fondateurs Richard de la Hayedu-Puits et Mathilde de Yernon, sa femme. Mais le patronage passa à l'abbaye de Lessay, qui céda à Blanche-Lande ses droits sur TEglise de Cambridge, en Angleterre, l'an 4192, en vertu d'une sentence arbitrale de l'évêque Guillaume de Touraebu. Le curé avait le tiers des grosses dîmes, l'autelage et les menues dîmes. Il payait en 4665 une décime de trente-deux livres ; vingt-cinq en 1721 . — Erigée en succursale le 28 août 1808.

7. Blosville. L'église Notre-Dame-de-Blosville fut donnée à l'abbaye de Blanche-Lande par Guillaume d'Angerville et Bazire, sa femme. L'évêque Richard de Bohon confirma la donation en 1166. La chantrerie formait un bénéfice à part^ lequel fut donné par Benoit d'Angerville, fils ou petit-fils de Guillaume. L'abbaye faisait desservir la cure par un de ses religieux, qui avait le titre de vicaire. La cure payait une décime de cinquante livres en 1665 ; de vingt-six en 1721 .

8. Boutteville. L'église est en majeure partie de style roman à plein cintre et fort curieuse. Elle est sous le vocable de saint Ermeland.

La cure a été partagée en deux portions, dont l'une à la présentation de l'abbaye de Sain t-Sauveur-le- Vicomte, l'autre à l'abbaye de Saint-Lo. Celle-ci prélevait la première gerbe de la dtme ; Saint-Sauveur les deux suivantes ; alors les deux vicaires-curés recevaient des pensions congrues égales; la taxe des décimes était de cinq livres pour chacun.

A la fin du xvu^ siècle , le patronage devint laïque , les deux portions furent réunies momentanément. En 1721, elles étaient séparées de nouveau; le curé de la grande portion payait une décime de vingt-deux livres ; celui de la petite, une décime de sept livres. — La paroisse a été annexée à Sainte-Manedu-Mont jusqu'au 24 mars 1855.

9. BfiucHEvaLE. L'église, d'architecture romane avec des détails curieux et singuliers, est sous le vocable de saint Hilaire. Le patronage a varié quasi de siècle en siècle. On la trouve sur la liste de celles qui appartenaient au XI* siècle à l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen. En 1283, l'évêque Eustache le cordelier s'en fit restituer, par arrêt du parlement, les dîmes, dont le roi s'était saisi pendant la vacance du siège. Le Lityre^Noir en met le patronage alternatif entre l'abbaye de Saint-Sauveur et l'évêque. Le Livre-Blanc dit l'évêque seul. En 1 665, le patronage est alternatif entre l'abbaye de Montebourg et l'abbaye de Saint-Sauveur. Mais, dès le temps du Livre-Noir, le prieur de Sainte-Barbeen-Auge prélève une somme de vingt livres sur les dîmes , puis de trente. D'après le pouillé de 1757, la présentation est alternative entre le prince de ' Rohan et le prieur de Sainte-Barbe. — Le curé, qui payait une décime de soixante-douze livres en 1665, n'en paye plus que trente-quatre en 1725. — Erigée en succursale le 28 août 1808.

10. Cabquebut. L'église Saint-Ouen-de-Carquebut est d'architecture romane à plein cintre. Il est assez probable que c'est la même en grande partie

qui fut visitée vers 630 par saint Ouen , archevêque de Rouen , du temps de Bernuin , abbé de Nanteuil. Sans doute, les Normands avaient détruit les églises ; mais, après avoir mis le feu aux meubles et au toit, il n'est pas probable qu'ils aient renversé les murailles. A quoi bon?

On écrivait jadis et on prononce encore Kerquebu; cela ressemble fort aux deux mots germaniques kerk^ une église; bi^^ bâtir : donc une église de pierres. Au vn* siècle, le plus grand nombre étaient en bois. De celles-là, il ne restait rien après le passage des Normands.

En 1 757 , la cure était à la présentation du seigneur. Auparavant, le droit avait été exercé par la Sainte-Chapelle, par la couronne, par le seigneur, successivement. En 1665, le curé payait une décime de cent livres ; en 4721 , la taxe était réduite à quarante livres. — La paroisse eut une chapelle dédiée à l'apôtre saint Pierre. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

11. Chkf-du-Pont. La paroisse Sainte-Colombe-de-Ghef-du-Pont appartenait au diocèse de Bayeux, doyenné de Trévières. « Non taxée. L'église de Sainte-Colombe au Cotentin. — Patron l'évêque de Bayeux. » (Lié. Pelut,)

L'église est un monument intéressant de roman à plein cintre ; mais dégradé récemment d'une manière déplorable. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

12. EcOQUENÉ AU VILLE. L'églisc Saint-Laurent-d'Ecoquenéauville fut donnée à l'abbaye de Montebourg le jour de la dédicace de l'église par Georges de Sottevât, prêtre, du consentement de Raoul son seigneur. Les abbés de Montebourg se firent dans la paroisse un manoir avec chapelle. Le curé eut les offrandes de la chapelle, et, après double procès, un tiers de la dlme (1671 .) En 1 721 , il payait une décime de vingt-une livres.

Annexée à Turqueville en 1803, la paroisse d'Ecoquenéauville a été érigée en succursale par ordonnance du 15 juin 1846.

13. FoucARViLLE. L'églisc Saint-Lo-de-Foucarville fut donnée à l'abbaye de Saint- Wandrille(Fonten6lle, diocèse de Rouen) par Robert de Foucarville, fils d'Onfroy, en 1050. Toutefois, la donation ne s'étendait pas à la totalité des revenus; car Richard de Reviers, le second fondateur de Montebourg, put donner au siècle suivant la dtme à cette abbaye. Les deux monastères s'arrangèrent comme ils purent; le curé obtint le tiers de la dlme et les oblations d'une chapelle sans revenus qui existait dans la paroisse. Saint Wandrille garda le patronage jusqu'au xvm* siècle; en 1721 , il appartenait à Montebourg. Le curé payait une décime de cinquante livres en 1665 ; vingtune livres en 1721.

La paroisse de Foucarville , annexée précédemment à Saint-Germain-de- Yarreville, a été érigée en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.

14. GouRBESViLLE. L'églisc est sous le vocable de saint Ermeland. La cure se divisait en deux portions; en 1757, la première portion était à la présentation du seigneur; la seconde, à la présentation de l'abbé de Montebourg. La première portion payait une décime de cinquante-trois livres, la seconde, de vingt-deux livres. Mais, avant cette époque, il y avait eu des changements fréquents dans les droits de présentation, et les deux portions avaient été parfois réunies. '

15. HiEsvaLK. L'église est sous le vocable des saints Côme et Damien.

En 1757, la cure était à la présentation du seigneur. Auparavant, l'abbé de Cérisy avait joui du droit de présentation ; il conserva toujours les deux premières gerbes de la dîme. Le curé avait la troisième et l'autelage. Il payait une décime de vingt-huit livres en 1665, et seulement treize livres en 1721 .

Hiesville, annexée à Blosville depuis 1803, a été érigée en succursale le 31 décembre 1856.

16. HouESViLLE. L'église est sous le vocable de saint Brice. La cure a eu pour patrons présentateurs, au xiif siècle, Tabbé de Cérisy ; au xiv*, l'abbé de Saint-Sauveur; au xvn* et depuis, le seigneur du lieu. Le curé payait une décime de cinquante livres en 1665, et de dix-sept livres seulement en 1721.

Erigé en succursale le 28 août 1808.

17. LiEsviLLE. L'église est sous le vocable de saint Martin. La cure était à la présentation de l'abbé de Saint-Sauveur-le-Vicomte , lequel prélevait les deux premières gerbes de la dîme ; le curé avait la troisième et les menues dîmes. 11 payait en 1665 une décime de vingt livres; seize seulement en 1 721 .

Cette réduction des décimes venait de la suppression des dîmes, les terrains cultivés en céréales ayant été partout transformés en herbages.

18. Neuville-au-Plain. Cette paroisse était du diocèse de Bayeux, doyenné de Trévières. « Non taxée. — L'église de Neuville au Cotentin. — Patron , le chapitre de Bayeux. — Patronage immédiat, y^ (Lib. Pelut.)

En 1 207, Philippe-Auguste donna sa chapelle avec les dîmes et le patronage à Robert des Ablèges, évoque de Bayeux. Cette chapelle est devenue l'église paroissiale de Neuville. Le prélat céda le tout peu après à son chapitre, àconditionde deux services à perpétuité, chaque année, après sa mort. L'église est sous le vocable de sainte Marguerite.

La paroisse, annexée à Sainte-M ère-Eglise, a été élevée au rang de succursale par ordonnance du 12 mars 1826.

19. PiCAUviLLE. En 1354, les domaine et seigneurie de Picauville appartenaient à Louis de Marly , chevalier, qui les vendit à Jean de Blosville au prix de six cents livres tournois plus une rente de cent cinquante livres. Le paiement de la rente ayant cessé, les héritiers de Louis de Marly opérèrent la saisie du domaine contre Jean de Semilly, héritier par mariage de Jean de Blosville. Le décret fut passé par-devant le parlement de Paris au prix de cinq mille huit cents livres d'or, le 12 août 1392, pour le compte des exécuteurs testamentaires de Charles VI, lesquels en firent la remise à la Sainte-Chapelle de Paris, pour y fonder les heures canoniales.

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n'ont pas cessé de l'être. Le curé payait une décime do soixante-trois livres.

La Sainte-Chapelle y fonda une école, qui payait une décime de huit livres.

La chapelle Saint-Christophe, qui s'appuie à la nef de l'église, fut fondée à la fin du xiv° siècle par un curé du nom de Jean Pèlerin, et dotée de seize livres tournois de rentes. L'évêque Guillaume de Crévecœur approuva la fondation par un acte du 28 octobre 1404. Le chapelain était à la nomination alternative de l'évêque et du trésorier de la Sainte-Chapelle. Il y eut à Bernaville une chapelle plus ancienne.

PAROISSES. iil

L'abbaye de Blanche-Lande avait en cette paroisse une baronnie, qui lui fut donnée par Raoul de Lustre, fils d'Odon, bouteiller de Normandie. La donation fut confirmée en 1 192 par Tévêque Guillaume de Tournebu. Dès ce temps ou peu après, un abbé de Blanche-Lande y fit jeter un pont sur la rivière d'Ouve, d'où le lieu prit le nom de Pont-FAbbé. L'établissement important du Bon-Sauveur, qu'y a fondé en 1837 M"* veuve de Riout, est donc la restitution à l'Eglise d'un domaine ecclésiastique.

La petite paroisse de l'Ile-Marie, anciennement Notre-Dame-du-Holm , ce qui veut dire la même chose, car Holm est un mot danois qui signifie une lie dans un étang, est annexée à Picauville. Elle se trouve sur la liste des paroisses dépendantes de l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen au xf siècle; mais elle ne tarda pas à faire retour à l'Eglise de Coutances; car elle est mentionnée à ce titre dans la bulle d'Eugène III, à la date de 1145 , et dans la charte de Philippe V de 1319. — Elle fut aliénée de nouveau, car le Livre- Noir et le Livre-Blanc indiquent comme patron l'abbé de Saint-Sauveur. Puis elle fît retour au seigneur du lieu, comme on le voit aux pouillés de 1663 et de 1757. Elle avait été donnée à l'abbaye par Elie d'Agneaux en 1162. Qui conciliera ces contradictions? Il est vrai que les fils revenaient souvent sur les donations faites par leurs pères.

La population de la paroisse se composait des gens du château. Le curé était décimateur. De quoi? de menues dîmes, probablement. II avait en plus la desserte d'une chapelle sans revenus. Au rôle des décimes de 1721, l'ecclésiastique qui dessert la prétendue paroisse, n'a d'autre qualification que celle de prêtre. Il est imposé à sept livres pour les trois cinquièmes de l'année. — L'église est ouverte au culte.

20. Ravenoville. L'église Notre- Dame- de-Ravenoville fut donnée à l'abbaye de Blanche-Lande en 1164 par les sires du Neufbourg, de la Hayedu-Puits, d'Orval et de Bohon, avec l'assentiment et sous la confirmation de l'évêque Richard de Bohon. L'abbaye y mit aussitôt cinq moines pour la desservir. Mais ce prieuré n'eut pas une longue durée; carie pouillé du Livre- Noir, rédigé pendant Tépiscopat de Jean d'Essey ^*\ y met un vicaire perpétuel, l'abbé recueillant toutes les dîmes.

Le curé avait l'autelage, les aumônes, et dix-huit vergées de terre. Il payait une décime de trente-cinq livres.

21 . Sébeville. L'église Saint-Pierre-de-Sébeville était de patronage laïque. Le curé payait une décime de cinquante-cinq livres en 1 665 ; seulement vingttrois livres en 1723.

Annexée à Bios ville en 1803, la paroisse de Sébeville a été érigée en succursale par décret du 1 3 mai 1863.

22. Saint-Gerhain-de-Varreville. Varreville avait deux églises : Saint- Germain et Saint-Martin. Le duc Guillaume, futur conquérant de TAnglelerre, les donna avec trois autres en 1051 à l'abbaye de Saint- WandrilIe(FontenelIe, au diocèse de Rouen) pour contribuer à sa restauration. Il paraît, par l'acte que nous allons citer, que Tabbaye y fonda un prieuré pour les desservir. Ceci n'était pas encore le patronage ; il fut donné en 1 21 1 à la même abbaye par Richard Le Neveu, seigneur du lieu.

(1) Le pouillé du lÀvre-Noirîni commence en 1251; mais il ne fut aclievé et arrête qu'en 1278.

442 HISTOIRE DU DIOCÈSE DE GOUTANGBS BT ATRANCHBS.

Pais, en 4286, l'évèque Eustache donna mandement au doyen du Plain de partager Yarreville en deux paroisses, l'une conservant le titre de Saint- Germain, l'autre restant également sous celui de Saint-Martin, paSron du monastère du Iku. L'abbaye consenra jusqu'à la fin le patronage de Saint- Germain et le droit de présentation; mais en 1350 elle avait cédé au curé les dtmes et tous les revenus de l'église moyennant trente livres de rentes, dit le Livre-Blanc ^^\ — Le curé payait une décime de cinquante livres en 4665; soixante-une en 1 724 . Il y eut une chapelle dans le cimetière. — Erigé en succursale le 28 août 1808.

23. Saint-Martin-de-Varrkville. (Voy. l'art, précédent.) La paroisse fut divisée temporairement en deux portions; vers 1350, Pierre de Yarreville, seigneur du Heu, avait le patronage de l'une d'elles ; en 1369, elles étaient réunies sous le patronage de l'abbaye et n'en formaient plus qu'une. Le curé dimait seul sur quelques héritages et avait la tierce gerbe sur le reste de la paroisse. En 1665, il payait une décime de quatre-vingts livres ; seulement vingt-six en 1 721 . Nous avons indiqué ailleurs (voy. l'art. BeuxevilleaurPlair^ une des causes de ces diminutions de revenus pour les curés.

Il y eut une chapelle Saint-Martin, dont le curé avait les oblations ; sans doute celle de l'ancien monastère.

24. Saikte-Marie-du-Mont. C'est le nom de l'église; la paroisse s'appelle Poupeville. Elle est encore appelée « Poupeville, alias Sainte-Harie-du-Mont » au registre des décimes de 1721. L'ancienne église s'appelait Sainte-Mariede-Poupeville ; la neuve étant bâtie sur un plateau élevé , d'où la vue est magnifique, et dédiée également à sainte Marie, ne pouvait manquer de s'appeler Sainte-Marie-dw-.Voni, comparativement à Sainte-Marie-de-Poupeville, qui est en un lieu bas , au bord du Vey ; d'autant plus que l'ancienne fut conservée et qu'elles ont existé simultanément jusqu'en 1791. Alors Sainte- Marie-de-Poupeville fut vendue révolutionnaireraent ; elle existe en majeure partie, convertie à des usages profanes. Ses ruines accusent un édifice antérieur à l'invasion normande. On ignore la raison qui détermina la population du lieu à construire la nouvelle au xi* siècle ou au commencement du xu'.

Aymoin, abbé de Saint-Pierre-sur-Dive de 1136 à 1148, rapporte, dans sa Lettre sur les grâces et les miracles obtenus par rinrocalion de la Sainte Vierge, un miracle qui s'était opéré lors de la construction de celle-ci :

Pendant qu'une compagnie de maçons travaillait à bâtir, une autre compagnie transportait des matériaux, qu'elle allait chercher au delà du Vey. n s'agit des frères pontifes , association pieuse qui construisit tant de ponts et d'églises pendant le xi® siècle. Or, les charrettes s'étant embourbées au retour dans les glaises du Vey, la mer monta pendant les vains efforts que les conducteurs faisaient pour les dégager; ils se trouvèrent menacés sans espoir de salut. Les pieux confrères s'adressèrent à la Sainte Vierge. Les charrettes furent soulevées comme d'elles-mêmes, les flots s'arrêtèrent, s'accumulant en une montagne, et ne s'épandirent que quand les voyageurs furent arrivés

au rivage.

La nef et le collatéral méridional de l'éghse Sainte-Marie-du-Mont sont

(i)Le Livrê'Blanee»i un pouillé de tous les bënéficdt du diocèse, dressé pendant l'ëpueopatdo Loou d*Erquery. 1346-1370.

bien en effet de cette époque , et la pierre qui y est employée vient des car* rières d'Orival et de Creuilly.

Le duc 6uillaume-le-6âtard avait donné à Robert, fils d'Onfroi de Vieilles, les cinq églises de Saint-Germain et Saint-Martin-de-Varreville (yatredi-Villà), Saint-Marcoulf, Sainte-Honorine-d'AudouvilIe et Sainte-Marie de-Poupeville (Popevilla). Il en transféra la propriété à l'abbaye de Saint- Wandrîlle (Fontenelle, au diocèse de Rouen) à la demande du donataire, en 1051 .

Comment l'église Sainte-Marie-de-Poupeville vint-elle au bénéfice de FEglise de Coutances? par échange, probablement. Elle est classée au nombre de ses propriétés, tant dans la bulle du pape Eugène III, de 1145, qae dans la charte de Philippe Y, de 1319. Il existe, d'autre part, une charte de Richard-Cœur-de-Lion confirmant à Richard du Hommet, connétable de Normandie, le patronage des chapelles de Poupeville et de Varreville, qui lui avait été donné par Henri II. Cette charte est de 1189. Il ne peut être question que des droits seigneuriaux^ Le chapitre avait le patronage de l'église et la cure, il présentait à la vicairie ; il possédait le tiers des dîmes, sauf deux ou trois traits peu étendus et tous les revenus ; l'évêque avait les deux autres tiers.

Le vicaire perpétuel, remplissant les fonctions de curé, était un des quatre archiprêtres du diocèse avec officialité; mais c'était bien le plus pauvre des curés, peut-être même des vicaires. En 1482, il fut assigné à Richard Le Long, sur ses . instances , une pension de dix-huit livres. En 1598, Michel Reliée obtint les novales en place de pension. En 1 756, l'évêque et le chapitre accordèrent à Alexandre Christy, par considération personnelle, le quart de leurs dîmes. Hais à ce moment même les dîmes vinrent à rien ; car les champs cessèrent d'être cultivés et furent transformés en herbages. L'évêque et le chapitre firent en vain des procès.

La paroisse eut une léproserie avec chapelle dédiée à saint Antoine. Il n'en reste plus de traces. Elle était auprès du village de la Chaussée. Plus une chapelle Sainte-Madeleine, toujours existante et livrée au culte; fondée vers 900 ou 910 par Vieul-aux-Epaules (l'aïeul d'Onfroi de Vieilles), lorsqu'il se fit chrétien. Cette chapelle est en singulière vénération dans le pays ; mais l'édifice actuel est beaucoup plus moderne.

Dame Marie de la Guiche, douairière deVentadour et de Saint-Géran, dame de Sainte-Marie-du-Mont, fonda en cette paroisse un collège en 1671, et un hôpital en 1688.

Le protestantisme avait fait des ravages dans la paroisse Sainte-Mariedu-Mont, sous la protection du seigneur Nicolas-aux- Epaules et de Henri- Robert, son fils; le château était devenu une des forteresses de la secte, et un de ses centres de propagande. Parvenu à la maturité de l'âge, Henri- Robert se convertit. Il mourut en 1607, à l'âge de quarante-six ans.

Le magnifique dôme de l'église paroissiale fut détruit par la foudre dans la nuit du 24 au 25 janvier 1840. Il fut rétabli trois ans plus tard sur le même modèle. — Le curé payait une décime de dix-neuf livres.

25. TuRQUEViLLE (Esturçu^Ula), L'église Notre-Dame-de-Turqueville fut donnée à l'abbaye de Montebourg lors de la dédicace de l'église par Guillaume de Yernon et Luce, sa mère. Mais cette donation ne comprenait pas la totalité de Téglise ; car l'abbaye de Saint-Sauveur-le- Vicomte partagea le droit de patronage et de présentation. En 1665 et depuis, l'abbé de Montebourg était

iii HISTOIRE DU DIOCÈSE DE COUTAFIGBS ET AYRANCHES.

seul présentateur. — Le curé pajait eu 4665 une décime de trente-cinq livres ; vingt-neuf livres en 1 72< •

26. TiERViLLE. L'église est sous le vocable de saint Eloi. La paroisse appartenait au diocèse de Bayeux, doyenné de Trévières. « xv livres. L'église deVierville au Cotentin, vaut lx livres. Présentateur, le seigneur de Yierville. » (Liô. Pelut,)

La paroisse est annexée à Angoville-au-Plain ; mais son église est ouverte au culte.

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