CANTON DE 8AINT-SAUVEUR-LE-VIC0MTK
t. Saint-Sauveur-le-Yicomte. — i. Besneville. — 8. Biniville. — 4. Catteville. — 5. Golomby. — 6. CrosvUle. — 7. Etienville. — 8. GoHeville. — 0 HautevUle.— 10. HautmesniL -- i i. La BonnevUle.— la. Les Moitiers.— i3. NeuviUe-en-Beaumont.— 14. Orglandes.— IS. Rauvillela-Place.— 16. Saint-Georges-de-Néhou.—n. Saint-Jacques>de-Nëhou.— 18. Sainte-Colombe. — 19. Selsouef. — 30. Taillepied.
i. Saint-Sauveur-le-Vicomte. En 912, Tannée du traité de Saint-Clair, Rollon donna à Richard, surnommé le Danois, son parent et Tun de ses compagnons d'armes, le domaine de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Richard y éleva un château et une chapelle, qui fut bénite en 914 par Tévêque Herbert, sous le vocable de la Sainte-Trinité et Saint-Sauveur ; telle est l'origine du nom du lieu. Le fondateur y mit quatre chapelains, pour la desservir.
Richard fut père de Néel , en faveur duquel il détacha en 930 cette partie du domaine qui de son nom s'appela Néel-Hou^ Thabitation de Néel, par abréviation, Néhou; et de Hamon-aux-Dents, qui fut sire de Torigny, Bercy et Creuilly.
Richard de Saint-Sauveur étant mort en 935, Néel réunit les deux domaines, et le duc Guillaume-Longue-Epée, fils de Rollon , lui accorda en 938 le titre héréditaire de vicomte du Cotentin; d'oJ!l la paroisse fut appelée depuis Saint- Sauveur-le-Vicomte.
11 est probable que c'est ce même Néel qui fonda l'église paroissiale ; la nef est de l'époque, et on n'en connaît pas autrement la date. Les familles chrétiennes qui survécurent à l'efTroyable catastrophe de l'invasion normande, durent s'empresser de venir habiter sous l'égide de cette puissante famille , seule chrétienne au sein du Cotentin asservi au paganisme.
Néel de Saint-Sauveur-le-Vicomte eut pour fils Richard II, et celui-ci Néel II dit le jeune. Néel II prit part à la révolte des barons du duché de Normandie contre Guillaume-le-Bâtard et fut vaincu avec eux à la bataille de Val-ès-Dunes , le 40 août 1047. Ses biens furent confisqués. Il rentra en grâce, le domaine de Saint-Sauveur lui fut rendu ; mais non celui de Néhou, qui avait été donné à Baudouin de Meules ainsi que le comté de Vernon. Baudouin était issu du sang des ducs et avait épousé Âlbreda, nièce du futur conquérant.
Les chapelains de la collégiale, fondée au château par Richard I*', n'étant ni de mœurs ni d'une science en rapport avec leurs saintes fonctions, au gré de Néel, il les remplaça par des rehgieux tirés de l'abbaye de Jumiéges, et
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fonda en fareur de ceux-ci uhe abbaye située à peu de distance de son cbflteau, pour qu'ils pussent facilement desservir sa chapelle, tout en Vivant de la vie de prière et de pénitence qui leur est propre. C'était l'an 1080. Le premier abbé s'appelait Bénigne. La chapelle du château conserva le nom de la Vieille- Abbaye.
Néel devenu vieux se retira au Mont-Saint-Michel, oix il mourut sur la cendre et sous l'habit religieux, laissant une fille nommée Lœtitia, qui porta le domaine de Saint-Sauveur dans la famille Tesson, par son mariage avec Jourdain Tesson. Laetitia et Jourdain Tesson fondèrent à Saint-Sauveur le prieuré de Notre-Dame-de-Selsouef. Raoul Tesson et Laetitia , sa mère, fondèrent, huit ans plus tard, le prieuré de Notre-Dame-de-la-Couperie, à la Colombe.
Outre le prieuré de Selsouef, il y eut encore dans la paroisse les chapelles de Hautmesnil et d'Ouville, celle-ci au vieux Lud.
L'église paroissiale est sous le vocable de saint Jean; elle avait été donnée dès l'origine à l'abbaye. L'abbaye avait toutes les grosses dîmes; le curé, les novaies et les menues dtmes. Il payait une décime de quarante-cinq livres en 4665; de trente-six, en 4721. Le prieuré de Selsouef payait dix-huit livres. Le prieur avait le vingt-troisième rang au synode.
Il y avait vicariat à Selsouef et vicariat à Hautmesnil, payant chacun trois livres. Le clergé de la paroisse se composait en 4721 de dix-huit prêtres et un diacre.
Un hospice fut fondé à Saint-Sauveur en 1685, par les soins du P. Chaudrant, jésuite. Louis XI Y lui donna en 1695 le vieux château, dans lequel il s'installa et où il est encore.
2. Besneville. Belle église de la fin du xii' siècle ; elle est sous le vocable de saint Florent. La présentation à la rure était alternative entre l'abbé de Montebourg et l'archidiacre de la Chrétienté, chanoine prébende du lieu. Le curé avait une pension congrue ; il payait une décime de cinquante livres en 4665; de treize livres en 17i4.
3. BiNiviLLE. L'église Saint-Pierre-de-Biniville était de patronage laïque. Le curé payait une décime de trente-cinq livres en 4665, de vingt-deux livres en 4724 . Le chapitre avait deux gerbes de la dîme ; le curé, la troisième. — Annexée à Hauteville depuis 1803, la paroisse fut érigée en succursale par ordonnance du 26 novembre 1826.
4. Catteville. L'église est sous le vocable de saint Ouen, la présentation à la cure était alternative entre l'abbé de Saint-Sauveur et le roi. L'abbaye avait la première gerbe de la dtme; le curé, les deux autres; il payait une décime de trente livres en 1665; de vingt-une livres en 1721 .
5. CoLOMBY. Très-jolie église du xiu" siècle, sous le vocable de saint Georges. — Richard de Reviers donna à sa collégiale de Néhou, lors de la fondation, en 1107, la moitié de l'église de Colomby; mais cette collégiale ayant été unie, en 1152, par Guillaume de Vernon à l'abbaye de Montebourg, le patronage de Colomby le fut en même temps. Dès lors, si le fait n'existait déjà, la paroisse fut divisée en deux portions curiales, l'une à la présentation de l'abbaye; l'autre, au seigneur du lieu. En 1757, la portion de l'abbaye était revenue au seigneur, alors le marquis d'Amfreville, mais elles n'étaient pas
446 HISTOIRE DU DIOCÈSE DB COUTAIfCES ET AVRANCHES.
unies. Le curé de la première portion payait une décime de trenteHiuatrelivres, celui de la seconde, ou grande portion, payait cinquante-une livres; ensemble vingt-cinq livres de plus qu'en 4665.
La paroisse avait deuv chapelles, mais non taxées et sans revenus, dit le Livre-Blanc.
6. Crosville. L'église Saints-Gervaîs-et-Protais-de-Crosville était de patronage laïque. Le curé était seul décimateur ; il payait une décime de trente-six livres.
Annexée à la Bonneville depuis 1803, la paroisse de Crosville fut érigée en succursale par décret du 10 janvier 1849.
7. Etienville. L'église est sous le vocable de saint Georges. La cure étaU divisée en deux portions; Tévêquc avait eu pendant plusieurs siècles le patronage d'une des portions; en 4724, elles étaient l'une et l'autre de présentation laïque et s'appelaient portion Jean, c'était la première, et portion Richard. Il n'y avait qu'un vicaire pour les deux portions. Chaque curé était seul décimateur de sa portion et payait une décime de vingt-neuf livres.
8. Golleville. L'église Saint-Martin-de-GoUeville fut donnée en 4107 par Richard de Reviers à sa collégiale de Néhou, et réunie avec elle h l'abbaye de Montebourg en 4 4 52 par Guillaume de Yernon. L*abbaye conserva jusqu'à la fin le revenu, consistant dans les deux tiers des dîmes, le curé avait le surplus; mais au xvm* siècle le patronage était redevenu laïque.
Le curé payait une décime de trente livres en 4665, de vingt-une livres en 4724.
L'église possède deux curiosités qui ont plus de réputation que de valeur : une cuve baptismale du x^ ou xi® siècle, ornée de moulures en retrait, et un rouet à douze clochettes , qu'on fait tourner au sacrement de la messe et 4 l'élévation. Il a été dit des choses inimaginables sur cet instrument, qui peut avoir deux ou trois cents ans de date, et n'a rien de commun, quoi qu'on en ait pensé, avec les signes du zodiaque ni avec les mystères d'Isis.
Là est Saint-Martin-le-Ferré. Le groupe de saint Martin déchirant son manteau en faveur d'un pauvre est scellé au pignon de l'église au-dessus de la grande porte. Il était auparavant dans une chapelle Saint-Martin dont il reste encore des ruines. On voulut jadis le transporter à Sainte-Ck)lombe; mais, en passant près de l'église de Golleville, les cloches se mirent en branle, la statue s'enlourdit et il fallut rester là.
On l'appelle le Ferré, parce que les personnes qui vont l'invoquer, attachent un fer pour son cheval à la porte de l'église, après avoir bu par dévotion un verre de l'eau de sa fontaine, qui sourd près de l'église.
9. Hauteville. L'église est sous le vocable de saint Sébastien. Aux xiii* et \iv* siècles, l'hôtel -Dieu de Saint -Lo avait la moitié des dîmes et la présentation à la cure; le curé avait l'autre moitié des dîmes. Au xvii* siècle, la présentation appartenait au chapitre; en 1757, elle était alternative entre le seigneur du lieu et le seigneur de Mannevillc. En 1665, le curé payait une décime de vingt-cinq livres; de vingt-deux en 4724.
Erigée en succursale le 28 août 1808.
10. Hauthesnil. L'église Saint-Georges-de-Hautmesnil était une des chapelles vicariales de Saint-Sauveur-le-Yicomte (voy. cet art.) Il lui a été
^joint uQ territoire, et la nouvelle paroisse a été érigée en succursale par décret du 44 janvier 1866.
14. La BoNNEvaLE. L'église Sainte-Marguerite-de-Ia-Bonaeville était de présentation laïque. Le curé payait une décime de trente livres.
« On trouve qu'au xii* siècle la paroisse se nommait Mer dora-villa, parrochia saacte i\largaritedeMtrdora'V%lïa;^ms^ en 1226,pan*oc/iia sanete Margarite de la Bonneville^'^ »
42. Les Moitiers (en Bauptois) (Monasieria), Dans les vieux registres on lit les Moustiers et les Moutiers, ce qui se traduit toujours par Uonasteria, et ce pluriel indique deux monastères ou deux églises dans le même monastère ; comme à Landelles, à Orglandes, aux Moitiers-d'AUonne. Il a été retrouvé entre l'église paroissiale et le marais de nombreuses fondations, qu'<on a considérées alors comme des restes de ces anciens monastères. Aucun fait postérieur à l'établissement des Normands ne venant s'y rattacher, il est probable que leur existence est antérieure, qu'ils n'ont pas été relevés et qu'ils avaient été fondés par saint Ermeland , abbé d'Aindres , au par les moines d'Orglandes.
L'église Notre-Dame-des-Moitiers était à la nomination directe de l'évéque ; mais il n'en avait pas été toujours ainsi , car un acte de l'évéque Guillaume de Tournebu, de l'an 4490, confirme à l'abbaye de Blanche-Lande un droit alternatif 4e présentation. — Le curé payait une décime de vingt-quatre livres en 4 665, de trente-quatre en 4 724 .
43. Neuville-en-Beaumont. L'église Saint-Martin-de-Neuville-en-Beaumont était sous le patronage immédiat de l'évéque. Le curé payait une décime de vingt-cinq livres en 4 665, de douze livres en 4721 .
La paroisse, annexée à Catteville depuis 4803, fut érigée en succursale en 4820.
44. Orglandes. L'église est sous le vocable de l'Annonciation de Notre- Dame. La paroisse était divisée en deux portions curiales, l'une et l'autre de présentation laïque, mais par deux seigneurs différents. — En 4665, le curé de la grande portion payait une décime de quarante livres, celui de la petite, une décime de vingt-huit livres. En 4724 , vingt-sept livres et vingt-une livres. L'église avait une coutourerie; le conteur payait douze livres.
Orglandes eut les deux chapelles Sainl-Symphorien et Saint-Michel unies chacune à une des portions curiales et dont les curés possédaient les oblations.
Avant l'invasion des Normands, la paroisse avait un monastère qui ressortissait à l'abbaye d'Aindres et qui fut visité par saint Ermeland, abbé d'Aindres. Nous avons rapporté les miracles qu'il y opéra. Il y eut une chapelle au hameau de Rouville, plus une seconde, qui était sous le vocable de saint Pierre. L'église paroissiale a conservé de curieux détails d'architecture romane.
La paroisse de Reigneville fut annexée à Orglandes en 4803, elle l'est encore. L'église était sous le vocable de saint Martin. Elle avait été donnée à l'abbaye de Blanche-Lande par Luc de Reineville en 4 1 88, du consentement «tpar les mains de l'évéque Guillaume de Tournebu. Blanche-Lande jouit
(1) M. Renault» Noticet hUtoriquet tur les Paroisses, canton de Saint-SauYeur-le-Yicomtc.
jusqu'à la fin de toutes les dîmes ; elle faisait desservir la paroisse par un de ses religieux ayant le titre de vicaire ; la cure payait une décime de vingi livres en 4665 ; de vingt-six en 1724 .
13. Rauville-la-Place. L'église Saint-Laurent-de-Rauville-la-Place fut donnée en 1 107 à la collégiale de Méhou par Richard de Reviers, fondateur ; elle devint propriété de l'abbaye de Montebourg en 4152, lorsque Guillaume de Yernon, seigneur de Néhou, y réunit la collégiale. L'abbaye avait toutes les dîmes. La cure payait une décime de quatre-vingt-dix livres en 4665 ; de quatre-vingt-deux en 4724 . La nef de l'église est de roman à plein cintre ; le chœur, de roman ogival.
La paroisse eut une léproserie, fondée en 4 426 par le duc-roi Henri P', sous le vocable de saint Jacques, et dotée de deux foires, les 9 août et 5 novembre. La cdapelle était à la desserte du curé, qui en avait les oblations. Devenue d'usage public par la disparition de la lèpre, et déjà le but de beaucoup de pèlerinages, elle fut mise sous le vocable de Notre-Dame de la Délivraode au xvii* siècle, et est toujours très-fréquenlée.
Outre celle-ci, il y eut une chapelle Sainte-Anastasie, sans revenus, et une chapelle Sâint-Pierre-de-Garnetot, qui avait quinze livres de revenus et était à la présentation du seigneur de Garnetot. Le chapelain payait une décime de dix livres, y compris sa cote personnelle. Les autres chapelles n'étaient pas taxées.
46. Saint-Georges-de-Néhou. La paroisse de Néhou tire son nom de Néel, fils de Richard de Saint-Sauveur (Kéel-Hou^ Néau-Hou^ Nigelli-Humus ^ le domaine ou l'habitation de Néel). Néel fut gratifié de ce domaine en 920 par son père. Néel II, dit le Jeune, son petil-fils, le çerdit en 4 047 par suite de la bataille de Yal-ès-Dunes , à laquelle il avait pris part contre Guillaume-le- Bâtard. .
Le vainqueur donna le domaine de Néhou et le comté de Vernon, confisqué sur Guy de Bourgogne, à Baudouin de Meules, son parent. Baudouin fut père de Richard , seigneur de Reviers , en Bessin , lequel hérita de son père et mourut en 4437. Lui et ses descendants portèrent le nom de Reviers-Vernon, ou simplement Vernon.
Le vicomte Néel I* (voy. l'art. Saint-Sauveur) fit élever une église, dont il ne reste plus de traces.
Richard de Reviers fonda en 1403 une collégiale de quatre prébendes auprès de son château, de laquelle le curé du lieu fut le premier chanoine. Le second fut chargé de la tenue des écoles , avec le titre de grammairien. L'église paroissiale, dédiée sous le vocable de saint Georges, devint ainsi une annexe de la collégiale, à laquelle le fondateur rattacha en plus les églises de Saint- Laurent de Rauville-la-PIace , de Sainte-Colombe, de Colomby et de Golleville en partie, Saint-Georges de Prétot (Saint-Jores) en partie et Saint- Martin de Gonneville. La collégiale fut érigée sous le vocable de Notre- Dame.
En 1 4 52, Guillaume de Reviers, fils de Richard , unit la collégiale de Néhou avec tous ses biens et revenus à l'abbaye de Montebourg, et l'abbaye eut ainsi la présentation à la cure de Néhou et à celles des paroisses que nous venons de citer.
Une seconde branche de la famille de Reviers, dite Reviers de la Beurrière,
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avait en fief noble une portion considérable de la paroisse , sous la mouvance de la baronnie de Méhou.
Quelques années après la donation de la paroisse Saint-Georges et de la collégiale Notre-Dame, devenue prieuré, le chevalier Guillaume de Reviersla-Beurrière fonda sur son fief un second prieuré, dit Saint-Jean-des-Bois, qu'il donna également à Tabbaye de Montebourg. L'abbaye entretint des moines dans l'un et dans l'autre avec charge de desserte chacun pour une portion de paroisse; de là l'origine des deux portions curiales, lesquelles se dessinèrent encore mieux, lorsque, par le fait du décret du concile de Latran de 1 1 79, qui interdit aux communautés de desservir elles-mêmes les paroisses, l'abbaye fut obligée d'y nommer des vicaires.
En 4223, Richard de Reviers-Vernon fonda une léproserie, dont la chapelle fut dédiée par l'évêque Hugues de Morville sous le vocable de saint Jean- Evangéliste. Elle fut unie à l'hOtel-Dieu de Saint-Lo, et desservie par un frère du dit hôtel-Dieu. Après la cessation de la lèpre , elle fut érigée en prieuré, lequel s'appela prieuré du Bel-Arbre, et la chapelle fut décorée d'une statue de saint Roch , en souvenir de la première destination , ce qui la fit appeler chapelle de Mont-Roch , ensuite chapelle de Monroc. Le prieuré continua de dépendre de la maison-Dieu de Saint-Lo.
La fondation de Richard de Vcrnon fut plutôt la restauration d'un hospice fondé par Néel sous le vocable de saint Gilles. L'an 1200, le duc-roi Jeansans-Terre concédait aux lépreux de Saint-Gilles-de-Néhou la tenue d'une foire le jour Saint-Gilles.
La paroisse eut en outre dix chapelles particulières : i^ Saint-Pierre du château de Néhou, fondée à l'origine ; 2® Saint-Eloi de Thôtql-Dieu de Néhou, existante avant 1283; 3^ des Saints-Innocents du château de la Beurrière, fondée vers 1086 ; 4** Sainte-Anne de la Haule ; 5° Saint-Nicolas du Hecquet; 6® chapelle du Lud ; 7^ Notre-Dame de la Roquelle ; 8° Saint-Clair de Gonneville ; 9® Saint-Yves de l'Angle ; 1 0° Saint-Jean-Baptiste du manoir de Goubervîlle.
Une onzième a été élevée, il y a un demi-siècle, au manoir de la Grimonière, à laquelle le public est admis. Dix existent, celle du château de la Beurrière est détruite de temps immémorial.
Le curé de la première portion payait une décime de quarante livres ; celui de la seconde, plus importante, payait soixante-seize livres. En 1 721 , quarantetrois livres et cinquante livres. Le prieur de Saint-Jean-des-Bois était taxé à vingt-sept livres. La chapelle Saint-Plerre-du-Château, à trente-trois livres. La chapelle Saint-Jean et Saint-Eloi à dix-huit livres. Le prieuré de Monroc et les autres chapelles n'étaient pas taxés. (Le registre des taxes dit Montrond.) Le prieur de Montrond^ ou du Bel-Arbre, avait le quarantième rang au synode. En 1673, il n'est plus question du prieuré de Saint-Jean-des-Bois.
17. Saint-Jacques-de-N^hou. Nouvelle paroisse, formée aux dépens de Saint- Georges -de -Néhou et érigée en succursale par décret du 13 décembre 1836. L'église fut bénite dès le 21 octobre 1823 et ouverte au culte à titre de dépendance de l'église paroissiale de Saint-Georges. La paroisse Saint-Jacques a la chapelle de MorUrocq; elle est ouverte au culte public. ^'^
(t) Voy. fliffoire de yéhau» par l'abbé LebredoDchel , m-19, Cherbourg, Noblel, 1885.
450 HISTOIRE DD DIOCfcSK Dl COUTANCKS ET ATRANCHBS.
18. Sainte-Coloubx. L'église SaÎDte-Colombe fut doonée ea 1105 & la collégiale de Néhou par le fondateur, Richard de Reviers, et elle passa avec elle au droit de l'abbaje de Montebourg eo 1152, du don de Guillaume de Reviers. Le chœur de l'église est de cette époque et très-remarquable.
La préseotatloD k la cure a appartenu d'abord à l'abbaye ; au xviT siècle, elle était alternative entre le seigneur et l'abbaye ; en 1 757, elle était su seigneur seul. Le curé payait une décime de trente livres.
19. SzLsouET. Paroisse de nouvelle création, formée aux dépens de Saint- Sauveur-le- Vicomte. (Voy. cet art.) Erigée en succursale par décret du 5 décembre 1848. L'église est sous le vocable de saint Claude.
30. Taillepieo. Etymologie, le haut de la montagne , des deux mots germaniques tkal, une moulague , puig une hauteur , un sommet. Au xu' siècle, c'était la chapelle d'un ermitage, dite Saint-Jean-des-Bois. Elle dépendit ensuite de l'abbaye de Saint-Sauveur- le-Vicomte , et devint paroissiale au XV* siècle. L'abbaye et les seigneurs de Taillepied se disputèrent souvent le droit de présentation ; en 1737, il était à l'abbaye. L'église est sous le vocable de saint Jean-Baptiste. Le curé payait une décime de viugt-buît livres ; vingttrois en 17S1.
Annexée à Catleville depuis 1803 , la paroisse de Taillepied a été érigée en succursale par ordonnance du 27 février 1840.
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