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CHAPITRE XXV. LITTÉRATEURS. PERSONNAGES CELEBRES

révélez pas le secret. Ils enseignaient que la débauche est le paradis de rhomme, et qu'il n'y en a pas d'autre à espérer.

Le doyenné de la Haye-du-Puits semble avoir été le principal foyer de la secte en ce pays, et le bois de Tenclin, le lieu principal de ses réunions nocturnes, appelées du nom de sabbats.

Les sorciers y étaient-ils transportés par le diable à la suite de certaines onctions qu'ils pratiquaient et de paroles mirifiques qu'ils prononçaient? On l'a toujours cru, des centaines de témoins l'ont affirmé sous la foi du serment, le diable en a éminemment le pouvoir; maisl... à chacun son jugement sur la question.

Le bois de Tenclin est un fourré presque impénétrable, qui a pourtant des éclaircies et quelques sentiers de çà de là. Beaucoup de personnes tombèrent à l'improviste et sans s'en douter au milieu des bacchanales ; les unes furent maltraitées, les autres obligées de j^brousser chemin ; un silence absolu fut imposé à toutes.

Cependant les juges du bailliage se trouvèrent informés de manière à ne pouvoir plus s'abstenir. La procédure commença en 1669. Il y eut cinq cent vingt-cinq personnes impliquées, dont cent cinquante-quatre plus que les autres, et desquelles dix faisaient des aveux spontanés.

Le parlement de Rouen, qui poursuivait une affaire semblable, dont le Pont-de-l* Arche avait été le théâtre, évoqua celle-ci, avec ordre aux juges des lieux d'informer jusqu'à sentence exclusivement.

Le mystère ainsi divulgué, l'épouvante devint grande dans la contrée ; les imaginations se montèrent, les moindres événements tournèrent à la sorcellerie : les uns virent passer des bandes de sorciers en l'air à la hauteur des arbres, il leur en tomba aux pieds, il en tomba par les cheminées, chacun reconnut son homme, à la vue, à la parole ; les autres furent retenus par l'habit , jetés à terre, battus, ce qui pouvait bien être. D'autres encore racontèrent les orgies, les nudités dont ils avaient été témoins au mont Tenclin.

Ces derniers détails ne peuvent être reproduits ; mais ils doivent être vrais, puisque c'étaient les mœurs, les faits et les gestes des gnostiques dévoilés

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depuis plus de mille ans dans les écrits des Pères, où aucun des témoins ne les avait étudiés, par la double raison que les paysans n'étudient pas les Pères de l'Eglise, et que la plupart de eeux^ci ne savaient pas lire.

Le euré de Saint-Symphorien fat gravement impliqué ; un bourgeois de la Haye-du-Puits, nommé Jacques Noël, Charles Basneville, de Yarenguebec, Charles Godefroy, élève du collège de Coutances, Jacques le Harivel, Nicolas le Monnier, plusieurs autres furent condamnés à mort. Louis XIY commua la peine en celle des galères.

Une instruction semblable se poursuivait dans le bailliage de Carentan, Antoine Quetier, curé de Coigny, se trouva fort compromis; Charlotte le Vavasseur, sa belle-soeur, fut condamnée à mort. Charlotte Mahieu de Lilletot, fille d'un médecin de Carentan, également impliquée, disparut du pays, et n'y rearint qu'en 1714; Barbe Alexandre, femme de Thomas le Gouix, sieur de la Couture, lieutenant général de l'élection; une dame Jacques Michel Tver du Taillis, femme d'un conseiller au présidial, trente-deux personnes en tout furent condamnées au bûcher.

Le scandale était énorme, la peur aussi grande ; quelques témoins notoirement idiots furent acceptés comme valables, la torture arracha tous les aveux que l'on voulut, les magistrats confièrent à des chirurgiens jurés le soin de trouver sur les membres des accusés la marque de la sorcellerie, et cette marque consistait en certaines taches livides ou pareilles à du parchemin, dans lesquelles on enfonçait le bistouri ou des alênes jusqu'à la profondeur d'un travers de doigt sans éveiller la sensibilité. Les patients avaient les yeux bandés, pour ne pas voir ce qu'on leur faisait; malheur à eux quand ils ne criaient pas. Or ces marques se trouvaient sur plusieurs, sur beaucoup des accusés.

Qu'est tout ceci 7 Que sont ces marques 7 Pourrait-on en retrouver autant sur les membres de personnes vivantes? Et, le cas échéant, qui prouverait que c'est de la sorcellerie?

Cependant beaucoup de gens ne croyaient pas à la sorcellerie, qui auraient cru à des actes d'impiété et de dépravation; le parlement s'entêtait d'autant plus dans ses vieilles routines. La cour de France était obsédée de demandes

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