CHAPITRE XXVI
DIX-HUITliKE SIÈCLE.
Charles-François de Loménie établit enfin, en 1703, dans le diocèse de Coulances, les conférences ecclésiastiques qu'il promettait depuis si longtemps; mais il voulut qu'elles fussent pour ses prêtres une occasion de relations mutuelles , d'ua bout à l'autre du diocèse , aussi bien qu'un moyen de s'édifier et de s'instruire. Il les organisa de cette sorte : chaque conférence choisîssuit un saint pour patron et pour modèle de vie ecclésiastique. Les conférences voisines déléguaient chacune [deux de leurs membres aux fêtes des patrons, et toutes les conférences du diocèse chacune deux membres à la fête de la coaférence de Coutances.
La même année, il rendit au séminaire de Valognes son importance première, en levant l'interdit qui pesait sur lui depuis si longtemps ; mais, pour empêcher qu'il n'y fût enseigné dorénavant de mauvaises doctrines, il le soumit à la surveillance d'un de ses archidiacres. Le fondateur l'avait donné en mourant, le 45 septembre 1699, aux PP. de l'Oratoire.
La ville de Saint-Lo vit naître pendant son épiscopat deux nouvelles ÎDstitutions religieuses, d'abord la communauté du Bon-Sauveur, appelée à un long et utile avenir, ensuite et par les soins même du prélat, une communauté de Sœurs de la Propagation de la Foi, pour la conversion et Tinstruetion des jeunes protestantes ; celle-ci en 1708.
Quelques personnes pieuses, entre autres Elisabeth de Surville, Marie- Louise Auvray, Marguerite Bretot, Marie Foucher s'étaient livrées de concert à l'instruction des petites filles pauvres, à la visite des malades et
au soulagemant des indigents, sous la direction de Charles - Françofe de Gouëy, curé de Notre-Dame-de-Saint-Lo. L'œuvre ayant pris des développements, Tassociation se fonda en communauté sous la règle de Saint-Augustin avec des statuts spéciaux et appropriés à son but. L'évoque l'approuva en 1712 et la soumit à la direction du P. Hérambourg, eudiste, archidiacre du diocèse. Sur Tinformation du bien opéré par le nouvel institut, le gouvernement lui accorda des lettres royaux de reconnaissance en 1726, sous ce même vocable du Bon-Sauveur et sous Tobédience de révoque de Coutances. Alors c'était Léonor II de Matignon qui gouvernait le diocèse. •
Charles- François de Loménie de Brienne mourut le 7 avril 1720 après cinquante-quatre années d'épiscopat. Il fut enterré dans le chœur de la cathédrale. Charitable, savant et modeste, il avait été cependant plus estimé qu'aimé, à cause d'une certaine sévérité qui lui était naturelle.
Rolland-François de Querhoent de Coëtanfao^*\ docteur de Sorbonne, frère du lieutenant-général marquis de Coëtanfao et neveu de Charles deRosmadec, archevôque de Tours, avait succédé à Pierre-Daniel Huet sur le siège d'Avranches. Ce prélat, plus recommandable par sa piété que par l'éaiiaenoe de sa science ou de ses talents, devait gouverner le diocèse jusqu'en 1719. Il institua cette précieuse adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, distribuée entre toutes les paroisses et revenant une fois l'an pendant un mois pour chacune, qui est toujours chère aux populations, et a fait produire tant d'actes de piété envers la divine eucharistie.
Son épiscopat vit l'introduction à Avranches des frères de la doctrine chrétienne, pour l'enseignement gratuit des petits garçons, fondés par Gabriel- Arthur de la Yillarmois, doyen du chapitre, et la création du séminaire de la Garlière, qui devait fournir un grand nombre d'éloquents et zélés mission* naires, par un prêtre du diocèse, nommé Gabriel de la Robichonnière.
A la mort de Rolland-François de Coëtanfao, César le Blanc, fils de Louis le Blanc, maître des requêtes de l'hôtel du roi, et frère de Claude le Blane,
(I) ProDODoez Goëtenfô.