‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 23 sur 191 · CHAPITRE XXYI. DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYI. DIX-HUITIÈME SIÈCLE

secrétaire d*Etat au département de la guerre sous la régence du duc d'Orléans, fut nommé en son remplacement. Il fut sacré à Thôtel des Invalides le \^\m\ 1720, par Armand Bazin de Bezous, archevêque de Rouen, son oncle, assisté de Jean-Baptiste Massillon, évêque de Clermont, et de Louis de la Yergne de Tressan, évoque de Nantes, en présence de plus de trente ptélats et avec une solennité extraordinaire.

Le P. Massillon devint abbé de Savigny l'année suivante. Ce bénéfice, le seul qu'il possédât, lui rapportait vingt-deux mille livres, sans déduction des charges, qui s'élevaient à quatre mille deux cents livres. Il y avait alors dix-huit religieux à l'abbaye, jouissant d'un revenu de dix mille quatre cent soixante-huit livres, sans déduction des charges, qui s'élevaient à deux mille huit cent cinquante livres en principal; ainsi qu'il résulte d'un compte-rendu présenté par le nouvel abbé à l'assemblée du clergé de France.

Les religieux se levaient à deux heures du matin, récitaient les matines de la Yierge, faisaient une méditation, puis récitaient les matines canoniales. À six heures, ils se réunissaient pour primé, allaient ensuite à la salle du chapitre, où ils assistaient à la lecture du martyrologe et d'un chapitre de la règle de saint Benoit^ après laquelle ils chantaient les prières d'usage. Ils se réunissaient de nouveau à neuf heures, pour chanter tierce, puis la messe de communauté, et ensuite sexte. Ils chantaient none à onze heures. De l'église, ils passaient au réfectoire pour le repas, pendant lequel on lisait an chapitre de la Sainte-Ecriture et ensuite un livre de piété.

A quatre heures, les religieux se réunissaient à l'église pour le chant des vêpres^ à cinq heures, au réfectoire, pour la collation du soir, pendant la* quelle un d'eux faisait une lecture de piété. A six heures, ils se rendaient au chœur, pour la préparation à la méditation du lendemain, la lecture d'un chapitre de saint Bernard, ensuite le chant des compiles, et après quelques moments de recueillement , ils allaient prendre le repos de la nuit.

En la même année oîi Massillon fut nommé abbé de Savigny, Henri- François-Xavier de Belzunce, évéque de Marseille, fut nommé abbé de Montmorel. Cette abbaye était d'un revenu de huit mille soixante-dix-sept Uvres, absorbé pour près de moitié par les charges. Les religieux étaient

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revenus à la maison; leur avoir s'était relevé jusqu'à cinq mille livres de rente; mais nous avons dit les énormes charges d'entretien qui pesaient sur eux.

Le 8 janvier 1721, Léonor II Goyon de Matignon, fils de Charles-Auguste, maréchal de France, et d'Elisabeth Berthelot, prieur du Plessis-Grimout et abbé de Lessay, fut nommé au siège de Coutances en remplacement de Charles - François de Loménie. Il fut sacré à Paris dans l'église des Carmes-Deschaus le 1 1 janvier 1 722 par le cardinal de Flenry, assisté de César le Blanc, évoque d'Avranches, et de Dominique-Barnabe Turgot de Saint-Clair, évêque de Séez^*^

Laid, petit et bossu, précédé d'une réputation d'extravagance, qui lui a survécu, ce prélat fut fort mal accueilli dans son clergé. Sévère, brasque, entier dans ses volontés , les commencements de son épiscopat furent orageux, et firent regretter l'administration de son prédécesseur, qu'on avait pourtant déjà trouvée trop sévère. Léonor II déploya un luxe de grand seigneur qui n'édifia point, et surtout un luxe d'autorité qui irrita. Il employa contre ses prêtres jusques aux lettres de cachet, il confina dans des monastères jusqu'à des curés des plus haut placés. Julien du Hamel, curé de Saintliicolas de Coutances, en fut un exemple mémorable.

Mais il faut ajouter, pour donner la raison de pareilles rigueurs^ que le diocèse était travaillé par le jansénisme, et que le jansénisme y levait la tâte avec insolence. Il ne changea guère, car les jansénistes ne s'amendent pas, mais il se dissimula un peu plus ; la paix sembla revenir et l'accord se Caire. Non que Tévêque eût conquis la confiance et les cœurs; les jansénistes y mettaient obstacle et faisaient circuler sur son compte un grand nombre d'anecdotes et de saillies ridicules, servant d'aliment à la la malignité.

Il faut convenir aussi que son administration manqua de suite et d'uniformité sous ce rapport, et peut-être sous plusieurs. Jean - Baptiste

(f) LëoQor II d& Matignon était issu d'une branche cadette des Goyon de Matignon demeurée en Bretagne et ainsi cousin à un degré très-éloigné de Léonor I. A cette époque, les Matignon de Torigny avaient cessé de porter le nom de Goyon ; le vainqueur de Montgommery en avait donné Teiemple.

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