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docteur de Sorbonne, dont Tépiscopat ne présente aucun fait saillant, si ce n'est la construction d'un grand et beau séminaire, presque entièrement aux frais du prélat, pour y réunir dorénavant tous les ordinands du diocèse. Il favorisa de tout son pouvoir les études; c'est lui qui introduisit l'usage des distributions de prix au collège d'Âvranches à la fin des années scolaires» faisant lui-même les frais de ces distributions.
Pieux, modeste, bon, charitable, il distribua aussi de grandes aumônes et dépensa de grandes sommes en bonnes œuvres. Il enrichit sa cathédrale d'ornements précieux. Il soutint de ses largesses l'abbaye de Sainte-Anne, que sa réunion avec celle de Moutons n'avait pas suffisamment mise à l'aise.
En effet, d'après un compte présenté par l'abbesse. Marte de Yassy, décédée en 1749, la maison ne possédait que deux mille six cent quatre-vingtsept livres de revenu , grevées de douze cents livres de charges , pour l'entretien de vingt religieuses, quatre sœurs et quatre domestiques.
Il est vrai que la mesure arrêtée par Pierre-Daniel Huet n'avait pas obtenu son plein effet. Les religieuses du prieuré de Saint-Michel-du-Bosc refusèrent de suivre le sort de leur maison-mère : soutenues par le marquis de Rothelin, baron de Yarenguebec et seigneur du lieu, elles se choisirent une prieure , restèrent sourdes aux jussions de l'évéque d'Avranches et de l'archevêque de Rouen, aux exploits signifiés par huissier et, en fin de compte, demeurèrent maltresses de fait, sinon de droite L'évoque de Coutances, qui était parent du marquis de Rothelin, et à qui il répugnait de chasser des religieuses de son diocèse, s'abstint de toute intervention.
A cette époque, beaucoup de lois de l'Eglise étaient aussi des lois d'Etat, notamment celle de l'abstinence quadragésimale. Il n'était pas loisible aux bouchers d'abattre des animaux en carême; cependant, comme il n'était pas possible de refuser aux malades les aliments nécessaires et que les viandes abattues avant le mtercredi des Cendres ne pouvaient se conserver jusqu'à Piques , le maître boucher de Coutances demandait à Léonor II des permissions , que celui - ci n'accordait parfois que sous des conditions impossibles. A Avranches, l'hospice se fit reconnaître, par arrêt du parlement de Rouen du 18 août 1741, le droit exclusif de vendre des viandes durant le
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carême, sous peine de cent livres d'amende contre les contreYenante et la confiscation des viandes et des che?ft«n et Toitures qui auraient servi à les transporter.
Pierre- Jean-Baptiste Durand 4q Missj mourut le 3 avril 1764 en son château de Missy, à trois lieues de Caen. Il eut pour suooeaseur Raymond 4e Durfort-Léobard , aumônier du voi.
Léonor II avait été remplacé à GoutanQes par Jaoques le Fèvre du Quesaoy, l'un de ses grand s- vicaires et archidiacre, abhé de Saint-Sauveur-le-Vicomte, de rillustre famille des le Fèvne de M^^ntaigu-Ia^firisette , né à GolleviUe en 4694, frère du célèbre Hervé du Quesnoy, chevalier de Malte, bailli de la Morée, désigné général de l'ordre. Il fut 6acré le 21 août 1757 dans Féglise d'Acquigny, au diocèse d'Evreux.
La vie de ce prélat, bon, pieux, savant, d'une fermeté tempérée par une grande douceur, d'un extérieiur imposant, mats de manières prévenantes et affectueuses, l'ami de ses prStres, dans la familiarité desquels il avait longtemps vécu en qualité d'archidiacre, s'écoula cependant au milieu de la contradiction et d'une multitude de désobéissances et de taquineries affligeantes.
Un vent de révolution soufflait déjÀ sur le diocèse ; les curés, trop fiers et trop forts de leur inamovibilité, aspiraient à l'indépendance. En se conformant aux statuts du diocèse, ils ^e Siéraient volontiers passés d'évêque. lie philosophisme du temps rejaillissait Siur eux, le jansénisme leur avait appris à devenir discuteurs. La révolution était semée et le champ où elle mûrirait, commençait à verdir; on la cultivait avec soin, sans s'apercevoir que c'était de l'ivraie.
Le palais élevé par les ordres de Claude Auvry menaçait ruine. Les dernières années de Léonor II avaient été traînantes et faibles, rien n'avait plus été fait ni en administration ni en bâtisses.
Or, Jacques du Quesnoy était un bitisseur; il avait d'ailleurs besoin de distractions, pour oublier ses ensuis. Il fit donc raser le vieux palais, les restes de l'antique citadelle de Coutanees, égaliser l'emplacement de l'un et de l'autre, et éleva en leur lieu et place le beau palais épiseopal qui dure encore, sans aucune apparence de vétusté.
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rr« pourant résider constamment à Contîntes pendant ce temps^ il deitieuralt k Saint-Sauveur-Ie-Vicomte en son abBayef, et passait de longues vacances à Roaen, en la compagnie du cardinal^arcbevêque, Dominique de la Rochefoncault, son parent et son ami.
liais à l'abbaye de Saint-Sauveur il y araif aussi tout à refaire ; il l'entreprît, en construisant les diverses parties successivement, afin de se conserver un asile;' et, par un singulier scrupule, il ne voulut point terminer le dernier œuvre, afin dfe ne pas vérifier à ses dépens le dicton normand : quand la cage est finie, l'oiseau s'envole.
C'était, disait-il, pour faire l'aumône d'une manière honorable, en la transformant en salaire; car il vaut mieux, ajoutait-il^ occuper même des estropiés, que de nourrir des fainéants. Toutefois, c'était aussi trop entreprendre pour un épiscopat qui devait malheureusement être si court : la famille du Quesnoy resta chargée de grandes dettes. L'évèque mourut en son abbaye le 9 septembre 1764, et y fut inhumé ^^K
Sons son épiscopat, il s'établit à Cbutances deux Sœurs de Saint- Vincentde-Paul, pour secourir les malades, en exécution du testament d'un sieur de Wosville-Filleul, chanoine, qui avait légué six mille livres à cette fin. En les recevant , le conseil municipal y mit la condition , par délibération du 9 juin 1761, qu'elles ne réclameraient rien de la part de la ville, qu'elles ne seraient. jamais plus de deux, afin de ne point former d'établissement, et qu'elles n'auraient ni chapelle, ni oratoire particulier. Conditions iniques autant qu'absurdes ; car du moment que les échevins se désintéressaient de toute participation à la fondation , ils n'avaient pas droit de mettre des conditions. Mais déjà on préludait h la suppression des monastères, sans se la proposer encore.
Jacques le Fèvre du Quesnoy fut remplacé par Ange-François, légitimé dé Talaru de Chalmazel, né le 14 mai 1723 au chAteau de Cbaussin, en
(l) La famille du Quesnoy fil rechercher les restes de l'évèque sous les ruines de Tabbaye en 1809, et lei- déposa dans le eaveaa des dUascèuct en Féglise paroissiale. L'évéquo IHcrre Dupont-Poursai présida à cette cérémonie, qui se fit avec une grande pompe. Les du Quesnoy descendent dès d*Barcofirt en ligne féminine.
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Bourbonaaîs. Il fut sacré le <0 mars 4765, fit prendre possession le 15 et arriva à Coutances deux mois après. Le roi ajouta à son évêché labbaye de Blanche-Lande en 1767 et celle de Montebourg en 1771.
Celle-^i, dans laquelle il ne restait plus que quelques religieux, Ange- François songea aussitôt à la transformer en un asile pour les prêtres infirmes et pauvres , en répartissant les religieux dans d'autres établissements du même ordre, suivant leurs préférences. Comme la contradiction et le blâme devaient s'attacher à toutes ses œuvres, la mesure fut vivement désapprouvée; mais les contradicteurs durent voir bientôt, par le grand nombre de ceux qui y furent admis, en bénissant la main qui leur venait en aide, que Tévéque avait bien fait.
Jamais personne ne mit plus de bienveillance et de générosité au service des malheureux et des pauvres, et rarement la bienveillance et la générosité furent payées d'un tel dénigrement. Une feuille hebdomadaire, imprimée à Paris à Tinsu de la police, et payée sur les fonds de la botte à PerreUe, s'était attachée à sa personne, comme la chenille à la plante qu'elle ronge et qu'elle salit, et ne lui laissait ni repos ni trêve. Il en pénétrait dans le diocèse un certain nombre d'exemplaires, qu'on se faisait passer clandestinement de main en main; or, les méchancetés et les sous-entendus d'un folliculaire ne pouvaient être appréciés alors à leur juste valeur, puisque l'habitude des journaux n'existait pas encore.
Malheureusement, l'évêque ne possédait aucune de ces supériorités d'énergie, de science ou de talent qui imposent le respect au public ou qui donnent à l'homme la superbe du dédain.
Fatigué de Coutances, où le chapitre lui résistait, où le grand-chantre, Jacques-Louis d'Auchmail, de processive et arrogante mémoire, ne perdait aucune occasion de l'humilier, même en public, il s'enfuyait à Montebourg ou h Blanche-Lande. Mais, à Montebourg, il était trop près des communautés de Valognes, à Blanche-Lande, trop près de Saint-Michel-du-Boscq. La méchanceté tirait des inductions qui deyenaient des récits. Les choses allèrent à ce point que, revenant un jour de Blanche-Lande, pour présider une distribution de prix au collège, il fut informé en route de l'état des esprits à Coutances,