‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 31 sur 191 · CHAPITRE XXVII. SCIENCES, LITTÉRATURE , FRANC-MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII. SCIENCES, LITTÉRATURE , FRANC-MAÇONNERIE

ie vrai ne peut tolérer le faux, ni le bien tolérer le mal sans se détruire ; pas plus que l'aliment ne peut tolérer le poison, ni la poitrine tolérer le poignard. 11 ne songeait pas qu'en tolérant les doctrines, on ouvre la porte aux crimes, et <iu'en jouant les gendarmes, on fait la partie des voleurs- Son Traité de la Paix universelle provint de ces errements. On l'appela le rêve d'un homme de bien ; à tort , car on n'est homme de bien ni de mal <iuand on rêve. Or, ce n'était véritablement qu'un rêve, en dehors de toutes les conditions de la vie des peuples et du gouvernement providentiel du inonde. Se mouvoir et agir, acquérir et s'étendre senties conditions de la vie à tous les degrés et dans tous les ordres, aussi bien dans l'ordre moral que dans l'ordre physique. La philosophie n'y peut rien changer.

Il disait que la morale se réduit à ces deux mots , donner et pardonner. Il le mettait assez bien en pratique, mais il semble que c'était toute sa vertu. Pauvre vertu, reposant sur un jeu de mots et qui ne concerne que les riches. Platonisme messéant sous la plume d'un homme d'église.

Il écrivit beaucoup et fut beaucoup lu, parce qu'il écrivait bien, mais il ne fit pas beaucoup de mal, parce qu'il n'était pas pris au sérieux. Il reste de tous ses ouvrages deux mots : le mot bienfaisance, dont il fut le propagateur, et ie mot gloriole, dont il fut l'inventeur, et c'est tout lui. Il mourut à Paris le 29 avril 1743. Rien à louer^ peu à blâmer. Nous ne saurions en dire autant du célèbre Charles le Marquetel de Saint- Denis, seigneur de Saint-Evremont, né à Saint-Denis-le-Gast le 1®' avril 161 3, Ecrivain fécond, élégant, tout ce qu'il traite, et il aborda une multitude de sujets, principalement sur les questions politiques, il l'exprime en un langage toujours pur et lui donne un tour ingénieux et hardi. Il est plein d'esprit et raille avec finesse. Mais ce penchant à la raillerie lui causa de grands malheurs: oflScier rempli de bravoure et d'intelligence, il était au mieux dans les bonnes grâces du prince de Condé, et il les perdit ; il offensa le cardinal Mazarin, qui le fit mettre à la Bastille, oh il passa trois mois. Une lettre sur la paix des Pyrénées blessa tellement les ministres, qu'il fut obligé de s'exiler. Il demeura ^n Angleterre depuis 1665 jusqu'en 1703, mourut à Londres le 20 septembre, ^t fut enterré à Westminster. Sans avoir écrit sur des sujets philosophiques

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OU religieux, la religion avait en lui un adversaire, un ennemi railleur, injuste; un ennemi déclaré, si les Eléments de religion^ imprimés en 1764, sont véri-^ tablement de lui, ce qui est contestable. La meilleure édition de ses œuvres est celle de 1759, à Paris, en douze volumes in-12. Il appartient par son Age au siècle précédent, mais c*est en celui-ci que ses ouvrages eurent le plus grand cours.

François de Cailières, de l'Académie française, lui est supérieur : homme politique, de Cailières sut se conduire et conduire les affaires dont il fut chargé ; chrétien, il n'insulta pas les croyances religieuses ; auteur, il écrivit en un langage élégant et pur. Il fit paraître un Traité de la manière de négocier avec ks Souverains, et un Traité de la science du monde, qui ont toujours été considérés comme des œuvres excellentes. Ses Traités du Bel-Esprii, de^ Bons Mots et des Bons Contes^ sans avoir la même portée, furent plus recherchés, et plus encore son Histoire poétique de la guerre entre les anciens et les modernes.

François de Cailières naquit à Torigni le 14 mars 1645, et mourut le 5 mai 1717. Il était fils de Jacques de Cailières, auteur de la Vie du maréchal de Matignon, ouvrage qui contient un grand nombre de détails intéressants sur les guerres de religion dans notre pays. Jacques de Cailières mourut en 1697, avec le titre de commandant de la place de Cherbourg.

Deux hommes pleins de savoir et d'aménité peuvent prendre place à côté de ceux-ci, avec moins d'éclat peut-être, mais sans qu'il y ait lieu à poser des réserves sur leurs mérites, Pierre Polinière, né à Coulonces le 8 septembre 1671, et Louis-René le Berryais, né à Brécey le 31 mai 1722. Pierre Polinière fut un véritable initiateur dans les sciences physiques ; Louis- René le Berryais, dans la science de la botanique et de l'horticulture. Polinière eut le titre de démonstrateur de physique expérimentale dans les collèges de Paris ; le roi et les princes assistèrent à ses cours. Il a laissé un Traité de mathématiques élémentaires et un Traité de physique expérimentak qui eurent une grande vogue. Il mourut à Coulonces le 9 février 1734.

Après avoir fait l'éducation de Gilbert des Voisins, qui devint président à mortier au parlement de Paris, le Berryais se retira à Avranches, où il se

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