CHAPITRE XXVII. SCIENCES , LITTÉRATUnB, FRANC-MAÇONNERIE
livra sans réserve à ses goûts favoris. Toujours cominunicatif et bienveillant, il semblait n'apprendre, que pour enseigner ce qu'il avait appris. Il prépara un grand traité de botanique, qui a été perdu. Il donna un traité d'horticulture, intitulé Le nouveau la Quintinye, qui fit faire de grands progrès à la science ; le collège d'Avranches a été bAti suivant ses plans et sous sa direction.
Louis-René le Berryais avait reçu Tordre du sous-diaconat, mais il ne jugea pas à propos de passer outre. L'évêque Raimond de Durfort lui donna une prébende à la cathédrale d'Avranches ; il n'en toucha pas les émoluments et ne remplit pas les fonctions canoniales. II mourut à Avranches le 27 janvier '1807, laissant une mémoire honorée.
Mais les préoccupations de beaucoup d'hommes de lettres se portèrent de préférence vers l'étude de l'histoire. Kous avons parié de Louis le Vavasseur de Masseville, auteur de VHistoire sommaire de Normandie en six volumes; il faut ajouter Charies Trigan, curé de Digosville, Jacques Pouret, chanoine de Coutances, Toustain de Billy, curé du Mesnil-Opac, Laurent Rouault, curé de Saint-Pair, Louis-Pierre Cousin, grand vicaire d'Avranches, Jacques-François le Franc, supérieur du séminaire de Coutances.
Charles Trigan, né à Querqueville en 1694 et nommé curé de Digosville en 1722, avait donné au public les quatre premiers volumes de Y Histoire ecclésiastique de Normandie, lorsque la mort l'arrêta en 1764. Il avait publié antérieurement la Vie d'Antoine Pâté^ curé de Cherbourg, mort en odeur de sainteté, et celle du bienheureux BarthélemiPicqueray. Ses ouvrages respirent on parfum de savoir et de probité qui gagnent aussitôt la confiance du lecteur»
Jacques Pouret, chanoine et pénitencier de la cathédrale de Coutances, recueillit avec un soin consciencieux et éclairé les documents de l'histoire du diocèse contenus dans les archives diocésaines et composa pour la Gallia Christiana cet article du onzième volume intitulé Ecclesia Constantiensis , qui est un des plus complets et des meilleurs du recueil. L'abbé Jacques Pouret était natif de Geffosses ; il mourut en 1760^ dans un âge avancé.
René Toustain de Billy, né]à Maisoncelles-la-Jourdan, près Vire, en 1643». gradué de l'université, devint curé du Mesnil-Opac en 1 669 en vertu de ses^
grades, et y mourut en 1709. Chercheur infatigable, il recueillit une collection considérable de chartes et de documents sur l'histoire civile et religieuse du Cotentin, et laissa de volumineux mémoires, qui sont maintenant en voie d'impression. ,
Laurent Rouault, natif de Saint-Méloir-des-Ondes, au diocèse de Saint- Malo, pourvu de la cure de Saint-Pair en vertu de son grade de docteur, fut un travailleur également infatigable. Il donna au public un Traitédes Monitoires, un Traité des quatre Fins de thomme, une Vie de saint Gatul, un recueil de Vies abrégées des Evéques de Coûtantes, et c'est son principal ouvrage. Mais il faut convenir que tous sont aussi pauvres de style que de critique. Il mourut à Saint-Pair en 1750.
Louis-Pierre Cousin, docteur de Sorbonne, né le 7 février 1703 au village de la Hettière, au Luot, fut grand vicaire d'Avranches et ensuite curé de Saint-Gervais de la même ville. Il a laissé en manuscrit vingt volumes infolio de recherches sur l'histoire de l'Avranchin et de notes sur les événements accomplis de son temps, et rectifié en plusieurs points le pauvre article de la Gallia Christiana intitulé Eccksia Abrincensis.
L'abbé Jacques-François le Franc, né à Vire en 1739, eudiste, supérieur du séminaire de Coutances, grand vicaire de l'évêque Ange-François de Talaru, travailla plus que ceux-ci à éclairer l'histoire du pays, et combattit en outre avec une vaillance sans pareille le combat de la religion contre une secte ennemie. La liste de ses travaux historiques est longue; ils sont restés manuscrits, mais il semble que l'auteur n'y avait pas mis la dernière main.
Ses ouvrages imprimés sont dirigés contre la franc-maçonnerie. Le premier est intitulé Lettre à un franc-maçon, il parut en 1 790 sous le format in-8. Le second, intitulé Le Voile levé pour les curieux, ou Secret de la Révolution Française révélé à l'aide de la franc-maçonnerie, parut la môme année. L'auteur avait été obligé d'en retrancher une grande partie, parce qu'il ne se trouva pas d'éditeur qui osât le reproduire en entier : le voile était trop leve\ Tel qu'il parut cependant, on voit qu'il était bien informé et connaissait les petits et les grands secrets des loges. Il dévoilait d'une main impitoyable les