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CHAPITRE XXVII. SCIENCES, LITTÉRATUBE, FRANC-MAÇONNERIE

perruques poudrées, en tricornes sous le bras; la maçonnerie de bel air, de belles manières; c'eût été grand'honte de ne pas en être.

Mais le but de tout ceci?

Liberté, et la conscience de chacun pour règle de conduite.

La maçonnerie écossaise des hauts grades, si terrible d'apparence, si exagérée dans ses formes, excommuniée par la Grande-Loge de France, ce qui ne l'empêchait pas de progresser, devait être surpassée par TEcossisme, maçonnerie plus terrible, à trente-six grades, divisée en trois rites, TEcossisme primitif, l'Ecossisme philosophique et Tordre royal d'Hérédom de Kilvinning, ancien et approuvé, mais qui ne fut inventé qu'en 1785, à Edimbourg.

II faut des volumes pour exposer ces choses; ils sont faits ^*^; une analyse serait longue et ne suffirait pas ; nous voulons seulement montrer le désordre intellectuel et moral de l'époque.

La Grande-Loge et le Grand-Orient dirigeaient environ deux mille loges en

France en 1780. Le tableau de correspondance du Grand-Orient présente

deux cent quatre-vingt-deux villes de France ayant des loges affiliées en 1787. Paris en a quatre-vingt-une; Lyon, seize; Bordeaux, sept; Montpellier, dix; Toulouse, dix; etc.

Nous avons le premier mot de la Révolution française, liberté; nous allons trouver le second, fraternité ^*K

Les frères de la Rose-Croix s'étaient réveillés de leur long sommeil ;

(1) Yoy. Bùtoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie^ par Clavel, 1819. — Histoire de la Grande-Loge de France, anonyme, 1824. — Vordre des FrancS'Maçons trahi, par Péreau, sans dale» huit éditions. — Explication des grades de la Maçonnerie, m. s. anonyme^ sans date. Btbi. roy. — etc. ., etc. — Histoire des sociétés secrètes en Allemagne, anonyme» 1819. — La clef des Loges, par Cadet-Gassicourt, 1796, etc., etc

(2) Nous ne parlons pas de la maçonnerie adamite de Saint-Germain, c'est horrible; de la maçonnerie égyptienne de Cagliostro, qui eut cinq à six mille afGliés et affiliées; des maçonneries de femmes, les félicitaires, les chevalières de l'ancre, etc., ni de l'ordre ridicule des mopses, dans lequel les apprentis et les apprenties devaient baiser le derrière d'un chien.

Biais nous devons une note à la franc-maçonnerie illuminée de Swédemborg, qui eut près de cent loges en France. Elle reposait sur des révélations, des extases, des conununications avec les esprits angéliques du soleil, de la lune et des planètes aux formes étranges et multiples, et fondait une croyance fort extraordinaire, mais sans obligations ni devoirs, sans paradis ni enfer. Les spi rites modernes ont retrouvé tout cela ou l'équivalent. Conserver Dieu, même beaucoup de dieux, et supprimer le diable, c'est supprimer la notion du bien et du mal.

dès 1750 ils avaient fondé des ateliers de philosophie hennétique. La recherche des moyens de faire de Tor n'était non plus qu'une étiquette : ils pouvaient] être méchants, mais non pas imbéciles. Leurs ateliers prirent en France le nom de loges, comme pour les maçons.

La maçonnerie hermétique avait pour but, très-clairement manifesté dans les discours de loges, la suppression de toute religion révélée, et l'établissement d'une république universelle, fondée sur les principes de la raison humaine et la pratique de la fraternité; non la fraternité comme l'entend l'évangile, mais une fraternité naturelle qui crée des droits à tous sur toutes choses.

Le grade suprême était celui de Kadosch; il avait été fondé à Lyon en 1743. Il fallait, pour y parvenir, subir des épreuves effrayantes, et s'engager par des serments redoutables à faire la guerre à Dieu et aux rois. Mais beaucoup de frères s'en tenaient au grade immédiatement inférieur, celui de Chevalier-du- Soleil, composé dans le sens de la loi naturelle. L'un et l'autre étaient des grades à poignard.

La secte songea à s'emparer de l'île de Malte, pour y fonder la république de ses rêves et y établir son centre d'action. Des lettres furent envoyées dans ce but par l'intermédiaire du Grand-Orient et des loges de correspondance i toutes les loges de Kadosch, au Directoire-Ecossais et aux Chevaliers-de-la- Palestine, ordre des mieux armés; mais il était trop tôt. Lorsque Louis XVI, l'homme le moins capable de dominer de telles circonstances , offrit sérieusement à l'ordre philosophique la réalisation de ce projet ; il était trop tard. L'ordre se sentait le maître désormais en France. Il y comptait, disait-on, cent mille associés. C'était une exagération; toutefois, la noblesse, la magistrature, l'armée étaient tellement infestées, que la royauté ne pouvait plus s'appuyer sur elles, et elle ne le savait pas.

L'ordre philosophique se composait de deux branches. L'hermétisme, dont nous venons de parler, et la cabale en relations avec les esprits, composée d'enfants terribles, qu'il fallait prendre et qui se prenaient eux-mêmes au sérieux. Les trois degrés suprêmes de l'ordre cabaliste étaient ceux des Elus-Coëns, des Invisibles et des Chevaliers-de-la-Mort. Le grade des Elus-

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