CHAPITRE XXVII. SGIBNGBS, LIITKRATURE, FRANC-MAÇONNERIE
La maçonnerie aristocratique vaincue dans les états-généraux^ transformés en Assemblée nationale, et ém^rée à Tétrangeri il ne resta plus pour rissemblée constituante que la maçonnerie illuminée de Weishàupt, qui fit guillotiner le roi, les nobles et les prêtres.
Le docteur Guillotin, inventeur de la guillotine ^^\ faisait partie de la loge de la Candeur^ avec Lafayette, les deux Lameth, Montesquiou, Custine, Laclos, Latottche, Sillerj, d'Aiguillon, Lusignan et de Broglie.
La loge de la Candeur était du rite hermétique illuminé^ non de rilluminisme Weishaupt, mais de Tilluminisme Swédemborg.
Nous n'en avons pas fini avec les hommes de science et d'étude; le genre des travaux du P. le Franc nous a arrêté dans notre voie; nous y rentrons. Ce serait une ingratitude de ne pas signaler au respect de la postérité les noms des Roger-André de la Palluelle , des Louis-François Revers, qui rappellent des travaux excellents pour la direction de la vie ecclésiastique; des Guillaume-Antoine le Monnier, des Pierre-Félicien le Tourneur, des Charles-François Le Brun, illustres parmi ceux des plus grands littérateurs; des Vicq-d'Azir, des Guillaume -Hyacinthe le Gentil de la Galaisière, non moins illustres parmi ceux des savants du premier ordre.
Roger-André de la Palluelle, curé de Clinchamps, syndic du diocèse de Coutances, seigneur et patron de la Luzerne, né en 1647 à Saint-James et mort en 1 71 8, composa un traité des bénéfices, résumant toute la matière au point de vue de l'époque, et un second ouvrage intitulé : Résolutions des plus imporkintes questions de la Coutume et du barreau , et de plusieurs cas de conscience touchant les droits et devoirs réciproques des seigneurs et des vassaux, des payons et des curés, tant pour le for extérieur que pour le for intérieur. Ce livre jouit d'un très-grand crédit, pendant la durée de Tordre de choses auquel il s'appliquait, c'est-à-dire jusque en 1792. Il est encore bon à consulter pour l'étude des mœurs et des usages du temps.
(t) L'iuventioQ da docteur GuUlotin fat discutée et améliorée séauce tenante (I*' décembre 1 789). C'était dans une pensée philanthropique : Oter la vie aux méchants sans les faire souffrir. Les excellents F. '.F.*, ne se doutaient pas que plusieurs d'entre eax, y passeraient. Guillotin fut très-affligé de voir son nom appliqué à Tinstrument. Erostrate cherchait rillustration; celui-ci ne la cherchait pas.
Le père de l'auteur s'appelait Charles de la Palluelle, comte de Pontavice, et sa mère, Madeleine de la Luzerne. Les Résolutions ^eiTuveni en 4710.
Louis-François Revers, chanoine de Paris, né à Carentan en 4728, composa, par l'ordre et sous la direction de l'archeYéque Antoine-Eléonor de Juigné, le Pastoral de Paris (trois vol. in-4^), ouvrage d'un grand savoir, mais qui n'eut pas tout le succès désiré, parce que l'auteur n'était pas libre de suivre ses propres inspirations. Il fut plus heureux dans la composition du Rituel de Chdlons.
On a aussi de lui une traduction en fort bons vers latins du poème de la Religion de Louis Racine.
L'abbé Revers mourut à Paris en 1798.
Guillaume-Antoine le Monnier, né à Saint-Sauveur-le- Vicomte en 1721, chapelain de la Sainte-Chapelle, curé de Montmartin-en-Graignes, se distingua parmi les littérateurs les plus en renom à la fin du siècle. Il donna en 1771
de bonnes traductions de Perse et de Térence. On lui dut aussi une petite comédie mêlée d'ariettes et un Recueil de fables, contes et épUres en vers. II tournait fort bien les vers ; ses fables sont dictées avec finesse et pleines de fratcbeur et de grAce.
L'auteur fut incarcéré à Carentan comme prêtre réfractaire , puis à Sainte-Marie-du-Mont et ensuite envoyé à Paris, à Sainte -Pélagie, oîi il attendait son tour de monter sur la fatale charrette, lorsque la mort de Robespierre vint arrêter les exécutions et rendre la liberté aux détenus. Il mourut à Paris le 4 avril 1797.
Comme traducteur, Pierre-Félicien le Tourneur, né à Valognes en 1736, s'acquit une beaucoup plus grande réputation, parce qu'il révéla à la France, en l'habillant à la mode française, une littérature inconnue. Il traduisit le théâtre de Shakspeare, les Nuits d'Toung, les Méditations de Hervey, les Poésies d'Ossian , une partie des romans de Richardson , et réussit où plusieurs autres avaient échoué. Il y gagna de l'argent, parce que ses traductions furent recherchées avec avidité, et la gloire, parce que personne n'a fait mieux encore. On disait à Paris : il entreprend l'impossible; il se perd. — Il ne se perdit pas.