‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 66 sur 191 · CHAPITRE XXX. LA PERSÉCUTION. 45t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX. LA PERSÉCUTION. 45t

habitué de Téglise Sainte-Marie-Ia-Petite, à Rouen, mort le 21 août 1794, sur les Deux- Associés f enterré à TUe d'Aix.

Trois trouvèrent la mort dans le climat insalubre de la Guyane , les abbés Gaillard, Laurence et le Roi.

Le P. Julien Gaillard, eudiste, était né à Gourbesville. Il fut arrêté en 4797, transporté à Cayenne, et y mourut en \ 798, à l'Age de trente ans. Pierre le Roi, vicaire do Clinchamps, fut arrêté au Mans, où il s* était réfugié et où il exerçait le saint ministère en cachette, déporté à Cayenne, et y mourut le ii décembre 1800. Martin Laurence, né à Sourdeval-la-Barre en 1763, était vicaire d'une des paroisses de la ville de Chartres. Il fut déporté à Cayenne et relégué dans le désert de Konanama ; il y mourut de consomption et de faim le 15 novembre 1798.

Le P. Robert Hamet, né à Saint-Nicolas près Granville^ capucin du couvent du même lieu^ arrêté en 1793, fut envoyé à Bordeaux en 1794, en vue de la déportation. Il languit dans les fétides souterrains de la citadelle de Blaye, et succomba le 23 juin 1 795.

Il faut joindre à ces martyrs les abbés Georges-Louis de Gouvets, chanoine d'Àvranches, René Prevel, des Biards, Joseph -René Deloget, curé de Cormeray, Tabbé Chenu, de Torigny , massacrés sur place au moment qu'ils furent saisis. Il faut y joindre encore un abbé Deschamps, né à Courson, vicaire à Âmbrières, diocèse du Mans, tué dans un grenier, d'un coup de fusil^ à Âmbrières même, et achevé à coups de crosses, par des soldats du régiment d'Aunis, qui le dépouillèrent ensuite de ses vêtements, et se les partagèrent, le 9 avril 1797.

Un vénérable vieillard à cheveux blancs, du nom de Garnier, relâché du Hont-Saint-Michel en 1796, dans un moment d*accalmie, avec ceux de ses co-détenus contre lesquels il n'avait pas été prononcé de jugement, tué de deux coups de fusil tirés à bout portant, à Quibou, par deux soldats, le samedi saint de l'année 1797, lorsqu'il revenait de porter à un malade les secours de la religion. Les habitants de Quibou lui donnèrent une honorable sépulture.

GUles-Julien Gosselin, né à Carnet en 1762, et ordonné prêtre en 1788. D'une complexion trop faible pour se livrer au saint ministère, il s'était voué

A une éducation particulière, dans une famille honorable ; mais il remplaça les forces qui lui manquaient par une grande énergie, quand vint le moment de la persécution, et l'employa au salut des flmes. Il tomba entre les mains d'une escouade de soldats au village de la Mesnardière, près Carnet, le 14 août 1795, fut poussé brutalement jusqu'à Ârgouges, et là fusillé au pied de la croix. Les habitants d'Argougesse disposaient à lui donner la sépulture, lorsque ceux de Carnet le réclamèrent. Il repose au-devant de la grande porte de l'église.

Jean Labrousse, né à Beauficel, instituteur dans une famille honorable de la ville de Caen, mais rempli d'un grand zèle pour la foi orthodoxe, fut dénoncé par l'évéque du Calvados et se trouva ainsi dans la nécessité de fuir; il était arrivé à Granville avec plusieurs confrères et ils allaient s'embarquer pour passer à Jersey, lorsque la populace se jeta sur eux et les massacra, le 29 août 1792.

Paul-Gédéon de Rabec, né à Cérisy-la-Salle, au sein d'une famille noble, en 1738, était curé à Âaron^ dans le Bas-Maine, et avait dépensé une grande fortune en bonnes œuvres, contracté même des dettes, lorsqu'un de ses oncles lui vint en aide, en lui donnant la propriété du Yal-Martel, à Mégrit, au diocèse de Saint-Malo, à condition qu'il ne pourrait rien aliéner et qu'il abandonnerait sa cure. Il vivait donc retiré au Val-Martel, s'occupant de bonnes œuvres et étendant ses bienfaits à tout le pays d'alentour et jusqu'à son ancienne paroisse. Quand vinrent les jours du schisme et de la persécution, il se fit l'apôtre de la contrée, parlant avec un zèle et une liberté sans réserve contre la constitution civile et l'apostasie de ceux qui l'acceptaient. Il prodiguait les secours de son ministère comme dans les temps les plus calmes.

Le 28 février 1796, au matin, il venait d'achever sa messe, lorsque des^ soldats d'une colonne mobile envahirent son manoir en brisant les portes, qui n'étaient pourtant pas fermées, l'arrachèrent du pied de l'autel et le poussèrent dehors la baïonnette dans les reins, avec celui de ses domestiques qui était l'agent de ses bienfaits. Le domestique pleurait, le maître l'exhortait à mourir chrétiennement en pardonnant à ses assassins; une décharge

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