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CHAPITRE XXXI. DÉVASTATION DES MONUMENTS

l'entour et disaient aux imprudents qui se démasquaient trop : ceux qui sont de l'autre côté de la porte, ou de l'autre côté du sentier, n'ont point part à la messe I

Tout ceci se pratiquait sur les divers points du diocèse de Coutances et pour le moins autant, peut-être plus , dans le Mortainais et l'Avranchin. Il y avait des médecins qui guérissaient des plaies fictives, et auxquels beaucoup de personnes avaient recours ; des hommes d'affaires, qui n'en savaient pas le premier mot, et qui tenaient bureau de consultations de lieu en lieu ; des colporteurs, pas mal fournis de marchandises, et qui ne désiraient pas les vendre; des voyageurs qui demandaient le chemin et qui le savaient fort bien.

Les agents du district ayant songé à faire démonter le bel autel de la cathédrale, pour le préserver des dégradations, il ne se trouva pas d'ouvriers à Coutances qui voulussent y travailler. Ils commandèrent des manœuvres, et ceux^;i commencèrent par mutiler un des beaux anges adorateurs; ce que voyant, ils établirent des barreaux, et les distributions de grains et de fourrages se firent au-devant.

On abattit les dernières statues; on enleva la grille du chœur, pesant quatorze mille livres, et on l'envoya à Granville, pour en forger des armes de guerre. On démonta la chaire, maintenant à Saint-Nicolas, les stalles, les confessionnaux, les autels, les armoires de la sacristie, on y joignit les ornements, et on fit du tout une vente à l'encan, qui produisit une somme de trois mille trois cent quarante-huit livres, le 9 pluviôse an II. Il n'était venu que bien peu d'acheteurs.

Une belle vierge en marbre blanc, vrai chef-d'œuvre du moyen âge, fut adjugée pour six livres avec un tableau de mattre à un amateur, nommé le Bouteiiler^ qui la conserva religieusement, et qui Ta donnée à l'église Saint-Nicolas, sa paroisse, dont elle est le plus bel ornement.

Le représentant Jean-Bon Saint-André, en mission à Coutances, ordonna l'enlèvement des lames de plomb dont le dôme était recouvert, pour en fondre des balles, et leur remplacement par des tuiles ou des ardoises. Le

plomb fut enlevé, mais nullement remplacé, et l'édifice en souffrit considérablement.

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les précautions d'usage en ^ ^-^ "^ '^^Lf^P P*^^ malheureux. Lors

et les envoya plus ta»- ^^^ "^ ff^Mi, ^^^ *^^*^ paroisses de la ville

vier 1793. II devaî' ^"'^l^^^u dont la cathédrale devint l'église

26 juillet 1793. '^•''''' i^^"^ t (/eJ»ïontbray, le curé constitutionnel,

châsses de V ^ ^•'*^^,,ylî^ w^^^ élevés dans les entrecolonnements

LacatV "'^-^^'^.g^^^ rcsà^» ^^ attendant une restauration plus

chœur ^nf^' ^ ^^ ^^ j^ chapitre avait déjà économisé une somme

*^^ *^'^ '^ ^^ '"^ ^ dérobà^^ celui-ci plus qu'il ne voulait aux regards

^' ^ j/r/^ ^'"^ ' • / //u district la permission de les faire démolir.

400 1^'^^ • • rendu® au chœur du vénérable monument, éclaira ^ Itimf^'^ ,^^^ jg rintrus, car il fut poignardé quelques jours après j'glH^rd ^^^ ^^^ ^jjn demeurée inconnue. Il refusa de révéler le nom

tit P^^

j$as ^^^ pjeu lui pardonne, en récompense de cet acte de pardon

de '^^ jm-mémel Ces funérailles, qui eurent lieu le 27 avril 1793,

^^^ jerni^'* acte religieux accompli dans la cathédrale d'Avranches. Si

'" ^^fflfe-Geneviève de Paris, encore à peine achevée et transformée en

. '..n s'affaissa sur les restes maudits de Voltaire, la vieille basilique de

P5 Je Loup et de l'évéque Turgis s'écroula après le service funèbre du

iQÎer curé schismatique ; deux arcades d'abord et les voûtes , puis

orceau par morceau, la municipalité aidant, sous prétexte de sauvegarder

ja sccorité publique, de sorte qu'en 1800 il ne restait plus que les clochers

du portail. On les démolit en 1812 & l'aide de la sape et de la mine. Ainsi

Avranches se raya elle-même du nombre des villes épiscopales. Elle

regrettait alors sa gloire , comme elle regrette maintenant son vieux

monument.

Avant la démolition , le curé , l'abbé Lesplu - Dupré , fit exhumer les ossements des morts ; ceux des laïques furent transférés au nouveau cimetière de la ville, et ceux des évéques en l'église Saint-Gervais, où ils sont restés presque ignorés jusque au 21 novembre [1875, que M^ Bravard les a recouverts d'une pierre sépulcrale.

Avant la fermeture des églises, la plupart avaient été dépouillées de leur linge, de leurs ornements sacerdotaux, de leurs vases sacrés, soit par des

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