‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 75 sur 191 · CHAPITRE X\XI. DÉVASTATION DES MONUMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X\XI. DÉVASTATION DES MONUMENTS

doit pas se faire sans la permission' de Monseigneur : il fallait bien se passer de la cour de Rome, puisqu'elle ne répondait pas ; qu'il serait fait une quête i domicile par chacun an après la moisson pour la subsistance des curés, et une seconde trois mois plus tard, pour la subsistance des vicaires.

Il en tint un second les 1*', 2 et 3 juillet 1800, lequel réunit cent dix-sept prêtres; quatorze qui n'avaient pu y assister, envoyèrent leur adhésion. L'évêque chargea lui-même une députation de la sainte assemblée d'aller s'entendre avec les prêtres dissidents qui célébraient leurs offices en Téglise Saint- Pierre, et lui faisaient concurrence, afin de les ramener à l'unité, ne fût-ce qu'au litre delà charité chrétienne. Le procès-verbal de la conférence, rédigé par lés constitutionnels, est tout à leur avantage, bien entendu ; mais il en résulte que, reçus avec courtoisie, ils n'obtinrent aucune parole qui pût les satisfaire, ne parvinrent à engager aucune discussion et s'en retournèrent comme ils étaient venus.

Au point de vue de la charité, dirent les orthodoxes, nous n'en manquons pas envers vous ; loin de là, nous prions avec ferveur pour votre conversion. Quant à la discussion, elle serait superflue, puisque vous êtes condamnés ; c'est à vous de vous soumettre. Saint Athanase recommandait aux catholiques de ne pas se compromettre avec les ariens dans des discussions écrites, parce que ceux-ci en abusaient; nous suivons cette règle. Nous sommes l'Eglise, puisque les évêques que nous reconnaissons pour supérieurs, sont en communion avec toute l'Eglise et avec le Chef de l'Eglise ; ce n'est donc pas à nous d'aller à vous, mais à vous de rentrer dans le sein du catholicisme.

Les constitutionnels répliquèrent qu'il n'était pas bien sûr que le pape les eût condamnés, d'autant plus que les divers exemplaires de ses bulles prétendues ne se ressemblaient pas ; mais qu'au surplus « les foudres du pape ne les effrayaient pas. »

Pour en venir là, les rôles avaient donc été intervertis, de sollicitants, ils étaient devenus sollicités, et se déclaraient franchement schismatiques.

Alors les prêtres catholiques étaient reparus en tel nombre partout, que la

cour de Rome, souvent consultée sur la légitimité des mariages célébrés en T. II aa

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dehors des prescriptions du concile de Trente, vu la grande difficulté, le danger ou même l'impossibilité de recourir au ministère d'un prêtre catho* lique, décida que désormais le recours était sûr et facile, et qu'il n'y avait plus à lui poser cette question.

Les constitutionnels essayèrent encore, en 1801, de tenir ce qu'ils appelaient un concile national. L'ouverture s'en fit le 29 juin. Bécherel y sista ; mais la plus complète division régna parmi les membres de rassemblée. L'église constitutionnelle était en grand désarroi, d'autant plus que le cardinal Consalvi, arrivé i Paris dès le 20 , négociait déjà les bases d'un Concordat avec le premier consul, pour replacer la France sous l'obédience du Souverain-Pontife.

Il fut arrêté en principe que les évêques constitutionnels donneraient leur démission entre les mains du pouvoir civil, et que ceux d'entre eux qui s'y refuseraient, n'en seraient pas moins considérés comme démissionnaires; qu'il en serait de même des évêques catholiques par rapport au pape et sous les mêmes conditions; que de nouveaux diocèses seraient créés dans de nouvelles limites et que douze des constitutionnels prendraient rang parmi les nouveaux évêques, moyennant soumission au Chef de l'Eglise.

Fran(;ois Bécherel fut un des douze et il fut promu au siège de Valence.

Le diocèse n'eut pas à s'en plaindre : son administration fut douce et paternelle; il manifesta en toute occasion de grands sentiments de repentir; il se rétracta plus d'une fois du haut de la chaire et dans ses mandements, plus d'une fois aussi entre les mains du Souverain-Pontife. Il invita plusieurs fois ceux des prêtres de son diocèse qui avaient partagé ses égarements, à imiter son retour.

Il mourut dans la manifestation de ces mêmes sentiments le 28 juin 1815. Dieu fasse paix à son flme I

II nous faut, pour une plus ample explication de ce qui précède, reprendre quelques points laissés en arrière. Une loi du 30 mai 1795 rendit à l'usage des divers cultes les édifices qui y avaient été consacrés précédemment, c'est-à-dire avant le 23 septembre 1792. Tout le monde alors reparut, jurcurs et non jureurs, avec d'autant plus de confiance, que le comité de

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