‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 85 sur 191 · CHAPITRE XXXII. LE NOUVEAU DIOCÈSE DE COUTANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII. LE NOUVEAU DIOCÈSE DE COUTANCES

bréviaire, que celui-ci avait publié; mais ils ne devaient pas être d'un long usage.

Le nouveau rituel fut son meilleur ouvrage en ce genre. S'il n'atteignit pas à la perfection, il fut du moins plus complet et plus détaillé que ce qui existait, et mis en rapport avec une législation civile qui impose ses prescriptions. Toutefois, ses doctrines sur les conditions du sacrement de mariage ne sont pas admises à Rome. Il conQa aux Sulpiciens la direction du grand-séminaire.

Enfin, quand il eut atteint sa soixante-dixième année, il se crut incapable de gouverner plus longtemps le diocèse, ou craignit de le devenir. J'entre, disait-il, dans l'âge des infirmités du corps et de l'intelligence ; moins je serai capable, plus je me croirai nécessaire ; on n'osera pas me le dire, ou si on me le laisse apercevoir, je ne le supporterai pas. Beaucoup de choses iront mal ou resteront en souffrance, parce que je n'aurai pas su me retirer à temps. Il envoya, sans en prévenir personne, sa démission au Souverain-Pontife, et la remise de son titre au gouvernement. Cette remise lui créait des droits à un canonicat du premier ordre à Saint-Denis ; mais, ce n'est pas ce qu'il avait prévu, car il refusa d'abord d'en signer le brevet, et d'en émarger les émoluments.

Le 19 décembre 1852, il prit congé de ses diocésains par une lettre d'adieu et se retira à Rennes, où il vécut dans la prière et la retraite jusqu'au 20 novembre 1870, qu'il rendit son âme à Dieu.

Ses dépouilles furent rapportées à Coutances. Elles reposent à la cathédrale dans la chapelle de la Cerclée, auprès de celles de son successeur, qui l'avait précédé dans la tombe.

Ce successeur, l'abbé Jacques-Louis Daniel, né à Contrîères en 1794, était déjà illustre à bien des titres. Après de brillantes études, faites au collège de Coutances, il y avait professé la philosophie et en était devenu principal ; puis il fut nommé proviseur du collège royal de Caen, ensuite recteur de l'académie et enfin membre du conseil mipérial de l'instruction publique et inspecteur général des études.

Il remplissait ces dernières fonctions, lorsqu'il fut informé par voie télégraphique de son élévation au siège de Coutances.

Le nouveau prélat reçut la consécration épiscopale h Coutances , le dimanche 12 juin 1853, des mains de l'archevêque de Rouen, assisté des évéques de la province.

Accueilli avec une faveur extraordinaire à titre d'enfant du diocèse, à cause de ses beaux antécédents, de sa grande réputation d'habileté, des excellentes relations que ses emplois l'avaient mis à même d'entretenir avec les familles les plus honorées, ses débuts furent quasi une succession d'ovations. Mais on attendait trop d'un évêque dont la divine Providence avait déjà compté les jours. Sur les neuf années de son gouvernement, les sept premières seraient seules bien remplies ; les deux dernières devaient être une pénible agonie.

Il fit travailler activement à la construction du grand -séminaire et à la reconstruction du petit- séminaire de Mortain; mais ces édifices, dont le dernier est son œuvre personnelle, rendent témoignage de sa bonne volonté plus que de son bon goût.

Il aliéna la propriété de Villiers, au canton de Saint-James, qui avait été donnée pour l'usage des missionnaires diocésains, et avec le prix de la vente, il fit achever une portion des édifices commencés à Périers et y plaça les missionnaires. Il les agrégea en même temps h la congrégation des Eudistes, qui s'était reconstituée avec l'aide de quelques-uns des meilleurs prêtres du diocèse, qui lui avaient appartenu ^^K

A l'instar de Saint-Lo, la ville de Yalognes lui donna son collège en 1853 ; il en confia la direction aux Eudistes, et aux Oratoriens celle du collège de Saint-Lo.

En 1854, il se fit autoriser à reprendre le titre d'évêque d'Avranches, qui lui fut conféré par un décret apostolique du 1 2 juin , pour lui et ses successeurs, conformément aux réserves stipulées dans le Concordat. Il publia un nouveau catéchisme, qui serait préférable à l'ancien sous plusieurs rapports, s'il était exact dans la doctrine.

La même année vit l'institution d'une œuvre plus importante et meilleure, celle de l'adoration perpétuelle du Très-Saint-Sacrement dans les paroisses du diocèse.

(1) L'abbé Fleury, curé de Coudeville; Thomas fiosvy» chaDoine.

Page 1