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CHAPITRE XXXII. LE NOUVEAU DIOCÈSE DE GOUTANGES

Outre raccomplissement légitime d'un saint devoir envers le Seigneur, c'est aussi un aliment fécond pour la piété et Toccasion de prédications qui édifient les populations et ramènent des pécheurs à la pénitence.

En 1855, révêque fonda une caisse de retraite pour les prêtres du diocèse suivant le modèle des sociétés tontinières et d'assurances sur la vie.

En 1859, il reprit l'instance de la béatification du saint prêtre Thomas Hélye, de Biville, plusieurs fois entreprise, jamais conduite à fin, et déjà mise en préparation par son prédécesseur.

Quinze mois après la mort de Thomas Hélye, l'évêque Jean d'Essey avait envoyé à Rome Honoré, vicaire du grand-autel de Notre-Dame de CotUances^ pour y soumettre la question, et se renseigner sur la manière de procéder. A son retour, en 1261, Jean d'Essey commença une enquête qui fut dirigée par frère Raoul-des- Jardins , prieur des Dominicains de Coutances et un autre personnage du nom de Clément. L'enquête parut incomplète à Rome ou entachée de quelque défaut dans les formes, car l'évêque fit procéder h une information complémentaire. Deux cardinaux français, Hugues de Saint^her, qui avait été professeur et confesseur du saint prêtre pendant qu'il étudiait en l'université de Paris, et Eude de CbAteauroux, alors chancelier de la même université , adjoignaient leurs témoignages et leurs instances aux instances des solliciteurs ; la preuve juridique de nombreux miracles, parmi lesquels des résurrections de morts, était acquise. Mais les sollicitations furent conduites avec lenteur, l'évêque mourut en 1 274 ; toutes choses en restèrent là.

En 1629^ le chapitre de Coutances avait entrepris une nouvelle enquête sous la direction de Jean de Grimouville, chanoine officiai et curé de Querqueville ; de nouveaux miracles furent constatés; mais la bulle du pape Urbain VIII, qui modifia, en 1634, les règles à suivre, vient de nouveau tout arrêter.

L'évêque Charles-François de Loménie de Brienne commença une troisième enquête en 1699 avec une grande solennité. Elle eut lieu successivement h Biville, à Yalognes, à Coutances, de nouveaux miracles furent constatés ; les témoins appelés à déposer furent choisis parmi les person-

nages les plus notables ; ils déposèrent sous la foi du serment, la main sur révangile. On ignore comment et pourquoi la procédure fut interrompue ; il n'en reste que des pièces éparses.

Thomas Héljre, transporté du château de Yauville, où il mourut, à Biville, son lieu natal, fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse près de l'église, du côté du nord. Les paroissiens élevèrent une chapelle auprès de sa sépulture en 1260, l'y transférèrent Tannée d'après, et le déposèrent dans un cercueil de pierre. En 1533, Michel le Verrier, curé de Biville, érigea au-dessus un monument en carreau sculpté et peint ; mais comme ce monument fut mutilé par la piété indiscrète des fidèles, qui en détachaient des fragments à titre de reliques, Jacques du Gardin , seigneur de Biville , lui substitua en 1778, de l'agrément du curé et des paroissiens, un tombeau de marbre blanc, qui a subsisté jusqu'en 1860.

Cette chapelle est devenue église paroissiale, au moyen de l'addition d'une nef, qui fut construite au commencement du xvf siècle.

Des clubistes de Cherbourg ayant annoncé, en 1 794, le projet d'aller soustraire le saint corps à son tombeau, d'en apporter la tête au bout d'une pique et de transformer les ossements en salpêtre, l'abbé Lemarié, d'Tvetot, ancien supérieur de l'hôpital de la Trinité, à Paris, et alors prêtre caché dans le pays, et pourvu des pouvoirs de vicaire général par l'évêque légitime, l'enleva à l'aide de huit personnes pieuses et dévouées la nuit du 13 juillet, non sans dresser un procès-verbal, selon la forme usitée , de l'aspect des reliques h l'ouverture du tombeau. Elles étaient en bon état de conservation.

Les pieux ravisseurs les déposèrent dans une caisse de chêne, les emportèrent à Yirandeville et les enterrèrent sous un autel, où elles restèrent cachées jusqu'au moment de la restauration du culte catholique.

Alors, le 14 septembre 1803, elles furent replacées, de l'autorité de l'évêque, en leur premier lieu, sauf le chef, accordé à l'église de Yirandeville, et quelques ossements aux paroisses de Vauville, de Saint-Maurice et d'Tvetot. Le chef fut rendu en 181 1 à Biville , sur les réclamations réitérées des habitants.

Muni de ces renseignements et des documents h l'appui, recueillis de partout

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