‹ Histoire du diocèse de Coutances et AvranchesChapitre 87 sur 191 · GBAPITRE XXXII. LB NOUVEAU DIOCÈSE DE COUTANCES · texte numérisé non relu

GBAPITRE XXXII. LB NOUVEAU DIOCÈSE DE COUTANCES

avec autant de science que de patience et de labeur, un grand vicaire, le docte Joseph Gilbert, de bonne et regrettable mémoire, partit pour Rome, le 21 mars 1859, afin d'introduire la cause ; le décret de béatification fut rendu le 1 i juillet suivant. Ce qu'il lui fallut déployer de zèle, d'activité, de travail complémentaire, pour arriver à un si prompt résultat, on peut en juger par le récit qu'il a inséré sommairement dans sa Vie et Histoire du bienheureux Thomas Hélye ^^K

Par suite du décret de béatification et de culte public avec office du rite double mineur, la visite canonique des saintes reliques eut lieu le 6 octobre, et leur élévation solennelle le 19 du même mois , par Téminentissime archevêque de Rouen, Mgr le cardinal de Bonnechose, accompagné des quatre évêques de la province de Normandie et de Tévêque d'Autun, avec l'assistance de trois cents prêtres et en présence d'un public composé de plus de quinze mille personnes.

Toutefois les précieuses reliques ne devaient pas rester longtemps dans la chflsse oti elles étaient alors placées : elles furent transférées le 1 8 octobre 1861 dans un reliquaire d'argent repoussé, donné par M. le marquis Théobald-René de Sainte-Marie-d'Aigneaux.

En même temps que la cause du bienheureux Thomas, l'actif grand vicaire traitait celle du Propre du diocèse, complément du bréviaire et du missel romains : l'évêque s'était engagé à reprendre la liturgie romaine ; or, il se sentait mourir, et il lui fallait se presser. C'est à cette fatale précipitation que l'on doit attribuer l'imperfection de ce Propre, surchargé d'un grand nombre de saints absolument étrangers au diocèse , tandis qu'un grand nombre d'autres, qui appartiennent aux Eglises de Coutances ou d'Avcanches par leur naissance ou leurs travaux, et qui sont honorés ailleurs d'un culte public, tels que l'évêque saint Frémond, saint Pair, martyr, saint Bertevin, saint Germain d'Ecosse, saint Evroult, saint Omer, saint Ermeland, n'ont pas même une mémoire.

C'est à la même précipitation qu'il faut imputer les omissions et le mauvais agencement du Processionnal ainsi que les fautes du Cérémonial.

(1) Imprimée à Coutances, chez Salettes^ en 1867, un volume in-l2.

La liturgie romaine fut introduite ^^^ le premier dimanche d*août 1861 . Le pieux évêque qui eut le mérite de faire rentrer ainsi le diocèse dans la voie qu'il n'aurait pas dû quitter, cessa de vivre le 4 juillet 1862. Il repose dans la chapelle de la Cerclée, au milieu.

Il eut pour successeur Tabbé Jean-Pierre Bravard, grand vicaire de Sens, né à Usson, au diocèse de Lyon, le 90 février 1811 , l'un des prêtres les plus laborieux de ce temps, et que se disputaient, pour ainsi dire, le diocèse de Lyon, où il était né, et le diocèse de Sens, où il avait reçu les ordres. A Sens, il avait accompagné pendant douze ans le P. Muard dans ses missions, et fondé avec lui la célèbre Maison de Pontigny. Rappelé à Lyon, il était curé de Saint-Ennemond, en la ville de Saint-Etienne, lorsque Tarchevéque de Sens, Monseigneur Mellon Joly, le redemanda, le 1** janvier 1858, à titre de vicaire général.

Nommé à Tévéché de Coutances par décret du 12 août 1862, il fut préconisé le 25 septembre, sacré à Sens le 28 octobre, et fit son entrée à Coutances le 9 novembre, fête de la Dédicace.

Le nom du nouvel évêque avait été mal accueilli dans le diocèse par une notable portion du clergé, h cause des sentiments gallicans très-prononcés et très-connus qu'il représentait. Il devait se charger lui-même de justifier les appréhensions au concile du Vatican, où il prit plusieurs fois la parole dans le sens de l'inopportunité d'une décision dogmatique sur la question de l'infaillibilité. Aussi eut-il la grande douleur de voir plusieurs de ses prêtres s'insurger par des protestations publiques contre ses tendances et ses actes.

Ce n'est pas qu'il ne fût très-pieux, rempli de zèle pour la gloire de Dieu et l'honneur de l'Eglise, surtout animé de respect et d'un tendre amour pour la personne du Souverain-Pontife ; il souffrait de ses maux et partageait avec lui le calice d'amertume ; mais c'était une question d'école. Il était soumis

(I) Les diocèses de Coutaoces et d'Avranches n'avaient que des saints Titulaires et point de Patrons; cette question souleva une difficulté devant la commission des Rites à Toccasion des suffrages à insérer dans le Propre du Bréviaire. Le Souverain - Pontife, accorda le titre et le rang de patrons à tous les saints qui avaient été considérés comme tels jusqu'alors. Il n'est de saints patrons que par élection populaire, confirmée par décret ou usage immémorial.

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