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CHAPITRE XXXII. LE NOUVEAU DIOGÈSK DE COUTANGES

xl'avance au jugement à intervenir ; il se soumit à la décision rendue, non pas fastueusement , comme Fénelon en une circonstance mémorable, mais avec respect.

Rien ne saurait mieux prouver son attachement à la personne du Souverain- Pontife, que Tinstitution du Denier de saint Pierre, à laquelle il songea tout des premiers parmi les évêques. Il n'était jamais plus heureux, que quand il avait une bonne somme h envoyer ou à remettre.

Une seconde cause de défaveur non moins grande après sa prise de possession , devait résulter de ses courses perpétuelles à travers le diocèse, afin d'être partout où la moindre occasion l'appelait, de sorte que, pendant tout le temps de son épiscopat, le diocèse serait son habitation, et le palais épiscopal, son pied-à-terre. Les évêques antérieurs ne s'étaient pas ainsi prodigués : on n'était pas accoutumé à ces façons d'agir; mais celle-ci eut enfin un bon côté, qui fut de le mettre fréquemment en contact avec les prêtres et les populations de partout, et de le faire accepter partout à cause de sa bienveillance.

La Providence l'avait réservé pour des temps remplis de beaucoup de maux : l'effondrement de l'Empire en 4870, et il aimait l'empereur, l'envahissement du sol de la patrie suivi de constantes défaites, une terrible épidémie de variole qui décima les populations. L'évêque égala son zèle aux nécessités, et créa des adoucissements pour la plupart des maux.

Dès l'abord , il mit le diocèse par un vœu solennel sous la protection de l'archange saint Michel, le chef de la milice céleste, avec promesse d'un monument commémoratif, s'il était préservé de la présence de l'ennemi. Le vœu fut exaucé ; l'ennemi l'entoura, mais n'y mit pas le pied.

11 y eut pourtant un jour de grandes alarmes à Saint-Lo, à Coutances, à Avranches : l'ennemi était à Domfront. Les troupes arrivèrent par masses à Hortain, à Saint-Hilaire, au Teilleul ; erreur, c'était à Domfront-sur-Sarthe ; tant le gouvernement de la Défense Nationale était bien servi I

Les soldats qui combattaient dans le Maine et l'Anjou durent à l'évêque de grands secours en argent, en linge, en vêtements, en voitures d'ambulance ; il provoquait la générosité et en donnait l'exemple.

Les soldats, les mobiles, les mobilisés que le gouvernement de la Défense

Nationale avait entassés dans l'arrondissement de Yalognes, pour garder les abords de Cherbourg et qui bivaquaient dans la neige, il alla les visiter et leur porter des consolations et des seeours. Les orphelins de répidémie et de la guerre, il les recueillit à Périers, au Mont-Saint-Michel, dans des asiles destinés à survivre aux circonstances qui les firent créer ; car il organisa en même temps une œuvre des Orphelinats.

L'établissement diocésain de Périers était devenu libre depuis peu de temps, les missionnaires ayant transféré leur résidence à Donville, où ils sont chez

eux.

Le Mont-Saint- Michel I mais il faut reprendre le récit de plus loin. Lorsque le gouvernement supprima, en 1865, l'établissement de détention qui Toccupait depuis si longtemps, l'évêque comprit qu'il avait une grande mission à remplir : celle de le restituer à une destination religieuse. Mais comment faire? C'était un immeuble de l'Etat. Le louer d'abord par un contrat en bonne forme, «pour avoir le droit d'y mettre le pied, et le soustraire à la spéculation de quelque Anglais, peut-être, qui l'aurait rendu à sa patrie, sans qu'elle eût eu la peine d'en faire le siège ; » obtenir ensuite de l'empereur une exemption de paiement des loyers et en plus vingt mille francs annuellement sur la cassette impériale, pour l'entretien des bAtiments. Ainsi fut fait. Puis, après la chute de l'empire, le signaler à l'attention du gouvernement de la République, le faire classer parmi les monuments nationaux à la charge de l'Etat, et en obtenir la disposition pour une destination religieuse. Le but fut également atteint. Le gouv emement y fait exécuter des travaux considérables de restauration.

Cependant, que faire de cette vaste abbaye 7 A quel usage employer tant et de si beaux édifices I Après quelques tâtonnements, Tévêque y appela une compagnie de missionnaires de Pontigny, qui, outre les nombreux services qu'ils rendent au diocèse, rétablissent et maintiennent le culte divin au lieu qui lui fut si longtemps consacré et y rappellent les pèlerinages. Le Mont- Saint-Michel a sous ce rapport repris son rang parmi les sanctuaires les plus célèbres.

Il est vrai que les reliques de saint Aubert n'y sont plus, celles que ses

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