CHAPITRE XXIV. SECONDE MOITIÉ DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
compatriotes, afin de les aider en l'œuvre du salut : il n'y manqua pas. Après avoir rempli pendant vingt années les fonctions sacerdotales avec la charité du meilleur des conseillers et du plus tendre ami des enfants et des pauvres, il se fit un ermitage auprès de la chapelle Sainte-Honorine, dans le voisinage de la ville, et s'y retira, pour achever ses jours dans la pénitence, la prière et la contemplation. II y mourut en odeur de sainteté le 2 octobre 1685. Les habitants de Cherbourg, qui l'avaient honoré vivant, l'invoquèrent après sa mort : beaucoup obtinrent à son tombeau des bienfaits, des guérisons miraculeuses ou des grâces signalées. Ce tombeau fut posé au seuil même de la chapelle, en dehors, selon le choix qu'il avait fait de cette place par humilité. Mais ses amis agrandirent l'édifice, afin de le mettre en dedans, sans toucher à ses vénérables ossements.
L'acte synodal du 28 mai 1675 nous fournit l'occasion et le moyen de donner un état du personnel du clergé à cette époque. Le chanoine théologal faisait l'appel dans l'ordre suivant : le grand chantre, les quatre archidiacres, le scolastique, le trésorier et le pénitencier. Les chanoines, les vicaires du grand autel, les chapelains et les vicaires des paroisses n'étaient point appelés aux synodes.
Ensuite, les abbés de Lessay, de Saint-Lo, de Saint-Sauveur-le-Yicomte, de Blanche-Lande, de Saint-Sever, de Hambye, de Montebourg et de Cherbourg.
Puis les officiers de Tévêché, savoir : ToSicial général, son promoteur et son scelleur; le vice-offlcial de Yalognes, son vice-promoteur et son scelleur ; le vice-gérant de l'ofiicialité de Saint-Lo, son vice-promoteur et son scelleur. On appelait scelleur le garde du sceau;
Venaient ensuite les quatre archiprêtres ; les vingt-trois doyens ruraux, au
nombre desquels est toujours le doyen des îles de Jersey et de Guernesey ;
il s'appelait maître Bertrand Hérout; après eux, les prieurs, au nombre de
quarante-cinq , dont douze prieurs-curés ; quatorze étaient réguliers, et
ceux-ci répondirent seuls à l'appel, ce qui peut faire supposer que les autres
étaient commendataires. En dernier lieu, les curés par ordre de doyennés.
Les curés de Saint-Pierre et de Saint-Nicolas de Coutances ne sont point sur T. H 3
la liste, ni sur aucune de celles que nous connaissons. Peut-être Ve curé de Saint-Pierre était-il considéré comme vicaire de THôtel-Dieu, et le curé de Saint-Nicolas comme vicaire du chapitre ^^K
Il y avait trente-six paroisses à plusieurs portions curiales, dont quatre h trois portions et une à quatre, Saint-Sauveur-Lendelin ; trois cures vacantes, quatre en litige, de la part de patrons contestant sur leurs droits, et dix-neuf en déport. C'esl-à-dire que Tévêque en percevait le revenu pendant Tannée, qui était la première après la vacance. Cet abus était la compensation d'un autre abus, la régale, qui mettait le revenu de la première année de vacance de chaque évéché aux mains du roi.
Beaucoup de curés se firent excuser pour cause de maladie ou ^'antiquité. Ceux qui ne s'étaient pas excusés furent condamnés à cent sous d'amende en faveur de l'hôtel-Dieu de Coutances.
A Avranches, l'évêque Gabriel de Froulay, confiné dans la solitude de son manoir du Parc, et autant gallican que son collègue de Coutances, car il souscrivit les quatre fameux articles du clergé de France, qui ne lui en avait pas donné la mission, faisait aussi le bien, tout en ne se produisant que dans les occasions nécessaires. Il fit refondre les cloches de sa cathédrale, il rétablit le pavé du chœur et les vitraux, qu'une tempête avait détruits, il renouvela à ses frais tous les ornements et donna en plus une riche chape en drap d'argent. Ce serait peu, mais il versait secrètement beaucoup d'aumônes dans le sein des pauvres.
La cathédrale d'Avranches s'enrichit encore d'une belle grille en fer au-
(1) Les prieurés sont ainsi désignés : de Saint-Frémond, de Saint-Germain-sor-Ay, d'Esloublon, de Bohon, de la Luthumière, de Virandeville, de Cottebrune, de Jobourg*f, de Saint* Gormain-des-Vaux, de Clitourp'f > de Vauville, de Porlbail , de Boisroger» de la RoueHe, de Hocquigny't. de Bolleville, de Savigny'ti de Saint-Cosme-du -Mont, de Mesnil-Euryf, de Héauville, de Marchésieuz, de la Bloutière, de Selsouef*, de l'Hôtel-Dieu de Saint-Lo% de la Coudre, deBamevast, de Révilie, de Folligny'f , d'AnglesqueviUe'f , deTourviIle*t, d'Àigneaux*, de Vasteville*f, de Herquevillc*t, do Fleury*t, de Chausey, de la TaiUe*, de Sainl-Erbland, dé Saint-Mar(in-à-rif, de la Salle, du Bel-Arbre, de Sainte- Marguerite', de Brocquebeuf, de la* Couperie, de Sainteny, du Ham, de Barfleurf .
Ceux de ces prieurés que nous marquons d*un astérisque, avaient des prieurs réguliers; la croix désigne les prieurés-cures.