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CHAPITRE XXXII. LE NOUVEAU DIOCÈSE DE COUTANGES

de Valence. Pie IX Ta reconna par un induit du 4 juin 1869 et lui a concédé un établissement à Subiaco.

Le dernier couvent, selon Tordre des dates, est celui des Carmélites, fondé à Coutances en 1866 par l'initiative et avec le concours du dernier évêque, M. Bravard, de vénérable mémoire.

Des Carmélites anglaises, établies à Yalognes depuis une trentaine d'an* nées, ayant jugé à propos de rentrer dans leur patrie, où désormais elles sont assurées de trouver la tolérance et une protection efficace, le prélat ne voulut pas que le diocèse fût privé du secours protecteur des prières et des bonnes œuvres d'un ordre aussi saint.

Les premières religieuses vinrent au nombre de cinq du Carmel de Lisieux. Elles sont entrées en 1873 dans une maison élevée pour elles et construite en conformité des exigences de leur règle. L'évêque bénit solennellement la première pierre de la chapelle le 20 mai 1872, qui était le lundi de la Pentecôte.

Nous ne parlons pas des institutions étrangères au diocèse, telles que celles des Frères des Ecoles Chrétiennes, des Sœurs de Saint-Yincent-de-Paul, des Sœurs de Charité, des Sœurs de la Sagesse de Saint-Paul-de-Chartres « des Sœurs de la Providence de divers ordres, qui y occupent des postes et le servent sans lui appartenir, parce que, vu leur qualité même d'étrangères et n y possédant rien, elles peuvent ne plus y être le lendemain.

n y a cette différence entre les anciennes institutions religieuses de femmes et les nouvelles, que les filles n'entrant point en part dans l'héritage de la famille, n'apportaient rien au couvent qui les recevait, et que les maisons religieuses ne se livrant point à l'éducation de l'enfance, sauf quelques-unes fondées au dernier siècle, les établissements n'avaient d'autre ressource que l'aumône pour subsister. Il fallait donc les doter suffisamment en les fondant, et si la dotation venait à être perdue, ravie ou diminuée, la maison ne pouvait se relever par elle-même. Tandis que les institutions modernes sont fondées sur le double élément de la dote personnelle et du travail : toute religieuse apporte ordinairement à la communauté une petite pension viagère de trois cents francs, ou un brevet d'institutrice, ou un talent profitable : le

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travail et la pratique du yœu de pauvreté suppléent. La communauté ne s'en-* richit pas ; mais à quoi bon 7 il suffit qu'elle se maintienne. Les Sœurs qui la composent y sont venues pour pratiquer les vertus qu'elles aiment et surtout y mourir dans la paix du Seigneur.

Sous le rapport de la richesse, les congrégations ont un grand avantage, en ce que les membres se dispersant sur tous les points, pour accomplir la mission qui leur incombe, doivent compte à la maison-mère de ce qui n'a pas été dépensé pour leur entretien ; or, l'entretien est déterminé d'avance selon les lois du vœu de pauvreté, sans qu'il y ait rien de facultatif.

Ainsi les abeilles se dispersent dès le matin , pour aller auprès et au loin recueillir leur miel sur les fleurs. Elles se nourrissent d'abord , il en faut pea pour chacune, et rapportent le surplus à la ruche.

Or, ce surplus, les congrégations en disposent pour s'étendre où il leur semble qu'il y a du bien à faire, en y fondant de nouvelles maisons de leur institut.

D'où il arrive que partout l'éducation de la femme est mise en mains religieuses : c'est la sauvegarde des mœurs et l'espoir de l'avenir.

Le diocèse ne compte que trois communautés d'hommes : l'institution des Frères delà Miséricorde, fondée à Montbourg en 1842, dans les bâtiments de l'ancienne abbaye , par le grand vicaire François-Augustin Delamare de si bonne mémoire ^'\ la communauté des PP. Eudistes, missionnaires diocésains, établis à Donville, dont nous avons parlé, et l'aibbaye de la Trappe de Bricquebec. Ici nous devons entrer dans plus de détails.

C'était en 1821 ; un pieux chrétien du nom de Casimir LefiUâtre-de-la-Luzerne, mit à la disposition de Bon-Jacques-Henri Onfroy , curé de Digosville, un terrain marécageux et infertile qu'il possédait au bord de la forêt de Bricquebec, pour y fonder un monastère. L'aspect du lieu découragea profondément le donataire; mais l'évéque, connaissant ses aspirations , voulut , et dès lors il n'y avait plus à hésiter. Aidé de cinq à six compagnons et bientôt de douze, le frère Augustin, c'est le nom qu'il prit dès l'abord, conformément aux règlements provisoires que l'évéque leur traça , se mit courageusement

(1) Autorisé par ordooDance du i septembro 1856.

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