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CHAPITRE XXXIII. LA LITTÉRATURE

cour de Caen, et alors juge au tribunal de Coutances, ouvrage non moins considérable; le Mortainais historique et monumental de M. Hypjlolite Sauvage, publié en 1854-1857.

Plusieurs autres savants ont étendu leurs recherches au delà des limites du pays ; tels, le docte Léopold Delisle, de Valognes , membre de Tlnstitut ; M. Jules Tardif, de Coutances; M . Siméon Luce, de Bretteville-sur-Ay ; les deux frères Eugène et Charles Robillard de Beaurepaire, d'Avranches , tous élèves de Técole des Chartes. Leurs travaux, connus et appréciés du public lettré, sont au-dessus de Téloge.

Après les études historiques, Tétude des sciences, et d'abord les hautes sciences. Elles ont eu ou ont encore des représentants attitrés, d'une grande célébrité ; il suffit de citer l'illustre Urbain-Jean-Joseph Leverrier, de Saint-Lo, directeur de l'Observatoire de Paris. M. Emmanuel Liais, de Cherbourg, astronome adjoint à l'Observatoire de Paris, auteur d'un Traité d'Astronomie imprimé en 1867, et d'une histoire naturelle du Brésil intitulée : Climat, Géologie, Faune et Géographie botanique du Brésil, publiée en 1872 par ordre du gouvernement brésilien.

Le Voyage de Venise à Constaniinople à travers la Grèce du vicomte Théodose du Moncel, de Martinvast, est une œuvre de haute science en un^autre genre. Il fut publié en 1848 en un beau volume in-folio, accompagné de cinquante-une planches non moins belles. L'auteur cultivait avec autant de zèle et de bonheur les sciences naturelles, notamment l'électricité dans ses phénomènes et ses applications utiles ^^K

Et en ce qui concerne l'étude des sciences naturelles, il faut citer HH. Ephrem Houël du Hamel, de Montrabot, le plus grand maître dans la science hippique ^'^ ; Edouard Lehéricher, pour son Histoire de la Flore de V Angleterre et de la Normandie ; Léon Besnou, pour ses études pratiques sur

( 1) Exposé des applications de Vêlectricité,VanB, 1856, trois volumes in-S*. Ettide du magnétisme et de Vélectromagnétisme, Paris, 1857, in-S**. Revue des applications de l'électricité, Paris, 1859, in-S".

(2) Histoire du cheval chez tous Us peuples de la terre, Paris, 1850, deux volumes in-R*. Cours de science hippique. Paris, 1869, io-S*. Les chevaux pur sang, deux volumes, io-S*, etc., etc. Dix-huit ouvrages sur la matière.

la botanique et ses découvertes en chimie ; le capitaine de frégate Henri Jouan,

de Tréauville, qui a enrichi Thistoire naturelle d'une multitude d'observations faites dans toutes les mers et sur un grand nombre de points des divers continents. Le recueil de ses mémoires serait un beau complément aux œuvres des plus grands naturalistes. Le savant Léopold Delisle, pour ses Etudes sur la condition de la classe agricole et Tétai de f agriculture en Normandie au moyen âge, ouvrage couronné et publié, en 1849, par la Société d'Agriculture de l'Eure, et qui obtint le grand prix Gobert en 1851 et en \%oi.

Peu de savants ont plus étudié et mieux connu le langage et les mœurs des nations Scandinaves que le savant Edouard Lehéricher, et renoué plus habilement les liens de parenté qui rattachent les populations normandes aux peuples du Nord.

Les peuples du Nord, leur écriture, leurs idiomes et leurs mœurs I ce fut aussi l'étude favorite de l'excellent Edelestand Pontas du Méril ^'^ ; sa traduction de la Volu-Spa^ son étude sur les Runes, son Histoire de la poésie Scandinave ^ une grande portion de ses Mélanges-Archéologique en sont la

preuve.

Il connut aussi bien le langage et la littérature si abondante de notre moyen Age. Il publia trois romans inédits appartenants à cette littérature, dont deux de la branche dite des Loherains, trois recueils de poésies, tant profanes que sacrées, et, ce qui ajoute un grand prix à ses publications, il les enrichit d'annotations remplies de la plus haute érudition.

Que ne pouvons-nous placer ici avec des éloges sans réserves le nom d'un littérateur qui a été l'illustration de la patrie normande, mais qui a causé en majeure partie les maux actuels de la France, le trop célèbre Henri-Alexis Clerel de Tocqueville ^^\ auteur du Tableau de la démocratie en Amérique. Il était déjà connu par plusieurs ouvrages d'économie sociale, lorsque le gouvernement de 1830, issu d'une révolte et qui cherchait un point d'appui en dehors des traditions monarchiques, lui confia la mission d'aller étudier le

(I) Ne à Valognes en 1798, mort à Paris en 1869. {%) Ne à Tocqueville en 1805, mort à Cannes en 1859.

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