LA PORTION GONORUB XXV
. Les GOLLATKURSy dont les privilèges devaient se concilier avec les droits de révéqne et les exigences du gouvernement du diocèse, ne pouvaient donner les cures vacantes qu'à des ecclésiastiques autorisés à exercer le saint ministère et offrant à l'autorité diocésaine des garanties suffisantes de moralité et d'instruction.
Le curé pourvu d'une cure ne la quittait qu'à sa mort ou de son plein gré, à moins que son inconduite le rendit indigne de rester à la tête de son troupeau. Dans ce cas, l'autorité ecclésiastique ne pouvait le déposséder qu'après s'être conformée aux règles et formalités sagement indiquées par le droit canon pour être la sauvegarde des humbles et des petits.
L'installation ou prise de possession se faisait par devant un notaire pour les cures, Les abbayes, les prieurés et les chapelles. Le tarif perçu pour ces actes, dits actes apostoliques, avait été réglé par délibération de la compagnie des notaires le a6 août i^^^. Ces droits étaient d*autant plus élevés que le bénéfice se trouvait situé à une plus grande distance de la ville épiscopale chef-lieu du bailliage ft du diocèse. Ainsi, la Celle-sous-Moutmirail, Courbetaux, Mécringes, éloignées de i8 lieues de Troyos, étaient tarifées a6 livres 5 sous, quand la prise de possession avait lieu en été. et '3o livres eu hiver. Cette somme était perçue seulement pour le voyage. Moitié du droit d'acte et d'expédition était rapportée à la caisse des notaires ; l'autre moitié leur appartenait en propre. Pour les bénéfices de la ville, Tusage était de ne percevoir que les deux tiers. Des droits moins élevés se prélevuieut aussi pour les démissions, résignations, permutations, et significations de grades. Une somme de 44'^ livres i5 sous fut versée, pendant l'année 1790, dans la caisse de neuf notaires apostoliques, pour les actes exercés par eux.
Combien y avait-il dans le diocèse de Troyes, en 1789, de curés à PORTION congrue, combien y avait-il de gros décimateors ? Avant de répondre à cette question, il faut
XXVI PAROIS8B8 DU DIOCiSB
définir ces termes de portion congre et de gros décimateurs, qui ne sont plus en usage depuis un siècle. Le gros décima teur était celui qui avait droit de percevoir les grosses dîmes sur une paroisse (i). Il arrivait assez souvent que le gros décimateur n'était pas le curé, par suite de donation, de transaction ou de services rendus à Tégiise parfois dans des temps très reculés ; ce gros décimateur pouvs^it être un chapitre de chanoines, une collégiale, une abbaye, un prieuré, etc. Dans ce cas, voici comment il était pourvu à Tentretien du curé de la paroisse et de ses vicaires, s'il en avait. Le gros décimateur était tenu de servir au curé de la paroisse, dont il percevait les dîmes, une sorte de pension alimentaire qui, conformément à la déclaration du q septembre 1786, se montait à 700 livres ; la pension des vicaires était, de par la même déclaration, fmée à 35o livres. C'est cette pension qui avait reçu le nom de portion congrue. Le curé à portion congrue avait, en outre, le droit de jouir du presbytère et de son jardin et dépendances, de percevoir sur la paroisse les vertes dîmes et les novales, ainsi que le casuel ordinaire. Les réparations du chœur. et du sanctuaire de Téglise. la fourniture des ornements et des livres nécessaires, étaient à la charge du gros décimateur.
Le clergé payait un impôt connu sous le nom de don gratuit; car, s'il formait dans la société un ordre distinct, un corps exempt d impôt et propriétaire, un contribuable à part, il traitait tous les cinq ans, dans des assemblées périodiques, avec le roi, et lui accordait des subsides en échange desquels le prince lui concédait des prérogatives et immunités chèrement achetées. De plus, le clergé était
(i) Les grosses dîmes étaient celles qui se levaient sur les récoltes les plus importantes, telles que le blé, le vin, le foin, et sur le bétail. Les novales étaient levées sur les terres défrichées depuis quarante ans.
LIS RBvxifus xxvn
soumis à Timpôt de la taille. Les tailles du cnfé de Poivre par exemple, montèrent en 1790 à i55 livres 6 sous, et son vingtième à 4^ Hvres 11 sous. Celles du curé de Piney furent de 297 livres, presque le tiers de son revenu net. Le curé de Luyères paya aSa livres 7 sous pour ses tailles et son vingtième en 1790.
J ^ casuel constituait, surtout dans les villes, le principal revenu des curés et desservants.
Pour en connaître la yaleur, qn'on noos permette de reproduire ici le tarif dressé en 1772 par Tofficial : •
Mariages pour Troyes, Nogent-sur-Seine et Sézanne
Publications de bans 1 livre 4 sous
Fiançailles 1 livre 5 sous
Célébration du mariage 4 livres
Honoraire de la messe 1 livre
Au vicaire 1 livre
Mariages pour la campagne.
Publications de bans 15 sous
Fiançailles i2 sous
Célébration du mariage 3 livres
Honoraire de la messe i livre
Levée des bans, à la ville 4 livres
Levée des bans, à la campagne 3 livres
Enterrements des enfants.
A la ville A la campagne
Droit curial 1 livre 1 livre
Au vicaire i5 sous 15 sous
Au maître d*école 5 sous 5 sous
Si on s'en va en clergé :
Au curé 3 livres 2 livres
Au vicaire i5 sous 15 sous
Aux habitués 10 sous
Au maître d'école ^ 8 sous
Aux clercs, pour les quatre 12 sous 8 sous
S'il y a messe 1 livre
Enterrements de sept à quatorze ans à Troyes, Nogent et Sézanne.
Au curé'. 3 livres
Pour son assistance 1 livre 1 0 sous
Aux vicaires, habitués, clercs, comme aux enterrements d'enfants.
PAROISSES DU DIOCiSB
EnterremenU des adultes.
PrtBière elaiM Deiiièae el m
Droit cariai A livres 4 livres
Assistance do curé 3 livres
Droit de linceul 1 livre
Pour les prières en entrant à Téglise, vigiles, célébration solennelle et
inhumation i livres 10 sous
Pour prières supplémentaires, suivant l'usage.
A chaque vicaire 2 livres 1 livre 10 sous
A chaque habitué 1 livre 15 sous 1 livre
A chaque clerc tonsuré 1 livre 15 sous
A chaque habitué laïc 1 livre 10 sous 15 sous
A chaque enfant de chœur 5 sous 4 sous
Au porte-croix Hivre 15 sous 1 hvre 15 sous
Pour veiller le corps la nuit et le
jour 5 Hvres 5 hvres
Pour veiller la nuit seulement ... : 3 livres 3 livres
Pour toutes les prières en entrant et à rinhumation :
A chaque prêtre 5 sous
A chaque habitué 3 sous
Au sacristain 1 livre 15 sous
Pour les monitmres.
Trois publications 1 livre 15 sous
1^ publication de l'aggrave (I ) 15 sous
Certificat de publication 1 livre
Délivrance du nom des témoins 10 sous
A la campagne, un tiers en moins (2).
Les services et anniversaires étaient alors nombreux ; pour indiquer dans quelle mesure ils augmentaient le casuel. nous donnons ici le tarif employé à Saint-Nicolas de Troyes, à la veille de la Uévolution et tiré par nous des com[)tes de la Fabrique.
Mémoire du bout de l'an de Jeanne Dorme.
Droit curial 3 livres
Le vicaire . . 1 livre
Les enfants de chœur 10 sous
Les trois chantres 1 livre 10 sous
Le maître sonneur 1 hvre
La Fabrique 1 livre
(1) l/aggravc était prononcée par l'ofllctal contre celui que l'excommunication n'avait pas arniMi/' .i soumission, et le privait de tout usage de la société n^IiKlouse. Pendant la fuliuination de l'aggrave, les cloches sonnaient, les prêtres éteignaient les cierges et les jetaient à terre. {Nouveau Larouste, i. I. p. liO.)
(2) Arch., G., 4Î68.
LBS FONDATIONS XXIX
Voici maintenant le détail des honoraires payés pour un enterrement dans la même paroisse :
Le curé 8 livres
Assistance dn vicaire 2 livres 5 sous
Trois chantres i livres 19 sous
Quatre enfants de chœur 16 sous
Diacre et sous-diacre 1 livre 10 sous
Prose et suflrages 3 livres
Port de la petite croix 1 livre 15 sous
Droit de sacristie 1 livre
Luminaire de 15 cierges, â flambeaux, 13 chandelles. 27 livres
Trois laisses 9 livres
Tapis à Téglise et à la maison 2 livres
Drap mortuaire sur le corps 1 livre 10 sous
Tenture d'une chapelle 1 livre
Argenterie 2 livres
Beaux ornements 3 livres
Droit des sonneurs et sous-sonneurs 6 livres 10 sous
Suisse et chandeliers 1 livre 5 sous
Robes des sonneurs 3 livres
Deux clercs 2 livres
81 livres 10 sous
Une partie du département de TAube appartenant au diocèse de Langres, nous donnons le taux des honoraires dus aux priHres qui acquittaient des messes à la charge des bénéficiers de ce diocèse, et le tarif des services funèbres.
lem btif Au curé
15 sous 4 sous
Mme baote Au curé
30 sous
A la Fabrique
A la Fabrique
Au maître d'école
5 sous 5 sous
Vèprti
Au curé 12 sous
A la Fabrique 3 sous
Au maître d'école 5 sous
Seniec ï (reii OMtoroei avec Lautin, mrtie et Libéra Service à an iioelorDe
Au curé 50 sous 40 sous
A la Fabrique 12 sous 10 sous
Au maître d'école 10 sous 8 sous
Au diacre et au sous-diacre, chacun . . \2 sous
Une autre source de revenus consistait dans Tacquit des obits et fondations à la charge des curés et desservants à portion congrue. Les possesseurs de dîmes inféodées étaient tenus de payer la portion congrue ou d*en fournir le supplément, quand les dîmes grosses et