‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 11 sur 201 · XXX PAROISSES DU DIOCASE · texte numérisé non relu

XXX PAROISSES DU DIOCASE

menues n'étaient pas assez fortes ; après répnisement des dîmes ecclésiastiques, les corps et communautés qui se prétendaient exempts, même Tordre de Malte, devaient fournir le supplément des portions congrues, à moins qu'ils ne fissent Tabandon de tous les biens, sans exception, qui composaient Tancien patrimoine de la cure, y compris le titre et les droits du curé primitif.

La portion congrue se payait de quartier en quartier et par avance. Les honoraires des prêtres commis par Tévèque à la desserte d'une cure vacante de droit et de fait ou à celle d'une cure sujette au droit de déport ne pouvaient être fixés au-dessous des trois cinquièmes du montant de la portion congrue (i).

L'historien de TEglise et du diocèse de Paris a fait cette remarque piquante : <x On a beaucoup parlé du sort malheureux des curés à portion congrue, au moment où a éclaté la Révolution française ; cependant, quand on examine de près leur situation, elle ne parait pas si digne de pitié. Ils étaient inamovibles, c*est-à-dire n'étaient pas comme nos succursalistes, toujours exposés à changer de cure, à aller d'un bout du diocèse à l'autre, suivant les ordres de l'autorité diocésaine ; ils avaient un traitement de plus de sept cents livres, qui représente plus de i.5oo francs de notre monnaie, et à cela ils joignaient leur casuel, les menues dîmes et la jouissance du presbytère et de ses dépendances. Avec quel empressement des milliers de succursalistes échangeraient aujourd'hui leur position contre de tels avantages I Dire que la Révolution a amé-

(i) Déport : il arrivait parfois qu'un évêque, récemment nommé, était obligé de faire honneur à des engagements onéreux pris par «on prédécesseur. Alors le pape, pour augmenter ses ressources, lui permettait de percevoir, soit pendant une année, soit pendant toute la durée de la vacance, les revenus des bénéfices de son diocèse qui, de droit ou de fait, se trouvaient sans titulaires, c*est ce qu'on appelait le droit de déport; il n'existe plus nulle part.

Page 1