REDUCTION DBS PAROISSES DE LA VILLE
respecter les fondations faites par leurs ancêtres à leur propre église, et de ne pas rechercher une économie mesquine, nuisible au peuple. Ils diront qu*ils se verraient avec moins de douleur privés d'une partie de leurs biens que de leurs églises. Enfin, ils protesteront contre toute, suppression de paroisse, parce qu*étant chrétiens, ils ont besoin de toutes les ressources de la religion, et, qu'étant citoyens, ils y ont droit (i).
S'ils avaient admis les raisons développées dans l'adresse anonyme que nous n'avons fait que résumer, les membres du district et ceux du département n'auraient opéré aucune des suppressions proposées. Mais leur mission n'était pas de discuter le projet décrété par l'Assemblée Constituante, ils n'avaient qu'à l'appliquer en dépit de toutes les protestations, même les plus justes. Ils eurent cependant la sagesse de s'adresser à l'autorité épiscopale, et de demander son concours ; mais l'évêque refusa de se prêter à un acte schismatique, et ce fut le conseil de la commune qui décida, le 26 janvier 1791, de réduire les dix paroisses de la ville à quatre : Saint-Pierre. Saint- Jean, Saint-Remy et Saint-Nicolas. Ces trois dernières existaient depuis longtemps : Saint-Pierre, seul, n'était pas paroisse précédemment. Trois des églises supprimées furent conservées comme succursales : Saint-Nizier devint succursale de Saint-Pierre ; Sainte-Madeleine, succursale de Saint-Remy, et Saint-Pantaléon, succursale de Saint- Nicolas ; l'ancienne collégiale de Saint-Urbain fut donnée comme succursale à Saint- Jean. Les églises de Saint- Aventin, Saint-Denis, Saint Jacques el Saint- Frobert étaient supprimées purement et simplement (2). Comme on le voit, le département ne tint pas compte de la réclamation des habitants de Saint-Nizier qui, dans leur réunion du
(i) A. C. L., 3a6, Sa pages, s. 1.
(S)Arch.,L. D. 7/a.
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i5 décembre, avaient plaidé la cause de leur chère église ejx c«s termes :
« L*église de Saint-Nizier, de Troyes, bAtie depuis plus d^ deux siècles, est sans contredit la plus vaste et la plus solide de toutes les paroisses de la ville. Joignes à CQ3 deox avantages celui d'être environnée de places et de eues spacieuses, qui facilitent la circulation de Tair et qui la rendent la plus saine et la plus agréable de tontes les églises.
« Quoique les habitants de Saint-Nizier soient persoadéa que cette paroisse ne peut leur être enlevée, puisqu'elle réunit toutes les conditions prescrites par l'Assemblée nationale, soit qu*on en considère Tétendue ou la (mot omis), ils ont cependant cru devoir mettre sous vos yeux les différents motifs qui militent pour sa conservation.
« Elle est composée de huit à neuf mille habitants : elle comprend au nord les Tauxelles et an levant tout le faubourg de Saint-Jacques, y compris le Liabourat. La régularité de cet édifice a toujours fait l'admiration des connaisseurs et des artistes; il suflit, pour s'en convaincre, d'invoquer le témoignage du célèbre Yauban, lorsqu'il passa par cette ville en i^oS. II admira la délicatesse de l'ouvrage et l'appela un superbe édifice.
« Cette église a été décorée à différentes époques et toujours par le zèle et la générosité de ses paroissiens ; ils. projetaient même de nouveaux établissements, lorsqu'ils ont été arrêtés tout à coup par un arrêt de règlement (su?) qui les a contraints de porter leur cimetière hors de la ville. Ce nouvel état des choses leur a coûté plus de lo.ooo livres, non compris environ 16.000 livres pour la reconstruction à neuf du presbytère.
« Quelque fondée que soit notre espérance, nous pro* testons d'avance de notre respect et de notre soumission pour tout ce qu'il plaira à votre sagesse d'ordonner; mais, dans la confiance où nous sommes que votre d^ci^oa
sera conforme aux vœux de tons les paroissiens sans exception, nons vous prions d'agréer les témoignages de notre respectnense reconnaissance (i). »
L'administration accepta les raisons que les fidèles de Saint-Remv firent valoir, le 9 décembre, en fayenr de la conservation de leur paroisse :
« Les margnilliers et les paroissiens de l'église Saint- Remy de Troyes, instruits que le travail de la démarcation des paroisses est instant, observent au premier corps administratif du département de l'Aube, que l'église de Saint-Remy est une des pluH anciennes de la ville, qu'elle a un territoire très étendu, puisqu'elle renferme à peu près le tiers de l'enceinte de la ville et que le nombre de ses paroissiens monte à plus de 6.000 ftmes, que cette paroisse, divisée en trois églises, sous un pasteur commun, a des fonds suffisants pour subvenir à tous les frais du culte dans ces trois églises, qu'aucune de ces trois églises n'est assez vaste pour contenir un plus grand nombre de paroissiens que ceux qui y sont attachés dans le moment présent, que, néanmoins, tous ont un intérêt à rester réunis sous un pasteur commun : 1° pour continuer à jouir du bienfait inestimable d^étre dirigés dans la voie du salut par un ministre éclairé et vertueux, dont la sollicitude constante, sans se borner aux secours spirituels, s'étend sur les besoins temporels des pauvres, cette portion si précieuse de la nation ; qo pour participer plus directement aux prières fondées par leurs ancêtres pour le bien commun et la prospérité de l'empire ;
« Observent, en outre, qu'après avoir examiné avec attention les décrets relatifs à cette démarcation, ils ont remarqué que l'article 1 7 du titre I du décret sur la Constitution civile du clergé dit que, dans les villes où il y a plus de 6.000 âmes, il sera conservé autant de paroisses que les besoins des peuples et les localités le demande-iront;
(l) Arcli., 18 G^ 4 i*cfir*t fol. 90.