COMMENT LB CLBRGÉ ACCUEILLE LA CONSTITUTION
VOUS a-t-OQ proposé d'annuler toutes les ordonnances, tous les édits rendus contre les autres sectes religieuses ? C'est pourtant là un préalable nécessaire à remplir. Je vais plus loin : si le décret qu'on sollicite de vous eût été rendu il y a quelque temps, auriez-vous dit constitutionnellcment que la nation n'admettrait plus les vœux ecclésiastiques ? Non, Messieurs, vous ne l'auriez pas dit, parce que vous n'auriez pas pu le dire. Ëh bien, il vous reste encore à prononcer des décrets que la promulgation de celui-ci pourrait arrêter ou empêcher. Je conclus donc à ce que la motion de dom Gerle soit renvoyée, jusqu'à ce que vos lois sur toutes les corporations des sectes religieuses aient été prononcées (i) ».
Tout autre était l'opinion des représentants et des ecclésiastiques de la ville de Troyes. On avait vu les membres du clergé troyen, insensibles à la perte de leurs intérêts temporels, adhérer publiquement à la déclaration de la minorité des députés contre cette décision, en s'associant aux délibérations que prit à ce sujet le Chapitre de Notre- Dame de Paris (a). Cette déclaration, disons-le tout de suite, avait été signée de Dubois, curé de Sainte-Madeleine et du baron de Crussol, député de Bar- sur-Seine. C'est à Dubois, comme représentant du clergé, que fut adressée l'adhésion des prêtres qui partageaient l'opinion de la minorité. Les termes dans lesquels elle est conçue ne nous permettent pas de la passer sous silence:
a Nous doyens, chanoines, syndics et curés des églises cathédrales, collégiales et paroissiales, après nous être assemblés capitulairement, avons délibéré ce qui suit, savoir que vivement alarmés sur les dangers qui pourraient menacer la religion catholique, apostolique et romaiue, considérant que la difterence du culte public fut
(i)A. P., t. XII, p. 714-7Î10.
(a) D. ne dit pas un mot de cette importante affaire.