‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 127 sur 201 · RIPOSTES DE PLUSIEURS PRÊTRES 4S · texte numérisé non relu

RIPOSTES DE PLUSIEURS PRÊTRES 4S

ivresse* TappareiL enchanteur. Cette salle me parait ornée des statues des Grégoire, des Sieyès, des Bailly, des Mirabeau, des La Fayette, des Chapelier, des... Leurs augustes portraits nous interrogent, répondons. Auteurs immortels de la Constitution, nous ne prononçons vos noms qu*avec vénération, vous qui, toujours dignes de notre confiance. Têtes toujours de notre attachement, vous qui, pleins de respect pour Thomme, défendez ses droits avec Théroîsme le plus pur et le plus soutenu, vous enfin qui, brûlants de zèle pour la patrie, la vengez, la vivifiez dans toute Tincorruptibilité de votre âme Nos vœux sont de nous rendre dignes de la carrière que vous savez si bien honorer, de marcher sur vos traces et de vous assurer pour tous les instants de notre vie, du serment irrévocable de la plus juste gratitude (i) ».

Celui qui tenait ce hardi langage parait avoir été assidu aux réunions de la première société révolutionnaire. Le 27 février, un dimanche, les Amis de la Constitution sont assemblés en séance publique, à ThôteUde-ville ; c*est encore Dubourg qui les harangue. De rechef, il fait devant eux réloge de la nouvelle Constitution : c'est d'elle qu'il attend le bonheur de la France jusque-là compromise, selon lui, par les nobles.

La polémique ouverte par les défenseurs de la Constitution civile leur valut de vertes ripostes de la part de plusieurs prêtres du diocèse. L'un d'eux publia le 18 janvier, à Chambéry, Y Examen du serment civique adressé par un curé français à un curé de Troyes. Dans cette brochure de vingt pages, l'auteur anonyme compare les temps actuels avec l époque de la persécution sous Hunéric roi des Vandales au v» siècle. Il s'attache à démontrer que le serment n'est ni civique, ni catholique ; ni civique, car la première obligation du civisme est rattachement aux principes de la morale et de la religion, or la religion a trop de

(i)A. CL., 15Ô3.

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relations avec l'Etat pour que le sort de Tua et de Tautre ne soit pas lié inséparablement; ni catholique, car il est un assemblage infect et monstrueux de toutes les hérésies condamnées par la religion catholique... Plus hardie qu'aucune de celles qui l'ont précédée, la secte veut rendre complices de ses attentats les ministres mêmes des autels. C'est nous que l'impiété veut armer contre les autels confiés à notre vigilance et à nos soins. C'est elle qui a forgé ce serment infidèle et absurde que d'une main elle vous présente, tandis que, de l'autre, elle allume contre

nous le feu de la persécution Les évéques de France

ont opposé une résistance courageuse.. . Lorsque nous nous sommes dévoués aux fonctions saintes du sacerdoce, nous en avons connu les devoirs et les engagements. Pourrions-nous, sans les trahir, en contracter qui leur sont absolument étrangers... ? Si la Constitution que Ton veut nous faire adopter n'altérait pas les principes, si elle ne touchait pas au gouvernement spirituel de l'Eglise, pourquoi aurait-on refusé d'admettre la réserve que les évêques de France et plusieurs d entre nous en ont proposée à diflëi*entes époques ?. . De quel calme ne jouironsnous pas, lorsque nous pourrons dire que nous avons combattu pour la foi contre l'erreur et l'injustice?

Le Curé Français s'adresse ensuite aux jureurs et leur dit, à propos des élections du clergé par le peuple : « En jurant de maintenir cette Constitution prétendue civile du clergé, vous violez les décisions de l'Eglise universelle que vous aviez juré de respecter et d'observer. Cette prévarication ne sera que le prélude de celles auxquelles vous vous serez engagés sans les connaître. Déjà, ils ont annoncé le projet d'introduire le mariage des prêtres et le divorce des gens mariés, le projet de priver la naissance et le mariage des chrétiens de la dignité et de la consola tion des sacrements qui les sanctifient...... En vain on

voudrait nous faire envisager toutes ces innovations comme des objets de politique qu'un nouvel ordre de

RÉFUTATION DBS SOPHISMBS 425

choses et de lumières conseille. Ces projets ne sont pas moins Toeuvre des hérétiques que ceux que nous venons de démasquer. Nous devons apprendre que les hérétiques dont les erreurs se réveillent aujourd'hui avec les cendres furent tous conduits par des motifs méprisables et par le jeu et le mouvement des passions... Imitons le corps épiscopal, combattant corps à corps avec Timpie .»

Rien déplus sage que cette conclusion. En refusant, à l'exemple de son évéque, le serment prescrit par la Constitution civile, le clergé de Troyes aurait été plus fort contre la persécution et n'aurait pas connu tant de défections. Mais il était, en grande partie, janséniste, et Ton sait que l'une des tendances de la secte était de se séparer de l'Eglise, pour suivre les innovations les plus dangereuses, sans avoir l'air de renoncer au corps qui a le pape pour chef visible.

Dans ces dispositions le clergé troyen ne pouvait désapprouver un écrit purement théologique composé par un de ses membres sous ce titre : Notions sur le Saint-Siège, la cour de Rome et le Pape (i). C'est une brochure tirée des œuvres de l'historien Fleury. L auteur y distingue avec subtilité entre le Saint-Siège et l'église de Rome, entre la Cour civile de Rome et la cour ecclésiastique, entre le pape considéré comme évéque du diocèse de Rome, et le pape parlant par les congrégations. Ces subtilités gallicanes ne servaient en rien la polémique engagée à propos de la Constitution civile et ne renfermaient aucune conclusion.

Peut-être étaient-ils nombreux, dans le diocèse, les pasteurs qui se dispensaient de parler à leurs ouailles du pasteur suprême, de sa souveraine autorité, de l'obéissance que lui doivent tous, prêtres et fidèles, rois et peuples Si les prédicateurs étaient muets sur un sujet aussi nécessaire, c'est qu eux-mêmes, nous le craignons,

(i) A Troyes. ehez Gamier, 1791 .

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ne se faisaient pas une idée juste de la Constitution de TEglise : dès lors au moment du danger, ils ne pouvaient qu'être privés du secours et du soutien qu'ils auraient dû trouver dans les fidèles mieux instruits.

Pour la même raison le Prône dun bon curé sar le serment ciçique (i) était loin de cadrer avec les idées de la majorité du clergé. C'est l'exposition de la pure doctrine et la réfutation, au moyen des vrais principes, des sophismes des constitutionnels. L'auteur anonyme parait s'être inspiré de V Exposition des principes sur la Constitution, publiée par les évêques. Du moins il puise ses preuves aux meilleures sources et son prône est vraiment irréprochable.

Tel est le principal écrit que, dès les commencements de la lutte, les prêtres fidèles répandirent parmi leurs paroissiens pour les éclairer sur les empiétements sacrilèges de l'Etat. On ne pouvait mieux montrer que la résistance aux injustes lois était regardée par beaucoup comme un devoir. Les adversaires de la Constitution civile étaient encouragés dans cette lutte par le curé Dubois, leur représentant aux Etats-Généraux. Revenu à Troyes depuis le aS juin 1790 pour rétablir sa santé, Dubois les groupa, les réunit plusieurs fois chez, lui et, le 26 janvier, il les assembla dans l'église Sainte-Madeleine. « L'ancien lieutenant-général, Sourdat, un de ses paroissiens les plus ardents, monta en chaire pour allirmer avec véhéinence la fermeté de ses croyances Dubois parla après lui ; il déclara qu en droit, il resterait toujours curé de Sainte-Madeleine et que, s'il était contraint de se retirer, il saurait du moins mettre en sûreté les titres et l'argenterie de l'église. 11 termina en demandant à ses paroissiens sMl avait toujours leur confiance. Les femmes, qui se

(i) Le Prône d*un bon curé sur le serment civique se trouve en manuscrit sans nom d'auteur dans la liasse L. V. 1691, aux Archives départem. de TAube.

RisiSTANCB DU CURÉ DE SAINTB-MADBLBINB 42?

trouvaient en majorité, Ten assurèrent. Un membre du district, qui était présent, ayant voulu rappeler à l'observation de la loi, fut expulsé de Tauditoire ; il alla prévenir aussitôt les ofilciers municipaux qui, avec le concours de quelques gardes nationaux, dispersèrent l'assemblée (i). »

Cet attroupement, la municipalité voulut en poursuivre les auteurs ; mais le procureur général, Beugnot, Ten dissuada sagement en alléguant qu*une procédure aigrirait les esprits. Le peuple se conduisait avec convenance à regard des prêtres qui refusaient le serment. Il les empêchait de remplir les fonctions publiques, mais il ne les maltraitait pas ; et les excitations dirigées contre eux, notamment par certaines publications, restaient sans effet (a). Si quelques prêtres semblaient chercher à se faire insulter, Beugnot recommandait de les punir par où ils péchaient, en redoublant envers eux de soins, d'égards et de prévenances (3). La municipalité décida de signaler à TAssemblée nationale la conduite du curé Dubois, et ce fut un député de Paris qui se fît Tinterprète des mécontents, en dénonçant le représentant dans ces termes : « L'Assemblée a soumis ceux de ses membres qui veulent s'absentera Tobligation de prendre un congé ; cette règle a été enfreinte par M. Dubois, curé de Sainte- Madeleine de Troyes. M. Dubois a, en effet, passé huit mois dans son pays, et il vient d y retourner incognito^ sans congé. Je suis informé qu'il est très nécessaire qu'il soit rappelé à son poste ; et si quelqu'un exigeait que j'expliquasse les motifs de cette nécessité, on trouverait au comité des rapports des preuves qu'il ne va pas à Troyes

(i) Lettre au Préaident de ^Assemblée nationale du. ap janvier lygi. A. T. etB. H., t. I, p. 4u.

(a) Proclamation des citoyens de la ville de Troyes, da 12 janvier

(3) Lettre da 99 janvier 1791. A. T.

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pour y prêcher en faveur de la Ckinslitution. Je demande donc que T Assemblée charge M. le Président d*écrire à M. Dubois pour le rappeler à son poste. »

Un autre député, trouvant qu*une lettre du président serait insuffisante, fit rendre le décret suivant : « L* Assemblée nationale enjoint au sieur Dubois de venir prendre sa place de député. »

Ce fut pendant Tabsence du député de Troyes, le 5 mai, que la même Assemblée décréta la réunion du Comtat- Venaissin à la France. Des sept repi*ésentants de TAube, trois émirent un vote favorable : Baillot, Gamusat de Bellombre et Parisot ; ceux qui votèrent contre furent : Bluget, le marquis de Grillon, Jeannet et le marquis de Mesgrigny (i).

Un article de la loi ordonnait la lecture de la Gonstitution civile au prône des messes paroissiales. Le curé de Saint-Denis refusa de se soumettre à cette exigence qui lui paraissait, aussi bien que le décret lui-même, une innovation téméraire et sacrilège. Le dimanche 6 mars, le substitut de la commune, Georges-Nicolas Goquet, se rendit à Téglise de la paroisse, revêtu de son écharpe et monta à la tribune. Il allait commencer la lecture de la Gonstitution, lorsque le curé, Deheurles, quitta le maltreautel où il venait de célébrer la messe et somma Goquet de descendre, pour ne pas interrompre une messe basse qui se disait en ce moment dans une chapelle latérale. Le tumulte que souleva la présence du substitut et le mauvais parti dont on le menaçait le forcèrent à appeler à son secours la garde nationale de Saint- Jacques. 11 requit le capitaiue d'une compagnie qui était présent de lui prêter main-forte. Le curé se retira à la sacristie et le délégué de la commune put faire la lecture du malencontreux décret.

(i) A. P., t. XX v^ p. 584* Aubert et Bouchotte ne figurent pas parmi les votants.

ftBFUS DB LIRB LA CONSTITUTION AU PRONB 429

Comme Deheurles, plusieurs curés refusèrent coustamment de lire au prône les décrets de TAssemblée, quel qu'en fCit Fobjet ; ils estimaient que la chaire de vérité n'est pas faite pour promulguer de telles lois ; ce refus valut aux curés de Sainte-Savine et de la Saulsotte d*étre dénoncés par le procureur de la municipalité (i).

Ainsi le décret sur la Constitution civile était à peine porté qu*il divisait le clergé et donnait naissance à des querelles dont les suites ne pouvaient aloi*s être prévues dans tout leur horrible développement. 11 comptait cependant de nombreux admirateurs parmi les fidèles. Le peuple en général engageait les pasteurs à se soumettre moyennant les modifications qui paraîtraient à propos. Ne viton pas les habitants de Bar-sur-Seine décider que la statue de Notre-Danie-du-Chéne serait descendue processionnellement à Tégiise paroissiale où aurait lieu une neuvaine pour implorer du ciel le maintien de la Constitution ? (a).

Ses adversaires, eux, étaient plus grands par la qualité que par le nombre : c'était d'abord Tévêque de Troyes, Louis-Mathias de Barrai. Son oncle, Claude-Mathias- Joseph, aflaibli par Tâge, avait abdiqué, à la fin de 1790, en faveur de ce neveu qui remplissait les fonctions de coadjuteur depuis 1789 (3). En réponse à l'envoi de sa démission, le secrétaire d'Etat, Guignard, avait écrit, le aa décembre, à Mff' de Barrai cette lettre honorable : « J'ai remis au roi, Monsieur, la démission de votre évêché que vous m'avez chargé de mettre sous les yeux de Sa Majesté. Elle m'a ordonné de vous dire qu'elle l'acceptait en même temps qu'elle a daigné me charger de vous témoigner ses regrets de ce que votre âge et vos infirmités ne vous per-

(I) Arch., L. G. i/3(i.

(a) Arch. mnnic. de Bar- sur-Seine.

(3) il n*avait été instaUé comme coadjuteur que le 7 octobre 1789, en présence du Chapitre de Saint-Pierre. Arch.^ G. ia5.

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mettaient plus de conserver les fonctions de Tépiscopat, que vous avez dignement remplies pendant trente ans à la satisfaction des diocésains et du monarque. Je me trouve heureux d'avoir à vous transmettre cette marque d*estime de Sa Majesté (i). ))

Le ministre, qui félicitait Toncle en termes si honorables, aurait pu plaindre le neveu qui recueillait la succession de Tévôché de Troyes dans ces difficiles conjonctures. Car quel moment pour entrer en fonctions que celui où une partie du clergé adhérait publiquement à la Constitution schismatique imposée par l'Assemblée nationale I Mais Mt^ de Barrai était un grand évéque et le temps arrivait où il allait donner la mesure de ses mérites, de ses talents et de ses vertus. Un des premiers actes de son trop court épiscopat fut de défendre les principes adoptés et suivis par Timmense majorité de ses collègues (a). 11 regarda, en effet, comme contraire k sa foi, d*adhérer à des lois qui introduisaient manifestement le schisme dans TEglise. Pressé de jurer, il demanda à réfléchir, et attendit quinze jours avant de faire connaître sa réponse négative. Il ne prêta donc point le serment à la Constitution civile, disposé qu*il était à tout sacrifier plutôt que d*agir à Tencontre de sa conscience. Le prélat n'ignorait point l'opposition que son refus allait trouver dans l'Assemblée nationale. Elle lui vint surtout d'un député du bailliage de Har-sur-Seine, Parisot. Ce représentant du tiers-état s'exprima ainsi, dans la séance du 20 janvier 1791 : « Messieurs, M. de Barrai, évoque de Troyes, a notifié au directoire du département de l'Aube sa démission. Le procureur général

(i) Arch., L. V. i5o6. F., p. 79. donne par erreur la date du a3 janvier 1791 au lieu du 211 décembre 1790.

(a) F., p. 79, dit que a le nouvel évêque crut devoir s^absenter quelque temps, il quitta même le royaume, dans la crainte qu*on ne le forçât d'administrer de suite et avant que la démission de son oncle eût été acceptée en cour de Home. »

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syndic allait, en conformité de vos décrets, assembler les électears pour procéder à Télcction d'un nouvel évéque ; mais M. de Barrai a annoncé qu'il avait un héritier à Févêché, que cet héritier était M. de Barrai, son neveu, actuellement errant et fugitif en Savoie. 11 s'agit de savoir, Messieurs, si, contre la disposition de vos décrets, un coadjuteur peut être ressuscité dans le nouvel ordre et s'il peut hériter du siège de son oncle.

« Vous vous rappelez que, dans le nouvel ordre, il est décrété : i* que, ne reconnaissant pour fonctionnaires publics ecclésiastiques que les évêques et leurs vicaires, les curés et leurs vicaires, vous avez aboli tout autre espèce de dignité ; a^ qu'eu cas de vacance, soit par mort ou démission, tout fonctionnaire public ne serait remplacé que par la voie d'élection. Or, dans un instant où le peuple s'est ressaisi de ses droits les plus sacrés, l'Assemblée pouri*ait-elle reconnaître un coadjuteur ? Je crois que la question est trop simple pour être discutée. »

Un député ayant demandé le renvoi de TafTaire au Comité ecclésiastique, Parisot reprit :

« On dit qu'il avait pris possession ; mais tous les évêques que vous avez supprimés avaient pris possession, tous les digpiitaires que vous avez supprimés avaient également pris possession ; aussi ou ne peut invoquer, dans cet instant, cette prise de possession. Je demande que l'Assemblée décrète que le procureur général syndic du département de l'Aube fasse incessamment assembler les électeurs à TefTet de procéder à l'élection d'un nouvel évêque, d'après la démission qu'a donnée M Tévéque de Troyes. »

Parisot avait à peine émis cette prétention que TreiU hard, député du tiers-état de Paris, le confondit en s'écriant : « Lorsque vous avez voulu conserver les titres de plusieurs charges, vous n'avez entendu toucher aucun des droits qui étaicut acquis à ceux qui en avaient été pourvus. De là, il me parait résulter que les coadjuteurs

des évéqaes conservés qui avaient des titres, qui avaient pris possession et qui étaient en exercice, doivent conserver la totalité de leurs droits et qu*il ne peut y avoir ouverture à la nomination qu*après le décès ou la démission de ces coadjuteurs. » L'argument était sans réplique; mais, sur la motion de Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, TAssemblée passa à Tordre du jour (i).

L*is8ue de ce débat n'était pas douteuse pour tdt^ de Barrai. Mais son clergé, ses prêtres, vont-ils avoir la fermeté de leur chef? Cette ligne de conduite, qu'il leur a tracée plus par son exemple que par ses discours, vont-ils la suivre? D'abord, voyons si Tadministration du diocèse répondit à la confiance de Mff'' de Barrai en imitant son refus d'adhérer à la Constitution. Le plus ancien des vicaires généraux était Feytis de Saint-Capraise, doyen du chapitre de Saint-Pierre. 11 ne pi*éta pas le serment, n'y étant obligé ni comme vicaire général, ni comme chanoine. En eflet, la nouvelle Constitution ne reconnaissait ni vicaires généraux, ni archidiacres et, par conséquent, ni les uns ni les autres ne fui*ent appelés à adhérer au fameux décret. Ils ne pouvaient même être regardés comme vicaires épiscopaux, puisqu'ib ne remplissaient pas la condition imposée par le décret qui voulait qu'ils fussent choisis par Tévêque du département. A aucun titre donc, les vicaires généraux de M^' de Barrai, pas plus que les archidiacres, ni le secrétaire de l'évêché, n'avaient à se soumettre à la Constitution civile. Us demeurèrent tous fidèles.

Les chanoines n'étant pas fonctionnaires publics, eux non plus, n'avaient pas à adhérer à la Constitution : l'un d'eux, cependant. Pin, du Chapitre de la cathédrale, prêta le serment, comme nous l'avons déjà dit. 11 fut, heureusement, le seul à commettre cette prévarication (a).

(I) A. P., t. XXII, p. 337.

(a) Le chanoine Cumusat de Messon jura aussi, mais ce fut en qualité d*aumônier de la garde nationale.

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