MAGNANIME REFUS VM
•lée et, pour ne pas vous laisser ignorer leurs sentiments, Is ont ordonné qu elle vous serait lue dans cette enceinte acrée, cette instruction vraiment paternelle dont la agesse et la modération sont faites pour rassurer les onsciences timides, et ramener ceux qu'un faux zèle avait garés.
« Pour nous, édifiés de Tbommage éclatant et vrai que endent nos législateurs à l'immutabilité des dogmes que lous professons, attachés de cœur et d esprit à la religion de nos pères, que de réformes si longtemps désirées ^ont rappeler à la simplicité primitive, amis de l'ordre et le la paix qui seraient troubléi^ par une résistance coupable, c'est à la face de ces autels où nous célébrons nos edoutables mystères, c'est entre vos mains, mes chers mroissiens, c'est entre les mains des ministres de la loi [ui président à cette auguste cérémonie, que mes coopéateurs et moi, nous contractons l'engagement solennel le remplir avec zèle les fonctions qui nous sont confiées, l'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir le tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Asemblée nationale et acceptée par le roi(i). »
Celui qui croyait pouvoir concilier des principes si apposés avait pour vicaires Pierre Rigoley, Paul-Antoine londot. Honoré Pichot, son propre frère François >ret, tous originaires de Troyes, et Martin Dorez, de >ommartin-le-Coq, prêtre sacristain.
Il mit tout en œuvre pour les associer à son apostasie. 1 les gagna tous, sauf Dorez, qui se trouvait malade alors (t qui fit à son curé cette magnanime réponse : « Malheu- •eux que vous êtes ! Comment osez-vous venir me proposer m parjure? Ne suis-je pas assez redevable à la justice livine, sans me rendre coupable d'un nouveau crime que e peu de moments qui me restent à vivre ne me permetrait pas d'expier ? )>
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Dorez excepté, tous les vicaires de Saint-Jean prêtèrent donc serment, ainsi qu'un prêtre habitué, Claude- Jean- Baptiste Godmée, de Paris. Un autre prêtre habitué de Saint-Jean, Glaude-Jean-Baptiste Drevelle, ne jura pas. Rigoley et Rondot pouvaient-ils oublier à ce point qu'ils s'étaient, le i3 avril précédent, déclarés tout disposés à verser leur sang jusqu'à la dernière goutte, si c'était nécessaire, pour la défense de la religion catholique, apostolique et romaine ?
Le curé de Saint-Pantaléon, Augustin Sibille, était le plus ancien curé de la ville ; n'aurait-il pas dû, comme tel, donner le bon exemple à tous ? Né à Troyes le i^^ octobre 17^4* uommé en 1751 curé de Saint-Pantaléon, il s'était vu refuser ses provisions par Mff^ Poucet. Ce ne fut qu'un an après sa présentation par l'abbesse de Notre- Danie-aux-Nonnains, qu'il fut agréé de l'évoque et entra dans cette cure qu'il devait garder quarante ans, que ne pouvons-nous ajouter, qu'il devait honorer à la fin de sa vie par l'exemple de la résistance aux empiétements schismatiques de l'Assemblée constituante, et la fidélité aux saints canons de l'Eglise catholique? Le même jour que Dret, il prêta le serment constitutionnel, non sans avoir, comme lui, et après entente avec lui, protesté de sa soumission aux lois de l'Eglise.
« Je prétais, dit-il à ses paroissiens, de cœur et d'esprit mon serment civique ; mais je suis pasteur, et, par état, je dois le manifester. Vous le recevrez avec les mêmes sentiments, dignes représentants de la commune. Je prends le Dieu immortel à témoin que ce n'est ni la chair ni le sang qui me portent à donner cette preuve de patriotisme. O vous, mes chers concitoyens, qui êtes accourus ici pour m'enteudre, ô vous, braves défenseurs de la patrie (i), ô vous, mes chers paroissiens, mes bien-ainiés, ma joie et ma couronne, vous savez combien peu j'étais
(i) Allusion à la garde nationale présente.