CANTON DES RICEYS
Canton des Riceys.
Dans le canton des Riceys les prêtres fidèles furent Simon Brelet, curé d'Arrelles ; Louis Roy, curé de Balnotsnr-Lai^nes ; Jean-Baptiste Hazard. cuvé de Beauvoir ; Jean-Clande Huillier, curé de Bragclogne; Louis Calmelet, curé de Chaunes.et Nicolas Piedmontois, vicaire de Ricey- Haute-Rive. Celui-ci se trouvait dans un cas embarrassant. Ses infirmités Tempéchaient de sortir de sa chambre ; il lui était donc impossible de se rendre à Téglise, lieu fixé pour la cérémonie de la prestation du serment. Sans égard aux souffrances de Piedmontois, les officiers municipaux se transportèrent, le 6 février, au presbytère pour demander au vicaire infirme de se conformer au décret. Il s*y refusa, en leur faisant observer quMl fallait pour jurer validement, le faire à féglise : c'était une condition formelle de la loi. L'observation fut acceptée au moins provi* soirement, et la maladie très opportune du vicaire faida à rester fidèle k son devoir.
Claude Totey, vicaire de Ricey-Bas, ajouta à son serment ces paroles restrictives : «exceptant les objets spirituels qui dépendent essentiellement de l'autorité de TEglise catholique, apostolique et romaine, dans laquelle je veux vivre et mourir. » Sur la remarque du maire que cette réserve annulait le serment, le bon prêtre ne sut que maintenir ses paroles. La môme restriction fut apportée h son serment par Jean-Joseph Robert, vicaire de Ricey-Haut, mais il la retira le lo mai suivant.
Voici le serment d»i curé de Balnot : « Comme citoyen, comme prêtre, votre pasteur, votre curé, je jure autant que la religion m'y autorise et me le permet, et que la conscience me le prescrit, de veiller avec soin sur les fidèlçs dont la conduite m'a été ou me sera confiée par l'Eglise, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir, en tout ce qui est de
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roVdre. purement politique, la Coostitiition décrétée par TAssemblée nationale et acceptée par le roi. »
Le serment restrictif du curé de Bagneux, Antoine Dinet, fut prononcé selon la formule ordinaire, à laquelle il n'ajouta que ces mots : « sauf les droits de TEglise et les décisions des souverains pontifes. » A ces paroles des voix nombreuses et hardies s'élevèrent avec tumulte nonobstant la sainteté du lieu, et s'écrièrent : le serment pur et simple ! Point de restriction ! Mais le curé répéta sa restriction d*une voix assurée. A lors des cris furieux retentirent dans l'église : « A bas le prêtre insermenté ! » Si Dinet s'était contenté d'apporter à sou serment cette restriction, il n'aurait peut être pas été inquiété, et on lui aurait simplement donné un successeur comme c'était la loi. Mais son serment avait été précédé d'un discours qu*il redit d'ailleurs dans plusieurs circonstances et qui peut se résumer ainsi : L'Assemblée nationale a abusé de ses pouvoirs ; les élections qu'elle a prescrites sont pernicieuses à la i*eligion, pour qui elles sout un danger ; les prêtres qui seront élus seront des intrus, des schismatiques, des héi*étiques, des moines sortis de leur cloître qu'ils ont déshonoré ; l'Assemblée nationale n'est composée que de juifs, de luthériens et de protestants.
Certes, il en fallait moins pour mettre le feu aux poudres. De plus le dimanche 3 avril, à la prière du soir, Dinet donna à ses pai*oissiens lecture du bref du pape au cardinal de Loméuie et y ajouta les commentaires suivants : l'Assemblée nationale n'avait aucun dmit d'apporter les changements ([u'elle a faits, elle abuse et trompe le peuple en lui persuadant que la vente des biens du clergé diminuera les impositions. Les prêtres (jue le peuple élira seront lU? faux pasteurs, des païens, et les sacrements administrés par eux seront nuls Enfin le cure défendit de communiquer in dwinis avec celui qui lui serait donné pour successeur, comme par exemple, de lui faire baptiser les enfants. Pour toutes ces paroles, il fut dénoncé au tribunal de Bar-sur-
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Seine, qui le priva de son traitement et le déclara déchu de tous ses droits de citoyen actif pendant trois ans et incapable d'exercer aucune fonction publique, lui enjoignit de sortir de la commune de Bagneux dans la huitaine, de se retirer à une distance d'au moins quatre lieues sous peine de poursuites extraordinaires et le condamna à 4oo livres d*araende avec contrainte par corps (i).
Il ne restait qu'à se soumettre à la force. Le curé de Bagneux prit, le i4 juin, le chemin de la Suisse et se fixa à Soleure, où tant d'autres prêtres fidèles devaient le rejoindre l'année suivante.
Le curé de Channes émit un serment que nous nous reprocherions de passer sous silence: « Je jure aujourd'hui, dit-il, devant Dieu et devant vous, mes chers frères, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, d'être exact à remplir fidèlement tous mes devoirs envers vous dans le besoin et avec amour ; je jure et promets d'être un ardent patriote, un zélé citoyen, et de maintenir de tout mon pouvoir la (Constitution civile du clergé décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi, en tout ce qui concerne le bien temporel de la nation et de l'Etat, et en tout ce qui ne sera pas essentiellement contraire à la religion sainte que je professe comme chrétien avec vous; et de plus, comme ministre de Jésus-Christ et votre pasteur chargé par état de vous instruire, et de vous apprendre que craindre Dieu et ses jugements, l'aimer de tout son cœur, le servir(idclenient,aimerson prochain comme soi-même, être soumis à l'Eglise dont nous sommes les enfants, honorer et respecter la puissance temporelle, obéir «à la nation, a la loi et au roi, est le vrai moyen d'attirer les bénédictions du Seigneur en cette vie et d'avoir part, un jour, au bonheur dans le paradis. Je me recommande à vos prières, au saint sacrifice de la messe que je vais offrir à Dieu pour vous. X)
(i) Journal du département ^ du r 3 juillet 1^91.
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Le serment pur et simple fut prêté par Laurent Maréchal, curé d*Arrellcs; Nicolas Empereur, curé d'Avirey- Lingey, et Jean-Baptîste Voisin, son vicaire. Nicolas Blnget, curé des Riceys, avait juré à TAsseniblée nationale dans la séance du 3i décembre 1790.
DISTRICT OBUVY.
Le canton actuel de Bouilly, sauf cinq paroisses, le canton de Chaource, sauf Balnot et Lantuges, le canton d'Ervy, celui d*Aix-en-Othe et celui d'Estissac, moins quatre paroisses, formèrent le district d'Ervy.
Canton d'Aix-kn-Othe.
Dans le canton d*Aix, la Constitution civile du clergé rencontra plus de partisans que d*adversaires.
Le vicaire d'Aix, Jean-Gond Moineau ; le curé de Bérulles, François Gasteau ; le curé de Maraye, Hubert Grados, et son vicaire, Brice-Etiennc-Théodore Noël ; le curé de Paisy-Cosdon, Jean Maillet ; le curé de Rigny-le-Ferron, Edme Lauiothe, et son vicaire Jean-Charles Courtois ; et le curé de Vulaines, Jean-Joseph Pascal, ne jurèrent qu'avec réserve.
Ecoutons d'abord Top in ion de Moineau : « Le dépôt sacré de la foi catholique qui nous a été confié pour être transmis dans toute sa pureté par la voie de Tinstruction m'avait d abord fait concevoir quelques anxiétés, mais elles ont été levées par les principes clairs sur les dogmes, sur la hiérarchie, sur l'autorité spirituelle du chef de l'Eglise, renfermés dans un discours prononcé à la tribune de rAsseniblée nationale, discours dans lequel il est dit (jue TAssemblée nationale reconnaît que ces objets sont hors de son domaine, discours auquel toute TAsseniblée nationale a applaudi et dont elle a adopté les principes, en arrêtant qu'il serait inséré dans son procèsverbal ; en conséquence, les principes de ma foi étant à
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couvert et hors de toute atteinte, je jure de veiller avec soin sur les fidèles qui nie seront confiés, etc. »
Disons tout de suite que le sens restrictif de ce discours échappa à la municipalité d*Aix-en-Othe, chargée de recevoir le serinent et que le vicaire fidèle fut considéré par elle comme s'étant soumis au décret. Il n*en fut pas de même des paroles dont le curé de Paisy-Gosdon accompagna son serment. <x Je jure, dit-il, de veiller avec soin sur les ûdèles qui me sont ou me seront confiés par TEglise ; c*est mon devoir de pasteur d^être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir, dans Tordre civil et politique, la Constitution du clergé, en exceptant tous les objets qui concernent Tautorité spirituelle, réclamant en vertu de la Constitution qui déclare la pensée libre, la liberté individuelle contre toute violence qui tendrait à opprimer ma conscience et à me faire renoncer à ma créauce. Je jure d'enseigner aux fidèles qui me sont confiés la doctrine de TEglise catholique, apostolique et romaine, dont les principes sont la seule garantie des droits de Thomme, et d'instruire mes paroissiens et leur apprendre h respecter les puissances et Tautorité qui gouverne. Tel est mon serment et la foi dans laquelle je veux vivre et mourir. »
Le curé Maillet oublia vite, hélas ! ces restrictions ; et il conserva ses fonctions curiales ; mais nous ne savons à quelle date il jura purement et simplement. Ce quiestceis tain cependant, c'est qu'il ne s'y résigna qu'à la dernière extrémité. L'avocat Jean-Baptiste Branche, qui remplissait les fonctions de procureur-syndic du district, aurait voulu voir tous les prêtres se soumettre sans réserve à la Constitution civile; du moins ils lui auraient ainsi épargné l'obligation de sévir contre eux. Il leur écrivit donc des lettres pressantes pour les engager a jurer purement et simplement. Mais malgré toute son éloquence, il ne put persuader les prêtres fidèles de manquer à leur devoir. Ils le lui firent savoir pour la plupart dans des lettres
dont la lecture va nons édifier sur leurs senti inents intimes. Voici d'abord ce que lui répondit le curé de Paisy-Gosdon.
« Monsieur, « J'ai consulté encore ma conscience, et elle me répond toujours que je ne puis faire un nouveau serment, qu'on peut tout oser conlre nous, mais que nous ne serons point des roseaux agités du vent ; ma conscience me dit qu'un bon soldat doit plutôt mourir que d'abandonner son poste, un bon époux que de se voir arracher une épouse chérie. D'ailleurs on ne peut me déposer sans crime. M'en fera-t-on un d'avoir suivi ma conscience non erronée ? Pour une juste restriction et en vertu môme de l'instruction de l'Assemblée, faut-il périr de faim ? Hoc nefas est, Gusiaçi in summitate virgœ paululum mellis et ecce morior (i). Nommez ou, du moins, vos électeurs; ils ne le peuvent faire canoniquement. Oui, ma conscience m'a dit de rester au milieu de mes ouailles, que c'est Dieu qui m'y veut, qu'un autre que moi ne peut ni prêcher, ni absoudre au moins dans la quinzaine (de Pâques), ni marier, ni signer d'acte. Que feront mes paroissiens d'ouvriers sans mission, sans pouvoirs ? Je ne puis faire de démission à moins que les forces ne me manquent ; si vous me regardez comme rebelle, si je me laisse arracher de mes ouailles et que je persiste à apprendre les voies du salut et à respecter la puissance qui gouverne, vous avez des prisons ; si j'ai mérité plus, ma tète sera entre vos mains. Non, il ne sera pas aisé de séparer ce que Dieu a joint. Si vous frappez le pasteur, le troupeau ne se dispersera pas sans grands mécontentements. Vous allez nous réduire; mais nous mendierons, il y a des besaces à vendre au couvent des Capucins pensionnés. Obéissez, Monsieur,
(i) Je n'ai fait que goûter avec l'extrémité de la baguette un peu de miel, et voici que je meurs. Paroles empruntées à la sainte Ecriture, 1 livre des Ruis, ch. xiv, verset 43.
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au département ; et moi, j^obéifai toujours à Dieu et à ma conâcience. Nous sommes ehi*étiens, nous ne verserons jamais le sang des chrétiens.
Maillet, curé de Paisy. »
Pressé de se rétracter, le curé de BéruUes se rendit le !i4 mars à la mairie et parla ainsi :
« Je déclare à la muuicipalité que, malgré Tlnstruction de r Assemblée qui assure ne point toucher à la religion, ma conscience me reprocherait de faire un serment pur et simple ; je ne vois pas pourquoi on nous refuse cette consolation. »
Le maire transmit cette énergique déclaration au procureur du district et essaya de justifier le refus de Gasteau. « Le pauvre curé ne vous a pas fait réponse : il ne le peut dans la peine où il est ; il a été volé dimanche dernier pendant la messe ; on lui a pris toute son argenterie, son argent, envirou i4o livres de la paroisse dont il était trésorier, pa montre d'or et son tusil, et environ 5oo livres à sa servante. Dans cette peine, s*il était possible de ne pas le chagriner davantage, vous satisferiez toute la paroisse qui Thonore et le respecte. Cela pourrait éviter bien du trouble dans la paroisse, qui pourrait sortir de sa tranquillité. Vous êtes sage et prudent, ainsi que messieurs du district. Un peu de temps pourrait ramener les choses à la satisfaction de tous. »
Un tel langage est à la louange du maire et du curé ; mais il ne fut pas compris, parce que lengouement pour la Constitution faisait sacrifîer Tintérêt des populations et la paix même du pays aux passions politiques.
A Vulaines, la municipalité adicha, le 3o janvier à la porte de réglise,la loi relative au serment. Non-seulement le curé ne voulait pas s'y soumettre ; il refusait même d'en donner lecture au prône De là, l'exaspération de ses paroissiens contre lui. 11 était d'autant plus méritoire au courageux prêtre de ne tenir aucun compte de l'opposition de sa paroisse que quelques semaines aupara-
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vaut, les plus osés de la commune avaieot résolu de lui luire un mauvais parti. Plusieurs conseillers municipaux avaient en elfet, tente, le i!i décembre 1790, de piller le presbytère, puis de mettre à mort le curé. Cétait avant la messe. Us se présentent à la cure. L'un d eux met le poing sous la gorge du curé. La bande le suit : « Si vous en voulez à mes jours, dit le prêtre, vous pouvez me tuer, car je ne me détendrai pas. ^ Ils se contentèrent de loi boire son vin, Tinsultèrent et se retirèrent, se promettant bien d'exécuter plus tard leur coupable dessein S'ils ne tuèrent pas le curé, ils le dénoncèrent au district pour refus de serment. Le procui^eur syndic lui écrivit, comme aux autres réfractaires, pour rengager à se soumettre. II le pressa d'autant plus vivement que le maire avait le i!i mars demandé au directoire un autre curé. Ce magistrat, qui avait eu une si lai^e part dans les vexations infligées à Pascal, ajoutait dans sa lettre au district que, si Ton ne se hâtait pas de remplacer le curé, les habitants le mettraient hors du presbytère (i).
Voici la réponse du prêtre fidèle :
Vulaines, ce 'jo mars 1791.
« J*ai riionneur de vous remercier. Monsieur, de Ta vis que vous me donnez sur la conduite de la municipalité de ma paroisse à mon égard : je n*en attendais pas mpios de leur part, je ne vous dirai pas qu'elle est pleine de lueasonge, d'imposture et de mauvaise foi... Je nai d^autre serment à faire que celui que j*ai fait le la juillet, suivant cet axiome philosophique : Xon sunt multiplicanda eniiaT sine necessitate, surtout puisque les termes sont les mêmes. Malgré cola, on voici un que je prends la liberté de vous otTrir ot que vous refuserez, jo pense.
« Je jure que jo donne mon âme à Dieu, mon cœur au n>i. mon corps à la nation et mon peu de bien, si ctrox qui Tout en mains jugent à propos de me le rendre, je le garde
U) Arch.. V.,4oî3.
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pour m'em pécher de mourir de faim. J*osc vous assurer, Messieurs, que je suis dans la ferme résolution de n'en
. pas faire d'autre. Que vous rangiez ma cure au rang de celles qui sont vacantes ou non, cela m'est fort indiiférent, et le sacrifice que mon èipulsion me fera faire de mon bénéfice et de ma paroisse sera toujours à mes yeux de peu de conséquence et peu cher à mon cœur par le mépris,
' les brocards et les sottises que j'y ai essuyés et que j*y essuie de la part de ceux qui sont faits pour me respecter» Mais les circonstances le veulent ainsi. Amen. Je conti-
, nnerai mes fonctions dans la paroisse, si cela cadre avec votre façon de penser, et si dame municipalité ne me chasse pas, jusqu'à l'arrivée de celui que vous destinez à venir les remplir en mon absence après mon renvoi; et à • son arrivée il me trouvera très soumis à vos décisions, quelles qu'elles soient. »
L'auteur de ce fier langage ne s'était pas même présenté à la municipalité pour refuser 'de jurer. Au contraire, le curé de Rigny-le-Ferron s^était, lui, rendu au greffe de la mairie le ii février, pour déclarer, comme l'exigeait la loi, s'il se soumettait oui ou non au décret relatif à la Constitution civile. IL remontra aux ofllciers municipaux qu*il lui éta\t impossible d'accepter le décret du 27 novem-. bre. Voici d'ailleurs les propres paroles de ce bon pasteur dans cette pénible circonstance : . « Qu'il est douloureux pour moi, malgré mon amour connu, pour l'ordre, la paix, le bien public, malgré ce môme serment que j'ai reçu de vous tous le premier, et que j'ai moi-même répété plus d'une fois depuis entre vos mains, d'être fidèle à la loi, à la nation et au roi, malgré la résolution sincère d'y être fidèle toute ma vie^ qu'il est, dis-je,«fifnigeant pour moi d'être contraint de vous déclarer ici que je ne pourrais jurer de maintenir la Constitution san^une restriction essentielle et formelle que vous avez défease de recevoir. Cette restriction serait de ne soumettre à mon serment rien de ce qui dans la Constitution
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civile du clergé altère ou touche les vérités du dogme, la discipline fondamentale de TEglise, le spirituel en un mot. Si j'en agissais autrement, je trahirais indignement les lumières et la voix de ma conscience; et dès là même, je ne serais plus digne de votre estime, encore moins de votre confiance. Dès là, il ne me resterait qu*à traîner une vie rongée de remords cuisants, vie plus malheureuse mille fois que Tindigence et la pauvreté. C*est pourquoi, dans l'espérance que de nouveaux éclaircissements pourraient rendre le calme à ma conscience alarmée, dans la confiance que TAssemblée nationale elle-même pourrait apporter quelque adoucissement ou modification aux objets qui causent mon inquiétude et celle de tant d'autres, je déclare que mon intention est de demander aux administrateurs du département de TAube un sursis ; je le demanderai pour M. Courtois mon vicaire absent, et qui m'en a prié par lettre, et pour moi ; et je vous demande à vous-mêmes de m'aider à obtenir cette grâce. Quel que soit au reste TefTet de cette supplique, je proteste qu'en vivant au milieu de vous, je ne cesserai d'y donner par mes paroles, mes écrits et ma conduite l'exemple de la soumission extérieure la plus entière aux lois et décrets du royaume en rendant de bon cœur à César tout ce qui est à César, je ne me réserve que de rendre d'aussi bon cœur à Dieu et à son Eglise tout ce qui lui appartient. »
La municipalité répondit à Lamothe qu'elle ne pouvait lui accorder de sursis, mais seulement recommander sa pétition au district. Puis, comme quelques-uns de ses paroissiens essayaient de l'amener à composition, il leur envoya le ai mars les observations suivantes : <x Messieurs,
a Aucune des raisons que j'ai eu l'honneur de vous apporter lors de ma déclaration relative au serment civique n'étant affaiblie ni changée, j'abuserais de votre complaisance en différant plus longtemps à vous déclarer que je ne peux prêter le serment tel qu'il vous est enjoint de