‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 168 sur 201 · BREF DE PIB VI · texte numérisé non relu

BREF DE PIB VI

Le Pape y déclare d'abord que, d'après les conseils des cardinaux, d'après le vœu du corps des évêques de France et Texemple de ses prédécesseurs, en vertu de la puissance apostolique dont il est revêtu, il ordonne à tous les ecclésiastiques séculiers ou réguliers qui auraient prêté le serment civique purement et simplement, de se rétracter dans l'espace de quarante jours, à compter du i3 avril 1791. Il prononce que ceux qui, dans cet intcrvaile^ n'auront pas fait leur rétractation, seront suspens de toutes les fonctions de leur ordre et que, s'ils les exercent, ils encourront T irrégularité.

a*" Il annule, comme sacrilèges, les élections d'Expilly, de Maroiles, et des autres nouveaux évêques. Il casse l'érection des nouveaux évêchés.

3"* Il déclare les consécrations des mêmes évêques illicites, illégitimes, sacrilèges ; il ajoute que les nouveaux évêques n'ont aucune juridiction pour la conduite des âmes, et il les déclare suspens de toutes fonctions épiscopales.

4* Sont suspens les évêques consécrateurs des intrus, ainsi que les témoins et tous ceux qui leur ont prêté leur concours, donné leur consentement ou leur conseil.

5® En conséquence, il défend aux nouveaux évêques d'exercer aucun acte de juridiction épiscopale, sous peine de nullité.

6® Il leur défend d'administrer Tordre et la confirmation. Il avertit ceux qui auraient reçu d'eux les ordres, qu'ils sont eux-mêmes suspens et que, s'ils en exercent les fonctions, ils encourent l'irrégularité.

70 II ordonne qu'on regarde c*»nî nt» nulles et illogitimes toutes les autres élections aux églises cathédrales ou aux cures, quand même ces places auraient été vacantes. Il enlève toute juridiction à ceux qui en ont été ou qui en seront l'objet.

8*» Enfin il déclare que, si les voies de douceur qu'il emploie et ses avis paternels ne ramènent pas les cou-

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pables à leur devoir, il les anathématisera et les dénoncera à toute TËgiise coinme séf)arés de la communion ecclésiastique et de la sienne.

Comment ce bref de Pie VI parvint-il à Mr de Barrai ? Lie reçut-il directement sur les chemins de l'exil, on lui fut-il transmis par Tarchevêque métropolitain de Sens, à qui le Souverain Pontife lavait envoyé avec une lettre particulière ? Nous ne saurions le dire. Pie VI avait écrit aux évéques de France :

« Les maux et les troubles qui déchirent le royaume de France prenant de jour en jour de nouveaux accroissements, nous sommes forcés, pour remplir nos fonctions apostoliques, de faire suivre notre lettre du lo mars d'une autre adressée à nos chers iils les cardinaux de la sainte Eglise romaine, à nos vénérables frères les archevêques et évoques, et à nos chers fils composant les Chapitres, le clergé et le peuple de France, pour qu'ils soient tous avertis du schisme qu'on s'efforce d'introduire et d'établir dans ce royaume ; c'est pourquoi, afin que cette nouvelle lettre circule plus rapidement, et pour donner aux métropolitains une preuve de notre confiance dans leur zèle et de l'espoir que nous fondons tant sur eux que sur les évéques qui sont dans chaque province, nous avons résolu d'en adresser plusieurs copies à chacun des métropolitains, pour qu'ils les communiquent aux évéques de leur province, aux Chapitres, au clergé et au peuple, et qu'ils puissent, par ce moyen, diriger vers le même but leurs soins, leurs discours et leurs efforts. C'est dans cette vue que nous vous envoyons, vénérable frère, un certain nombre de copies de cette lettre, persuadés que votre sollicitude pastorale répondra parfaitement à nos vœux (i).»

C'est de Trêves, où il était depuis peu de temps, que l'évoque de Troyes envoya communication du bref de Pie VI h ces diocésains, en ces termes :

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