ACCUEIL DU CLERGÉ TROYBN
cet examen que le grand pape saint Léon avait tant loué ! Ainsi, les évoques avouaient que le premier siège, lorsque le besoin de TEglisc le demandait, pouvait commencer, pour être suivi avec connaissance par les sièges subordonnés, en sorte que tout aboutit à Tunité catholique (i).
« Et sera la présente ordonnance envoyée à toutes les églises paroissiales et à toutes les communautés ecclésiastiques, séculières et régulières de notre diocèse, avec les lettres apostoliques du i3 avril dernier, traduites en français pour Tinstruction de tous les fidèles.
<x Nous ordonnons, en outre, que l'exemplaire latin des dites lettres apostoliques, qui nous a été adressé de la part du Souverain Pontife et visé par nous, sera déposé au secrétariat de notre évêché, ou, si les circonstances ne le permettent pas, dans tout autre dépôt public.
« Nous attendons de Tesprit sacerdotal qui anime nos vénérables coopéra tcurs, qu'ils agiront avec autant de circonspection et de prudence que de zèle et de charité, pour faire connaître à leurs paroissiens le jugement du père commun des fidèles, en assurer Teflet sur les consciences et concourir ainsi à la paix de TEglise et au rétablissement de ses lois.
« Donné à Trêves, le 8 juin 1791.
« f Louis-Mathias de Barral, Evêque de Troyes. »
Quel accueil le clergé troyen réserva-t-il aux ordonnances de Mr de Barrai? Il n*est point douteux que les prêtres insermentés ne les aient reçues avec reconnaissance, heureux de voir leur conduite d*accord avec la doctrine des chefs de TFlglise. Ouvrirent-elles les yeux à beaucoup de jureurs ? Nous ne savons, mais il n'est pas téméraire d'attribuer à cette cause les rétractations qui eurent lieu après la publication de ces écrits. Seuls les jureurs endurcis firent du bruit autour de ces lettres où
(i) Relation concernant la Constitution du pape Innocent XII; procèê-çerbal de l'assemblée du clergé de 1^00,
leurs procédés étaient si justement blâmés. De ces schismatiques, le curé de Saint-Germain, Hartel, se fit Tinterprète en écrivant au curé de Clérey :
« Respectable doyen,
a Je me sens attaqué d*un mal pour la guérison duquel vous avez un excellent spécifique, puisqu'on vous réclame de tous côtés... » Après cet étrange préambule, Hartel fait allusion à la lettre de Tévêque à M. Sibiile, se disant évêque du département de TAube, qu'il résume ainsi :
Votre autel est faux, puisqu'il est contraire au mien; votre sacerdoce est illégitime, puisque je préside dans l'Eglise de Troyes ; vos sacrifices sont impies, puisqu'ils sont offerts contre l'ordre établi par Dieu.
Ecoutons la réponse de Lejeune :
« Vous avez raison d'attaquer la lettre de M. L.-M. Barrai avec l'arme du ridicule ; la réfutation sérieuse à laquelle vous me provoquez en même temps lui ferait trop d'honneur. Tout le monde connaît la modestie et l'humilité sincère de M. Sibille. . »
Après cette affirmation en faveur du chef du parti, Lejeune conteste que Mf^' de Barrai soit vraiment évêque de Troyes ; il dit qu'il n'est que coadjuteur, qu'il ne peut montrer de prise de possession, de bulles enregistrées. Il cite un passage de l'historien gallican Fleury, pour prouver que Novatien, à qui Sibille était comparé par Mr de Barrai, avait été élu irrégulièrement évêque. Enfin, il cherche à démontrer que le changement de dénomination de l'évêché de Troyes n'ajoute pas beaucoup de force aux raisonnements de l'évêque.
Pendant que les intrus jetaient le ridicule sur les protestations du chef du diocèse, le corps électoral continuait ses opérations. L'élection de Sibille rendait vacante la cure de Saint-Panlaléon ; le curé de Sainte-Madeleine, n'ayant pas prêté serment, devait aussi être remplacé. Le a4 mars, les électeurs réunis à Saint-Pierre nommèrent Rigoley, vicaire de Saint-Jean, à la cure de Saint-Panta-