CONSEIL ÉPISCOPAL
réibrine qui a détruit les coupables abus, injurieux et funestes à la religion (i). »
Joseph Colle, curé d^Allemanche, avait été proposé par Bramand pour vicaire de Tévêque ; mais il avait refusé « par goût pour la campagne. »
Le supérieur et les directeurs du Grand Séminaire, choisis pour remplacer les Lazaristes, entrèrent de droit dans le conseil épiscopal Bramand en fut nommé premier vicaire, et Larmet, deuxième. C'était au premier vicaire et, à son défaut, au second que revenait, d'après la Constitution, l'administration du diocèse pendant la vacance du siège épiscopal, tant pour les fonctions curiales que pour les actes de juridiction n'exigeant pas le caractère de l'ordre. Cependant ils étaient tenus de se conduire en tout par les avis du conseil. Bourcier fut nommé secrétaire et Larmet, garde du sceau, eu môme temps que secrétaire particulier de Tévôque.
Sibilie préposa, le a5 octobre, deux de ses vicaires à chacun des six districts du département : Bramand et Pichot, au district de Troyes ; Noël et Roblot, au district d'Arcis ; Larmet et Bourcier, au district de Bar-sur-Aube ; Chevalier et Harmand, au district de Bar-sur-Seine ; Jacquemin et Hardy, au district d'Ervy ; Bàudin et Aubert, au district de Nogent (a).
La cathédrale a donc son clergé au complet en 1791, avec Sibilie pour curé, et les membres du conseil épiscopal pour vicaires.
Deux de ceux-ci ont, comme le pauvre évéque luimême, une réputation fort compromise. A la suite du contrat de mariage du curé d'Herbisse rédigé le 17 avril 179^, on lit cette note :
« On est généralement persuadé que cette pièce servira de modèle, i^ à monseigneur Augustin Sibilie, dont la
(i) Arch.,L. V.,1537.
(a) B. C, a3, xxxviii-269.
602 OnCANlSATION DE LÉGLISE CONSTITUTIONNELLE
belle Catherine, sa servaule domestique, est dans le septième mois de sa grossesse et ne veut quitter la maison presbytérale. Cette Catherine est la seconde de nom et de fait; a« à M. Chevalier, ci-devant curé de Rouilly-lès- Sacey, aussi père d'un enfant qui ne tardera pas à naître, et actuellement Tun des vicaires de la nouvelle église ; 3<^ a M. firamaud, autre vicaire, ci-devani curé de Pougy, et qui traîne à sa suite la mère et Tenfant (i). »
Le curé de Saint-Jean eut à remplacer ses vicaires Rigoley et Rondot, devenus curés ; au premier il donna pour successeur Louis- Pierre Heurtault, vicaire de Derionville, au diocèse de Chartres, et au second, Edme- Nicolas- Heine-Agathe Maltrejean, natif d'Auxon, ordonné prêtre par Sibille au mois de septembre 1791. A la fin de Tannée, il leur adjoignit Armand-Alexis Vallange, de Dierrey-Saint-Pierre, jeune prêtre également, Jean Noël, du diocèse d'Auxerre, et Pierre- Benoit Thierry, qui était vicaire d'Auxou depuis 1787.
Le nouveau curé de Saint-Pantaléon prit pour vicaires : Grégoire Jacquot, du diocèse de Saint-Dié, qui est qualiûé de grammairien à Ricey-Bas en janvier 1791 ; Jean- François Lorrain, vicaire de Saint-Cyr-les Colons, au district d'Auxerre, et Pierre Fèvre, vicaire de Chitry-le-Fort, au même district. Dès le mois «le septembre, Jacquot fut remplacé par Denis Bourdon, de Troyes, que Sibille venait
(i) Sibille s'était compromis dans une affaire de mœurs avant d'entrer dans sa cure, ce qui avait obligé l'évéque Poncet à refuser son visa à la nomination faite par Tabbesse de Notre-Dame. On hii reprochait de négliger son ministère, d'excuser tous les désordres, de din*, à propos de certaines personnes, que chacun doit vivre de son métier. Il avait, parait-il, refusé <ie recevoir l'abjuration d'une protestante, sous prétexte qu'on devait laisser chacun tranquille dans sa religion. On savait qu'il avait essayé de marier sa servante à un valet de M. de Richemont, garde du corps, en offrant une dot de 4«ooo livres. En un mot, l'évéque constitutionnel n'inspirait aucune confiance. (Bibliot. de Troyes, cabin. loc, n« 1966. imprimé, et mss. 3870, p. 5a.)