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ÉTAT DU CLERGÉ DE LA VILLE

d'ordonner prêtre. Tout le clergé de Saint-Pantaléon se trouva ainsi renouvelé. Il en fut de môme à hTaint-Reuiy, dont le curé s'adjoignit pour premier vicaire François- Philippe Tingot, du diocèse de Beauvais, remplacé luimême en avril 179a par Louis Didier, qui avait exercé pendant vin^t ans le métier militaire. Un diacre de Troyes, Pierre Briois, remplit les fonctions de son ordre, fit des baptêmes et des sépultures et devint deuxième vicaire à partir de son ordination à la prêtrise aux quatre-temps de septembre. Un autre diacre, Louis- Georges-Gasimir Sourcier, natif d*Arcis, exerça aussi, en 1791, à Saint-Remy, dont il devint vicaire après son ordination en juin 179:2. Enfin un ancien moine trinitaire de Gisors, Joseph Janson, célèbre un mariage le q8 juin 1791, en qualité de vicaire, puis il se retire à Piney pour y remplir les mêmes fonctions.

Le clergé des quatre cures conservées fit le service des paroisses supprimées ; les curés et les vicaires de Saint- Nizier, de Saint Nicolas, de Sainte Madeleine, ne furent donc pas remplacés.

Profondes, on le voit, sont les modifications apportées par la Constitution civile dans le clergé de la ville épiscopaie ; les changements qui résultèrent des élections ne furent pas moins considérables à la campagne.

Le 3 avril, les électeurs du district de Troyes se réunirent dans Téglise Saint-Pierre, pour donner un curé à dix-neuf paroisses. Ils le firent après avoir consulté les vœux de dix-sept d'entre elles et sans avoir, paralt-il, égard aux sollicitations (i). Il y eut cependant des curés qui recommandèrent au corps électoral ceux de leurs confrères qui leur paraissaient dignes des suflrages publics.

Honoré Pichot. vicaire de Saint-Jean, fut élu curé de Barberey, et le capucin Timothée de Saint-Pol curé de

(1) Journal du département, du 6 avril 1791.

604 ORGAr^ISATlON DE L ÉGLISK CONSTITUTIONNELLE

SainteSaviiie. A propos «le cette paroisse, voici ce que se demandait la Gazette de Paris du aS avril : « Quel homme va succéder, dans la cure de Sainte-Savine de Troyes au pasteur vénérable dont les vertus et les lumières honoraient cette église? » La réponse, on le voit, fut vite trouvée par los électeurs qui n'étaient pas hommes h reculer devant une pareille difficulté. Boudeville, desservant de Saint-Hilaire, fut élu curé d*Isle-Auiuout, dont le titulaire, François Charles-Jacques Cahuet, absent pour cause de maladie, était suppléé par un desservant. Le curé de Verrières, Christophe Pérancy, était mort, comme nous Ta vous dit, le 6 septembre 1790. Cortier, qui faisait le service de la paroisse, sans avoir prêté le serment, se vit remplacé par Lucas, curé de Saint-Aventin. Le desservant de Creney, Nicolas Valton. fut chaîné de cette cure, d'ailleurs vacante par la non-installation du prieur Jean-Baptiste Manche. Un chartreux, né à Aix-en- Othe, François Charier, devint curé d*Estissac. Cette nomination le rapprochait de son frère, qui était curé de Villemanr Jean Thiot, curé de Fresnay, fut élu curé de Torvilliers et le picputien; Hartel,en résidence au hameau de Courcelles, curé de Snint-Germain. Un prêtre originaire de Troyes et vicaire de Mailly-le-Château, Servais Descaves, remplaça Coquet à Saint-Julien. Le desservant de Montgueux fut donné h la paroisse de Villacerf, qui l'avait connu lorsque, étant vicaire de Saint-Lyé, il y venait exercer le saint ministère. On élut pour curé de Piney, sur la demande de la municipalité, un ancien vicaire, Fontaine, desservant de Chamoy depuis 1787, et pour curé d'Auzon, Jacques Congniasse-Desjardins, bénédictin de Nesle, retiré à Blaincourt. Maucorps passa de La Loge-aux- (^lièvres à Brevounes ; Joseph Chardin, curé de La Cliapelle-en-Blésy, dans la Haute-Marne, fut élu pour Montangon ; Jacques Prieur, curé de Chauchigny, pour Laubressel ; Jean- Antoine Rignoux curé de Saint- Flavit, pour Saint-Parres-aux-Tertres; Pierre Piault de

ELECTIONS DU DISTRICT DÉ TROVfiS 605

Montaigu, curé de Daudes, pour Saint-Aadré : Rcmi- François Gillet, vicaire de Géraadot, pour Viiliers-le- Brûlé (i) : le préroontré Frauçois- André- Didier Ploix, pour Saint-Martin-ès- Vignes.

Cette dernière élection ne pouvait que contrister les bons paroissiens du curé Doublet ; aussi le i4 mars adressaient-ils au district cette touchante pétition en faveur de leur légitime pasteur :

« Il n*est point de loi humaine qui n ait ses inconvénients, et nous sommes à la veille d*eu faire lexpérietice. Notre cher et vénérable pasteur, en prêtant le serment civique, n'a pas cru pouvoir se dispenser d'y joindre une restriction et, si la loi qui en ordonne la prestation pure et simple est exécutée dans toute sa rigueur, nous voilà sur le point de le pei*dre ; loin de nous toute idée d'insurrection contre Ig volonté générale, mais nous ne pouvons nous empêcher de sentir la grandeur de la perte dont nous sommes menacés, ni de prendre, pour écarter ce danger, tous les moyens compatibles avec le profond respect dû aux lois ; il ne nous est pas permis d'être ingrats ; et notre ing^titude serait extrême, si nous ne nous efforcions de retenir parmi nous un pasteur auquel nous devons tout ce qu'il est possible de devoir à un mortel. Eh ! qui a jamais réuni plus de titres à l'estime, à la vénératiour à la reconnaissance et à l'amour? Sa charité active et généreuse^ son zèle pur et éclairé, son parfait désintéressement, la sage uniformité d'une conduite au-dessus de tout soupçon, l'amabilité d'un caractère plein de douceur et d'aménité, sa vie édifiante, quatre-vingt deux ans passés dans l'innocence et la vertu, cinquante-deux ans de services et de travaux consacrés à notre bien : fut-il jamais de meilleurs titres au respect, à la gratitude et au dévouement ? Jamais

(i) Le i6 avril, à la demande des habitants et du caré vieux et infirme de Géraudot, Gillet leur avait été accordé comme vicaire, dont il remplissait déjà les fonctions; mais, quelques jours après, il acceptait la cure de Villiers-le-Brûlé.

606 ORGANISATION DE L ÉGLISE COlfStlTUTlONNBLLK

il n'y eut parmi nous d'affligé qui n*ait trouvé en lui un consolateur ; jamais de malheureux qnll n*ait secouru ; jamais de nécessiteux dont il n*ait pris soin ; il n'est point de famille qui n'ait i*essenti les effets de sa bienfaisance ; et la paroisse entière, que ne lui doit-^Ue pas? La communauté n'a jamais eu d'affaires dont il n'ait procuré le succès dans les besoins de tous genres ; il a toujours été notre ressource. Son temps, ses conseils, ses amis, toutes ses facultés, tout son crédit, tous ses moyens, il n'en a fait usage que pour nous ; il n*a travaillé, n'a vécu que pour nous ; il était au milieu de nous. comme un ange tutélaire, comme un ange de paix. Nous ne disons rien. Messieurs, dont nous n'ayons des milliers de témoins. Sa réputation est étendue au loin, son nom répand l'odeur du parfum le plus suaye ; et nulle part on ne le prononce sans un témoignage d'estime et de respect. Ne nous serait-il donc pas donné que ce pasteur, si justement chéri,. terminât an milieu de nous son utile et laborieuse carrière ? Ah ! il n'en est pas un seul d'entre nous qui ne consentit, s'il était possible, à retrancher le nombre de ses jours pour prolonger les jours précieux de ce vieillard si digne de vénération et d'amour ; et il nous serait enlevé ! Ah ! Messieurs, si ce malheur, dont la seule idée nous fait frémir, nous arrivait, quelle paroisse serait plus à plaindre ? Plusieurs pourront gagner aux changements que la loi exige : mais il n'en est point qui puisse perdre autant que nous. Serait-il donc dit qu'au milieu de l'allégresse universelle qu'inspirent le recouvrement de la liberté et le succès de la Révolution, nous serions forcés de ne répondre à la joie publique que par nos gémissements et nos larmes? Non, Messieurs, vous ne nous souhaitez pas ce mal. Nous sommes même persuadés que vous partagez, en ce moment, nos craintes et nos alarmes. Aidez-nous donc, Messieurs, nous vous en conjurons, à conserver notre cher pasteur. Si les lois humaines ont des inconvénients, elles sont susceptibles de dispenses. En fut-il

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