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ÉLECTIONS DU DISTRICT DARCIS

pas là UQ des motifs pour lesquels il tenait à conserver sa cure de Moutgueux ?

Les habitants de Saint- Parres demandèrent le curé de Thennelières qui les desservit, en effet, jusqu^à Télection de Nicolas Jacquemin, curé de Bercenay-le-Hayer, à la fin de septembre. A l'époque des élections, le curé de Villehardouin était malade ; il mourut le i4 juillet ; les habitants s'assemblèrent pour réclamer au district « un bon pasteur», et firent une pétition pour obtenir le jeune vicaire de Pelet-Der, Jean-Baptiste Biétrix. La paroisse de Montangon resta sans curé jusqu'à Tarrivée du trinitaire, Janson, que les événements avaient chassé de son couvent et que nous avons vu exercer pendant quelque temps à Saint-Remy et à Piney. Sîbille lui accorda des provisions pour Montangon le 28 septembre.

DISTRICT D'ARaS.

Ce fut le V^ et le 2 mai que les électeurs du district d*Arcis pourvurent aux cures vacantes sous la présidence d'Henri Picot de Dampierre. L'assemblée eut lieu le matin, dans l'église même d' Arcis où le président prononça le discours suivant :

« Citoyens,

« Nous sommes appelés à cette assemblée pour y remplir un devoir sacré : celui de donner aux fidèles des pasteurs religieux et patriotes, des hommes qui, par leurs -principes et par leurs exemples, enseignent à leur troupeau les vérités de l'Evangile et le respect pour les lois. Nous allons, par de nouvelles élections, consommer le grand ouvrage de la Constitution. Les prêtres réfractaires sont plus entraînés que coupables ; ce sont les anciens évéques qui les trompent et qui les font servir de moyen à leur ambition et à leur cupidité effrénée ; ils leur présentent le poison caché sous les fleurs, et par des écrits aussi captieux que perfides, où ils parlent le langage des hommes au lieu de celui de l'Evangile, ils cherchent à les

fiiO ORGANISATION DB L ÉGLISE GONSTITUTIONNBLLB

égarer et à les readre rebelles à la loi dea hommes et, ce qui est encore plas mal, à la loi de Dieu, car enfin, la voix du peuple est la voix de Dieu (i). Ce grand principe consacré par les Pères de TEglise n*a jamais reçu une application plus juste que dans ce moment-ci où la nation entière a dit : Nous voulons rentrer dans les droits des premiers chrétiens, nommer nous-mêmes nos pasteurs, et nous ne reconnaissons d'autorité que celle de Dieu, de sa parole évangélique et des lois. Ces vérités vous sont démontrées ; achevons notre ouvrage, et tout en plaignant l'aveuglement des prêtres réfractaires, conduisons-nous envers eux avec la tolérance qui convient si bien à des chrétiens et à des hommes libres (q). »

Aussitôt après ce discours le corps électoral nomma Pesme, vicaire d'Aulnay à la cure d*Arcis ; Clément, desservant d'Avant-les-Ramerupt,à la cure de Pouan ; Pépin, vicaire de Rosnay, à la cure de Saint-Etienne ; Langlois, chanoine de Pleurs, à la cure des Grandes-Chapelles ; Bertin, vicaire de Chavanges, à la cure de Villette ; Guillaume, chanoine de Saint-Martin-ès-Aires, à la cure du Chesne ; et Barean, professeur à Paris, à la cure de Torcy .

L'élection de Lenglois pour les Grandes-Chapelles n'eut pas de suite, et il fut nommé trois semaines plus tard curé de Linthelles. Quant à Bareau, il est le seul dont nous n'ayons pas encore eu à parler ; il nous sufiira, pour le faire connaître, de citer cette lettre de lui au président de TAssemblée nationale, en date du 6 janvier

a Monsieur le Président, je ne suis ni fonctionnaire public, ni même pensionné, mais ecclésiastique citoyen ; je dois donc payer ma dette et faire un acquit de ma conscience ; car j'ai la mienne qui me tourmente et me dicte

(i) Le texte fautif porte : la loi de Dieu. (a) Arch., L. V., 1637.

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impérieusement de la satisfaire ea prêtant mon serment ; je ne peux plus résister au besoin de mon cœur, snrtoat depuis que j'ai plus profondément médité T Evangile, où son divin auteur me commande partout Tunion et la concorde, et n'aspire qu*à former un peuple de frères; et si la religion ne me prescrivait pas la soumission aux lois, elle ne serait que l'ouvrage des hommes. Je jure donc que je serai fidèle à la nation, à la loi et an roi, que j'adhère à tous les décrets de TAssemblée nationale sanctionnés par le roi, notamment à celui sur l'organisation civile du clergé. J'ai l'honneur d'être avec un profond respect. Monsieur le Président, votre très humble et très obéissant serviteur.

« Bareau, prêtre, rue des Marais, section de fiondy (i)x>«r Seul des élus, le nouveau curé d'Arcis sentit le besoin de témoigner sa gratitude aux électeurs ; il les remercia dans les termes suivants :

« Messieurs, « En déplorant Terreur d'un prêtre que j'ai toujours estimé, qui est la victime d'un parti dont il n'a sûrement pas calculé les passions, j'accepte la place que cette erreur, votre estime et le vœu d'un peuple libre, m'offrent en ce moment. La reconnaissance est un devoir, et je croirai en remplir toute l'étendue envers vous. Messieurs, et les citoyens de cette ville patriote, en consacrant tous mes moments, toutes mes veilles au service de la divinité et de l'humanité. C'est pourquoi comme prêtre, je contracte (q) en votre présence l'engagement solennel de ramener tous les fidèles, tous les prêtres mêmes égarés et de bonne foi qui voudront lu'entendrc, aux vrais principes du dogme et la morale publique et privée à sa pureté, à sa beauté originelle. Comme citoyen, comme administrateur (3),

(I) A. P , l. XXII, p. 38.

(a) Le texte porte : Je consacre.

(3) Pesme était, on le sait, président du district.

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titres qui ont sûrement influé sur le choix que vous avez fait de moi pour pasteur de cette église, je vous prie. Messieurs, d^aunoucer aux communes de vos cantons que je n'épargnerai rien pour satisfaire, pour défendre leurs droits et pour soulager mes collègues dans leurs fonctions pénibles et multipliées, pour cultiver, perfectionner et agrandir dans cette cité« dans tout Tarrondissement de ce district la lumière, Tesprit public, les sciences et les arts, en les rappelant toujours à leur véritable destination : Tutilité générale, le bonheur commun. Pour le dire en un mot, je m'engage. Messieurs, à défendre les droits de la divinité et de Thomme en société avec toute l'énergie, toute la pureté, tout le zèle d'un fonctionnaire public fidèle 4 ses devoirs et plein d'amour de la patrie. C'est le seul acte de gratitude que je crois digne de vous, et je vous en fais l'offrande ».

Cependant les électeurs continuèrent le a mai leurs opérations ; ils nommèrent Richomme, vicaire de Mailly, à la cure de Salon ; Guillemot, chapelain à Méry, à la cure de Savières ; Huot, desservant de Coclois, à la cure de Premierfait ; Béon, bénédictin de la Charité -sur- Loire, à la cure de Nogent ; CongniasseDesjardins, directeur du Paraclet, à la cure de Semoine ; Souillard, vicaire de Méry, à la cure de cette paroisse ; Beau, vicaire de Bar^ buise, à la cure de Châtres ; Berlin, vicaire de Barbonne, à la cure de Droupt-Saint-Basle ; Danton, vicaire de Nogent-sur-Seine, à la cure de Droupt-Saintc-Marie ; Cresson, vicaire de Vertus (i), à la cure des Petites-Chapelles ; Bonnemain, vicaire d'Ervy, à la cure de Charmont ; Drouot, vicaire de Pougy, à la cure de Viâpres le- Grand ; Avignon, vicaire de Maizières-la-Grande-Paroisse,

(i) Jean-Gaspard Cresson, né à Vilry-lc-François le a décembre 1762, fut vicaire de Vertus, curé de Cheppes en 1791, de Verl-la- Gravclle, de Vitry et de Heiltz-le-Maurupt ; il mourut le 3o décembre

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à la cure de Vinets ; Messageot, vicaire de Saint-Lyé, à la cure de Chauchigay ; et Brésilloa, vicaire de Jasseiues, à la cure de Nozay.

Plusieurs d'entre eux n'acceptèrent pas ; ce furent les élus aux cures de Savières, Premierfait, Ghfttres, Droupt- Saint-Basle, Droupt-Sainte-Marie, les Petites-Chapelles, Gharmont, Viâpres-le-Grand et Semoine. Nous ignorons le motif de ces refus, sauf pour Semoine dont Congniasse- Desjardins dit qu'on lui avait dépeint les habitants comme mutins et indociles, fiéon, nommé à Nogent-sur-Aube, était un de ces moines impatients qui avaient franchi le seuil de leur couvent, dès que la loi les y avait autorisés. Né à Arcis le qq août 1769, religieux profes du si6 août 1780, il avait déclaré le 27 novembre 1790 qu'il reprenait la liberté de la vie, parce que <c le devoir d'un citoyen qui recouvre sa liberté est de servir sa patrie, autant et de la manière que ses facultés le permettent », ajoutant : (c que son intention était de quitter la vie commune à l'époque et pour le temps où des raisons plausibles, soit de nécessité soit de grande utilité, détermineront sa sortie de communauté, sauf tous les droits d'y rentrer, s'il y a lieu (i). »

Quand le résultat des divers scrutins fut connu. Dampierre se tournant vers les élus les harangua : « Messieurs,

« Vos vertus ont déterminé le choix des électeurs à votre égard. L'Assemblée confie à vos soins des intérêts bien précieux Non-seulement nous remettons entre vos mains la conduite spirituelle de nos concitoyens ; mais nous comptons aussi sur votre patriotisme pour les attacher à notre constitution. Vous leur inspirerez le civisme dont vous êtes pénétrés ; vous leur direz que, si les premiers devoirs de l'homme sont d'adorer TEternel, ceux du citoyen sont de chérir la Constitution et de respecter les

(i) Arch., L. V., i5o7.

lois. Nous ne vous dissimulerons point que, appelés par la voix souveraine du peuple, vous allez &voir pour ennemis tous les fauteurs de Taristocratie et du fanatisme; TOUS opposerez à ces lâches ennemis de notre Constitution Fégide du courage et de la tolérance. Le courage vous servira à employer la fermeté nécessaire à la dignité de votre état ; et la tolérance ramènera (à) la religion, à la patrie et h la raison les hommes que le fanatisme et surtout la mauvaise foi des anciens évéques avait égarés (i) ».

Ce qui, aux yeux de Dampierre, était un succès, revenait de droit aux électeurs ; il les complimenta eux aussi en quelques mots :

< Messieurs, leur dit-il, les respectables pasteurs que nous venons de nommer nous sont un sûr garant du maintien de notre Constitution sacrée. Quelles obligations n'avons-nous pas à l'Assemblée nationale d'avoir i*aiuené les pasteurs à la simplicité de la primitive Eglise I Et qui ne reconnaîtrait que la main toute-puissante de Dieu a dirigé elle-même les délibérations des représentants du peuple, tandis que cette main invisible, qui gouverne tout, a frappé de cécité les anciens évoques ; car, n'en doutez pas, si leur cupidité aveugle ne les avait pas rejetés hors de la Constitution, vous les auriez vus recouvrer leurs fortunes scandaleuses et replonger les peuples dans les fers. Bénissons donc à jamais le Dieu tutélaire de cet empire, vous peuple qui m'entendez et vous, fonctionnaires élus par le peuple, pénétrez-vous bien de la grandeur de vos devoirs ; car vous êtes appelés par la voix de Dieu et par celle du peuple à conserver notre Constitution et notre liberté, »

Cependant les paroisses qui ne furent pas pourvues le i^^ et le a mai ne pouvaient rester indéfiniment vacantes ; le aS septembre, le corps électoral se réunit de nouveau à Arcis et élut des curés qui, cette fois, paraissaient devoir

(i) Arch..L. V. lôa;.

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