‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 198 sur 201 · CAISSE DB SECOURS · texte numérisé non relu

CAISSE DB SECOURS

mes soins, ma sarveillance et an partage des modiques ressources qui me restent encore.

« Ma contribution sera remise à un des dépositaires, ertr je juge convenable, eu égard à ma situation actuelle, de m*interdire la qualité de dépositaire ; je les connaîtrai, je correspondrai dans le silence avec eui, mais je ne participerai pas à leurs honorables fonctions.

« Je les exhorte à recevoir avec reconnaissance toutes les sommes, même les plus légères. Celui qui, en présence de ses disciples, apprécia le denier de la pauvre veuve bien au-dessus des plus riches oflrandes, nous traçait à cet égard la règle de notre conduite et de nos sentiments.

a J exhorte tous les vrais chrétiens à méditer daus leurs cœurs ces paroles de lapôtre saint Paul : Souvenez-vous de P08 préposés qui vous ont annoncé la parole de Dieu, J^espère que mes diocésains n'oublieront pas que ces préposés fidèles out tout perdu sur la terre, afin de confirmer leur euseignement par Théroïque abandon des biens de ce monde. Chacun d'ailleurs pourra juger, à la simple inspection, si ceux que la violence a chassés de leurs places étaient les moins recommandables par des mœurs sacerdotales, par un vrai zèle et par une active charité ! Enfin ils sont toujours aux yeux de l'Eglise les seuls pasteurs légitimes, et on les a voués à la pauvreté. Ces deux mots disent tout aux âmes pieuses et sensibles ; mon langage ne serait pas entendu des autres

« Quant à vous, mes dignes coopérateurs, oh ! combien je me trouve honoré d'être votre évoque dans ces temps désastreux. Ni les menaces d'un peuple égaré, ni la certitude de votre ruine, ni les illusions dont on colore le schisme et l'hérésie, rien n'a pu ébranler votre constance. Ce n'est pas de moi que vous avez reçu l'exemple de la fermeté, c'est vous qui me l'avez donné, et je n'étais pas encore votre premier pasteur, que vous étiez déjà les courageux confesseurs de l'unité de l'Eglise. J'admire la

grandeur de vos sacrifices, je vous en loue au nom de la religion et de la patrie ; car vous avez bien mérité de Tune et de Tautre, en vous opposant au schisme qui dévaste aujourd'hui Téglise gallicane. Puissé-jc bientôt me réunir à vous ! Dieu m*est témoin que je ne vous eusse pas quittés un seul instant, sans la certitude où j*étais que ma présence ne ferait qu'aggraver vos dangers personnels ; mais absent de corps, quoique toujours, comme T Apôtre, ^présent d'esprit au milieu de vous, ma sollicitude aura sans cesse pour objet de partager vos tribulations, de diriger vos travaux et de pourvoir à tous les besoins du troupeau qui m'est confié. »

« f L. M. de Barral, évoque de Troyes(i). »

Ce fut à la fin du premier semestre que parut le contrôle de la contribution faite sur la Proclamation des citoyens du diocèse. Aucun nom ne fut révélé, mais seulement le numéro sous lequel les participants étaient inscrits. On décida que les curés qui recevaient 5oo livres de pension du gouvernement ne toucheraient au plus que *i'iO livres. 38 curéî*, 27 desservants ou vicaires, 3 engagés dans les ordres se firent connaître. Un seul curé devait toucher jao livres : aj desservants 5.îo livres chacun et les engagés dans les ordres, chacun 36() livres. La somme des besoins annuels était évaluée à 24.5'jo livres, soit 6.i3o livres par quartier. Les contributions ne furent (jue de 5. 508 livres d'où un déficit de 184^2 livres par an. L'évéque exilé avait eu raison de dire : « La postérité honorera bien davantage l'époque de nos malheurs que les temps de notre prospérité (îi). »

(1) B. C.,79, xi-a54.

(2) B. C.,r23,xxxvii-a68.

ADDITIONS BT CORRECTIONS 683

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