‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 21 sur 201 · LXVI ÉTAT DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

LXVI ÉTAT DE LA RELIGION

puis à Tadmiratioa des nouveautés calvinistes, si bien que, encore un peu de temps, et TégUse protestante allait être mise à Troyes sur le même pied que l'antique Eglise romaine. En attendant, les protestants restaient isolés ; il leur était défendu de former en nom collectif aucune demande, de donner aucune procuration, de prendre aucune délibération, de faire aucune acquisition ni aucun acte quelconque. Leurs ministres ou pasteurs n'avaient pas le droit de prendre ce nom, de porter un habit différent de celui de leurs coreligionnaires, de délivrer des certificats de mariages, naissances et décès. Les bans de mariages des protestants se publiaient en dehors des églises.

Les francs-uaçons. — Troyes comptait en 1790 quelques francs-maçons assez nombreux pour former une loge sous le nom de V Union de la sincérité (i).

Les naïfs frères ne semblent avoir eu d*autre but que le bien à faire à l'humanité souflrante : c'étaient des magistrats, des ecclésiastiques, des religieux même, ni perturbateurs de la société, ni ennemis du pouvoir ou de la religion.

La loge de ï Union de la sincérité avait succédé en 1^83 à une autre loge qui datait de 1761. Le 6 mars 1786 nous lisons dans le procès- verbal « qu'une lettre a été envoyée par M. Galien, religieux de Ciairvaux, par laquelle il parait demander d'établir en son endroit une loge régulière » (îi).

La loge de Troyes accueillit iavorablement cette ouverture. L'Orient de Clairvaux obtint des constitutions du Grand-Orient, le 6 mars 1786, et la loge de Troyes installa celle de Clairvaux ; le procureur de Tabbaye et les autres officiers avaient donné leur consentement par écrit.

(i)Arch. N., D.49, et B. G., 922 à 967. (a) B.C.. 935.

LE» FRANCd-MAÇONS LXVIl

Chaque fois qu'un dignitaire venait à mourir, un service funèbre était célébré à Tégiise pour le repos de son âme. Les frais en étaient supportés parla loge; elle avait fixé à trois louis la réception d*nn profane.

Les actes de bienveillance exercés par les francsmaçons remplissent un grand nombre de procès- verbaux. Le local, à partir de 1788, était près de la porte Sain^ Jacques. L'hiver de 1788 fut très dur. Aussi la loge décida- t-elle que la masse de la quête qui se faisait à la fin de chaque séance, montant à la somme de 19!! livres 8 sous, serait distribuée aux pauvres des paroisses. Il y avait aussi une loge : La Parfaite Régularité, à Nogent-sur- Seine.

En 1786, une seconde loge fut établie à Troyes parmi les soldats de la deuxième compagnie des gardes du corps, en garnison dans la ville, sous le titre de La Régularité ; elle était située en face du couvent des Cordeliers ; presque tous les membres appartenaient à la noblesse ; parmi les admissions du 4 n^ars 1787, nous remarquons celles d'Antoine Germain, supérieur du couvent des Frères mineurs et de Claude Henry, religieux profès du même ordre. Natey, aumônier de Thôpital de la Trinité, et Lefebvre, prêtre de Troyes, étaient aussi membres de cette loge en 1787 (i).

(i) E. Socard, lu franc-maçonnerie à Troyet, eiB, €,,922, g36, «3?» 941 et 94a.

4i| Ûioeèse de Ti»oyes

pendant la Révolution

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