‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 26 sur 201 · RÉFUTATION · texte numérisé non relu

RÉFUTATION

Sans entrer dans la discussion des faits, ui décider si on n'a pas excédé de part et d*autre, l*auteur veut examiner quelques points faciles à adopter.

D'abord le règlement a eu tort de soumettre les évoques à leurs inférieurs. Toute disposition qui tend à faire dominer la classe qui obéit sur celle qui commande est contraire à Tordre établi par Dieu même. En donnant toute la prépondérance à la multitude sans avoir égard au rang, le règlement s*est écarté du principe qu'il avait adopté d'oi^aniser les assemblées des bailliages de manière que leurs représentants fussent proportionnés à leur étendue et à leurs facultés. Gomment n'a-t-on pas compris le ridicule, l'injustice d'exclure d'une assemblée où il doit être question d'impôts, la seule classe que l'on puisse imposer ?

L'Eglise aussi bien que l'Etat ne peuvent se soutenir que par la dépendance graduelle de leurs diiTérents ordres. Si la prépondérance est accordée à la multitude, bientôt la soumission aura disparu. L'histoire et l'expérience en font foi. Les abus, quelque grands qu'ils fussent, ne parurent jamais une raison d'attaquer les principes. Les évoques et les Chapitres doivent conserver les prérogatives dont ils jouissent, parce qu'ils out des pouvoirs sur tout le diocèse, tandis que les curés n'ont à administrer que leur paroisse et n'ont de fonctions que sous l'autorité des évéques.

Dire que les Chapitres de cathédrales n'appartiennent point au clergé, parce qu'ils n'avaient pas, dans les premiers temps la forme qu'ils ont à présent, c'est dire que les évéques actuels ne succèdent pas aux apôtres, parce que ceux-ci n'étaient pas habillés comme eux. C'est imiter les protestants, dont le caractère propre est de n'admettre que ce qui était admis expressément du temps de Notre Seigneur, c'est révoquer en doute les règlements que l'Eglise a tracés depuis les premiers siècles.

Un grand tort des curés, c'est leur avidité à s'approprier

les richesses des Chapitres. Ont-ils oublié qu*ils n'ont pas toujours été inamovibles, que plusieurs de leurs titres sont des établissements faits par des Chapitres ou des communautés ? Non, toutes les dîmes ne leur appartiennent pas. lis n'y ont droit qu'autant qu'ils ne pourraient subsister d'ailleurs. Elles ne sont que de droit positif.

Les évêques sont autorisés par la déclaration de 1786 à faire toutes les réunions de bénéfices simples et autres suppressions nécessaires pour accomplir cette bonne œuvre ; pourquoi s'obstiner à ne vouloir exister qu'aux dépens des autres ? Pourquoi tontes les propriétés seraient-elles sacrées, excepté celles-ci ? N'est-ce pas autoriser les entreprises sur les biens du clergé que de demander qu'on prive des dîmes les évêchés, les Chapitres, les communautés ?

Cette réponse au pamphlet de Dubourg ne fut pas réfutée, et la lutte si regrettable qui divisait le clergé ne fut pas continuée. Le clergé avait mieux à faire alors que de préparer des armes à l'ennemi commun en soutenant avec tant de vivacité, tant d'àpreté ses intérêts particuliers, et en signalant les défauts d'un ordre de choses déjà trop discrédité. Ce n'est plus contre lui-même, mais contre de nombreux et puissants adversaires qu'il va bientôt avoir à combattre. L'union de toutes ses forces lui aurait été nécessaire pour ne pas succomber dans les événements dont les faits que nous venons de raconter n'étaient que le prélude.

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