‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 32 sur 201 · CONTRIBUTIONS PATRIOTIQUES · texte numérisé non relu

CONTRIBUTIONS PATRIOTIQUES

Seiae, je leur ai représenté que, pour remplir le vœu du décret de rassemblée nationale du six octobre dernier, sanctionné par Sa Majesté le neuf du même mois, je leur mettais sous les yeux Tétat des revenus de la communauté et celui des charges qui, aux termes du décret, sont susceptibles d'être défalquées et que je les priais de déterminer la somme que la communauté déciderait dWoit* être donnée pour le don patriotique. Sut* la proposition, toute la communauté désirant, dans cette circonstance, donner des témoignages de son amour pour la patrie et de son désir de venir au secours des besoins de TEtat, d'après les observations de la sœur première a déterminé dune voix unanime à la somme de 774 livres le don patriotique demandé par (rassemblée nationale et qui sera payé en trois termes selon le décret (i). » Suivent les signatures.

A l'exemple du clergé, à l'exemple des communautés religieuses les villes s'empressaient de concourir au relèvement des finances de la nation. Celle d'Ervy fit, le 8 janvier 1790. don de 900 livres et d'une partie de ses impositions, en même temps qu'elle envoyait son adhésion à tous les décrets de l'assemblée nationale (a). De semblables adresses accompagnaient presque toiis les dons patriotiques, tant on avait à cœur de contribuer, même au prix des plus lourds sacrifices, à la prospérité de l'Etat et au relèvement des finances. Toujours l'Eglise a recommandé aux chrétiens d'assister leur patrie de la terre et ses recommandations n'ont jamais été vaines ni inutiles.

A Troyes, les officiers municipaux suivaient l'exemple du clergé en déposant leurs boucles d'argent au greflfe et en invitant tous les citoyens à faire une offrande à la caisse nationale (3). Ceux d'Arcis-sur-Aube ne se conten-

(I) Arch., 216 H.

(9) A. P., l. XI, p. 117.

(3) A. P.,t.X, p. 3ai.

tèrent pas d*adhérer à tous les décrets de l'assemblée, ils firent aussi la promesse d*en maintenir rexécution aux dépens de leurs biens et de leur vie. En même temps ils déposèrent sur Tautel de la patrie Tofirande de huit marcs cinq onces et demie d'argent et d'un gros (i) dix-sept grains d'or (a). Girardot, curé d'Essoyes, s'engagea pour lao livres, à verser en deux paiements, et son vicaire, Gheurlin, pour la livres. Chevalier, curé de Rouiliy- Sacey, promit loo livres (3). Biétrix, curé de Périgny-la- Rose. versa i5o livres ; son parrain, le curé de Pel-et-Der, i33 livres 6 sous ; le curé de Romiily, a5o livres ; le curé des Riceys, 1.088 livres 10 sous; le prieur de Luyères, q52 livres 7 sous : Champenois et Poupelier, l'un et Tautre prêtres habitués à Villenauxe, chacun 36 livres (4).

Les marguiliiers et le curé de Saint-Pierre de Bar-sur- Aube estimèrent que le don qu'ils avaient fait de l'argenterie de leur église tiendrait lieu de la contribution du quart du revenu. Ce revenu n'était que de 5oo livres et l'église exigeait beaucoup de réparations. Ils rédigèrent dans ce sens une déclaration qu'ils envoyèrent à l'assemblée nationale (5) : rien ne leur tenait tant à cœur que de faire acte de patriotisme dans les difliciles conjonctures où se trouvait alors la France.

Quand il s'agit de réaliser les souscriptions, des difficultés s'élevèrent sur plusieurs points. Lorsqu'ils avaient promis de contribuer aux sacrifices demandés par l'assemblée nationale, les ecclésiastiques avaient calculé leurs ressources d'après le montant de leurs revenus ou de leur traitement. Or, plusieurs de ceux qui avaient le plus généreusement souscrit se virent privés de leur place, ou

(i) Le gros pesait à peu près 4 grammes et le grain était le vingtième d*un gramme, (a) A. P., t. XV, p. 4ai.

(3) Arch., L. V. i5i5, lias.

(4) Arch., L. V. i5o4, lias.

(5) Arch., L P., lô^aSo.

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