‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 38 sur 201 · LES BIENS ECCLÉSIASTIQUES CONVISQUÉS · texte numérisé non relu

LES BIENS ECCLÉSIASTIQUES CONVISQUÉS

verser dans la caisse du district le prix de leurs fermages. Les religieux ne furent autorisés à continuer de gérer que les objets non airermés : ils devaient rendre compte de leurs recettes et de leurs dépenses depuis la Saint-Martin 1789 ; la nation prit à sa charge les dettes quHls pouvaient avoir contractées depuis cette époque ; et comme ils ne touchèrent plus de revenus, ils furent obligés de vivre d*emprunt (i).

Leur position, sous quelque aspect qu*on Tenvisageât, était des plus critiques. Dans tout le département il ne se trouva que le directoire de Nogent qui, poussé par Tintérét supérieur du pays, essaya de conserver les maisons religieuses de son district. Il en fit la demande formelle à l'administration centrale qui lui répondit, le la décembre, par cette fin de non recevoir:

« Si nous n*avions suivi, Messieurs, que notre propre inclination, nous n'aurions pas manqué d'inviter chaque district d user, envers les différents chapitres et maisons religieuses de leur arrondissement respectif, des ménagements que vous sollicitez en faveur des monastères situés dans rétendue de votre ressort; mais, bien convaincus qull fant être juste avant que d'être bienfaisant, nous n'avons consulté qae notre devoir, et nous aurions cru tromper l'attente de l'Assemblée nationale, si nous nous étions permis de tempérer tant soit peu la rigueur apparente du décret qui soumet indistinctement à l'apposition des scellés tous les effets mobiliers des établissements supprimés.

« Ainsi, Messieurs, quelque puissantes que vous paraissent les observations que vous nous faites par votre lettre du 8 courant, rien,suivant nous, ne peut vous dispenser de consommer sans retard, par la suppression réelle des corps ecclésiastiques, l'entière exécution de la loi dont vous nous avez envoyé un exemplaire.

« Enfin, parmi les églises énumérées dans votre lettre,

(i)Arch., L. D. 6/1.

98 LA SPOLIATION DBS BIENS DU CLBROÉ

une seule doit être à labri des opérations qui exciteut si vivement votre sensibilité : c'est celle du Paraelet, comme n'étant point dans la classe des maisons dont TextiDCtion est prononcée. A Tégard de l'universalité des effets mobiliers de tontes les autres, l'article 3 de rinstraction du comité d'aliénation du 19 octobre dernier exige impérieusement qu'elle soit mise sous les scellés et gardée ainsi qu'il est prescrit par les articles i et a; et déjà presque tous les districts de ce département, notamment ceux de Troyes et de Bar-sur- Aube, ont complètement exécnté cette disposition, en fermant le chœur de toutes les églises supprimées et en ne laissant à la disposition des ex-chanoines et religieux que les seuls ornements absolument nécessaires pour le service d une messe basse dans une chapelle, lorsqu'il s'en est trouvé.

« Nous espérons donc, Messieurs, que l'unité des principes qui doivent nous diriger, et plus encore la nécessité d'une marche uniforme dans les fonctions qui nous sont confiées, ne vous permettront pas de tenir nne conduite différente de celle de vos dignes collaborateurs et que, ne mettant plus le prétendu danger qu'on exalte à vos yeux en balance avec les avantages incalculables que doit nécessairement produire la nouvelle organisation du clergé, vous ne tarderez pas à triompher trunir répugnance qu'il serait peut-être possible de partager, mais dont la manifestation seule pourrait avoir les suites les plus funestes (i).»

Les membres du directoire de Nogent n'étaient pas seuls à pi'otester contre la loi qui détruisait les maisons religieuses. Comme il était juste, le clergé séculier du diocèse de Troyes accueillit froidement cette loi; seul le curé de Saint-Henoit-sur-Seinc, Dubourg, celui-là même qui s'était élevé avec tant de violence contre les chapitres l'année précédente, osa envoyer à l'Assemblée nationale une longue adresse pour la féliciter du coup mortel porté aux communautés régulières, (i) Apch.,iQ.333», lias.

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