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COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES

Il y avait à Sézanne un couvent de Cordeliers dont le gardien, en 1790, était Jean Liévin Dheriny. Il comptait une liizaiue de religieux et possédait uu noviciat depuis

(i) Arch., G. ia5reg. Fisqact indique de Rouault comme dernier abbé. Junot est donné par VAlmanach de la i'ille et du diocèse de rrgo.

(a) D'après C, t. III, p. iao, cette fondation remonterait à Tann^ 1104 : selon d^autres. elle ne daterait que de ii5o.

UIJUSTIGX DE CJBTTB SUPPRESSION 157

La ville de Séaaaae renfermait aussi uo monastère de Récollets qui vinrent s'y établir en 1619 ; Jean-Claude de Ghamt, dit Père Elisée, en fut le dernier gardien.

Il y avait enfin à Sézanne une maison de Tordre de Gluny depuis 1081. (i).

L*ordredeCluny avait aussi des monastèresdefemme8(a). Françoise-Adélaïde Campmas, âgée de 27 ans en 1790, fit profession dans l'un de ces couvents avant la Révolution, reçut une pension de a5o livres, se retira à Ervy et mourut le 18 septembre i853.

Avant de terminer ce chapitre, une réflexion s'impose. Le clergé, afiligé des malheurs de la France, contribua de tout son cœur à fermer la large plaie qui affectait toutes les parties de la nation. Mais n*eût-il pas été plus sage d'obtenir de lui, par les formes canoniques, tout ce dont on avait besoin? Est-ce que l'Eglise n aurait pas dû être appelée à s'expliquer sur la renonciation pécuniaire qui lui était demandée ? N'aurait-on pu attendre la mort des bénéficiers pour jouir de leur biens ? Les dîmes formaient une propriété légitimement acquise à l'état ecclésiastique. N'était-il pas injuste de les supprimer ? Etait-il difiicile de prévoir qu'en affectant les biens du clergé au paiement des dîmes supprimées, des frais du culte, des pensions et des traitements des ecclésiastiques, des dettes des propriétés, des impositions dont elles étaient chargées, la nation ne tirerait aucun profit de ces dépouilles?

Non moins impolitique, non moins injuste nous parait la suppression de ces ordres monastiques, faite sans information préalable, sans forme de jugement. Parce que les finances de l'Etat étaient dans un affreux désordre, on fit . main basse sur tous les corps réguliers. Par un simple décret, on renversa les monuments de la piété des ancêtres. Sans délit constaté ni présumé, on prononça contré des .

(i) Gamozat, Promptaar,, foL 371-374*

(i) HéUot, Dictionnairû d«ê ordres religieux^ t. 1, col. iox3«

' tS8 LA SPOLIATION iMé iMNft Î>V- GLXEOA

-milliers de citoyens honoétes, irréprélieiisiblas, ^reicêtiis -d*uft caractère respectable, la coaâscatioD du bien le |>liis précieux- qu'ils eussent eu ce inonde, on leur ravit la plus douoef la plus légitime de leurs jouissances, la seule quHls se fussent réservée, en renonçant à toutes les Autres, une jouissance que l'Eglise et TEtat leur avaient assurée pour le reste de leur vie. De pareils cas d^oppression^.et de violence sont rares. L'Assemblée nationale aurait-elle pu

• défendre Tadmission de nouveaux sujets dans les instituts monastiques et priver ainsi la religion des ressources

• qu'offraient ces établissements, qu'elle n'avait pas jpour cela le droit de violer la justice à l'égard des membres composant déjà les ordres religieux, ni celui de les dépouiller arbitrairement d'une propriété qui leur avait été garantie par les lois, et à laquelle ils attachaient^ et avec raison, le plus grand prix. Quand même l'Assemblée aurait pu ouvrir la porte des monastères à tous les sujets mécontents de leur règle, il lui était défendu de forcer ceux qui s'y plaisaient à l'abandonner pour rentrer dans le monde. Cet état, en somme, n'était-il pas pour les

' religieux l'équivalent de tous les biens, de tous les droits ^qu'ils possédaient dans la société avant leur profession? .La loi elle-même de leur pays avait ratifié cet échange ; .elle avait répondu que cet engagement était désormais '.irrévocable et à l'abri de tous les événements.

Leur ravir cet état qu'ils avaient librement embrassé, qu'ils désiraient pour la plupart ardemment conserver,

• qu'ils n'avaient pas mérité de perdre pouvait-il y avoir : rien de plus étrange ? Mais, le leur ravir sans indemnité,

sans leur en rendre le prix, c'était non seulement nile ^ injustice, mttis encore une monstruosité, tout comme c'en

serait une d'autoriser les maris mécontents à renvoyer leurs vfcmnio.<^, .ou;de biisser ù celles-ci la même liberté de

renoncer à la société conjugale, dès qu elle mettrait quelque

obstacle à leurs goûts et à leurs projets., - -

Sans doute il y iivaiVdes. religieux.. oisifs,. inutika 4<^ni

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leur cloître, amoureux de TindépendaDce. Mais, sUl était impossible de les rameuer à leurs devoirs, il n*y avait qu*à leur ouvrir, à ceux-là, la porte des monastères, à les laisser s*écouler comme une eau bourbeuse daus le grand égout du siècle. Leurs instituts n'auraient eu qu'à se réjouir de cette salutaire évacuation^ qui le&. aurait délivrés pour toujours de ces humeurs vicieuses et corrompues, qui les surchargeaient et pouvaient les déshonorer (i).

Mais ce ne i»ont pas seulement les établissements monastiques et les communautés religieuses que I* Assemblée nationale s'est donné le tort de supprimer ; il existait sur le sol de .France d'autres fondations pieuses appelées j>énéfice8. Ils n'ont pas davantage trouvé grâce devant la rage de la sécularisation ; nous allons faire connaître ces malheureuses victimes de la haine révolutionnaire.

(i) Les ennemis des Gonji^égations se sont plu à exagérer le nombre des vocations forcées. Dans ies longues recherches faites par jioas en vue de notre travail, nous n'avons rencontré qu^ne seule ^réclamation d*un religieux contre les vœux qu^ii avait émis. Pierre Piànlt^ né à Précy-le-Sec, Yonne, avait été engagé dans l'état réli- -gieux par ses parents, qui n'avaient aucune affection pour lui et 4ut préféraient leurs autres enfants. Il était tellement maltraité qû!il ,. quitta la maison paternelle et entra dans Tordre de Çaint-François. 'Ce fût dans le couvent de Sézanne qu'il prononça ses derniers vœux, le i6 juin 177a. Mais, comme il n'avait aucun goût pour son rétat.-et qu'il -n'avait fait sa profession que par contrainte et de houche, il s'i^dressa le a4 mars 1777» à M>' de Barrai pour obtenir l^aanalation ^ df^^ ses^ yœux. . .C^tudç. de. M* Martinot, notaire -à

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