‹ Histoire du diocèse de Troyes pendant la RévolutionChapitre 43 sur 201 · MOTIFS · texte numérisé non relu

MOTIFS

exigeant la résidence. Or, une des premières opérations de r Assemblée nationale fut de voter (4 août 1789) la suppression de la pluralité des bénéfices. Un décret du 9 novembre suivant déclara qu'on ne pourvoirait plus à d'antres bénéfices que les cures.

Les motifs de cette suppression, voici comment TAssemblée les entendit expliquer par un député, le ai avril 1790 :

« Depuis rétablissement de ce que nous appelons aujourd'hui bénéfices, c'est-à-dire depuis le moment où les différents ministres de la religion, entraînés par l'exemple des premiers possesseurs de fiefs, eurent imaginé d'attacher à leurs offices une portion plus ou moins considérable de biens que la piété des fidèles avait déposés dans les mains de l'Eglise, on a semblé perdre de vue la nature des emplois ecclésiastiques, compter pour rien les redoutables obligations qu'ils imposent et n'y considérer que les biens dont ils donnaient l'administration. A peine s'est-on ressouvenu que c'étaient des offices. Le nom ne s'en est plus retrouvé que dans les monuments de l'antiquité ou dans les ouvrages des jurisconsultes. Dans le langage ordinaire, on ne les a plus connus que sous le nom de bénéfices, c est-à-dire de grâces, de bienfaits. Chacun a voulu être le maître de les distribuer à son gré. De là les droits de patronage laïc et ecclésiastique, le droit de nomination royale et seigneuriale ; de là l'usage des résignations et des permutations, de là ces induits, ces courses ambitieuses en cour de Uome ; une foule d'autres inventions bizarres^ qui attachaient à la possession d'une terre, d'un office, ou à la vitesse d'un cheval, le droit de donner aux peuples des pasteurs et à la religion des ministres.

« Et quels maux ne sont pas résultés de ces abus? Les courtisans ambitieux et corrompus ont souvent obtenu les nominations royales, les intrigants ont profité seuls des préventions, des induits, des résignations^ des permuta-

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tioQs, des dévolus en cour de Rome. Des relations d'intérêt, de protectioQ, d'autres considérations également contnaires à Tesprit public, ont déterminé le choix des patrons ou collateurs laïcs ; les patrons collatenrs ecclésiastiques n'ont pas toujours été conduits par des Tues plus religieuses ; les talents et les vertus ont été oubliés ; les passions ont tout dirigé et les peuples n'ont en souyent pour pasteurs que des hommes ignorants on corrompus (i). »

Entrant dans ces considérations plus ou moins justes, rAssemblée nationale supprima tous les bénéfices par son décret du in juillet 171)0, et les municipalités eurent ordre dVn dresser Tinventaire. Voici la liste des prieurés, ermitages, comnianderies, sacristies et chapelles bénéficlaies et non bénéficiales, situés dans le diocèse actuel de Troyes, et qui disparurent par application de la loi.

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